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qui se ferait circoncire pour faire croire qu’il appartient, ou appartenait, au peupled'Israël.
Y avait-il vraiment dans cette église des chrétiens qui allaient jusqu'à ces. excès? Peut-être Paul ne parle-t-il qu'en théorie, et force-t-il un peu la note; pourtant nous présumons déjà, et nous verrons encore mieux plus loin, qu'il ne manquait pas d’extravagants dans le milieu corinthien. Les paroles de l’Apôtrejettent un nouveau jour bien instructif sur ce milieu; il s'y montrait chez les uns. une révérence excessive du Judaïsme et de ses rites, de l’autre côté — et même parmi des Judéo-Chrétiens peu héroïques, ou trop fiers d'avoir échappé à la loi de servitude, — une horreur extrême pour ce qui était juif, comme un prélude au marcionisme. Le verset 18 a donc son importance, pour nous aider à déterminer la nature de ces partis ou factions, qui sont réprimés aux premiers chapitres.
Aux exagérations des uns et des autres Paul oppose le grand principe chrétien, qu’il défendra avec tant de vigueur dans les Épîtres aux Galates et aux Romains (Gal. v, 6, vi, 15; Rom. 1, 25) : toutes ces différences extérieures et ces rites. trop matériels n’ont plus de sens dans la « nouvelle création » du Christ. Ce qui compte, c'est « l'observation des commandements de Dieu », c’est-à-dire l'obéissance au Décalogue et aux préceptes de l'Évangile, ou, comme il sera dit aux Galates, « la foi qui opère par la charité ». (Inutile de vouloir, avec des protestants comme Bachmann, affaiblir en ce passage le mot ëvrohai, « commandements », comme si la foi pouvait produire le salut sans les œuvres qui sortent d'elle).
Cette doctrine profonde, indiquée ici comme en passant, n’était certainement pasnouvelle pour les Corinthiens; elle avait fait partie de l’enseignement apostolique oral. Mais on peut s'étonner que l'ardent polémiste de l'Épître aux Galates n'y touche ici qu'ayec ce calme et cette brièveté; c'est, disent justement Cornely, Gutjahr, Bachmann, al., que la circoncision ne soulevait pas jusque-là à Corinthe, comme elle devait ailleurs le faire, de problèmes doctrinaux à proprement parler; ceux qui l’honoraient trop ne la regardaient cependant point comme nécessaire: soit au salut, soit à la pleine profession du christianisme ; il n’y avait que des questions de tendances, de préférences, d'opportunité ou de dévotion. Autrement, l’Apôtre qui a écrit aux Galates et aux Romaïns s’en serait occupé plus au long dans cette lettre, Nous pouvons présumer qu'elle fut écrite avant que n’eût éclaté le conflit de Galatie.
A. 20. Ko, mot paulinien, cfr. 1, 26, signifie l'acte d'appel, ou les. circonstances dans lesquelles l'appel se fait; — 7 modal = ëv j;
B. 20. Juifs et Gentils sont aussi bien appelés au salut les uns que les autres. Donc qu'ils ne renient pas leur passé, dont les supériorités ou les infériorités. relatives ne comptent guère en face du merveilleux présent. C'est une question de franchise et de dignité. — Après ce premier verset-refrain, l'Apôtre, passant aux différences sociales, va atteindre et dépasser la plus haute noblesse du stoïcisme. Il va poser des principes qui ont été, dit fort bien Godet, « pour le développement. de l'Église, d'une portée incalculable ». Grâce à eux, le christianisme, « sans
19. La circoncision n’est rien, et l’inciveoncision n’est rien, mais [il s'agit d’] observer les commandements de Dieu.
20. Chacun dans la vocation où il a été appelé, qu’il reste en celle-là.
21. Tu étais esclave quand tu fus appelé? Ne t'en mets pas en peine; ‘mais quand même tu pourrais devenir libre, profites-en plutôt.
