äyauos occupe ces diverses places
a) après yvvi seulement B, P, vulg.
b) après raplévos seulement, D, E, F, G, K, L, syrr., arm.
c) après yuvd et après maplévos N, À, Fe, 17, &h., Orig., Aug., al. (f omet complètement éyauos).
La particule xt devant à yuvh n’est pas non plus constante.
ÆEn face d'une telle complication, les critiques et les commentateurs ne se sont pas mis d'accord. Voici leurs principales manières de lire :
1. Lachmann, Tregelles, W, H., Lietimann, Gutjahr, Bachmann, Loisy, J. Weiss, Lemonnyer, Nesile, Vogels, al., lisent avec B, P, min., oulg. (« et divisus est »), copt. : .… Ko peuéptarar. Kal ÿ yuvn à &yauocs ral ñ naplévos peptuv® té Toÿ ruplou : «,.. et il (l'homme marié) est divisé. Et la femme non mariée, et la vierge, se préoccupe des choses du Seigneur ».
2. Tischendorf, Lightfoot, Alford, al., Rob.-Pl, (ceux-ci avec hésitation), lisent : C.. Th quuatxé, Kai pepépiorar xal à yuvn 40 à raplévos. ‘A dyauos pepuvé tà toë xvptou : €. [comment il (l’homme marié) plaira] à sa femme. Et il y a différence (de conduite, d'intérêt) entre la femme et la vierge; celle qui n'est pas mariée se préoc-
et
€! e , RS ù k 4 ss oùy va “Bobyoy bpiy Embdlu, GAAX mpèç 7ù ‘eloynpov xai “edmapedpor Ti
xvplw * Grepuordotug.
36. Et dE ve | asxnuovet ëtt Th mapÜévey adToÙ vopites, ëav à *ürépaxpos Par Al À oûrug bpsther yiveobar, 8 Oéker mouiru oùy Gpapréve, “yapelruoav. 87. "Oc dE
eupe des choses du Seigneur, etc, », d’après les leçons occidentales et syriaques. {Mentionnons encore la proposition de Heinrici, qui écrirait deux foïs le parfait : « tÿ yuvaral nat peuépiarar. Mepdprorar ai à yuv. ‘EH dyauos xai h maplévos peptuva #TX, : «… plaire à sa femme, et il est divisé. Sa femme est aussi divisée. Celle qui n’est pas mariée, la vierge, se préoccupe, etc. ». Tous ont ceci de commun qu’ils maintiennent za et rejettent la répétition de à &yauos; mais ils ne donnent pas tous la même place à ce dernier mot.
Contre la lecture 1, on peut objecter qu'elle ne maintient pas un parallélisme aussi strict entre 32 et 33, et que le verbe uepuv. devrait être plutôt au pluriel;. mais Paul, par additions ou transpositions, donne volontiers des accrocs au parallélisme, et uepuv& au singulier n’a rien d'étonnant. Contre la lecture 2, il y a ceci au moins que le verbe pplfeola devrait recevoir un sens inusité (« être opposé d'intérêts »), ce qui d’ailleurs demanderait plutôt le nombre pluriel.
Tout compte fait, il nous semble que la lecture 4 est préférable. Nous conservons donc xai devant uepépiorat et à &yauos après à yuvf (non après xaplévas), parce que ce sont les leçons de beaucoup les mieux attestées, Le sens est donc (comme dans la pulgate, etc.) :
33. U ‘homme marié... cherche les moyens de plaire à à sa femmel 34 et il est divisé. Et la femme non mariée, ainsi que la vierge, se préoccupe ‘des choses du Seigneur, etc. (Kat ñ nuofévos peut être considéré comme une sorte d'addition ou de parenthèse, « ainsi que la vierge », « comme la vierge », « la vierge aussi », par là se justifient les singuliers peptuv&, tva n...) Nous verrons à B que yuvà à drçauos est une expression très admissible.
