Apa xat où “rouumnôévres ëv Xotord dwkcvt
49. EX &y +9 Con radin Ev Xprioré “hAmmtes Éouèv “uvov, Ékcewvèregor mévruv avÜpOrET Espéy.
länte qui s’imposerait. IE compte, dit J. Wéiss, qué la communauté va protester et dire : u Not, avéc de pareilles expériencés, impossible que nous nous soyons trotirpés | » |
Il lé faudrait pourtant, si les sceptiques avaient raison. La foi de l'Évangile serait vidé, fflusoite (x4v4, fr. 14), et elle ne pourrait produire aucun résultat pour le salut (patate). « Î1s seratéht entoré dâns léurs péchés 5, ces péchés sf impitoyablement décrits aux pretilérs chapitres (voir supra, vi, 91) et dont ils se figuraient être déliviés, C'est qwil ÿ à solidarité entré la résurrection et la rédemption; seul le Christ glorifié donne l'Esprit qui efface les souillures (Lietzm.). Un Christ vaineu par la mort ne peut avoir détruit le péthé, dont la pénalité est la mort; si la môrt a été plus forte que Lui, c'est que le péché conservé sa domination; donc les éroyants n'ott pas reçu le pardoi (Büchmunn, Rob.-Pl.). S'il n'est pas ressuscité, l'Écriture ne s’est pas accomplie en lui; il n'est donc point lé Messie, ni l'Agneau qui enlève la fatité du motide (Guahr).
ÏT faut toujours présupposer dans cétte argumentation la thése paulinienne qu'il y à üni en d'effet à causé entre la mort et le péché. Par conséquent, ainsi que le montre Bathmanr, 11 serait tout À fait inutile de se réfugier dans l'hypothèse d'une immortalité glorieuse purement spirituelle, pour des âmes qui devraient rester perpétuellement séparées de leurs corps; si, en effet, elles ne retrouvent jamais leurs enveloppes corporelles, c'est qu'élles demeurent sous la pénalité principale du péché, et donc que les péchés ne leur ont pas été vernis, par conséquent qué leur immoïtalité ne saurait être glorieuse.
Aussi Paul ne se placera:t-il jamais, au cours de cette discussion, dans l'hypothèse d'une simple « immortalité » conçue à la grecque. Voir infra, w. 19, 30-34.
À. 18. xoiäoÿart — IT araméen (Strack-Büll.); le mot implique « repos »,
mais non inconscience (Rob.-PL.).
B. 18. On ne pourrait échapper à l'affreuse conclusion finale; ceux qui se sont « endormis » dans la paix du Ghrist, mettant tout leur espoir en Lui, n’ont pas eu un meilleur sort que n'importe qui; ils sont tombés dans la mort définitive, sans salut, L'apôtre ne pense même pas, comme à chose qui puisse compter, à la pâle existence qui serait possible dans un Hadès sans gloire ni bonheur.
été À, 49, Paul emploie la conjugaison paraphrastique, fArtxétéé Eouév (au lieu de fAnixaue simplement), parce qu'il veut attirer l'attention sur l’étar de gens qui ont été dans l'espérance; et tué, comme nous l'entendons, équivant presque à éoépela, comme si c'était un futur antérieur : « si nous sommes = ow si nous devons être — ceux qui auront été en état d'espérance ».
Le sens de ce verset, très discuté, dépeñd entièrement du mot auquel on fera se rapporter pévov, « seulemént »,
Est-ce exclusivement à év 1% Guÿ raben, « én cette vle », avec Lietzmann, Loisy, Barth, al.? Alors il faudrait comprendre : « Si nous avons mis notre espoir dans le Christ, pour cette vie seulement, » Il nous semble que cette traduction néglige la
même que nous sommes faux témoins de Dieu, parce que nous avons témoigné en dépit de Dieu qu'il a ressuscité le Christ, — qu'il n'a pas ressuscité si de fait des morts ne ressuscitent pas. 16. Car si des morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité. 17. Mais si Christ n'est pas ressuscité, vaine est votre foi, vous tes encore dans vos péchés!
18. Par conséquent aussi, ceux qui se sont endormis en Christ sont perdus.
19. Si nous [ne] sommes [que des gens] qui auront « espéré » dans cette
vie-ci en Christ, — [et cela] seulement, — nous sommes à plaindre plus que tous les hommes!
nuance du participe parfait, « nous sommes ayant espéré », un état qui aura duré dans le passé, mais qui aura passé. D'ailleurs, comme dit J, Weiss, cela n’a pas grand sens de supposer qu'on ne puisse attendre du Christ que des avantages terrestres., Lesquels, avec la façon dont Paul présente la vie des apôtres et des fidèles ?
On peut, ce qui est beaucoup mieux, rattacher pdvoy à fAmexéres; en faisant d’isuév une copule, non un auxiliaire (Rob.-Pl., J. Weiss) : « Si nous sommes en cette vie, des gens qui ont seulement espéré ». Les auteurs anglais l'ont rendu par une jolie tournure intraduisible en français : « If in this life we are only hopers in Christ, and have nothing beyond ». En effet, faudrait-il se féliciter d’avoir espéré une chimère, et de n'avoir pas eu d'autre bien?
Mais on peut aussi — et c'est ce qui fait droit au texte de la meilleure manière, — faire porter pdvov sur la proposition entière : ei ëcuèy pévoy (4Antxôtes èv 1 Ç. t. ëv Xo.) « rien qu’une espérance », et « rien que dans cette vie ». Ainsi Bachmann, Gutjahr.
Nous prenons donc ësuév comme copule, nous faisons de fAmaûrtes l'équivalent d'un substantif (« kopers ») et d'un futur antérieur; c'est pourquoi nous mettons des guillemets à « espérer », et nous détachons bien udvov, pour qu’on en voie toute la valeur. Ce n’est pas une périphrase, c'est la traduction exacte du texte avec sa vraie nuance.
B. 19. L’Apôtre serait atterré par la perspective qu’il vient de faire entrevoir. Le réaliste Paul ne se contenterait pas, avec des humanistes comme Bousset, qui se choque de cette déclaration abrupte, de penser : « Il y aurait toujours la vie vertueuse, la paix de la conscience », etc. Comme tout cela serait insuffisant si c'était basé sur une erreur et ne menant qu'à une déception! Paul tenait à être dans le vrai; et il n’était ni stoïcien ni protestant moraliste.
Un rapport avec le Christ pour acquérir des biens dans la vie présente seulement n'enrichirait pas beaucoup l'âme, et un Ghrist qui ne serait que l’objet d’une espérance sans résultat ne servirait de rien aux hommes (Bachmann). Qu'on ne nous parle pas « d'erreur bienfaisante », ce n'est pas du style de Paul. Si le Christ, dit Gutjahr, n'est pas ressuscité, et que nous n’ayons eu qu'un espoir qui n’aboutit à rien, ni dans la vie présente — puisque, en l'absence d'une victoire du Christ sur la mort, sur le péché, nous ne sommes pas purifiés, — ni a fortiori pour la vice future, où nous arriverions avec nos péchés et où un tel Christ .ne pourrait nous garantir le bonheur, alors nous sommes de malheureuses dupes! Les considérations d'un pragmatisme utilitaire et insoucieux de la vérité objective des croyances n'ont rien à faire dans le cas. Nous sentons ici-bas le poids de la vie, et notre misère suite du péché; si, faute de cette preuve qu'est la Résurrection, nous ne sommes pas sûrs d'être rachetés, nous sentirons-nous jamais allégés de la faute et en mesure d'espérer le salut? Au moins les autres hommes, qui n'ont pas cette inquiétude,
peuvent jouir vaille que vaille de la vie présente, sans arrière-pensée. Barth, ici, a encore des pensées profondes, quoique trop empreintes de pessimisme protestant.
