CHAPITRE IV. XLIX
saint Paul, et qui n’a repris de consistance qu'après lui, en des sectes de
l'antiquité finissante et du moyen âge (voir notre comm. sur l’Apocalÿpse,
3e édition, Exec. 11, pp. 16-25, Le « Fils de l'Homme » et l'iranisme dans l’Apocalypse). L'étude de la terminologie de Paul est loin d'y révéler les notions « iraniennes » que Reitzenstein cherche à mettre en valeur. Même le mat ëc£2, « gloire » (12 fois I Cor., 18 fois IT Cor.) n’a que l’analogie la plus vaguë avec le « Aparen6 » perse, lumière invisible qui pénètre chez les souverains et chez les héros; l'étude récente de J. Schneider (4), suivant celles de Gerhard Xittel, a établi que toutes les richesses de signification données à ce nom par Paul (et éloignées du grec littéraire où il signifie « pensée » ou « opinion »}), se rattachent au grec populaire hellénistique qui nommait ainsi un éclat lumineux, et à la Bible des Septante qui y ajoute parfois l’idée de puissance royale. Il n’y a pas à chercher l’origine de ce mot, appliqué tout naturellement aux réalités relgieuses, dans les profondeurs de l'Asie, ni dans une mystique perse de la « Lumière ».
‘C'est là un exemple entre beaucoup. On peut négliger des théories comme celle de À. Stahl sur l'influence des Mandéens, chez qui personne de sensé n'ira plus chercher les ancêtres du christianisme. En somme, l’école d'histoire des religions, qui a fait croire longtemps, éclipsant toutes les autres ou les entraînant dans son sillage, qu’elle allait tout expliquer, commence à pencher vers son déclin, même en sa forme dernière, l'iranisante. La doctrine de Paul, dont la Première aux Corinthiens présente à peu près tous les aspects, parait de plus en plus originale, et faite tout autrement qu'avec des emprunts. Cette originalité sort du cœur même des faits qui avaient saisi l'âme et le génie du converti de Damas; c'étaient ceux de l'Évangile entés sur la tradition israélite, ce n’était rien de plus exotique. Mais un Paul savait leur donner l'accent divin, et de profonde et universelle humanité, qui pénétrait le cœur des Juifs, des Grecs et des Barbares, et qui reste aussi actuel, aussi approprié pour nous modernes que pour les anciens.
Le row pe L'Érîrne, sA PLAGE pan: LES épiraes pe sarxr Pauz. — Les pauvres Corinthiens n'étaient certes pas tous encore capables de comprendre et de mettre en pratique un enseignement si parfait. Mais Paul les traite avec indulgence et confiance, parce qu'il ne doute pas de leur bonne volonté: au fond, ce sont à ses yeux de grands enfants (vému), auxquels il faut donner le sentiment que leur devoir est de grandir. Il raisonne avec eux comme un père très dévoué ct très patient dans son travail d'éducateur, Il a bien fallu tout d'abord rabattre leurs prétentions, pour les remettre en face d'eux-mêmes, de leur passé, et de leur vocation véritable; alors Paul s'est animé quelquefois, et il à pu passer de l'ironie bienvcillante qui se sent un peu partout en cette épitre à un ton sarcastique ct presque indigné, comine au chap. iv, S8-suivants, où il compare ce qu'eux prétendent être à ee que sont leurs modèles, les apotres,
b L des + A] Ê Ü a , 1 ] N | V (1) Joh, SGniNEibin (prolostunt) Adëx, Eine bedeutangsgeschiehtliehe Studie, Gütersloh, 1972, Racine dok où dek, qui a donné à ln lois « decus » ol « docere nv, ÉPITRE AUX COLINTIIIENS. d