Remarquons que rvsüua, opposé adéquatement à cu, est ici l'équivalent d’« âme » duy4 (voir Exc. v). . Ï
B. 32-34. En bon père, Paul aimerait à éloigner de ses fidèles les soucis qui peuvent nuire à leur paix intérieure, malgré tous les bouleversements que subit et subira « la figure de ce monde ». C’est pourquoi, aux vv. 29-81, il leur a recommandé le détachement des contingences, et spécialement (supra) le célibat et la virginité. Maintenant, il dit avec un peu plus de clarté quels sont ces « soucis », cette « nécessité du temps présent » (26), ce « tourment de Ja chair », qu’il « voudrait leur épargner » (28); on va voir qu'il les résume tous dans la « préoccupation des choses de ce monde », pénibles, absorbantes, propres à distraire, dans leur cours instable et décevant, de la seule chose durable et parfaitement bonne, sans déceptions, l'union à Dieu. Cela convient, par sa généralité, à tous les temps de l’histoire humaine, et pas uniquement à ceux qui précéderaient immédiatement la fin du monde. Ainsi est confirmée notre interprétation non-eschatologique de tout le passage.
Il est bien impossible, à qui vit sur cette terre, de fuir toutes les peines qui agitent l'âme, et Paul n'entre pas, répétons-le, dans l'utopie égoïste de l'ataraxie stoïcienne. Maïs, parmi ces soucis, ces pépuva, il en est qui sont essentiellement féconds pour la perfection et le bonheur, ceux qui concernent le service de Dieu; les autres peuvent aboutir au bien ou au mal, et ce ne sera qu'au mal s'ils ne sont pas ordonnés à l'unique nécessaire, à la fin dernière.
Geux de l'état de mariage sont du nombre. Qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme, la condition est la même (6 &yauos de 32 confirme la justesse de l'extension
ÉPITRE AUX CORINTHIENS, VIt, 36-37. 183
pour vous jeter un lacet, mais en vue de ce qui peut vous donner bonne . figure et vous fixer fermement près du Seigneur, sans tiraillements.
86. Si pourtant quelqu'un estime qu'il n’agirait pas convenablement envers sa vierge, au cas où elle passerait la fleur de l’âge, et que son devoir exige qu’il en soit ainsi, qu'il fasse ce qu’il veut; il [ow elle] ne fait pas de faute; qu’on se marie. 37. Maïs celui qui se tient assuré dans
que nous avons donnée au sens de maplévos au v. 25-s.). Les deux mariés, l’un comme l'autre, s'ils ne sont que d'une vertu moyenne, risquent, dans la préoccupation terrestre de se complaire l'un à l’autre d’une façon trop naturelle, et d’accaparer toute l'affection de leur conjoint, ainsi que dans les tracas matériels de la vie de famille, d'oublier un peu en pratique que l'on doit donner à Dieu un cœur non partagé, et que tout amour, toute activité en faveur des créatures doit être pénétrée, « informée » par cet Amour essentiel. Quoique cet état soit la vocation commune, que la majorité des chrétiens doït embrasser en conscience (vv. 1-7), cependant Paul déclare plus favorable, en soi, à la vie spirituelle, l'état de ceux qui éloignent d'eux ce risque en renonçant à la vie de famille pour se consacrer, directement et exclusivement, au service du Seigneur. Il y a, au-dessus de la vocation commune des chrétiens, un « état de perfection », comme ont dit plus tard les théologiens, qui contient la profession de chasteté; le Christ ne l’avait-il pas déclaré déjà? J. Weiss reconnaît que Paul a ainsi préparé Fesprit monastique.
