IV. Le célibat et le mariage (vir
Int. — Si Paul a recommandé le mariage et l'usage du mariage comme la vocation commune, il a cependant, à deux reprises (vo. 1 et 8), indiqué qu'une vie de célibat pouvait être un état supérieur (25-28). Il n'y a pas là de contradiction avec ce qui précède, car Paul se place maintenant au point de vue absolu de la perfection individuelle, et y viser « n'est pas donné à tous », comme l'a déclaré l'Évangile. Dans les . conditions précaires de la vie de ce monde (29-324), heureux qui peut se dégager de tous les soucis et plaisirs temporels, fussent-ils légitimes, pour ne s'occuper que de plaire à Dieu! (32-35).
Après ces considérations fort élevées, qui sont comme la charte de la virginité chrétienne, — et qui se ramènent encore, notons-le, au grand principe de liberté dans le Christ (comme, sous un aspect, la condamnation des péchés de la chair au ch. VI, et la recommandation précédente de ne pas changer d'état}, — Paul passe à la question pratique : le devoir (ordinaire) d'un père chrétien est-il, oui ou non, de marier sa fille? (36-38).
Ensuite, pour clore la matière, il passera aux « veuves », — pelile section que nous traiterons à part.
De graves discussions ont été soulevées à propos de ce morceau : dans quelle mesure la doctrine de Paul est-elle inspirée ici de l'attente eschatologique ? — les « vierges » dont il parle, notamment aux vv. 36-38, sont-elles les jeunes filles non mariées en général, ou celles qui auraient fait déjà une certaine profession de virginité? — Nous démontrerons que tout doit être pris au sens le plus vaste et dégagé des idées ou des pratiques d'un temps particulier. Ce n'est qu'une explication du conseil de chasteté donné par le Christ lui-même aux hommes comme aux femmes, et que l'Église catholique, grâce à saint Paul surtout, a compris pour toujours.
Cu. vit, 25. Ilepi dè rüv “rapdévov, émirayhv xvptou oùx Eyw, yrounr GÈ Sdwp, ds qhenmévos brd xupiou mord eivar. 26. Nouftw oby roro xaAdY brdpyetv a Tv “Éveordouv àvéyunv, Or xahdy àvôpüzew Tù oûrus eîva. 27. AéBeoot
? 4 , 4 . $ . = > x quarts ph grec Abou RéÂuoar Gmd yovarxoc; ui Chrer yuvaixa. 28. Eüv dE nat Le , # Y 21 N. x: £ ; (2 ee * PATES Le Ù vamhons, oÙùy apres, rai Eav yéun h Taphévos, oÙy apte “OAlGuy DE 17 oapui a \ + Un sa ÉÉovotv “of toodtor, éyéo dE buiv “oeidomar.
À. 25. nhenpévos, Cr. IT Cor. 1v, 1; 1 Tèm. 1, 18, 16. — riotds elver est attribut de %ken. — mord ne signifie pas ici « croyant » ou « chrétien » (comme, p. ex. II Cor. vi, 15, et spécialement dans les inscriptions) contre Chrys. « De virgin. » 42, £ietzmann et Loisy, mais « digne de foi, de confiance », ce qui se dit soit de Dieu (1, 9, x, 13), soit des hommes; Théodoret : àtidypews ei: obufoukos. Ainsi Cornely, Rob.-P1, Gutjahr, Bachmann, Sickenberger, etc.; l'idée de « fidèle dans le ministère à lui confié » (s. Thom.) est connexe, maïs non directement exprimée. Cfr. v. 40.
B. 25. L'Apôtre avait conseillé ci-dessus de ne pas changer d'état ; fallait-il étendre cette recommandation aux « vierges »? La formule zept G£ (cfr. vis, 4, etc.) fait supposer que les Corinthiens avaient posé des questions spéciales à ce sujet.
