‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 27 sur 192 · CHAPITRE IV. XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. XXIX

spécial d'en être instruits; — ensuite nous noterons le mode, fort instructif encore, sous lequel il juge à propos de les leur présenter.

À. DOCTRINES RAPPELÉES PAR ALLUSIONS OU MENTIONS BRÈvEs. — Ce sont tous les dogmes primordiaux, dont la foi chrétienne a vécu dès sa naissance et vivra : toujours.

On a eu raison de dire que tout l'enseignement paulinien est — au sens le plus large du mot « mystique » — une « mystique du Christ » (à condition, bien entendu, de ne pas opposer, comme Schweitzer et d'autres libéraux, « mystique du Christ » à « mystique de Dieu »). De fait, toute cette épître est « christocentrique », comme le montrent à elles seules les expressions tant de fois répétées : être ou agir « dans le Christ », être « du Christ ». Saint Paul dit expressément ({1r, 2), qu'il n'a voulu savoir pour ses convertis que « Jésus Christ, et encore crucifié ». Il appelle cet enseignement « du lait pour les tout petits » (rx, 1-2), parce qu'il est nécessaire dès le commencement, mais il le reste tout autant au milieu et à la fin; car il embrasse tout, et les plus parfaits eux-mêmes ne peuvent que chercher à en comprendre, à en assimiler de plus en plus les inépuisables trésors (cfr. Col. 1, 19, 27; 11, 3). C'est là ce qui fait l'unité de cette épître.

Quelle est cependant la forme rudimentaire de cet enseignement unique, celle sous laquelle il peut être comparé au « lait »? Pour comprendre, si peu que ce soit, le « Christ crucifié », il faut savoir qui est ce Christ, pourquoi il a été crucifié, et ce qui est résulté ‘de son crucifiement. Paul préchait donc l'origine de Jésus et son histoire, les événements qui le conduisirent au Calvaire, sa résurrection glorieuse et l'association qu'il nous a offerte à sa gloire.

On ne peut douter qu'il ait peint le supplice du Christ, à Corinthe, avec d'aussi vives et touchantes couleurs qu'il l'avait fait devant les Galates (Gal. tr, 1). Mais la Croix ne prenait sa signification pour le salut des hommes que parce qu'elle avait été subie volontairement par un homme d’une dignité unique, qui s'appelle le Seigneur. Ce titre de xüpuc, qui apparaît soixante-douze fois en notre épiître, Jésus y avait droit, — comme il apparaît xr, 23 (v. comm., ad loc.) et ailleurs, — dès le temps de sa vie mortelle; il insinue à lui seul, — s'il n’y a plus encore — une égalité avec Yahweh, qui était appelé xépros dans la Bible grecque, en connotant, par le fait du caractère royal de ce titre, appliqué dans l’Asie Antérieure et le monde grec, non seulement à quelques dieux comme Sarapis, Apollon, etc., mais aux monarques de Syrie (« mar », « mara ») et déjà, dans ces pays, à l'empereur romain (voir vu, 5, xbptot mohhot), que Jésus est Ie roi du nouveau peuple élu aussi bien que Yahweh était celui de l'Israël théocratique. C'est qu'il est « fils de Dieu » (1, 9; xv, 28), l’homme céleste {èroupdvioc, xv, 48-49, terme qui désignait les dieux à Tarse, d'après Bühlig,), descendu du ciel {xv, 47) pour prendre la nature d'Adam, et possédant, lui, non pas seulement une âme vivante, mais l'esprit qui vivifie (xv, 45). Dans sa nature céleste, il existait déjà au temps des Pères, et, dans le désert, accompagnait les Hébreux de l'Exode (x, 4, v. comm. ad loc.). C'est qu'il préexiste à l'univers entier des créatures, lequel a été fait par lui {vurr, 6 : Gt où Ta mévra, xal fete À aüroÿ). Tous ces textes, surtout les derniers, rapprochés de ‘Ceux qu'on lira dans les épîtres aux Romains, aux Colossiens, aux Éphésiens, contiennent déjà en substance la théologie johannique, et montrent que cette

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