Chrysostome examine ici l'objection de l'attente d’une vie future et heureuse qui serait pour l'âme seule, et il répond que l'âme, même immortelle, n'aurait pas, dans la perte du corps, sa récompense. De fait, avec s. Thomas, Estius, etc., il ne faut pas perdre de vue que l’Apôtre raisonne toujours « ex hÿpothesi divinae ordinationis de Christo et nostra salute »; et non d’après des possibilités abstraites d’un salut qui pourrait se faire en dehors du Christ; car tous les Corinthiens, même les sceptiques qu'il combat, lui accordaient bien en principe qu’« il n’est pas d'autre Nom donné aux hommes dans lequel ils puissent être sauvés » (Act, 1v, 12),
2 xv, 20-28. Assurance de la résurrection des fidèles dans le triomphe final du nouvel Adam.
INT. — Cette péricope s'oppose à la précédente, comme le positif au négatif, ce qui est une manière d'argumenter fréquente chez Paul. Il a dit ce que serait le sort des fidèles si la Résurrection du Christ pouvait être mise en doute; mais elle ne peut l'êtrel et voici ce qu’il adviendra à cause de cela du monde et de l'humanité. Le yurt dé qui introduit ce brusque changement de perspective est très pathétique.
Il importe d'éviter une erreur qui engagerait l’exégèse sur une fausse voie : ce serait-de considérer les vv, 21 et suivants comme une preuve du v. 20, lorsqu'ils n'en sont en réalité que le développement, expliquant non pourquoi le Christ est ressuscité, mais comment ë est les « prémices » (dxag4f) de ceux qui dorment (conire Barth et d'autres).
Le passage 23-28 est grandiose, et très important pour l’eschatologie paulinienne,
Cu. xv, 20. Nuvi SE Xpuords Eyhyeptar Ex vexpüv, Gtapyh TOY xexounpÉvwuV* 21. “ëreudn yap Où &vôpwmou évaroc, nai à Gvpuürou àvdoruots vexoüv.
Cu. xv, 20. Maintenant, Christ est pourtant ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui dorment! 21. Car après que par un homme fest venue] la mort, par un homme aussi [viendra] la résurrection des morts.’
A-B 20. Nuvi Gé; c'est une exclamation de soulagement! Le Christ est bien ressuscité, d’entre les morts, Ex vexp&v (cette particule ëx prouve bien qu'il s'agit pour le Christ — et par conséquent pour tous — d'une résurrection d'entre ceux qui étaient morts corporellement, car certes le Christ n'était point du nombre des « morts spirituels », Rob.-PI.). Paul affirme, avec une vigueur joyeuse. La preuve n'est pas à chercher en des spéculations, mais dans les faits énumérés 1-11; l’Apôtre n'y reviendra pas. Jésus est ressuscité comme « prémices » &napy#, de ceux qui « dorment » et qui doivent être réveillés par Dieu (cfr. Act. xxvi, 28; Col. 1, 18; Apoc. 1, 5). Le choix de ce mot implique un lien nécessaire avec la « masse » des autres morts, dont Jésus est sorti le premier, pour que les autres suivent (Gutjahr).
Il ouvre une nouvelle idée, qui va être développée aux versets suivants. C'est
des fidèles qu'il s'agit; la résurrection des méchants n’est d’ailleurs pas exclue, mais Paul ne s'en occupe pas ici.
A. 21.1 Y * a » eIRpse des deux copules, un présent et un futur. — yép explicatif, — Enedn yap... xal.…., : le nai n’est pas copulatif, mais comme une apodose; éxe:d# peut se traduire « puisque » (ce qui est préféré de beaucoup de traducteurs) ou « après que »; cela fait une assez forte distinction de sens (v. infra, à B). — Cfr. Rom, v, 12, 18,
B. 21. Nous trouvons ici le parallélisme entre l'œuvre d'Adam et celle du Christ, qui est la grande doctrine de l'Épitre aux Romains, ch. v. Le v. 56 (infra) fera de même une allusion à la doctrine de la justification telle qu'elle est développée dans les épîtres aux Galates et aux Romains, qui sont de la même période que I Cor. C'est que le parallèle avec Adam était « une proposition bien connue de la théologie de Paul » (Lietzm.) et que, même avec les Corinthiens, il n'était pas besoin de s'expliquer davantage; l'Apôtre l'avait fait assez en les évangélisant., On voit comme
22. “Qorep yap Ev r@ ’Adap mévres amobvisaouauv, obtuc xat ëv r Xpiorÿ mävres Cuworombpoovra. 28. “Exaoroc dè ëv rù idlo *céypart éraoyh Xpioréc, Emeuræ où To Xptorod ëv tr mapouaix abroë, 2h. elre “rd réhoc, ôrav ”rapaddot Ty Bacthelay ro 0eû rot matpt, Orav “xarapyhon Täcav &pyhy nai mücav éEouciay #at OÜvapuv. 25. Aeï yap abroy “Basthetew « yo où 0H mévrag Tods Éyhpods Ürd
toutes ces épîtres se tiennent, et reposent sur un enseignement oral proposé à toutes les églises. C'est la preuve de la netteté et de l’homogénéité de la doctrine paulinienne, arrêtée bien avant qu'un document écrit, parvenu jusqu'à nous, nous la révèle; il faut donc se. défier des théories basées sur une « évolution » de la pensée paulinienne.
Si nous avons rendu — non sans hésitation — ëxad4 par « après que », plutôt que -par'« puisque », c’est afin de ne pas avoir l'air d'entrer en des théories comme celle de Leisegang (« Der Apostel Paulus als Denker », 1923), et d'autres critiques, d’après qui l'Apôtre, par une sorte de métaphysique héraclitéenne, aurait vu dans l’œuvre du Christ une conséquence en soi nécessaire, comme contre-partie, de “elle d'Adam. Il y a sans doute entre les deux un lien essentiel, maïs il est contingent, et n'a été établi que par la libre volonté du Dieu de miséricorde.
La mort ayant été causée par ur homme (Adam), Dieu a voulu que la résurrection aussi fût amenée par ur homme, un autre homme, descendant du premier, le Christ; ce à quoi la pensée religieuse peut découvrir des raisons de haute convenance, mais aucune nécessite naturelle. Inutile d'entrer ici en discussion avec les fantaisies de Reitzenstein (HM®, p. 342-s.) qui voudrait ne voir dans l’un et
l'autre qu'an méme être, l’« Anthropos », le prétendu « Urmensch »; il n’y a qu'à se reporter aux vv. 45-49, infra, et à Rom. v, 42 (de Évos avüpwnou) et 18 (dr évès... dr Evbs).
Notre verset, ainsi que le suivant, a pour unique fin d'expliquer les derniers mots de 20, àrapyà Tüv zexom., © 'est-à-dire comment le Christ est « prémices de ceux qui dorment », assertion si pleine de promesses en sa concision.
B. 22. Ce verset ne fait aussi qu'expliquer le v. 21, ou plutôt le répéter sous une autre forme, C’est toujours l'assertion d'un fait voulu par Dieu, non une preuve de la nécessité d'une résurrection générale.
« Tous seront vivifiés » dans le Christ. Comme tout le contexte montre bien qu'il ne s'agit que de la vie glorifiée, on ne peut entendre le pronom « tous » que de tous ceux qui auront été en union avec le Christ, de la totalité des élus (Cyr. Alex. Aug. « ad Hieron. » Ep. 166, Pél., Estius, Corn. a Lap., Bisping, Cornely, Heinrici, Schaefer, B. Weiss, Bachmann, Sickenherger, eic.). Il serait bien difficile. avec le contexte, de l'entendre d’un retour « ad vitam naturae » pour tous les hommes {s. Thomas, ad loc., cfr. « Cont. Gentes » 1v, 84), comme l'admettent cependant encore Rob.-Pl,, et Guijahr qui se demande si révtes Cworomôfoovrat ne se rapporte pas à la volonté divine « antécédente » et à la « grâce suffisante », en remarquant subtilement que ëv de 22 n'est pas Bié de 24.