Qui sont ces « vierges » ? Il faut absoluement rejeter la théorie de ZLietzmann et de Joh. Weiss (que nous examinerons plus loin, aux w. 36 ss., et dans un excursus) d’après laquelle il s'agirait de « subintroductae », ou bien de femmes faisant une profession spéciale de virginité, sous quelque forme que ce soit. Tout le contexte prouve avec
surabondance que le sens est plus large, puisque Paul va même parler en première ligne des célibataires masculins. Sans doute les Gorinthiens l'avaient-ils expressément consulté au sujet des seules filles non mariées; mais, par sa manière de leur répondre, Paul envisage du même regard le cas des jeunes hommes. Le mot rapüévos, en effet, se dit pour les deux sexes Apoc. xiv, &, et chez les auteurs ecclésiastiques; c'est une extension du sens qui ne pouvait guère se produire dans la civilisation païenne, mais qui était déjà préparée chez les classiques par l'emploi métaphorique de ræpÜévos pour les choses qui n'avaient pas encore servi. Ainsi Theod. de Mopsueste, Cornely, Gutjahr, al. |
Le Christ avait déjà recommandé la chasteté parfaite (Mat. xix, 12). Cette parole divine ne pouvait être ignorée de saint Paul; mais comme le Seigneur n'avait rien déterminé concernant l'observation de ce conseil, son Apôtre déclare qu'il n'a pas de « précepte » du Seigneur à transmettre là- dessus ; il appartenait à l'Église de déterminer les circonstances où il était applicable. Aussi Paul parle-t-il en son propre nom, il donne son avis (y"wwunv), en cette manière délicate, avec une litote modeste (et non pas une « ironie », contre Bachmann); il sait que l'expérience chrétienne qu'il doit, lui ancien persécuteur, à la miséricorde de Jésus, lui donne le droit de parler avec autorité dans la matière; car il a l'esprit du Christ (voir v. 40, et supra, v. 12). Sa réserve est instructive; car c'étaient donc, observe J. Weiss avec beaucoup de raison, les seules paroles incontestables du Seigneur qui faisaient loi absolue pour la communauté; il y avait une tradition fixe et les prédicateurs s’attachaient à transmettre l’enseignement historique du Christ (voir au ch. 1v, 1-2, supra), et ne se sentaient nullement autorisés à l'étendre ou à le restreindre selon le besoïn ou la fantaisie (ce qui vaut contre bien des théories modernes, notamment contre celle de la « Form- ; geschichte »). En cette matière le Christ n’avait donné qu’un conseil fort général (oùx ëxurayfv), à la dilférence de la question de l’indissolubilité du mariage (voir au v. 10); Paul va en préciser l'application, montrant ainsi, contre certaines théories d'acatholiques, que l'Esprit du Christ prononce des « conseils » à côté des commandements.
Ca. vi, 25. Pour ce qui est maintenant des vierges, je n’ai pas de précepte du Seigneur, mais je donne un avis, en homme qui, par une miséricorde [reçue] du Seigneur, est digne de foi. 26. J'estime donc que c’est chose excellente, à cause de la nécessité présente, [oui], que c'est chose excellente pour un être humain d’être ainsi. 27. Te trouves-tu lié à une femme? ne cherche pas à te délier; es-tu sans lien avec la femme? ne cherche pas de femme. Mais à supposer que tu prennes femme, tu n'as pas fait de faute et à supposer que la vierge se marie, elle n’a pas fait de faute. Mais du tourment dans la chair, ils [en] auront ceux qui sont en cet état, et moi je voudrais vous [l’\épargner.
—————… À. 26. 2xAdv, voir aux vv. 1, 8. — troûro et oütus se réfèrent-ils à l'état de « vierge », ou aux distinctions qui vont suivre au v. 27? Nous croyons plus vraisemblable, à cause des vv. 1, 8, et, plus bas, 32 et 33, qu'il faut les rapporter seulement à l’étatede célibat; le développement y gagne en homogénéité; d’ailleurs cette indécision ne fait rien à la doctrine. — ëw est épexégétique (Cornely}, et ce membre fait une sorte de pléonasme avec le roro précédent, ou d'explication. J. Weiss le prend à tort pour une glose, expédient dont il use trop souvent quand il trouve de la difficulté à traduire.