Ses hautes recommandations s'adressent aux hommes (6 &yapos), aux vierges. {ñ Tap0évos) qui n’ont jamaïs connu d'homme, aux veuves et même aux femmes qui, sans avoir été mariées, ne sont plus vierges, comme il pouvait s'en étre trouvé quelques-unes parmi les païennes converties de Corinthe (ñ yuvi à &yauos). À tous et à toutes Paul montre que c’est un grand privilège si Dieu les appelle à cet état idéal où l’on n’a plus à s'occuper que de Le servir. :
Ainsi l'Apôtre a posé — après le Seigneur — le grand principe qui donne le vrai sens du conseil de célibat ow de virginité. C’est l'amour de Dieu, le service de Dieu, la sanctification plus facile’ du corps et de l'esprit. Il ne parle aucunement d'une supériorité naturelle du célibat sur le mariage; il ne recommande pas un célibat embrassé en vue d’une vie plus tranquille, repliée égoïstement sur elle. même, et fuyant lächement le service de la famille ou die la société. La grandeur de la virginité et du célibat est toute surnaturelle, et. n'existe réellement que là où cet état est embrassé par surabondance de l'amour de Dieu, entraînant celui du prochain, amour et service auxquels l’appelé craint de ne plus laisser un champ assez libre et assez vaste s’il restreint sa liberté, même par les liens les plus légitimes et les plus nécessaires pour l'ensemble des hommes. Nulle autre intention ne pourrait justifier le rejet des obligations ordinaires. C'est toujours le grand principe de la « liberté » des « membres du Christ », qui n’est que le moyen de viser plus sûrement au but, « la charité ». Tel était l'esprit de Paul, et tel a été l'esprit authentique de l'Église qui s’est obscurci chez les dissidents, toujours très embarrassés par ce passage de notre tre Épiître aux Corinthiens.
Nous voyons toujours l’analogie avec l'esprit stoïcien, et l'immense supériorité de l'esprit chrétien, où toute « indépendance » est inspirée par l'amour et le don de soi-même à Dieu et au prochain. |
——— À, 85, oûuoopov, dans tout le N. T., ne se retrouve que I Cor. x, 33, — Bpéxos, « corde à nœud coulant », « lacet », « filet », « lazzo »; métaphore de chasse (Théodoret, et presque tous); J. Weiss y voit une métaphore de guerre, « embuscade »; cela revient au même. — +0 edoymuov xaÙ ebrép., usage des adjectifs neutres
Écrnxev ëv T7 Xapdla abroë "Edpaios, un Éxwy Gvdyxnv, Ébouolay Dè Éyer mept vod ldiou DeAuatos, nai toëro xérpiney ëv 17 (da xapdla, rnpeïv Thv Éxuroù taphévov, xahDS momo. 38. "Qore rat d ’yapibuv Thv Éavrod rapévoy XANGG Tori, nat () pi vapituv HpEÏTOOV moLhoeL.
absolus chez Paul, cfr. supra, à 1. 25; eloymuov signifie « celui o4 ce qui a bonn
tenue », « qui est honorable », cfr. xn, 24, Marc xv, 43; Act. xur, 50, xv, 42; contraste : äoynuovetr du v. 36. — Ebrépedpov hap. leg. peut être un néologisme de Paul (Lietzmann); cfr. [oi té Ovotaornpiui] napedpeboyres de 1x, 13 et [rhv t&v oûv Opévwv] rap£èpov [oopiav] de Sap. Sal. 1x, 4 (Rob.-Pl.); dans Hésychius — xahüs mapauévev, Ces rapprochements suggèrent le sens d'une présence assidue auprès de quelque objet vénérable ou sacré. — L'adverbe éxeptondotus, hap. leg. (— épepiuvews, Hés.);
cfr, anspioraoros classique = « non distrait », « ininterrompu ») Sap. Sal, xvi, 11, et Epictète, x, 22 (le philosophe üxepioxacros au service de Dieu); plusieurs exégètes rappellent ici Luc x, 38-42, le contraste entre Marie qui était assise (rapaxaeobeïoa, Cfr. ebnépedpoy) aux pieds du Seigneur, tandis que Marthe s’agitait alentour (repteoräro); ainsi Rob.-Pl., J. Weiss, Toussaint, al. ; il est possible que Paul ait eu quelque réminiscence plus ou moins consciente de cette scène, qui nous a été transmise: dans l'Évangile de son compagnon de voyage; sa mémoire était remplie, quoi qu'on en dise, des événements du ministère de Jésus.