Rien n'indique que ces distinctions aient leur place ici. Paul croyait bien à la résurrection corporelle des infidèles et des réprouvés, voir vi, 2; x1, 82; Rom. n, 5e suiv., tout comme s. Jean qui a parlé (Jean, v, 29) de la « résurrection pour le jugement », els dvdotaotv xpiews; mais, dans tout ce chapitre, où il voulait uniquement réconforter les croyants, il ne l'a pas envisagée.
sm À, 28, La phrase finit bien avec le verset, après ëv +ÿ xapouola airoë (F, QG, Hil., Ambrr, Vulg, ont ajouté EArivavres ou « qui... crediderunt »), et il ne faut pas y joindre sîta ro t£los de 24, qui en commence une autre (infra, Exc. xvni). — ëv'rù
22. Ainsi, en effet, qu'en Adam tous meurent, de même aussi £’est dans le Christ que {ous seront vivifiés. 23. Mais chacun au rang qui est le sien : le Christ, prémices, ensuite ceux [qui sont] au Christ, à sa Parousie 24. Ef puis, la fin! une fois qu'il livre la royauté au Dieu ef Père, une fois qu'il aura réduit à rien toute principauté et foute domination et puissance. 25. Car il faut qu'il règne « jusqu'à ce qu’il ait mis tous
10, réyuarn : Je mot téyua, qui signifiait originairement « détachement militaire », a pris par da suite bien d'autres sens; ici il faut comprendre : « à son propre rang », v. Exe. xvui, — oi 505 Xp1ovob, comme Le classique oi 105 Æimxpdrous, Deissmann L. ©. « ceux de Gésar »; — 2 temporel, fréquent dans les Évangiles, « in diebus idis ».
B. 28. Ici commence, pour s'étendre jusqu'à 28, un passage très fameux pour l'eschatologie, qui sera complété par 51-54, Chaque terme veut être étudié avec le plus grand soin, car les divergences d'interprétation sont fortes, et de grande portée. Nous ne donnons ici que notre propre exégèse, et renvoyons toutes Les discussions à un excursus spécial, Exc. xvar.
Tous reviendront à la vie, mais non tous ensemble: chacun aura son rang, Le Christ a pris les devants, comme « prémices ». Barth, avec une belle citation de Luther, note Ja force de ce terme d'érapyd, emprunté aux offrandes et aux sacrifices : x Dieu exige pour lui cette parf de la moisson, et donne à entendre par là que la partie qui reste, le tout, Ini appartient ». Aïnsi en sera-t-il de tous « ceux qui dorment » dans le Christ. Les croyants, les justes, les élus ressusciteront quand le
Christ, leurs « prémices », reviendra dans sa gloire. Paul pe parle pas directement de ceux qui ne sont pas « au Christ »; il suppose toujours, comme le cas normal, qu'un chrétien sera sauvé; et, pour les non-chrétiens, c'est l'affaire de Dieu de s'y reconnaître (voir au chap. v, 13, supra).
—— À, 24. L'adverbe eîra est peu employé de Paul (encore 5, 7, xu, 28 et TI Tim. n, 48, 1, 19), Ensrva l'est un peu plus (9 fois); les deux ont une certaine largeur de sens, et ne désignent pas toujours une suceession temporelle; voir comm. à xur, 28, xv, 5 À, 7 B, et Exc. xvur. — 14h06 est aussi susceptible de plusieurs sens; l’acception première qu'il faut maintenir ici, est celle de « fin » (Heïnrici, Toussaint, Schmiedel, Bousset, Sales, Lemonnyer, Gutjatr, Sickenberger, Deissner [« Auferstebung und Pneumagedanke »], Barth, etc, et presque tous les anciens); cependant il signifie aussi quelquefois « le reste », sens adopté par Œruménius, Théophylacte, Cajetan, Lap., beaucoup de protestants (il répondrait à G&mapyf), ainsi que les exégètes se rattachant à l'école « eschatologiste », J. Weiss, Lietsmann avant lui, Loisy, al.; Reitsenstein (HM3, p. 343), Schweitzer (« Mystik », p. 69), lui donnent les deux sens de « fin » et de « reste » à la fois, et Bachmann juge que le second s'y trouve à l'état implicite. Voir encore l'Exe. xvui. — Tasaüdoi (0& pour W-H. Vogels et Soden), présent, est la vraie leçon, et non rapaôt supposé par Pulse. et reçu d'Æstienne. — Brav xarapydon, subjonctif aoriste équivalent à futur antérieur, et subordonné au premier ütav; ici zarapyéw, qui prend diverses nuances chez Paul, signifie « abolir », comme au v. 26, on, mieux encore, en un sens plus large, « destituer »,
B. 24. « Alors », «et puis [alors] », ce sera la fin, quand le Christ remettra le pouvoir royal à son Père, ce pouvoir qu'il exerçait au titre particulier de Messie, médiateur, chef de l’Église militante; c'est qu'il aura mené à bout sa lutte conquérante, il n'aura plus qu'à régner avec son Père, dans la paix éternelle sur le même trône (4poc. vu, 17; xxit, 4, 8; voir aux vv. 27-28, infra, et Exc, xvin)s J, Weiss croit à tort que celte association sera limitée,
rod médaç abroë. » 26. "Ecyaroc Eydpôs xatapyeïrar à Odvaros. 27. « TIévre yap Ümérabev drd vodbs médag abroë. »
4 \ X » € e € \ = + "+ Orav D “eimn OT mévra Ümorérante, DAov OTt Exrds To Ürordbavros abri ù 4 L'4 e , 3 4 , ! 4 , € € ke / ra mävra. 28. “Orayr dE brordyn at Ta Tévra, vôtre nat abrds à vide “brorayhsetar Tù Ünordbavre abt® Ta mévra, Îva 6 Bed mévræ Ev “roi.
C'est en cela que consistera la « fin », Il ne faut pas y voir un « troisième » groupe, 1&yuz, de ressuscités, que ce soient les damnés (Theoph., Caj., al., J, Weiss) ou des justes non chrétiens (suggestion de Lietzm., Bachmann). Jamais Paul n’a pensé à deux résurrections corporelles, séparées par quelque « règne intermédiaire » que ce soit. Nous le démontrerons, contre Schweitzer et d'autres, dans l'Excursus.
Les puissances que le Christ aura détruites ou annulées au préalable, ce sont pour les uns (s. Aug., s. Thom.) tous les pouvoirs, mauvais ou bons, autres que le sien; et pour d'autres — ce qui est plus conforme au verset suivant — les puissances démoniaques (Chrys., Ambrr, al.) ou les hostilités humaines, auxquelles Gutjahr ajoute à bon droit le Péché et la Mort personnifiés (v. 26, infra), en un mot tout ce qui s'opposait au Règne de Dieu.
——— À. 25. Act, nécessité imposée par le plan de Dieu. — fasthebaw, présent, non aoriste, et marquant la durée de l'acte. — Citation adaptée du Ps. ox (vulg. ax), 1; cfr. Mat. xx, 44 et parall.; les Juifs interprétaient déjà ce psaume messianiquement (voir Strack-Billerbeck, Excurs « Der 110 Psalm in der altjüdischen Literatur »); &xpt n'apparaît que dans ce groupe des .grandes Épîtres et Phil. 1, 5, 6; il est d’ailleurs plus fréquent chez Paul et dans le N. T. que pêxpr (Rob.-P1.); le sujet de 0%, dans l'adaptation du Psaume, est Le Christ lui-même, et non Dieu comme dans l'original (J. Weiss, Bachmann); car Paul identifie, ici encore, leur action, même quand il la distingue, comme ici, sous le rapport du mode.
B. 25. Le Christ anéantira toute puissance hostile, car, de par la volonté inéluc-
table de Dieu, son règne, déjà commencé, doit durer et s'étendre jusqu'à ce qu'il ait réduit toute résistance. Saint Paul prophétise donc le triomphe du Christ-Roi, et d'une manière bien différente de celle des « eschatologistes » qui ne font commencer sa domination qu'à la Parousie (voir l'Exc. xvint). A. 26. Cfr. xv, 54-55 et Apoc, xx, 14; xx1, 4, J. Weiss serait porté, bien arbitrairement, à considérer ce verset, si remarquable, comme glose marginale; il tâche, au cas où on le conserverait, de l'accommoder à sa théorie de la « double résurrection »; Bachmann de même. Voir l’Excursus.