Le plus important est de bien traduire rav éveotéioav ävéyanv. Ce mot d'évéy:n, dans
29. Toro dé omue, ddengol' à “xopds cuveorahpévos éotlv “rù Aourdy va na of Éyovtes ‘yuvairas &s mh Éxovtes Gouv, 30. za oi whalovtes &s ph xhalovtec, Kat où yaipovres de ih aipovtes, at oi dyopalovres us mAh ROTÉYOVTE, 314. xat o! ewpevor “rdv nouov de ph “xataypwpevor” mapdyer Yap Tù oyÂua TOÙ xécpou robrou. 32. “Ou dE dus aueptuvous etvaz. ‘O damos mepruva Ta Toù xupéou, rûc
les Apocryphes et le N. T., peut se trouver rapporté à à la crise des ,'erniers temps, ou aux prodromes de la Parousie (Ps. Sal. v, 8, Test. Joseph, 1, 4; Luc. xx1, 23), mais ne paraît pas avoir pris de sens plus technique que dans II Cor. VI, &; XII, 10; I T'hess. nr, 7. Quant au participe éveoruxs, il signifie « ce qui est là, présent », plutôt que « ce qui est imminent », ne prenant ce deuxième sens que par extension {Lightfoot sur Gal. 1, 4; cfr. encore m, 22 où éveotüte s'oppose à uéAkovra; Rom. vin, 38, id. ; Heb. 1x, 9; ce n’est que II Thess. 11, 2, que évéornzev — « est près d'arriver »). J. Weiss reconnaît que le sens « ordinaire » est opposé à péAlév, « futur ». Plus bas, v. 28, voir au mot OX.
B. 26. Il est, dit Paul, avantageux et louable pour un être humain (&v6pwnos ne distingue pas les sexes) de rester ‘« ainsi », c'est-à dire comme les « vierges » mentionnées au verset précédent. Et il en donne immédia iement la raison : c’est « la nécessité présente ». Les sens du mot é&véyxn, et du participe éveotüox n'ont rien en eux-mêmes qui nous porte à croire qu'il ait voulu parler ici de la Parousie dont l'imminence rendrait vain tout espoir humain fondé sur un changement d'état. Pourtant presque tous les auteurs modernes, surtout acatholiques, veulent que ce passage fasse allusion à la fin du monde; ainsi Maier, Lietzmann, Bisping, Tillmann, J. Weiss, Toussaint, Loisy, Sickenberger, qui renvoie à Tillmann et compare Mat. xxiv, 6-s., 9, 21, (rapport qui n'est pas du tout prouvé), estimant que Paul pense au moins à la proximité possible de la consommation finale. Jamais les anciens n’y ont vu ce sens, et beaucoup de modernes, Æolsten, Cornely, Niglutsch, Gutjahr, Lemonnyer, Sales, Callan, etc., estiment comme eux qu'il s agit des difficultés présentes de la situation des fidèles, quelques-uns y ajoutant — ce qui est beaucoup plus douteux — une intuition des persécutions qui devaient survenir au cours du premier siècle, Ils ont raison, comme nous le verrons en commentant les versets 28 et 29-suivants. et dans l'Exc. au ch. xv. .
A. 27. En ce verset, L’ « anastrophe » (Aotv-Auo ), le parallélisme et l « asyndèse » (manque de particule de liaison) donne nt « beaucoup de vie à l'expression » (Abel, p. 369). Le procédé n’est pas du tout spécifiquement hébraïque, ni de « style oral », mais sent encore la diatribè. — yuvh au sens générique (Back-. mann).
B. 27. Voici que Paul s'adresse aux Aommes; c'est donc la preuve qu'il pensait à eux aussi bien qu'aux femmes dans les versets précédents. S'ils sont mariés (ou fiancés, Bachmann), ils n'ont pas à chercher la rupture; et s’ils ne le sont point, qu'ils ne s'engagent pas dans ces liens (conseil qu'il faut comprendre cum grano salis, en se reportant aux vv. 1-2).