22. Car celui qui a été appelé dans le Seigneur étant esclave est l’affranchi du Seigneur; pareiïllement, celui qui a été appelé étant libre est
révolution a opéré les plus grandes révolutions, acceptant tout » — {sauf le péché et l'erreur) — « pour tout transformer ».
.——— A. 21. Eixai signifie « quoique », « quand même », « même si » et ne
peut être l'équivalent de xai ei, « et si »; la phrase dA' ei xai... ypioat se joint intimement à pi oo uehérw, comme explication ou renforcement, et ne saurait être détachée de l'idée du contexte, comme une sorte de parenthèse, — ypñou est aoriste, d'où naît une apparence (seulement) de difficulté, v. à B.
B. 21. Paul revient aux questions familiales. La famille antique, à côté des personnes libres, contenait des esclaves. Eux aussi doivent-ils s'appliquer le principe précédent, et ne pas chercher à changer de condition? Sont ils, dans leur état de servitude qui souvent, sous des maîtres païens, pouvait opprimer leur conscience ‘régénérée, aussi bien placés que les autres pour faire leur salut ?
Nous ne mentionnerons que pour mémoire le très singulière opinion d'Origène et de s. Jérôme («x c. Jovin. » 1, 41 et « ad Pammachium », epist. 48, 6), qui ont cru que ce verset et les deux suivants emploient les mots d'« esclave » et « libre » comme métaphores pour marié et célibataire. Voir Cornely.
Saint Paul parle donc ici aux vrais esclaves, et pas à d’autres; et il leur déclare hardiment que leur sort ne doit pas être pour eux une cause de tristesse et de dépression, étant compatible autant qu’un autre avec la vocation chrétienne. Les esclaves devaient être très nombreux dans la communauté de Corinthe, nous savons qu'ils formaient la grande majorité dans la population de la ville (v. Zntrod. ch. n).
Les stoïciens étaient montés déjà à cette noble conception que les différences des états sociaux, füt-ce entre les plus hauts et les plus infimes, sont chose qui compte peu à l'égard des vraies réalités; on peut voir chez J. Weiss, p. 189, un beau choix de textes de « diatribe » qui reviennent tous à cela. Les deux Plus grands hommes peut-être de l’école, Epictète et Marc-Aurèle, étaient, l’un esclave, T'autre empereur. Mais l'Apôtre, aux versets 22-23, assignera une cause plus religieuse, et bien plus haute, à cette liberté intérieure dont jouissent tous les adeptes de la foi nouvelle.
La difficulté du présent passage consiste à fixer la droite interprétation de 21° : &AN et ral Oüvaoar EAsblepos yevéolar, uahdov {pfou. Quelques-uns, dès le temps de Chrysostome, et plus tard Luther, Erasme, Calvin, Bèze, Lightfoot, Godet, Hofmann, Rob.-Pl., Steinmann (voir Sickenberper), d'autres encore, en ont fait une sorte de ‘parenthèse, qui apporterait une restriction au principe posé de ne pas changer d'état : « Cependant, si tu peux aussi bien t'affranchir, profite plutôt (de cette faculté, et deviens libre, ce qui sera plus avantageux) ». Mais l'interprétation opposée : « [n'en aie pas souci], mais quand même tu pourrais t'affranchir, mets plutôt à profit [l'état de servitude où tu resteras] », est celle de tous les Pères grecs, d'Ambrr, Pélage, Primasius, etc, s. Thomas, Bengel, de Wette, Renan, Edwards, Schmicdel (qui s'étonne pourtant de l'aoriste yoñox), Cornely, Lictzmann, Toussaint, Gutjakhr, Sickenberger, Heinrici, B. Weiss, Schnedermann, Bachmann, Delafosse, J. Weiss,
474 ÉPITRE AUX CORINTHIENS, Vit, 17-24.
xAnels do8n6ç Éoriv Xouroë. 23. “Tiuñc myopdolnre’ un yivecde Couhor av0pu- TOY.