B. 26. Dans sa brièveté, cette phrase est saisissante. La mort, cette victoire du Diable et du Péché, sera abolie à la défaite des puissances qui l'ont introduite dans l'humanité, Paul la personnifie dramatiquement, comme la Loi, le Péché, sans la prendre, comme se le figure Schweitzer (« Mystik », p. 68) comme un Ange malfaisant (pas plus qu'elle n’est vraiment une personne Apoc., vi, 8, autrement le Hadès et les autres cavaliers allégoriques le seraient aussi, voir notre commentaire de ce livre), La victoire sur la mort est évidemment la même chose que la Résurrection générale, malgré Lietzmann, qui n’y voit qu'une dernière préparation pour rendre possible le retour des morts à la vie. Tout cela c’est inventer bien oiseusement une sorte de « Mythologie paulinienne ». « Destructio mortis ressuscitatio mortuorum », comme dit l'Ambrosiastre.
À. 27. Citation, adaptée encore, du Ps. vin, 7; comme, dans l'original, le sujet est Dieu, il faut probablement suppléer ici encore 6 0s6s comme sujet de bnérakev. Cfr, Heb, u, 5. Si ce Psaume, qui, au premier sens, parle de l’homme en
les ennemis sous ses pieds ». 26. Et le dernier ennemi [qui] est réduit à rien, c’est la Mort. 27. Car [Dieu] « a mis tout sous ses pieds ».
Mais quand on dit que tout a été soumis, il est évident que c'est à l'exception de celui qui lui a soumis le tout. 28. Et une fois que lui aura été soumis le tout, alors le Fils lui-même sera aussi soumis à celui qui lui a soumis le tout, afin que Dieu soit tout en toutes choses.
tant qu'homme, a été rapporté par le Talmud à Moïse ou Abraham (Lietzm.), il y a là le vestige d'une tradition sur les amis de Dieu qui s'est précisée éminemment dans le Christ. Le verset 5 hébreu parle du « fils de l'homme »; Schmiedel, et après lui J. Weiss, observent justement à ce propos que cette désignation pour le Messie Jésus devait être connue de Paul (comme des autres Apôtres); s’il l'a évitée, c'est peut-être à cause des Gentils qui l’auraient mal comprise, mais nous ne croyons pas que ce soit à cause de l’« Anthropos » païen, qui n'était pas encore si célèbre dix-neuf siècles avant Reîtzenstein (voir aux vv. 45-49, infra). — Quel est le sujet sous-entendu de tixn? Si cet aoriste équivaut à un futur antérieur (ce qui n'est pas sûr ici, car parfois chez Paul 6tav équivaut à &xe), ce ne serait pas, comme par exemple ons, une simple manière d'introduire ou de rappeler une citation de l'Écriture (cfr. J. Weiss, qui comprend ces mots comme 8rav My2); il faudrait supposer comme sujet « Dieu » ou «le Christ » (Rob.-Pl., Gutjahr). Une très belle idée se trouve chez Bachmann et chez Barth : celui qui parle serait Dieu ou le Christ, l’un et l'autre comme triomphateur futur; cfr. le « consummatum est » tetéhsotar de Jean, xix, 30.
À. 28. Bachmann suppose que ürotayiserai pourrait être à la voix moyenne; mais ce n'est pas nécessaire, v. infra, à B. — Tläsw peut être masculin ou neutre, mais le sens revient au même, voir à B.
B. 27-28. Pour bien comprendre ces versets, il faut se rappeler que le Règne propre du Christ -- qui coïncide du reste avec le « Règne de Dieu », voir Rom. V, 17, cfr. xiv, 17; Ep4. v, 5; II Tim. un, 12 — est celui du chef d'une Église militante, et que, considéré sous cet aspect, il cessera quand la grande guerre sera finie par son avènement glorieux; d’ailleurs Eph. 1, 8-11 implique (ainsi que les passages d’Apoc. mentionnés à 24) que le Christ ne cessera pas de régner avec son Père (Lemonnyer, al.).
Lietzmann dit fort intelligemment : « Dans le Règne intermédiaire » (nous entendons, nous, par là tous les temps messianiques), le Messie agissait avec Dieu, et ainsi le repoussait à l'arrière-plan (ihn verdrängte) ou plutôt, devons-nous dire, le voilait d'une certaine façon pour l'observateur ; il n’en sera plus ainsi après le triomphe, quand le Fils « fera hommage » (Toussaint) à son Père de tout ce qu'il aura conquis, lui aura tout « remis comme trophée » (Gutjahr), et qu'ils no feront plus pour ainsi dire, deux Rois, mais un seul (Sickenberger), Cette « sou mission » du Fils à Dieu — laquelle, observe Bachmann, ne fera rien perdre au Fils, puisqu'il est Dieu, — a été entendue par los Pères, Hilaire (« De Trinitate », 2), dug. (« De Trin. », 1, 18), Jér., puis par Pél., la plupart des médiévaux, Estius, Lap., Giust., Cornely, etc. de la nature du Christ, considéré dans sa fonction de Rédempteur, de Ghef et de Juge, bref de Médiatour (Rob.-PL,, qui invoquent Origène, Grégoire de Nysse, Primasius, puis Calvin, Mélanchton, etc). S. Grézoire de Nazianze (Or. 30, 3), Théodoret, Hervé, al., l'entendent de la remise à Dieu de l'Église, son corps, le Christ mystique. Tout cela revient sensiblement au même, puisque le Dieu-Homme se soumettra en tant que tête de l'liglise ct ne faisant qu'un avec le corps (Gutjahr). Le règne de la gloire succédera à celui de la
grâce, qui était proprement celui du Rédempteur, lequel aura maintenant « amené tous ses élus à la contemplation de Dieu et du Père « (Aug, « De Trin. », 3, 8}, Voir PExc. xvri.
“La théologie catholique rend claire cette vue d'apparence compliquée; J. Weiss, qui veut l’ignorer, épilogue en dehors du texte, quand il y voit deux conceptions en lutte, celle de Jésus Iui-même, qui se bornaïit au « Règne de Dieu » et celle d'un Règne intermédiaire du Messie, provenant du Judaïsme, Des textes. comme IV Esdras, vu, 29, mort du Fils de l’homme, avec tous les hommes, après 400 ans de « Règne intermédiaire » ou Pirke R. Eliezer 11 (d'après lequel le neuvième roi est le Messie, et le dixième, qui est le dernier comme il a été le premier, Dieu, v. Strack-Bill. p. 472) ne valent pas pour éclairer notre document chrétien; Jésus lui-même avait uni les deux points de vue en présentant le « Règne de Dieu » en diverses phases, l'une terrestre, l'autre céleste, ce que les « eschatologistes » ne saisissent pas bien.
Alors, après cet hommage du Roïi-Médiateur, « Dieu sera tout en tous ». Peu importe que &v xäaiv soit masculin ou neutre; il désigne soit tous les élus, soit tous les êtres, hommes compris. Le sens est que Dieu deviendra objet de contemplation directe (s. Aug., supra) dans toutes les créatures et tous les événements, en même temps que les créatures rachetées le verront en leur être comme toute leur lumière et toute Ieur vie.
39 xv, 29-34, Apostroplhes relevant l'inconséquence qu'il y aurait à ne pas admettre la Résurrection.
Int. Avec le brusque changement de ton qui se marque ici, la solennité qui disparait, les apostrophes qui se pressent heurtées, où est le critique à l'âme scolaire qui ne se sentirait, plus que nulle part ailleurs, autorisé à flairer un autre document, mal cousu à ce qui précède? Personne n'osera guère le faire, cependant (méme pas Delafosse), et cela n'aurait en effet aucun sens pour peu qu'on connaisse l'esprit et le style de Paul. Alors pourquoi se montrer ailleurs moins souple et perspicace en critique interne, quand i faut saisir l'unité et la suite des idées?
Ii semble que l'Apôtre assimile bien ici le scepticisme qu'il combat à un certain épicuréisme gros de conséquences immorales. Pas une allusion à la belle et pure doctrine platonicienne de l'immortalité heureuse des &mes qui ont marché dans la vertu. Cela complique un peu le problème. Puis des questions historiques nouvelles surgissent : Qu'est-ce que le « baptéme pour les morts » du v. 29-57 Que veut-dire Paul en rappelant au v. 32 qu'il a livré un combat de bêtes à Ephèse? Quelle est la portée de sa citation de Ménandre au e. 33?
