CHAPITRE IV. XXXV
y. comm. ad loc.. Dominant tout le reste est le don essentiel, indispensable à tous, la charité, chantée magnifiquement au ch. xni, et présentée R, avant tout, quoiqu’elle soit d'abord l'amour de Dieu, dans sa fonction dérivée qui est de mettre de l'harmonie, de la douceur et du charme dans tous les rapports humains (xt, 4-7). :
Mais les hommes régénérés ne peuvent être considérés uniquement comm les organes spécialisés d'un vaste corps. Ils ont tous leur vie surnaturelle propre et intime, leur avenir personnel à assurer. Même en tant qu'individus, ils sont d'une dignité si grande, que chacun pris à part est ou doit être la demeure et le temple de Dieu et du Saint-Esprit (111, 26-17; vr, 19, al.); chacun doit se dire qu'il a été acheté très cher par le Christ (vr, 20), qui est mort pour lui (voi, 41), et celui qui le blesse blesse le Christ (id. 12). Car il est un membre du Christ (vi, 15) même par son corps, destiné à être ressuscité et glorifié comme celui du Christ (2bëd. 14, cfr. xv); en attendant, durant sa vie mortelle, il doit s'unir à Dieu d'une union qui le spiritualise, union bien plus pénétrante que celles des corps faites par l'amour charnel (ibid. 17). Telle est leur vocation, vocation individuelle et commune à tous (les termes xAïñou, xanvéc, x1kei, ne sont nulle part si fréquents que dans cette épître et l’'épitre aux Romains); cette vocation est un appel à la sainteté (qui veut dire consécration à Dieu, et conformité avec Dieu), par la communauté de vie avec le Christ {r, 9, passim.). Nous sommes donc ramenés toujours à la même idée, inépuisable en sa fécondité d'applications : l'union au Christ, faite par la rédemption du Christ, qui communique aux hommes l'Esprit comme principe d'une vie nouvelle, si élevée au-dessus de leur nature. C’est une union d'amour, donc toujours c’est la charité (cfr. vs, 3), supérieure à toute science [5bd. 1); mais, pour opérer pareille fusion de la vie humaine avec la vie divine, l'Esprit envoyé de Dieu donne d'abord cette science qui est la foi (nr, 10, cfr. 12, v. comm. ad loc.), et qui, ne s’agit-il que de confesser avec conviction que « Jésus est Seigneur » {xrr, 3), est une œuvre insigne de la toute-puissance de Dieu (rr, 5). ;
Cette vie nouvelle se poursuit au milieu d'un monde hostile, à travers heur et malheur. Puisque Paul, apôtre du Christ, a été choisi (et cela gratuitement cfr. xv, 8-10) comme intermédiaire et instrument pour la communiquer aux néophytes de Corinthe, puisqu'il est leur premier instructeur et leur père dans l'Evangile (1v, 45;, il peut avoir la noble assurance de se présenter comme leur modèle chrétien (1v, 16; x1, 1), lui qui s'efforce, dans sa primauté de vocation et de science, d’imiter Jésus (xr, 1) au milieu de son existence de souffrances apostoliques {1v, 9-13), de renoncement et de mortification prudente, de liberté et d'accommodement à tous (1x), toutes choses qui se résolvent d'ailleurs, dirat-il à ses lecteurs en une seconde épiître (IT Cor. vi, 9-10), en joie intime, en puissänce et en succès.
Cette transformation de la vie est un idéal qui n'est certes pas atteint du premier coup. Quelques Corinthiens peuvent se faire illusion là-dessus, et, qu'ils possèdent ou non des dons « pneumatiques », se croire de but eh blanc parvenus au terme, à la façon des initiés païens. Il n'en va pas ainsi, car, si le régénéré a reçu l'Esprit dès le baptème, et se trouve déjà en communication avec la sphère divine, l'hôte intérieur ne le dégage de ses attaches avec la