.——— À. 28. éûv Gt xai — « mais même si », c'est-à-dire si tu n'as pas suivi le dernier conseil précédent; — yaudons est hellénistique, et yiun attique; certains témoins ont yluns où Adfins yuvaixa, corrections classiques; sur le sens de yapeiv, voir aux VV. 8-10 ; — fuuotes, -tev, aoristes « gnomiques », qui équivalent au présent; (Lieizm., Gutjahr) — rouwëro n’a pas ici de sens dépréciatif; — OAhiv ti oapxf, cfr. oxdkob rÿ api de IT Cor. xu, 7; odtt désigne ici la nature humaine dans sa sensibitité ou sa passibilité; — gaièope présent « de conatu », comme plusieurs le sont dans ces pages — « je voudrais vous épargner [ces peines] », plutôt que « je [tais], pour vous ménager [le détail
29. Mais je déclare ceci, frères : la [mesure du] temps s’est resserrée : désormais [il faut] que ceux qui ont des femmes soient comme n’en ayant pas, 30. et ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, et ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, et ceux qui achètent comme n'étant pas en possession, 31. et ceux qui usent du monde comme n'en usant pas à leur gré; car elle passe, la forme de ce monde. 32. Or je voudrais bien que vous fussiez sans inquiétudes. L'homme non marié s'inquiète
de ces peines] »; car alors l'apôtre n'eût pas écrit ce pronom ëyw, qui est là évidemment pour appuyer sur sa principale intention personnelle (cfr. s. Aug. « De sancta virginitate », 16).
B. 28. Ce verset montre que toute l'instruction sur le célibat vaut pour tous les fidèles, sans distinction de sexe. Liel:zmann (malgré sa théorie, v. infra) est obligé d'accorder que, ici au moins, le mot « vierge » désigne n'importe quelle jeune fille chrétienne. Si l'on isolaït ce passage, on pourrait croire que Paul « tolère » simplement le mariage, au lieu de le recommander comme au début du chapitre. Mais il faut se souvenir que son point de vue a changé; ici il ne s'occupe que de la perfection et du bonheur considérés en soi, en principe, des individus.
La tribulation (0Aëhts) que Paul voudrait épargner à ses fidèles en leur recommandant le célibat, ne peut pas être l'ensemble des troubles derniers qui précédent la fin .du monde; car nul n’y échappera, et Paul ne pouvait les épargner à personne, célibataire ou marié, Ce « tourment dans la chair » se confond avec la « nécessité présente » du v. 26, et n'est pas davantage eschatologique ; ceux qui « sont divisés », moins attachés à Dieu et plus attachés aux choses temporelles (voir w. 32 et suiv.), doivent souffrir davantage du train ordinaire de ce triste monde, et de toutes les calamités diverses qui l’assaillent. |
—— À. 29. onu solennel — « je déclare »; cfr. X, 15, 19; xv, 30; cette première personne n'apparaît pas ailleurs LXX ou N. T. — Katpos (non synonyme de xpévos — « temps » en général) signifie une mesure déterminée de temps, « le temps accordé », « propice », « opportun », « l'occasion »; s. Paul l’emploie parfois, mais pas toujours, en un sens eschatologique (d'après Daniel, ix, 27, selon Hort); — suveotæhpévos, de ouatélw, est métaphorique; image du nautonnier qui cargue ses voiles; — rb Aouréy {va précédé de iort dans B, N, À, pour faire une construction régulière avec {va : «il reste que ceux qui ont des femmes, etc »; Les Grecs Chrys., T'héodt, puis Maier, Heinrici, Godet ont rattaché ces mots à ce qui précède : « le temps s’est resserré pour ce qui en reste », construction inusitée et qui manquerait d'élégance; il faut done les laisser au commencement de la phrase nouvelle, et les entendre au sens de « désormais », « pour ce qui reste à faire » (Toussaint, Gutjahr, al.), en sous-entendant devant {va un verbe comme « il faut », « il convient »; à moins que l'on aime mieux invoquer ici l'usage qu'a Paul de placer devant va, par emphase, des mots qui devraient régulièrement le suivre, cfr. Il'Cor. 11, 4; Gal. n1, 40; Rom. vu, 18; Col. 1v, 16 (Rob.-Pl.), et ainsi l’on traduirait : « [Le temps s’est resserré], de sorte que désormais, ceux qui ont des femmes » (Roë.-Pl.), ou « de sorte que, pour le temps qui reste, Ceux @ic. »