Nous essaierons de résoudre ces difficultés — sans critiquer cependant de façon détaillée la théorie à la mode d'une « captivité éphésienne », dont da discussion est mieux à sa place dans un commentaire des « Épitres de la captivité » et des « Pastorales »,
x / € ke u … ke Cu. xv, 29. “’Enei ti moufoovoty of Panrilomevor “bmp Tüv vexpüv; et “Ohwc vexpo! oùx éyeipovrar, vê nat Baxtilouror “brèp abtüy;
Cu. xv, 29. Autrement, que produiront ceux qui se font baptiser pour les morts? Si, en somme, les morts ne ressuscitent pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux?
mm À, 29. ’Exei, litt. « puisque » avec le sens adversatif qu'il prend souvent en tête d'une proposition interrogative,; cfr. ère &pa de vi, 14, sens voisin. — zouwjoovow futur, difficile à expliquer; nous comprenons : « À quoi aboutiront-ils? »; cfr. Bachmann, B. Cependant le futur peut remplacer le présent, voir vit, 38, v. Küliner- Gerth, 1, 1, p. 371. — Sur bxëp Tov vexp@v et brio adr&v, grosse discussion; voir à B. — 6kwç peut signifier « entièrement » (Mat. v, 24), mais aussi « en général » (I Cor. V, 4), ou « à tout prendre », « en un mot », « en somme » (I Cor. vi, 7 ad loc., ct chez Platon, al.).
B. 29. Ici commence une série d’apostrophes qui montrent bien que Paul, sous son majestueux exposé, cachait une vive émotion. Nous revenons à l'idée des vv. 17-48. Mais Paul n’a certainement pas ici calculé ses effets de style, et si J. Weiss retrouve un schéma a d a, c'est que Paul s'exprimait instinctivement de la sorte.
Des Corinthiens se faisaient « baptiser pour les morts », et cela n'aurait pas de sens s'il n’y avait pas de résurrection. Que peut bien être ce « baptême pour les morts » ?
Nous observerons d'abord que ce ne pouvait guère tre une pratique superstiticuse empruntée au paganisme, puisque l'Apôtre n'a pas un mot de blâme pour cet usage. Il n'en parle pas non plus comme d'une chose rare à Corinthe, confinée
30. Ti rat ueïs wvduvebopev Tücav Gpav; 31. «20° uéoav arobvhoRE, vh Tv
dans une secte ou tenue pour extravagante ; car autrement son argumentation ne porterait pas. D'ailleurs on ne saurait prouver que rien de tel ait existé dans les Mystères païens, malgré la supposition de Reitzenstein (HM®, p. 233; id. Leipoldr, al.). Ce n’est certainement pas le taurobole, auquel pensait Feinrici. Même un passage qu’on invoque, relatif aux Orphiques (O. Kern, « Orphicorum Fragmenta » 232, p. 245, d’après Olympiodore) n'a pas cette portée, et ne parle aucunement de cérémonies faites pour sauver des ancêtres coupables, mais au contraire pour se délivrer du mal de leur hérédité (1). Le baptême du mort, dans l'Égypte antique, ou l'ablution des mourants par les Marcosiens (/Zrénéelatin, « Adv. Haer », I, 21,5 et d’autres), ou par les Mandéens (Reitz., « Das mandäische Buch des Herrn der Grôsse und die Evangelienüberlieferung », p. 87-s.) ne jettent aucune lumière sur notre passage; ce ne sont point là des baptêmes « pour les morts » (voir aussi Schweitzer, « Mystik », pp. 276-278, cfr. « Geschichte der paulinischen Forschung », p. 165). — On a bien connaissance, en dehors de la grande Église, de rites hérétiques avec lesquels on a cru pouvoir s'expliquer l'usage de Corinthe. S. Épiphane (« Adv. Haer. » 1, 28) dit, d'après une tradition exégétique, que des hérétiques se faisaient baptiser sous le nom de morts d'entre les leurs qui n'avaient pas encore reçu le sacrement; s. Jean Chrysostome (hom. XL) signale, à propos de notre passage, un usage pareil des Marcionites, et la Troisième Concile de Carthage, c. 6 (en 397), interdit « ne mortuos etiam baptizari posse fratrum infirmitas credat », ainsi que de donner l'eucharistie aux corps des défunts; cfr. s. Philastre, « Haer. » 49. Mais l’attribution faite aux Cérinthiens par Epiphane est fort obscure et ne peut guère être utilisée, et l'on n'a aucune attestation certaine d’un baptême pour les morts avant le temps de Chrysostome (Bachmann) (2); car Tertullien, en parlant de notre verset (ee. Marc. » v, 40, et « De res. carnis » 48) ne cite pas d'exemple contemporain qu’il connaisse. Puis, dans tous les cas, il s'agirait de cérinthiens, de marcionites, de montanistes, de marcosiens etc, non d'orthodoxes, et les Pères comme le Concile réprouvent tous l'usage en question. Aussi le v. 29 ne reçoit pas grande lumière de l’histoire des religions ni de l'histoire ecclésiastique. Celle du Judaïsme ne peut servir non plus, malgré une vieille assertion erronée de Lightfoot (Str.-Bull., p. 473). Nous en sommes réduits à interpréter Paul par lui-même.
Plusieurs explications proposées autrefois n’ont aucune chance d'être vraies : ainsi celle d'Estius, de Noël Alexandre, par le baptême des mourants; celle de Luther, par le baptême administré sur les tombes: celle de Calvin et de Bengel, à savoir que ceux-là se faisaient aussi baptiser qui n'avaient plus longtemps à vivre, mais déjà la mort devant les yeux (voir Barth}. Parmi les exégèses qui tiennent compte véritablement du sens de üxép (— « au prolit de », parfois « en l'honneur de »), il en est de trois genres :
40 Les Grecs en général pensent à des gens qui se font baptiser mûs par quelque intérêt porté aux morts, c’est-à-dire à la résurrection des morts, La tournure serait elliptique : baptiser « pour [ressusciter] des morts » (Chrys.), pour s'assurer, par l'incorporation au Christ mort et ressuscité, le retour à la vie corporelle bienheureuse après le trépas. En effet, Paul aurait eu beau jeu à les taxer d'illogisme, et de contradiction; mais justement ceux qu'il veut réfuter ne devaient pas avoir, par hypothèse, une telle espérance. Et puis, l’ellipse serait trop forte, — On peut rap-
(1) Voir LAGRANGE, À B 1920, pp, 432-435, sur les « Mystères païens » de Loisy. (2) Delazer (v. infra) croit qu'on pourrait le faire remonter à Marcion en personne, par le témoignage d'Eznik, l'auteur arménien du v* siècle; cela reste au moins douteux.
80. Pourquoi aussi nous exposons-nous au danger, nous, à toute heure? 81. Chaque jour je meurs, oui, par la gloire, frères, que j'ai à votre
procher de cette interprétation l'opinion inverse de Bachmann et de Gutjahr, qui admettent une ellipse tout aussi grave, mais croient la question ironique, comme si elle signifiait : « À quoi bon vous faire baptiser, pour mourir et rester parmi les morts, n'être plus jamais que des morts? » Ils ne pourraient plus alors comprendre eux-mêmes à quoi leur sert le baptême. Bachmann joint 5, r. vez. à moufoousiv : « Que feront-ils pour [eux-mêmes, une fois qu'ils seront] morts? », en insistant sur le temps futur du verbe; et il faudrait comprendre de la même façon la fin du verset, ti xat Bart, Ünèp aër&v : « Pourquoi se font-ils baptiser pour eux (c'est-à-dire pour ces morts sans résurrection qu'ils seront) »?
Récemment, le P. J. Delazer O F M, dans un article intitulé « De baptismo pro
mortuis » (Antonianum, avril 1931) a voulu tout éclaircir par l’idée du baptême ordinaire reçu en l'honneur (ôxte) du Christ mort, sacrement qui n'aurait pas de sens si le Christ n’était qu'un mort. Nous trouverions cette interprétation très juste s’il y avait 6xèe vexpoÿ, par exemple; mais convient-elle au pluriel brèo r&v vexpüv, et bnp adtüv ?
