CHAPITRE V. LIX
est exposée nulle part; le mot vide ne se lit même que deux fois, 1, 9 et XV, 28; que l’on compare Rom. Gal. et Héb., et les écrits johanniques! C’est évidemment que, dans la communauté de Corinthe, ce dogme ne faisait de doute pour personne, malgré la témérité des meneurs; ici l’ « argumentum ex silentio » se trouve, par exception, être d'un grand poids. — Encore bien moins y découvrirait-on une « mystique de la Lumière et des Ténèbres » qui donnerait prétexte, comme on l'a essayé pour Jean, à rapprocher Paul des manichéens ou de l’« iranisme »; bien quel’exaltation de la « Sagesse » eût facilement prêté à ces images, le mot oëx (13 fois ailleurs chez Paul) estici totalement absent, et nous ne lisons qu'une lois oxôvos (1v, 5 au sens de « choses cachées ») etune fois guritew, au même passage, dans le sens correspondant. Zu ne se lit que deux fois (Cwomotiv 3 fois); comparer l'Épitre aux Romains!
On voit comme le vocabulaire de I Cor. est significatif pour l'exégèse et l'histoire. ° .
Il. Grammaire.
Nous aurons assez peu de chose à dire. Cette grammaire est, à tout prendre, très correcte, et il suffira de quelques notations. Pas plus que le style, elle n’est aussi « unhellenisch » que l'a prétendu, par exemple, Norden, à cause de la parcimonie des particules surtout; c'est la langue de conversation ou de « diatribe » qui le voulait ainsi (v. énfra).
Article. — Avec l’aisance la plus grecque, l’article est préposé à des adjectifs et participes, des infinitifs, des adverbes, etc., ou gouverne des génitifs, des expressions prépositionnelles, etc., cela dans toutes les épîtres de Paul. La 1" aux Corinthiens ne se distingue pas en cela des autres; citons seulement, à titre d'exemples, vo nveüuæ vo ëx voù 0605 11, 12, ou bien 1v, 6, l’article préposé à toute une sentence, vù « ph ümèp & yéypantar » (v. comm. ad loc.).
Cas de la déclinaison. — Un nominatif, äppwv (sans l’article) est employé xv, 36, pour le vocatif &ppov; — à moins qu'il ne faille traduire : « L’insensé!'»
Les formes contractées de la 3° déclinaison étaient dévenues plus rares dans la xav4. Aussi xv, 6, lisons-nous mAsloves, et non rhelous; jamais de formes analogues à cette dernière n'apparaissent chez Paul (Il s'en trouve Jean et Act.).
Adiectifs et participes. — Notons le comparatif ueituv, xur, 13, où l'on aurait attendu le superlatif meyiorr (cfr. xv, 19, al. chez Paul et N. T.). Tendance plus marquée qu’autrefois dans la langue hellénistique.
Le plus important à noter ici, c'est l'usage fréquent de l'adjectif ou du participe neutre, singulier ou pluriel, pour remplacer un substantif abstrait ou même concret : (ro puwpbv voù 0eoù, 1, 25, etc., th éEoubevnuéva, 1, 28). On le trouve déjà chez les classiques (P/aton : rd ürep6d\dov rie Aémne, al.), mais pas aussi répandu.
La forme oëüé, archaïque et distinguée, apparaît au lieu du commun oùd4v, dans un passage de style très relevé, xx, 2. |
Le Cardinal pix remplace rowrn au ch. xvi, 2, xarè iv caéBdruv; hébraïsme qui s'était répandu dans la langue chrétienne, cfr. Mat. xxvuir, 1, Marc xvr, 2, Luc xx1v, 1, Jean xx, 19, Act. xx, 7.
Signalons le participe accusatif absolu ruyov, xvr, 2, à valeur d’adverbe, qui n'apparait pas ailleurs dans le N. T.