À. 81. rapaypwevot pour xataxp. dans L (xapayxe. signifie « abuser », ce ‘qui n’est pas le sens ici); xataypäola signifie plus que ypäcûar « user »; il veut dire « user à fond », jusqu'à épuisement (cfr. le latin « abuti »). Ce verbe régit souvent l'accusatif, mais, après 4päola il faudrait régulièrement le datif, r@ xdouw; Liet:m. pense qu'il y a eu assimilation du premier régime au second. — oyäua peut-être métaphorique, june
3 , =, | 7 e où ? > À ., f nd 3 :
apéon Tù Zupiw' 33. à DÈ apioac MLeEpUva Ta ToÙ néouoU, mÜG Qpéon Th YUvarl,
La A] k : …s … 84. nat uepéororar. Kai “à uv à dyayoc nai à raplévos pepuava Ta To xvplou va 9 dyla nai To owpart nai T0 “nvedpart DÈ yaphouca pepuuva Ta Toù ! nu 2 s 3 7 35 T = SY NS de 9 xoouov, müç Gpéon To avopt. 32. Loëro GÈ mpds To duüy abtüy cüppopoy ÀAÉYU,
image tirée du théâtre : « décor » (Toussaint), ou plutôt « rôle » : « Le rôle de ce monde est joué » (J. Weiss); cfr. Rom. xu, 2 le verbe ovsynuartitev.
B. 29-31. Ici il importe de bien préciser et comprendre l'idée de l'Apôtre.
Quoiqu'il vienne de reconnaître la légitimité du mariage (w. 27-28), cependant (5) il a une déclaration solennelle à faire à ce sujet; tout étant passager dans ce monde, il faut que le cœur ne s'y absorbe point, non plus qu’en aucune situation d'ici-bas, comme si c'étaient des états durables.
La raison bien claire c'est que ce temps — le temps qui est laissé à chaque homme et à l'humanité entière pour collaborer à l'établissement du Règne du Dieu et faire son salut, — ce temps est court, il s’est contracté; on ne peut plus, comme sous l’Ancienne Loi, laisser flotter son regard sur une perspective indéfinie de bienfaits temporels, mélés d'épreuves, qui seraient attendus de la Providence, sans envisager pour ainsi dire rien au delà; le délai qui nous est accordé pour assurer notre bonheur est comme une voile qui se replie (une des rares métaphores nautiques trouvées chez Paul); la figure, la disposition extérieure de ce monde, tissu de situations temporelles, est en train de s’effacer (31 b). Les modernes eschatologistes veulent entendre cela de l'histoire humaine qui serait effectivement au bout de son -rouleau, puisque la Parousie est toute proche; des traditionnels ou des catholiques (comme Bachmann, Lemonnyer) accordent que l'attente de la Parousie est au moins pour quelque chose dans ce développement. Nous ne le croyons pas nécessaire; car les peines et soucis dont parle Paul en ce contexte ne sont pas de ceux qui caractérisent la consommation universelle. Aussi les Grecs, Chrys. (« De virgin. » 73), Théodoret, Œc., etc, l'Ambr', beaucoup de catholiques modernes, pensent ici à tout le cours normal, toujours agité et pénible, de l'histoire humaine (v. comm. de xv), et les Latins en général, s. Jérôme (c. Jovin. 1, 18), Pélage, Prim., puis Hervé, $. Thomas, Cajetan, Estius, Lap., Calmet, etc., au cours individuel de chaque existence se précipitant vers la mort; ce sens, préféré par Cornely, adopté par Gutjahr, peut n'être pas le seul, mais il est indubitablement compris dans la pensée de l’Apôtre, et peutêtre le principal. |