Enfin, tout cela nous paraît quelque peu subtil et détourné; et surtout l'abräv final désignerait difficilement les mêmes que le sujet du verbe Bantifovrm, contre Bachm.
2° Beaucoup d'anciens, et la plupart des modernes, entendent ce baptème d'une cérémonie distincte du baptème normal. Ce serait un « baptême vicaire » reçu par des chrétiens dûment baptisés déjà, en faveur de catéchumènes défunts. Ainsi l'Ambrx, la Glosse ord., Hervé, Thomas, Erasme, al., Cornely, Schaefer, Pôlzl, Corluy, Schmiedel, B. Weiss,, Lietzmann, Bisping, Maier, v. Steenkiste, Fillion, Prat, Callan (baptême symbolique, voir l'art du Dict, de Théologie « baptême des morts »). Cette pratique, disent Toussaint, Lietsmann, Lemonnyer, al., n'aurait subsisté que chez les hérétiques marcionites et autres. Nous avons vu ce qu'il faut penser de ces rapprochements, et de ceux qu'on a tentés avec les Mystères païens. Mais des protestants orthodoxes, comme Bachmann (ou même Barth) après Luther, Calvin, etc., s'inspirent peut-être trop de leur dogmatique quand ils repoussent toute idée d’un « baptême vicaire » qui n'eût pas été réprouvé par saint Paul, On pourrait, avec Sickenberger et plusieurs des auteurs nommés, penser à un simple symbole ou sacramental, en dehors de prières toujours légitimes pour tous les morts, à nos yeux de catholiques qui croient au purgatoire.
8° Ceci nous amène à la troisième catégorie d'opinions. Il ne s'agirait que du baptême ordinaire, mais reçu par des catéchumènes avec une intention subsidiaire rapportée aux morts. Deux manières de l'entendre. Ou bien (Rob.-PI, Dict. de Hastings, opinion possible aux yeux de Gutjahr) il s'agirait d'infidèles qui se décident à recevoir le baptême par affection pour des chrétiens morts qu'ils voudraient être sûrs do retrouver dans l'autre vice. En soi, rien ne répugne dans cette hypothèse, mais elle ne s'appliquerait qu'à des cas isolés de sentiment personnel, et Paul parle comme d'une sorte d'institution répandue et bien connue. — Ou bien il s’agirait de catéchumènes qui, en recevant le baptème, pensent à faire participer à sa grâce des morts de leur famille ou de leurs amis qui n'ont pas eu le même bonheur qu'eux-mêmos, et qu'ils ne supposent cependant pas damnés; ce qui entraîne; notons-le, quelque croyance à un état de suspension dans l'autre vie, à une sorte de purgatoire où se trouveraient des Ames qui auraient eu au moins un baptème implicite de désir, sans avoir fait, ou sans avoir pu faire, profossion
“ometépuv xadyqouw, &jehgol, v Eyo àv Xauotd ’Incoï 15 xupio uv. 42. Et “zona dvbpwnoy “Ébnpomäynox Ev ’Egéow, ri pou Tù Gpehoc; Ii vexpoi oùx Eyei= pOYTA, © péyopey ot Tiwpev, abproy yap aroûviaromeEr ».
explieite de christianisme, Pareil cas pouvait être fréquent; peut-être leur intention de soulager ces âmes, en priant pour elles à l'heure du baptême, était-elle exprimée en quelque rite, quelque « sacramental », comme dit Sickenberger, après la réception du sacrement,
Gette dernière explication est parfaitement compatible avec le catholicisma, et on comprendrait alors que Paul eût invoqué cet usage sans un mot de blâme. Nous nous y rallierions done volontiers, comme à une solution plausible, au lieu de renoncer, avec Barth, à toute espèce d'explication, Mais la concision obscure du texte de Paul, et l'absence d’analogies certaines dans la tradition historique, nous obligent à confesser que ce n'est toujours qu'une conjecture.
= À, 30-31. Iläcav wpav : l'accusatif à la question « quando » se trouve parfois même chez les classiques, avec Gouv v. Abel, p. 174, — vf, formule de serment, hap. leg. dans le N. T.-— fuetépav au lieu de bper., À, al.; xæbynate, — nua, — &oûa, mots fréquents chez Paul. Ici bustépxv, qui est la bonne leçon, vaut un génitif d'objet : « la gloire que j'ai de vous ». — àüelpot est omis D, E, F, G, L, al.
B. 30-31. Grande mobilité de l'esprit de Paul, qui passe ici à sa propre expérience. On peut se rappeler le beau passage 1v, 9-s, et d’autres pareils qu'on trouve épars dans le ZE Épitre aux Corinthiens.
Ges périls auxquels l'Apôtre s'expose à toute heure sont ceux qu’il rencontra dans l’évangélisation d'Ephèse la première année (voir l'Introd., chap. 1). « Je meurs chaque jour » est une expression très forte, et rendue plus impressionnante encore par la sorte de serment qui l'accompagne. Faut-il l'expliquer par la continuité des soucis quotidiens qui seront dépeints IL Cor. x1, 27-29, ou par une épreuve angoissante d'un genre particulier qui aurait poursuivi l'Apôtre à Ephèse? Nous ne savons. Mais ce verset, avec le suivant, est utile pour dater cette Première Épitre (v. infra et Inrron. ch. vu).
Pour montrer comme il dit vrai, Paul atteste la gloire qu'il tire des Corinthiens.
Souvent perce dans ses épîtres le sentiment qu’il a de bien faire, de travailler avec honneur, par la grâce de Dieu à laquelle il attribue tout le succès (supra, v. 40}. Ce travail que le ciel soutient est le fondement de sa joie et de son espérance , il accepte d'un cœur vaillant toutes les souffrances qu'il entraîne, et, comme le remarque Chrys., s'il parle de ses périls, il veut éviter toute apparence de s’en plaindre ou de les redouter. Maïs ce qu'il faut noter encore, et qui surprend d’abord un peu, c'est que, malgré tous les justes reproches contenus dans cette lettre, et ceux qui seront encore plus graves dans la II° aux Corinthiens, l'Apôtre, aussi bien là qu'ici, se glorifiera de Corinthe, et gardera le sentiment consolant qu'il a bien travaillé, avec un succès glorieux, dans cette cité si peu préparée à l'Évangile. A. 32. Il faut couper ce verset non pas comme la Vulgate et les Latins l'ont fait, c'est-à-dire après oùx éyefpovrat « non resurgunt » (Ambr', Vulg,, Pél,, Estius, al.), mais plus haut, après ëpshos, avec toutes les éditions critiques; ainsi il y a plus d'harmonie dans le développement.
Kara ävüpwrov (sans élision chez Paul, cfr. ir, 3;1x, 8; Rom. ti, 5; Gal, 1, 44, ti 15, toujours donc dans le même groupe d'épîtres) a été compris diversement; Estius en fait comme une parenthèse, et traduit « ut hominum more loquar », ce qui est le sens Gal. wi, 15, mais pas ailleurs; J. Weiss comprend : « suivant la volonté des hommes », c'est-à-dire des autres hommes, d'après une théorie sur la « thérioma-
sujet dans le Christ Jésus Notre-Seigneur ! 32. Si c'est pour des vues humaines
que j'ai combattu les bêtes à Éphèse, quel [sera] pour moi l'avantage? Si les morts ne ressuscitent pas, « mangeons et buvons, car nous mourons demain ».
chie » que nous allons critiquer à B ; il faut l'entendre ici, comme in, 8, etc : « avec des vues purement humaines », sans motif surnaturel; ainsi la plupart,
éOnpoudynsa : « j'ai combattu contre les bêtes », terme d’'amphithéâtre. Paul parle d’un cas réel, et l'aoriste n’est pas un « irreale », comme le voudrait J. Weiss : « Si j'avais combattu, {comme le voulaient les hommes) », ce qui serait bien difficile à justifier grammaticalement. Mais on peut l'entendre au sens propre {Ambrr, Théodoret, Cajetan, Corn. a Lap., Toussaint, Belser, J, Weiss, Feine, puis tous les partisans de la « captivité éphésienne ») ou métaphorique, comme la masse des exégètes (Tertullien, « de res. carnis » 48, Pél., Primasius, Théoph., Thomas, Estius, Lietzm., Bachm., Gutjahr, Sales, Barth, etc.). Gros problème, affirme-t-on, que nous toucherons infra, à B.
péyopev, xtÀ. est une citation d'Zsate, xxn, 48.
