‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 60 sur 192 · LXIV | INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXIV | INTRODUCTION

exactes de « Literarkritiker ». Une étude fort utile par sa précision, — certainement l'écrit le plus solide de celui qui devait être un leader de l’école de la « Formgeschichte » — est due à À. Bultmann, « Der Stil der paulinischen Predigt und die kynisch-stoische Diatribe », 1910. Wendland, Deissmann, Norden, ont aussi contribué à éclaircir cette matière. Nous nous inspirerons selon l’occurrence des uns et des autres en notre essai d'analyse,

Ce style ressemble tout spécialement à celui des autres « Grandes Épitres », Il Cor., Gal. et Rom. Deux caractères cependant l'en distinguent. Il n'est pas continuellement ému et passionné comme presque toutes les pages de IL Cor. et de Gal.; les passages véhéments, ironiques ou lyriques, qui n’y manquent point “paraissent plus prévus et plus calculés que dans ces Epîtres, et surtout ils y tiennent moins de place. D'autre part, notre lettre n'étant pas didactique à la façon de Rom. ilnes "y rencontre pas de ces exposés trop chargés, où tous les mots, dont chacun condense une thèse, se pressent et s’étouffent pour ainsi dire, où chaque idée, exprimée trop brièvement, exige une réflexion aiguisée pour qu'on en voie la portée et le lien qui l'unit aux autres, en sorte que le lecteur moderne s'arrête devant les obscurités multipliées; c'est un aspect partiel du style paulinien dont il y a des spécimens par exemple Rom. ur, 21 suivants, et qui dominera dans l'Épitre aux Ephésiens. Notre épître, en somme, est très claire, la plus claire de toutes les lettres de Paul, celle qu'il s’est donné sans doute le plus de loisir pour dicter et qui renferme le moins d'irrégularités de tout genre. Elle court avec la même aisance, seulement moins d'abandon intime, que l Épitre aux Philippiens. Les difficultés n’y résultent guère que de certaines allusions à des contingences ignorées de nous, et qu'il nous faut découvrir par induction.

C'est une conversation continue, dont le ton ne cesse d'être vif et alerte; les passages de gravité solennelle, comme le paradoxe de la Croix, la condamnation de l'incestueux, la menace du feu au ch. r1r, l'évocation de la vacuité des choses temporelles au ch. vrr, 29-31, l'hymne à la charité, le récit de la Cène, les prédictions eschatologiques, sont tous si bien enchâssés dans la trame qu'ils ne rompent pas l'allure générale.

Ainsi que pour les épitres de la même période, deux influences sont perceptibles dans ce style : celle des antécédents judaïques du disciple des rabbins, et celle de la « diatribè » cynico-stoïcienne. La seconde est bien plus marquée que l'autre, comme Bultmann l'a démontré. Saint Paul, qui ne pouvait manquer de connaître la diatribe, en a suivi les procédés, au moins instinctivement, dans ses exposés en général. Ce n'est pas en disciple qu'il l'a fait, mais en maître du genre.

Ne cessant d’interpeller directement, comme il convient dans une vraie lettre, des lecteurs qu'il connaît bien, Paul « réalise » tellement la situation qu'il presse de questions à maintes reprises des interlocuteurs qu il campe devant Jui comme en chair et en os. De là cette bonne douzaine de oùx oïôare deu... ré otôas et de ré, ml qhp, té ên, ti oëv, Giù ri (plus nombreux cependant encore Rom.}, qui.donnent tant de mouvement à ses exposés d'instruction, mais dont il s'abstient dans les

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