‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 53 sur 192 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

en face des arguments tirés du vocabulaire contre l'authenticité de Col., d'Eph., ou des Pastorales. Un fait remarquable signalé par les mêmes auteurs; est le nombre relativement grand de termes qui sont communs à Î Cor. et à l’une ou l’autre des. Pastorales, et se rencontrent bien dans le reste du N.T., mais pas ailleurs chez Paul. Il en est même plusieurs qu'on ne trouve que dans notre épitre et dans les Pastorales : &lavaoio ms 53, 54 et I Tim. vr, 16), &hoëv (1x, 9, 10, citation, et | Tim. v, 18); éxxaalpeiv (v, 7 et Il Tim. x, 24), cuuBaauebery (1v, 8 et [I Tém. 11, 12), Énepoyà (1x, L et L T'ém. 11, 2).

La qualité de ce vocabulaire est instructive.

Nägeli, dans son étude toujours précieuse sur le trésor verbal de Paul {1}, en a fixé l’origine et le degré de grécité. Il est vrai que, dans sa revue alphabétique des mots pauliniens, il s'est arrêté sur la cinquième lettre, e, et il y aurait certes grand intérêt à poursuivre ce travail jusqu'au bout; mais, tel qu'il est, il nous fournit une idée générale suffisamment nette, et nous n'avons guère qu’à en résumer les conclusions principales.

La langue de 1 Cor. est naturellement la xowä, et plutôt dans ses formes hautes et littéraires. Elle ne contient pas de sémitismes (ou à peine), si ce n’est, xvr, 2, pla oaBBdruv on la tournure élvat &x, vrr, 7; le seul emprunt au latin est méxeXdov. Enfin les termes franchement oulgaires y sont très rares : ypryopeiv xvr, 13, 4 fois Col., 2 fois I Thess; 19 fois dans le reste du N. T.; orékew xvr, 13, (4 fois Rom., Gal., T'et IT Thess., 1 fois Marc) et neiv, 1x, 4; Sépeu « frapper », non « écorcher » 1x, 26, (1 fois IL Cor., 13 fois reste du N. T.). Notons que le premier se trouve cependant chez Aristote, et le dernier chez Ménandre. Peu de provincialismes (ëvoyoc avec le génitif, x1, 27-28?)

Par contre, nous ne trouvons guère de cas indiscutables d’ « atticisme ». L'adjectif dvouos (1x, 21 quater, 1 fois [I Thess., I Tim. ., eti fois Mare, Luc, Act., Il Pet.) que N. donne comme usité seulement dans la littérature classique, se rencontre non seulement dans les LXX, le N. T., mais encore dans les papyrus (v. Moullon-Milligan, ad verb.) |

Paul a pris aüx Septante quelques expressions toutes faites : èrl xapdlav dvôpw= rou oùx &vé@n (11, 9, intercalé dans une citation), évaraderv ro nvedus (xvi, 18), dvdoi- Ceoûe xparaoüode (xvi, 13). Il est naturel que la Bible grecque, dont il était lecteur assidu, ait influé sur son langage. Toutefois cette influence est moins marquée qu'on ne pourrait croire. Elle est surtout sensible en des mots de frappe religieuse et nationale, ou dans le sens particulier donné à des termes d'origine profane : ainsi éyuiçew et éyraoué, (cfr. le grec ancien &yieiv et dyioucc), dxpoluotiæ, Giéfiohoc, d6%a eb Sobaterv (v. pourtantsupra), ävéeux, etôwhov, éôvn au sens de « gentils », etc. Il faut y joindre quelques mots du domaine éthique, mais beaucoup d'autres de la même catégorie sont absents des LXX, d'aprés l'observation de Nägeli. D'autres, quisont communs, n'ont plus le même sens que dans les LXX. Quelquesuns ne sc retrouvent que dans les apocryphes grecs, ainsi etôwAdOu6ov pour ispd0utov (IV Macc.) — ou dans les livres les plus récents de l'Ancien Testament, tels

(1) Theodor NäGeLi, Der Wortschals des Aposlels Paulus, 1905.

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