B. 83. Paul donne un exemple tout récent, un souvenir tout brûlant, des luttes qu'il doit affronter pour l'Évangile, et déclare : « Si je n'avais que des vues humaines, si je ne cherchais que des avantages terrestres en m'y livrant, — sousentendu si je ne pensais pas à l'autre vie et à la résurrection — quel profit en tirerai-je? » Des inquiétudes, des peines, dés coups, ce n’est pas un idéal xata &v0pwxov. Avec des vues bornées à l'existence terrestre, on serait bien plus porté à jouir du moment : « mangeons et buvons », « carpe diem », en attendant la mort inévitable,
Cette « thériomachie » d'Ephèse est à l'ordre du jour, car c’est sur ce mot principalement qu’on a construit une théorie qui modifie considérablement l’histoire traditionnelle de saint Paul. Quelques anciens auteurs, par un respect exagéré de la lettre, avaient bien cru qu'il s'agissait d'un combat réel dans l’arène, bien que la tradition fût muette sur ce point; et pour l'expliquer naquit la légende tardive qu'on lit chez Nicéphore Calliste (xive siècle), « Hist. ecclés. » IE, 25, dérivée d'un fragment récemment découvert des Actes de Paul apocryphes. De nos jours plusieurs exégètes sont revenus à ce littéralisme, Ainsi Belser (« Apostelgeschichte ») croit que dans une émeute de la populace d'Ephèse (autre que celle de Démétrius et des orfèvres), Paul aurait été, malgré son titre de citoyen romain, traîné à l'amphithéâtre et c'est en cette circonstance qu'Aquilas et Priscilla lui auraient sauvé la vie, « en exposant eux-mêmes leurs têtes » Rom. xvi, 4. J. Weiss croit sans doute que l'Apôtre étant citoyen romain et vivant en bons termes avec les Asiarques (Act, xix, 934), ne pouvait être condamné à être exposé aux bôtes, mais peut-être aurait-il couru une fois, accusé d’être fauteur d'émeute, le danger de pareille exécu tion sommaire (il fait de ë0npou. un « tempus irreale »), pour échapper d'ailleurs aux embüches des hommes (xarè ävüpwxov) (1). Enfin toute une thèse historique a été montée en ces dernières années, pour démontrer que l’Apôtre avait subi à Ephèse une longue prison, terminée par une condamnation aux bêtes (à laquelle il eût d’ailleurs échappé), et que c’est alors qu'il aurait écrit les « Epîtres de Ia captivité ». Voir Femme « Die Abfassung des Philipperbriefs in Ephesus », 1916, et beaucoup d'autres après lui,
(1) J. Weiss, rapportant la chose à l'affaire de Démétrius, après laquelle Paul doit quitter Ephèse (Ac£. xix), en conclurait que le chap. xv n’a pas été écrit à Ephèse et devrait par conséquent appartenir à une autre lettre que xvr, 8. Voir l'INrron, ch, vi, et ad loc.
33. Mh mhaväoe’ « obelpouotv #0n “ypnorx épular anal. » 3%. *’Exvédare duxaiws nat mh “émaptévere Gyvwolav yap Peoë mves “Eyouauw. Ilpdc évrporhv buiv Aéyw.
Contre cette théorie, qui « se heurte à des difficultés insurmontables » (Bachmann), on fait justement valoir le titre de citoyen que portait Paul, le silence de Luc dans les Actes, de Paul lui-même dans l'énumération postérieure de ses épreuves (II Cor. x), celui de la tradition, et enfin la faiblesse des arguments invoqués pour placer, par exemple, la composition de l'Épitre aux Philippiens en dehors de Rome. Ceci soit dit sans vouloir nier la possibilité d'une courte prison subie par Paul à Ephèse, parmi les incarcérations dont il parle en général IT Cor. x1, 28, et qui ne sont rapportées ni dans ses Epîtres, ni dans les Actes. Mais elle n'aurait pas été assez prolongée, à coup sûr, pour couvrir la longue période qu'il a fallu à la composition des Lettres de la captivité; et d'une condamnation aux bêtes qui l'aurait terminée, on ne peut relever aucune trace consistante, — en dehors de notre verset, lequel s'explique bien mieux autrement (1).
En effet, rien n'est plus naturel que d'interpréter figurativement ce « combat de bêtes »; Paul emploie ailleurs des métaphores semblables {Tüe, 1, 12, dans la citation d'Épiménide sur les Crétois, xœxè 6fpte; II Tim. 1v, 7, la « gueule du lion » à laquelle il a échappé par la fin de sa première captivité romaine). $, Zonace d'Antioche (« Aux Romains » v, 1) emploie le même mot que Paul pour parler des mauvais trai tements que lui font subir les soldats qui le gardent : ’Axo Xuplas péxpe ‘Pauns Omg:0onayà,.… Bedepévos déua Aeomdodous 8 EdTiv otpariwrixdv téyua. Saint Paul fait-il allusion à quelque épreuve particulière plus grave que les autres? Aquilas et Priscilla seraient-ils intervenus alors pour l'en sauver, comme suppose Belser? C'est possible, mais on ne peut rien dire de plus. En tout cas, ce « combat contre les bêtes » n'est point, ainsi que beaucoup l'ont cru autrefois, l’'émeute des orfèvres (cfr. J. Weiss), qui détermina Paul à quitter Ephèse plus tôt qu'il n'aurait voulu; car il est encore en cette ville, et compte y rester jusqu'à la Pentecôte (infra, xvi, 8) parce qu’ « une large porte » (ib. 9) s’y est ouverte à l'Évangile. De fait cette porte | s'était si bien ouverte qu'il demeura là bien plus longtemps. Quand il écrit aux Corinthiens, il respire à peine au sortir des combats qui avaient marqué les débuts de son évangélisation à Ephèse et dont les Actes (xix, 9; xx, 19) ne nous ont livré qu'un reflet très atténué; c'étaient surtout les Juifs qui les suscitaient. Dans son style vigoureux, il compare ces adversaires acharnés à des bêtes féroces; cela pouvait être une réminiscence biblique. Primasius rappelle ici le Psaume « Ne tradas bestiis animas confitentes tibi » (dans son texte : « animam confitentem tibi »). C'est bien assez pour éclairer le passage qui nous occupe, sans recourir à des hypo-
(1) Nous n'entrerons pas dans la discussion de cette théorie, car ce serait beaucoup trop long, et l’exégèse I Cor. ne l'exige pas. Disons d’un mot qu’elle nous semble entièrement artificielle. Ceux qui la soutiennent avec le plus de zèle et d'assurance sont principalement des auteurs protestants qui ne veulent pas reconnaître l'authenticité des Pastorales (exceptons toutefois l'un ou l'autre, comme Wichaëlis). Ils trouvent un moyen commode de s'en débarrasser en plaçant hors de Rome le lieu d'envoi de l'Epitre aux Pkhilippiens ; car cette épître porte à croire que Paul, qui s'attendait à un acquittement, fut en effet libéré de la captivité romaine dont parlent les Actes, au lieu de périr à son terme, comme le veulent ces auteurs, et qu'il put jouir ainsi d'une nouvelle période d’apostolat, pendant laquelle il écrivit I-IT Tim. et Tile. Si Phil. avait été écrite beaucoup plus tôt et à Ephèse, alors l'histoire de Paul ne laisserait plus si bien entrevoir le cadre local ou chronologique se prêtant à la composition des Pastorales; et c'est ce qu’il leur fallait démontrer de cette façon indirecte.