S'il avait envisagé directement ou exclusivement la fin effective du cosmos présent, comme très rapprochée, ne l’aurait-il point marqué davantage, en cherchant à y ramener toutes les préoccupations de ses fidèles? Or, il s'adresse à des gens qui vivent effectivement dans le mariage, qui pleurént ou se réjouissent réellement d'événements contingents, qui acquièrent des biens, dans l'espoir évidemment d'avoir le temps d'en profiter, et qui, de toute façon légitime, « se servent du monde », conforment leur manière de vivre aux conditions d’un monde qui continue normalement son cours: il ne les en blâme pas, mais paraît trouver tout naturel qu'ils agissent ainsi, qu'ils pleurent, qu'ils se réjouissent avec sincérité; ce n’est donc pas non plus “lataraxie stoïcienne. Ce qu'il leur recommande, c’est de ne pas oublier que toute cette « figure du monde » n’est pas définitive, que toutes ces déterminations contingentes passeront, qu'elles se modifient d'heure en heure sous nos yeux, et qu’il ne faut point en conséquence s’y attacher comme aux vrais biens durables. J. Weiss exagère beäucoup en disant qu'il détourne de toute initiative mondaine; s’il ne conseille pas de changer l'ensemble des états où l'on est, — tout en permettant de les apprécier, de les entretenir, de les améliorer comme il convient à des habitants de la terre, …— il dit seulement aux chrétiens de changer leur attitude vis-à-vis de toutes fes
des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur; 33. mais celui qui s’est marié s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme, 34. et le voilà divisé...-Et la femme sans mari, aussi la vierge, s'inquiète des choses du Seigneur, pour être sainte et de corps et d'esprit; mais celle qui s’est mariée s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari. 35. Cela, je le dis dans votre propre intérêt, non
choses terrestres (Rob.-Pl.), de ne pas s'y attacher comme à l’objet principal de leur souci. Sa brève exhortation est d’une admirable éloquence ; mais un homme de Dieu peut parler ainsi à tous ceux qui ont la foi et « réalisent » la brièveté de leur existence terrestre; pour le comprendre il n’est nullement nécessaire d'attendre le jugement général pour demain ou après-demain. (Voir l'eschatologie de Paul, au ch. xv.)- A. 32-33, Glow : « je voudrais », « j'aimerais bien que... », cfr. supra, v. 1. — Dans la grande variété de lecture du v. 34 (v. ad loc), un certain nombre d’auteurs y ont fait entrer les mots xat meuépiotu, dont la division officielle en versets a fait le v. 342, mais qui.en réalité, comme nous le verrons, forment la fin de la phrase du v. 33 : « 33. Le marié s'occupe... des moyens de plaire à sa femme, 34, et il est divisé ». Sur la présence ou l'absence de xai devant ueusp., voir au v. suivant, — Tà toù x0ouou après uepuv& manque dans B. |
A. 84, La coupure, à notre avis, est mauvaise, et ce verset devrait commencer à xaÙ À yuvi..…. |
Voyons d’abord l'état des textes. Ils se différencient par la présence ou l'absence de xat devant peuépiotar, et par la place donnée à l’épithète ÿ &yapos (voir principalemeut les analyses textuelles de Roë.-PI. et Bachmann).
4. Kai est omis devant weuéo. dans De, E, F, G, K, L, d, g., Teri, Cyp., Chrys., Theodt., Ambr., Ambr', maïs il se lit dans N, À, B, D*, P, 17, vulge., syrr., arm., éth, Eus., Aug., Meth., Bas., al. — Si on supprime cette particule, alors peuéptorat doit avoir pour sujet à yuvi 4tÀ. de 34, et le sens serait : [33... moyens de plaire à sa femme]. 34. Divisée est [aussi] la femme, etc. » Cette dernière lecture a des difficultés : d’abord l’asyndeton; puis elle ne se rencontre que dans la tradition vieille occidentale et syriaque; son avantage consisterait en ce que le v. 38, si l’on en détache xai peucp., serait exactement parallèle à 32b (6 &yapos... nûs &p. t@ aup. — 6 yapÂoas... nc ap. Th yuv.)