‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 35 sur 192 · CHAPITRE IV. XXXVIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. XXXVIF

supporter généreusement jusqu'à la condition d’esclave, qui n'est qu'extérieure (vu, 21); c'est comme moyen de s’adonner plus librement au service de Dieu que la virginité est louée (vir, 32-suivants), et, d’une} façon générale, la préoccupation de l'union finale à Dieu doit faire considérer tous les biens, les maux et les événements du monde comme des choses dont on est indépendant, qu’on subit ou qu'on utilise sans permettre que l’âme en tombe captive (vrr, 28-31). C'est encore en vertu de cette parfaite maîtrise de soi, acquise par la libre donation qu'on a faite à Dieu de toute activité, qu'il faut savoir renoncer à des avantages légitimes, en vue de l'utilité d'autrui (1x) ; — fuir tout compromis avec l'idolâtrie, du moment qu’on s'unit au Seigneur, à sa table (x, 14-sui« vants);, — se priver dans un repas d'aliments inoffensifs quand on scandaliserait quelqu'un en y touchant (ibid. 28-suiv.); — enfin préférer les « dons spirituels » qui présentent une utilité directe et évidente pour la communauté (uv; surtout v. 32) et se soumettre à une stricte discipline dans toutes les assemblées de culte (xr; xiv). Ce que prêche Paul, ce n’est donc pas une liberté pour libertins. Elle n'est que la manifestation, opposée au despotisme du monde ou de ce qu'on a d’inférieur en soi-même, de la souveraineté du Christ à laquelle on participe par l'union à Lui, c’est-à-dire par la charité. Rien n'échappe à cette règle suprême et à l'ordre qu'elle prescrit, pas même la question de savoir si.les femmes doivent se voiler ou non dans les assemblées (xr, 2-16).

Le chrétien qui conduit sa vie d’après ces principes voit l'Esprit s'emparer de plus en plus de son âme; d’« enfant » qu'il était d'abord, il devient « adulte », TÉMELG, OU « parfait »; au lieu de lait, il commence à se nourrir d'aliments solides, d’une sagesse qui lui fait pénétrer toujours davantage la valeur des dons de Dieu, et il peut devenir même capable d'y initier les autres par le « discours de sagesse » (1x, 6-13); ce n'est là toujours qu'une intelligence plus profonde du langage de la Croix. Et ce progrès est toujours proportionnel à celui de /a charité (et non pas d'autre chose), qui lui donne le « sens (voi) du Christ » (cfr. 11, 16, x, 3-4, comm. ad Loc.). Enfin cette charité, qui a grandi jusque-là appuyée sur la foi et l'espérance, se dégagera, dans le passage à l'autre vie, de ce qui restait d'imparfait dans les deux vertus-sœurs; plus d’énigme, donc plus de foi; plus d'attente d'un futur, done plus d'espérance; mais, au bienhcureux jour de la perlection définitive (rés), l'élu connaîtra Dieu comme il en est connu, grâce à la charité qui durera éternellement (xur, 10; 12-138). -

Quand tous les membres fidèles du « corps du Christ », de l'Église, en seront arrivés là, à l'heure où sera anéantie la Mort, alors le « Corps du Christ » aura atteint son développement complet, dans la vision de « Dieu {devenu} tout en tous », qu'il partagera avec son Chef (1) (xv, 28).

Organisation de l'église. — On ne saurait donc concevoir doctrine plus admirablement cohérente que celle de Paul dans la Première aux Corinthiens,

(1) Rien ne fait supposer du reste que l'union des âmes justes avec le Christ, quand elles ont quillé cette vie, (laquelle est affirmée IL Cor. v, 8 et Phil. À, 21-23), n'ait répondu

LA 4 . . , qu'à un développement uliéricur de la croyance de Paul, ct qu'il n’en ait pas encore eu

la même conccplion (ni par conséquent celle d'un jugement parliculier), quand il écrivait

‘notre épiître. Cr. GUNTERMANN, op. laud. ct voir infra, l'EXGURSUS ur,

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