XXXII INTRODUCTION
corinthienne devait avoir bu; en réalité, un catéchisme complet, dont les divers articles étaient groupés autour de la Croix.
B. Les POINTS PLUS SPÉCIALEMENT TRAITÉS A L'USAGE DES CORINTHIENS. — Tous les Corinthiens baptisés étaient donc tenns de posséder la Zettre de cette doctrine, et ils auraient dû en avoir l'esprit; mais c'est ce qui faisait défaut à beaucoup d’entre eux, et précisément à ceux-là qui cherchaient le plus à se mettre en évidence, et à passer pour des chrétiens supérieurs. Quelques-uns s’égaraient en spéculations qui les rendaient à leurs propres yeux « adultes » ou « parfaits » dans la foi, mais ne contribuaient guère à sanctifier leur conduite, et leur auraient fait plutôt oublier l’essentiel.
C'est pour eux que saint Paul se sent obligé de revenir sur deux points capitaux de sa catéchèse : l'institution de l’Eucharistie (xx) et la résurrection du Christ (xv). Ils connaissaient très bien, Paul Le leur ayant appris dès le début, les circonstances matérielles de ces événements, et, d’une manière abstraite, leur signification dogmatique; mais ils ne savaient pas, ou ne savaient plus, ces Grecs frivoles, en tirer les conclusions qu'ils aurait fallu pour conformer leur vie à leur croyance. Aussi l'Apôtre en réitère-t-il le récit avec une grande solennité, pour que chacun des détails, auxquels ils ne faisaient plus assez d'attention, soit un rappel et un reproche pour leur foi affaiblie {xr, 23-suivants, et xv, 1-11); il faut qu'ils replacent ces dogmes, si pleins d'ardente lumière, à la base de toute leur vie spirituelle. Grâce à ces croyants médiocres et superficiels, l'Église possédera désormais deux textes historiques d'une valeur inestimable pour l'apologétique et le dogme!
Le récit de la Cène (rapproché de x, 14-21, qui n’est aussi qu'un rappel de la croyance reçue par tous originellement) montre comment tous les croyants ne doivent plus faire qu’un dans la charité du Christ, qui renouvelle périodiquement sa présence corporelle au milieu d'eux, et les absorbe pour ainsi dire dans sa personne, en se donnant à eux par mode de nourriture et de breuvage ; il confond ainsi leur vie avec la sienne. Le récit de la Résurrection est pris comme base et comme preuve de l'espérance assurée qu'ont les croyants d'être associés éternellement à la gloire de leur Chef, avec un corps transfiguré comme le sien. L'union s'épanouira alors en assimilation complète; mais elle est commencée ici-bas par le baptême, et entretenue, entre le Christ et tous les fidèles, par l'unité du Pain eucharistique (x, 17).
Telle est l'idée qui est à la base de développements étendus sur l'Éclise en ses états successifs, et sur-la pie individuelle des hommes rachetés, envisagée aussi dans ses divers états de croissance et ses manifestations terrestres, qu’elles soient spirituelles, morales ou sociales, enfin à son terme céleste.
L'Église. — Le chapitre x11 est une esquisse, complète pour les traits essentiels, de l’ecclésiologie qui fera plus tard le sujet de l'Épitre aux Éphésiens. Comme l'humanité naturelle est une, parce qu'elle a sa source en Adam, dont tous ses descendants portent la ressemblance, et qui, avec la vie psychique, leur a transmis la mortalité {xv, 21-22; 45-49), ainsi, par le fait du « dernier Adam », qui, ayant passé par la mort comme les autres, a été pour tous la source de la vie de l'esprit, se forme une humanité régénérée et refondue sur un type nouveau, une humanité céleste (ibidem). On entrevoit à l'arrière- -plan toute la thèse future de l’Épitre aux Romains, ch. v. Plus étroite encore est