‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 36 sur 192 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

déduite comme elle est d'un principe unique. Ce principe est tel qu'il ne peut absolument pas être restreint aux membres d'une église particulière, mais s’applique aux croyants du monde entier, qui, par l'identité de leur union au Christ, sont tous membres d’un même corps. L'idée de catholicité se dégage donc de toutes ces pages; en plusieurs passages, l'Apôtre rappelle les Corinthiens à l’ordre au nom de la pratique des autres églises, fondées ou non par lui; et la prescription d’une collecte pour Jérusalem (xvr, 1-suiv.), déjà organisée ailleurs, en Galatie, met dans un jour lumineux l’universalité de la fraternité chrétienne. C'est donc bien arbitrairement que /. Weiss parlera à ce propos (v. comm. de r, 2, al.) de gloses ou d'interpolations « catholicisantes ». En écrivant notre épitre, Paul avait de l'unité de l'Église une conscience pleine, aussi manifeste qu'on la trouve dans l’Épitre aux Ephésiens (qui est bien de lui, tout aussi authentiquement).

L'église de Corinthe, puisqu'elle est comparée au ch. xir à un organisme humain (ce qui vaut également des autres églises, et de l'Église universelle), doit posséder une organisation stable. Elle n'est certainement pas livrée aux hasards des inspirations « pneumatiques », les chapitres xn-xtv le montrent sans conteste. Elle possède à coup sûr un gouvernement; l'ordre à maintenir dans les assemblées, la consécration de l'Eucharistie, les nouveaux membres à admettre, les fonctions judiciaires à exercer (voir ch. v), tout cela exige qu'elle ait des dirigeants locaux, des présidents, comme il y en avait certainement déjà dans les autres églises de Paul (cfr. les poïorépevo de [ Thess. v, 12, et déjà Act. xiv, 23, les pec6drepor établis dès le premier voyage apostolique) ; de fait, le ch. x11 nous fera connaître, au milieu des « charismes », des fonctions officielles qui, de leur nature, devaient au moins en partie être permanentes. Il est vrai que Paul ne les définit point, et qu'il n’use peut-être point là des termes officiels (si tant est qu'il y en eût déjà de fixés). Mais comme, peu d'années plus tard, il supposera dans l’église de Philippes (PAi. x, 1), fondée avant celle de Corinthe, l'existence reconnue d’« épiscopes » et de « diacres », il est à présumer que les fonctions de ces dignitaires étaient déjà également distinguées, sous ces noms ou sous d’autres, à Corinthe. Ce point sera examiné au commentaire du chap. x11 et à l'Exc. x. Notre épître, à elle seule, donnerait peu de lumière sur cette organisation primitive, qui était encore en train de se former; mais, puisqu'elle suppose enfin nécessairement une organisation, un contrôle qui s'exerce même sur les « spirituels » (v. ch. X1V), et, bien entendu, des fonctions sacerdotales qui n’appartiennent pas au premier fidèle venu, déjà elle prélude aux « Épîtres pastorales », I-II Tim. et Tit.

On voit comme l’enseignement, pour n'être que par exception systématique, n’en est pas moins complet. [1 nous instruit, directement ou indirectement, sur tous les dogmes primordiaux de la foi catholique : Trinité, christologie, pneumatologie; — rédemption, grâce, sacrements principaux (baptème et eucharistie, culte public); — vertus théologales, devoirs privés et sociaux du chrétien, vie spirituelle et mystique; — ecclésiologie, puissance impérative et coercitive de l'Église, unité de traditions, de loi, de discipline; — et, couronnant tout, les fins dernières, Îes destinées de l'Eglise et de ses membres pour l'éternité.

GC. ComMEN'T L'ENSEIGNEMENT EsT PRÉSENTÉ. — Ce qui fait pourtant l'originalité supérieure de cette épître, ce n’est pas tant l'étendue de l’enseignement,

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