B. 35. Cette phrase délimite bien l'intention que Paul se fixait dans sa recommandation du célibat; il n’entendait pas y pousser les chrétiens indistinctement, ni faire, pour ainsi dire, la chasse aux vocations extraordinaires; il n'a pas oublié qu'il leur montrait peu auparavant l'état sanctifié du mariage comme le don ordinaire de Dieu. Mais il a fait ressortir le caractère hautement louable et spirituellement avantageux du célibat mystique pour ceux qui peuvent le pratiquer; quant aux autres, il ne veut nullement capturer leur vouloir, ni trop présumer de leur force (Rob.-PI., J. Weiss, Toussaint, Sickenb., al.); Schmiedel pense qu'il aurait vu dans une exhortation indiscrète à cet état un piège qui aurait pu les induire en tentation de forniquer (cfr. v. 2); mais il y a plus, l’Apôtre respecte pour elles-mêmes et la liberté de tous, et la lignité de la vocation commune. Héureux seulement ceux qui, dégagés autant que possible des soucis matériels du mariage, peuvent vouer exclusivement leur vie au culte du Seigneur, comme Marie assise à ses pieds!
——— À. 36. Ce verset et les suivants présentent un nombre extraordinaire de difficultés d'ordre lexicographique, grammatical et exégétique. Ils sont parmi les plus ardus de cette épître et des autres, et ont donné lieu à des interprétations assez fantaisistes.
asynpovetv (cfr, xur, 5 et eÜoynuov, supra) signifie « se comporter mal », « vilainement », « manquer aux bienséances » ; ëxt ruwa, « envers quelqu'un » (Denys d'Halicarnasse, 1, 26; Pap.); il peut signifier aussi « ne pas être en situation honorable, indépendante », (voir Moulion-Mill., ad v., P. Pap. 63 1x. 38-s.) — Ürépaxuoc, (06, ov) peut être masculin ou féminin, et susceptible donc, théoriquement, de se rapporter à ts ou à mapBévov; c'est un hap. leg. sur le sens duquel on discute beaucoup; nous lui donnons le sens de « nubile » et le rapportons à raplévoy (voir la discussion infra. Exc. vit). — pelle à toujours le sens de devoir, d'obligation morale, de dette, et n’équivaut jamais simplement à dei, verbe de la simple nécessité; ici il est impersonnel. — Gfe, rouire, éuapréve, ont-ils tous les trois le même sujet? — le pluriel Yapeitwoav surprend; le sujet doit être double; il y a la rapdévos; mais qui est l'autre ? (Aussi il y a des substitutions : yausitu, D', F, G, pes, arm., Aug.; « si nubat » d, e, f, vulg., Ambr*). Cela paraît un passage brusque à un autre sujet, un « hypallage ».
A. 87. £5païoc, propre à Paul dans le N. T., cfr. xv, 58; Col., 1, 28.
son cœur, et n’a rien qui le force, mais toute faculté de faire son propre vouloir, et qui a décidé cela dans son propre cœur, de garder la vierge qu’il a, il agira excellemment. 38. Aïnsi, et celui qui marie la vierge qu'il a agit excellemment, et celui qui ne [la] marie pas agit mieux.
. À. 88. Le verbe yauiw se rattache par sa forme en -X{w aux versets causatifs, et doit donc signifier « donner en mariage »; c'est ce qu'affirme Apollonius Dyscole (« De syntaxi » nt, 31); mais l'actif Yauiÿew ne se présante qu'ici, peut-être Mat. xxiv, 38 (yauilovres, var. ExyauiCovtes) et chez les Pères grecs qui se réfèrent à ce passage (comme Methodius, « Gonv. » 11, 14, 86); on a la forme moyenne ou passive yaui- Geafar (var. éxyapiteoûou, vautoueobat), dit toujours de la femme, (comme yaueïoüai) au sens de « être épousée », « se faire épouser », « être donnée en mariage », Math.
xx11, 380, Marc xu, 25, Luc xvu, 27, xx, 25; on ne possède pas un seul exemple où yauitw ou éxyaulQw signifie « épouser », mais c'est toujours « marier » (voir la controverse infra, à l'Exc. vu), On lit Exyautuv bis, K, al. — rhv éauroë xap0. est omis K, L,
al, Aug. — ras — « honorablement », « louablement ».
B. 86. 38. Au v. 34, Paul avait parlé pour les. vierges, et, en général, pour lesfemmes sans époux, y compris les veuves, leur montrant l'avantage de rester comme elles sont. Selon une excellente idée que je trouve dans Bachmann et Gutjahr, il envisage maintenant à part chacune des deux catégories : de 36 à 38 les vierges, puis, 39 et 40, les veuves.
