‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 50 sur 192 · CHAPITRE V LA LANGUE ET LE STYLE DE LA 1l'® ÉPITRE AUX CORINTHIENS · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LA LANGUE ET LE STYLE DE LA 1l'® ÉPITRE AUX CORINTHIENS

Les deux épîtres aux Corinthiens, d'après Nägeli (v. infra), nous fournissent peut-être la représentation la plus significative de la manière dont Paul écrivait et parlait. Ce jugement nous paraît fondé, surtout pour la Première. La grande variété des sujets qu’elle traite, leur caractère en général pratique, et les détails précis qu’en exige le traitement, nous font connaître ce qu'était l'Apôtre, non aux heures de transport religieux ou de polémique passionnée, mais quand il devait, après mûre réflexion et à tête reposée, apporter à des problèmes complexés ses solutions inspirées à la fois de l'Esprit et de sa raison ferme et claire, — ce qui ne pouvait l'empêcher, étant ce qu'il était, de s'élever par instants à de très hauts mouvements d'éloquence qui haussaient aussi le langage.

Nous allons nous en rendre compte par son vocabulaire, sa grammaire et son style.

[. Vocabulaire.

L'Épitre emploie à peu près un millier de vocables différents, y compris les noms propres et ceux qui n'apparaissent que dans les citations. Ce qui est tout d'abord à remarquer, c'est que, en très grande proportion, plus grande qu'en toute autre épître, il est de ces mots qui n'apparaissent qu'une seule fois, deux au plus; signe incontestable de la maîtrise qu'exerçait l'écrivain sur le vocabulaire grec.

Dans l’ensemble, cette riche collection de mots concorde avec la langue de conversation hellénistique, connue depuis quelques dizaines d'années, telle qu'elle était en usage parmi les gens instruits. Ce n'est pas cette épître qui fournira des arguments valables à ceux qui voudraient encore défendre le « sémitisme » du langage paulinien. Les termes de la vie courante y abondent, ce en quoi la lettre présenterait quelque analogie avec I Thess. surtout, mais ce caractère y est plus marqué encore; il l’est surtout beaucoup plus que dans Rom., car l'écrivain ne fait pas ici un traité systématique et touche à une multitude de sujets de l'existence privée ou sociale. La dignité du ton ne l'empêche pas d'user d'expressions familières, vives et réalistes, selon son habitude; mais beaucoup d'autres sont d'une diction choisie, surtout quand le domaine éthique est abordé.

Les commentateurs anglais Robertson-Plummer ont établi la liste des très nombreux vocables qui sont particuliers à cette épître dans le Nouveau Testament; il s'en trouve environ une centaine, et ils en ont d'autre part compté cent quinze qui n'apparaissent pas dans les autres épîtres de Paul; sur le nombre, il y en a irente-trois {sans compter les noms propres) qui sont étrangers à la Bible grecque des LXX. Les « Aapax léromènes » qu'on peut regarder jusqu'à présent

Page 1