‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 46 sur 192 · XL VII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL VII INTRODUCTION

controverse contre les auteurs « religionsgeschichilich », mais qui, hanté par sa théorie « eschatologique » de l'Evangile, et voulant à toute force, par souci de la logique, y ramener l'enseignement de l'Apôtre (« Die Mystik des Apostels Paulus », p. 41, passim), a posé cette thèse singulière : l'union des croyants au Christ ne serait qu'un but intérimaire de la vie chrétienne, atteint pleinement dans le temps qui s’écoulera entre la Parousie et la résurrection générale, pour faire place. ensuite au bonheur définitif, la vie éternelle dans la pure union à Dieu. Nous verrons au commentaire du ch, xv, et dans l'Excursus qui le suivra, que la « double résurrection corporelle » et le chiliasme que S. suppose ne sont que des mythes de critique. C'est exclusivement en tant que, et parce que, l’on est uni au Christ que l'on est uni à Dieu; et l’union des bienheureux à Dieu vu face à face sera éternelle parce que leur incorporation au Christ, commencée par la grâce dans leur existence terrestre, durera éternellement. Paul est aussi dégagé du messianisme magériel des Juifs que des influences de la mystique grecque. à

Bousset, Reitzenstein, et l'école qui les a triomphalement suivis depuis trente ans, avaient cru découvrir dans le « Fils de l'Homme » ou « l'Homme », employé comme nom du Christ (— « l'Homme du ciel », « le dernier Adam » dans notre épître) la figure qui ‘leur permettait de rattacher le paulinisme sûrement à la mystique hellénistique, comme les gnostiques et les manichéens postérieurs. Reïtzenstein s’est distingué par la multiplicité et la variété des arguments qu'il a apportés pour prouver cette thèse; mais la méthode scientifique de ce philologue opérant dans le domaine de l'histoire n'a pas été à la hauteur de sa très remarquable érudition. Il faut lire la critique qu’en fait Schweitzer (ibid. pp. 28-30); elle se condense en cette phrase piquante : « Tout son effort est orienté, d'une façon unilatérale, à l'expliquer [Paul], au moyen de vues hellénistiques qui, d’une facon quelconque («irgendwie », nous avons souligné) rendent le même son {« gleichlautenden »). Avant que le pauvre Apôtre ait seulement pris la parole {« nur zu Worte kommt »), il l'a déjà lapidé avec des parallèles tirés de la littérature hellénistique ». Le fait est que le lien intrinsèque des idées de Paul, ses grandes idées directrices, est toujours chez R. ce qui est considéré en dernier lieu, et dans une perspective restreinte et faussée d'avance. Pour être bref, disons seulement que le système iranien auquel Reitzenstein veut rattacher Paul par l'intermédiaire de l'hellénisme ne connaît pas ce « Premier Homme » qui aurait eu un rôle cosmologique et sotériologique à la fois, dont les âmes humaines seraient émanées et qui les rappellerait à lui; au moins les iranistes qui restent sur leur domaine ne le trouvent ni dans les documents avestiques, ni même dans les livres pehlvis (tous postérieurs à Paul), où le « premier homme » Gayomard a bien un rôle cosmique d’une certaine façon, mais non pas sauveur. Reitzenstein a dû aller chercher cette figure dans le mandaïsme, le manichéisme surtout [qui date du mi° siècle de notre ère), sans parler de l’hermétisme (du n° ap. J.-C.), et décréter, en multipliant les hypothèses, que c'était une tradition de l’[ran ancien, passée aux Grecs et presque au monde entier. En réalité, c'était un vieux mythe revêtant d'abord des formes assez barbares, diverses chez des peuples divers, et symbolisant peut-être les correspondances du « macrocosme » cet du « microcosme », mais qui était très effacé dans les siècles qui ont précédé

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