33. Ne vous y trompes pas! « Les compagnies mauvaises corrompent les mœurs honnêtes ». 3%. Revenez à un juste état de sobriété, et ne péchez
plus; car quelques-uns retiennent [leur] ignorance de Dieu; je vous le dis pour vous faire honte!
thèses tendancieuses de longue captivité, de jugement, -etc., qui sont insoutenables, Et c'est un nouvel indice qui nous sert à dater la Première Épître aux Gorinthiens : elle devait être écrite au temps de la Pâque (v. sapra, v, 7-8) quelques mois au plus après l'arrivée de Paul à Æphèse, quand il venait à peine de surmonter des premières et très graves difficultés, mais, — l'aoriste éônp. marquant le passé — quand elles étaient surmontées pourtant dans l'ensemble. et que 1e grand succès décrit Act. xix commençait à se dessiner {v. Inrr. ch. 111 et vai).
La seconde partie du verset soulève aussi son problème, maïs il estide tout autre nature. Comment l'Apôtre peut-il dire : « Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, nous mourrons demain »? Pourquoi tirer cette conclusion épicurisnne, comme si tout devait alors finir à la mort, et que l'âme, indépendamment du côrps, ne fût pas immortelle? La philosophie du christianisme naissant était-elle donc si inférieure à celle de Platon et de tant d'autres penseurs grecs, de la majorité même des païens gréco-romains à cette époque ? ou :bien les âmes, si elles ne retrouvaient pas leurs corps, resteraient-elles engourdies dans un sommeil de Shéol? Il est d’antant moins permis de le croire, — malgré Zietzmann, — que Paul parlera lui-même sans aucune ambiguïté (II Cor. v, 6-8, et Phil. 1, 23) du bonheur que les âmes « séparées » pourront goûter dans la compagnie du Christ. On peut dire avec s,. Thomas qu'il est contre la nature de l'âme d'être « séparée », et que d'ailleurs, si l'on ne compte pas sur une résurrection, il est plus diMicile d'être fermement convaincu de son immortalité, Mais surtout il faut tenir compte de la tournure ‘qu'a prise l'argumentation de Paul en tout ce chapitre : si la résurrection ne peut pas avoir dieu, c'est donc que le Christ lui-même n'est pas ressuscite, et qu'il n’y a pas de rédemption; par conséquent les âmes des défunts sont perdues {voir au v. 18, supra). Ainsi Bachmann, Gutjahr, etc. L'existence quelconque qui leur serait réservée :ne serait pas, dit Bachmann qui donne ici une belle citation de Hofmann, cette « vivification », worolqots, au sens si réel et si compréhensif, qui leur est promise dans la société du Christ éternellement vivant; leur pâle immortalité, quelle qu'en soit la théorie, serait toujours hors de proportion avec l'idéal chrétien du salut; Paul ne quitte pas le terrain de l'ordre contingent et réel établi par Dieu, et dédaigne les compromis qu'on pourrait faire pour les « belles âmes », — pour les « natures d'une haute moralité » (Hofmann) — qui s'imagineraient pouvoir être heureuses indépendamment de leur Sauveur. Roëb.-PL., estiment que Paul répond du même coup, en forçant un peu son argument, à deux classes de douteurs, des purs « spiritualistes » et ‘ceux qui auraient nié toute survivance (s’il en était); sans Le corps nécessaire à l'intégrité de la personne, il y aurait tout au plus une survie précaire dans le Hadès, ou une absorption de l'esprit dans l’Infini, ou une existence séparée insipide sans la vue de Dicu. Et pareille attente serait bien ineflicace à empêcher l'épieurisme et la démoralisation pratique, — qu'on ne pouvait que trop bien constater dans les masses païennes.
À. 83. Citation d’un vers de La « Thaïs » du comique Mérandre. Burkie et ñ0n sont des hap. leg. dans tout le Nouveau Testament, ce qui prouve bien qu'il n'y a pas là simple rencontre de hasard. Il devrait y avoir l’élision zpno0° water, el non xpnsrà ou, pour les besoins de la prosodic; mais seul le T'extus receptus l'a conservée correctement; voir à B.
B. 33. « Ne vous y trompez pas! » Toutes ces atténuations de l'espérance chrétienne, dues aux rapports de société et d'idées (éwAlu) avec les païens, ne peuvent que corrompre les mœurs des fidèles. Saint Paul connaissait bien ses Grecs! Il ne leur “parle pas, dit Barth, comme à des laxistes qui iraient en réalité répétant déjà : « Mangeons et buvons », mais comme à des hommes respectables qui n'auraient qu'une .sagesse hellénique, stoïcienne (voir les premiers chapitres), et chez qui, tôt ou tard, l'00s risquera bien de céder au fios, aux entraînements de la vie ambiante, — à Corinthe surtout; nous avons vu qu’il n'y avait déjà que trop d'indices, en certains cercles, de cette déchéance.
Le vers cité était-il devenu un dicton courant et populaire, comme veulent le croire tous ceux qui craignent de faire le rabbin Paul trop helléniste? La question a sa relative importance, pour qui veut juger de la culture littéraire de l'Apôtre, Ménandre, Feine l’a établi, était alors lu comme auteur classique dans les écoles. Or, le jeune Saul, né citoyen romain, avait dû recevoir, dans sa ville natale de Tarse, l'éducation donnée à tous les enfants, Grecs ou Juifs de la Diaspora, appartenant à des familles notables. IL pouvait citer Ménandre, et sans le nommer, aussi bien qu'il a cité, plus expressément, Aratus ou Cléanthe (Act. xvn) et Epiménide (7üt.), Il est vrai que la mesure du vers n'est pas sauvegardée dans les vieux témoins, ce qui fait avancer à Rob.-Pl., que la leçon ypncf n'a aucune valeur. Mais comment savoir si Paul avait dit 4pn00” éprlar ou xpnott éutkiar dans sa dictée, et si les premières copies portaient l’un plutôt que l’autre? La leçon ypnof” était fort exposée à être « corrigée » par des scribes moins lettrés, qui ne reconnaissaient pas la citation, ou ne s'inquiétaient pas d'acribie en fait de vers. On doït se souvenir que nos textes viennent en général de prototypes fixés au cours des n° et in siècles, par des chrétiens qui, à cette époque là, n'étaient plus très familiers avec les études classiques. A. 84. Cfr., pour l'idée, Rom. xui, 1, et Eph. v, 14. — ’Exvdÿarte Gixalos, faussement traduit : « Evigilate justi » par la Vulgate. Le verbe éxvipew veut dire littéralement « se dégriser » ou, par extension, « revenir à résipiscence »; Loisy a traduit : « Dégrisez-vous comme il faut », ce qui n'est pas mal, et rend bien le pittoresque de l'original; « vous qui êtes réputés justes », des. Thomas, est une interprétation de
la vulgate. — ’Exvih.. xai un éuapravere; remarquer le passage de l'aoriste (ingressif) au négatif du présent — « cessez de pécher ». — Nous prenons Éyouaw dans son sens le plus fort : « tenir », « garder ». — ä&yvwoiav 0eod, cfr Act. xxvi, 8 : « Est-il impos-
sible que Dieu ressuscite des morts? » et la réponse du Seigneur aux Sadducéens, à propos de résurrection, Mat. xxn, 29 : « Vous errez, ignorant la vertu de Dieu ». — rpbs évrporv, cfr. vi, 5 et aussi 1v, 14, oùx évtpéruv.
B. 34. L'Apôtre parle maintenant comme à des gens ivres (Chrys.), qui ne savent pas se réveiller pour de bon. Sans doute il veut dire aux sceptiques qu'ils ne sont pas tout à fait remis de leur intoxication païenne. Les douteurs prétendaient être des penseurs cultivés et « sobres », à la grecque (Rob.-Pl,, Bachmann), et en effet il n'y avait pas beaucoup d'ivresse ni d'enthousiasme dans leur erreur rationaliste; Paul — à qui peut-être ils reprochaient en secret d'être un mystique exalté — leur fait sentir un peu rudement que ce sont eux qui ont encore la tête obscurcie par la fumée des vins du paganisme; ils ne sont pas entièrement guéris, remarque l'Apôtre avec tristesse, de leur ancienne ignorance de la bonté et de la puissance de Diou. Et la preuve, c'est qu'ils continuent à pécher; nous pouvons penser à des laxistes (peut-être les mêmes « rives », le « parti du Ghrist »?) comme ceux des chapitres v, vi, VHt, X, xt, Paul vou lit leur faire honte, comme aux chicaneurs de vi, et il a dû
réussir.