Ce passage est certainement à prendre à la lettre, et il n’y a aucun cas à faire de la singulière interprétation allégorique avancée par Methodius, s. Jérôme (« e. Jovin. » . 1,48), s. Epiphane, Pélage, Primasius, et combattue par s. Augustin; d'après laquelle raplévos pourrait signifier raplevio et opf, la question étant de savoir si l'homme doit garder vierge sa propre chair (voir Cornely et Gutjahr).
Il s'agit du cas. de conscience familial d'un chrétien (ris) qui a une fille vierge et. qui se demande s’il agira bien ou mal en la mariant. Malgré la dignité supérieure de la virginité, il peut se dire, en raison des idées du pays et de l'époque (tant parmi les Juifs que parmi les Grecs), que ce serait se déconsidérer lui-même (äcynuoveiv, au sens. des Grecs, Estius, Lap., Cornely, al.) « au ‘sujet de » ou « aux dépens de » sa fille. (ëxt rhv zap0. à.), s'il ne lui cherchait pas un mari; il pourrait même craindre de pousser ainsi la jeune fille à des écarts de conduite dont il se trouverait déshonoré (Œc., Théophylacte, Ambrr, Pél., Prim., al., Maier, Bisping, Meyer, Godet, Sickenberger) ; c'est une idée bien exagérée de Zietzmann et de Joh. Weiss, que de prétendre qu’un pareil point de vue devait être absolument étranger à des chrétiens pauliniens. Sans tant préciser, on peut comprendre aussi (autre sens de àsynuovetv) que le père estimerait porter préjudice à sa fille, l'exposer à la honte (d'après. l'opinion du monde d'alors sur le célibat des femmes) s’il ne la mariaït pas (s. Thomas, Rob.-Pl., Lemonnyer, Sales, Toussaint, Bachmann, Gutjahr, al.) — lorsqu'il voit qu’elle a atteint l’âge nubile (brépaxos féminin, voir à l'Exc, vu). Le brave homme se dit alors que c’est une dette, un devoir pour lui (6geiku) de « faire ainsi » (1), c'est-à-dire de lui chercher un époux, quand bien même, personnellement, ses idées de perfection chrétienne lui auraient fait préférer pour elle, en soi, le célibat. En ce cas, il est bien libre de faire ce qui lui semble hic et nunc préférable, puisqu'il est certain (v. 28) que sa fille ne pèche pas en se mariant (ox âuapräver, dont le sujet n’est pas indiqué, pourrait, à la rigueur, signifier : « elle ne pèche pas »; pulg. : « si nubat »), et que lui, par conséquent, ne péchera pas non plus en la donnant en mariage (oùx duapr. [aüros]). Donc,
, + a . e\ (1) Ou bien (Bachmann), « et que, ainsi [pour ces raisons] il est de son devoir que (cela) se fasse », en rapportant oütws à ôpethes, et suppléant un sujet à yevéoüou.
« qu'on se marie », ou « qu'ils se marient » (elle et, sous-entendu, l’homme agréé pour elle); le pluriel yaueiruoav, elliptique, n'est pas plus étrange que celui de I Tim. 11, 15, èv pelvuoiv èv rloter «rh, (Rob.-Pl.) où le sujet, yuvi, est singulier (mais où le mari et les enfants sont peut-être connotés).
Nous autres, modernes, nous pouvons être surpris que tout le rôle actif, dans une pareille question, paraisse assigné au père de la jeune fille, et qu'il n'y ait pas un mot de la volonté de celle-ci; mais il faut nous souvenir du droit antique; légalement, officiellement, c'est le père de famille qui consentait à laisser passer son enfant dans une autre maison. Mais nous ne croirons pas pour autant que Paul, après s'être appliqué à relever, sur des points capitaux, la parité de droits des deux époux dans l'exercice de la vie conjugale, ait admis qu'un père pouvait, sans consulter la volonté de sa fille, la jeter dans les bras d'un homme, ou lui interdire au contraire d’être épouse et mère. Avant de rien décider en cette matière, l'équité et la justice, garanties par la loi chrétienne, obligeaient le: chef de famille à s'assurer du consentement de la personne intéressée. Primasius, s. Thomas et d'autres, ont donc raison de comprendre les mots xai oütus 6peilet yiveoar de l'obligation qui résulte pour le père de res-. pecter la volonté de la jeune fille, — qu'il y ait ou non d'autres nécessités se joignant à celle-là. La suite va le confirmer.
Le chrétien peut prendre aussi le parti contraire, c’est-à-dire celui de garder sa fille dans l’état de virginité. Décision grave et qui ne peut être qu'exceptionnelle; aussi l'Apôtre insiste-t-il beaucoup sur Les conditions qui sont requises pour qu'il ait la liberté de faire un pareil choix (PBachmann). Il faut qu'aucune nécessité (avéyxnv) ne s'impose à lui — de par la volonté de sa fille ou pour tout autre motif — de faire autrement; il faut qu'il lui soit loisible de trancher lui-même, tout seul, la question (éfouolav DÈ Éyer nepi voù édiou Gekduaros), du fait que cette. « vierge dont il a la charge » (rhv éautod næplévov) désire elle-même ne pas se marier ou consent à faire ce que son père voudra (Ainsi Pél., Œcum,, Ambr', s. Thomas, Hervé, Cornely, Rob.-Pl., etc.); autrement il n'aurait plus « le plein pouvoir d'accomplir sa propre volonté », la justice, la bienveillance, Faffection paternelle. le liant à la volonté opposée d'une autre. Gela supposé, s’il est bien sûr de lui-même (Edpaios), c'est-à-dire de sa pleine liberté, il arrétera dans son cœur de garder à la maison sa fille vierge, — et il fera bien, ce sera une action louable, tout-à-fait conforme à l'idéal évangélique.
Le difficile v. 37 s'explique parfaitement. de la sorte; il faut que Ziet:mann ne Fait analysé que d’une manière très superficielle, pour déclarer que, s’il s'agissait d'un père ayant une fille à marier, les expressions comme « n'ayant pas de nécessité », et « ayant pouvoir sur sa propre volonté. », seraient grotesques; il n'a pas réfléchi que des nécessités de convenance, de réputation, de justice, à Corinthe et de ce temps-là comme toujours et partout ailleurs, pouvaient empêcher un père de famille de faire ce qu'il aurait désiré’ lui-même au cas où il n'aurait pas subi cetta pression des circonstances ou de la volonté d'autrui. Saint Paul parlait évidemment. pour les pères corinthiens qui appréciaient comme lui l'idéal chrétien; il leur rappelle ce à quoi est subordonnée la satisfaction du désir de perfection qu’ils ont pour leurs filles.
La conclusion est donc (v. 38) qu'il est louable, selon les circonstances, soit de. marier sa fille, soit de ne pas la marier; mais que le second parti, quand les circonstances permettent de le prendre, répond à un idéal supérieur, — celui qui a été fixé aux vv. 1, 7, 8, 20, 24, 25-27, 84,85, La doctrine est parfaitement cohé- - rente.
Nous devons toutefois reconnaître que ces derniers versets, avec leurs hypallages, leurs sous- -entendus, les explications qu'ils exigent, ne sont point d'une limpidité parfaite. Pour les Corinthiens, qui connaissaient la situation et savaient quelles
questions ils avaient posées dans leur missive, il n'y avait sans doute aucune équivoque dans cette réponse. Mais les exégètes de l'avenir devaient être moins favorisés. On dirait que l'apôtre, pressé d'en finir avec ce sujet, a quelque peu négligé son style. C’est ce qui a donné occasion d'établir contre l'exégèse que nous venons de donner, — et qui est l'interprétation commune et La vraie, — une théorie bien différente, et très restrictive de l’universalité de la doctrine apostolique sur le célibat chrétien. C'est celle des « virgines subintroductae », inventée par Achelis, et
suivie par un certain nombre d’exégètes contemporains, surtout des acatholiques. Nous en discuterons dans l'Exc. VII.