‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 65 sur 192 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

même les esclaves acquièrent dans le Christ {vir, 22), remet en mémoire la sentence conservée par Jean : « La vérité vous délivrera » (Jean. viur, 32) ou « Si donc le Fils vous délivre, vous serez libres en pleine réalité » (26., virr, 36). Enfin, au ch, vu, 12, « en péchant ainsi contre vos frères, … c’est contre le Christ que vous péchez », n'est-ce pas identique ou corrélatif au logion de Jésus, Mat., xxv, 40 : « Pour autant que vous l'avez fait à l'un de mes frères les plus petits que voici, c'est à Moi que vous l'avez fait »? Citations implicites, réminiscences inconscientes ou nouvelles expressions spontanées sorties de l’enseignement évangélique qui avait rempli entièrement l'âme de saint Paul, nous sommes loin d’avoir épuisé ici tous les rapprochements topiques que l’on peut faire ; l'Apôtre, quand il parlait ou écrivait, avait continuellement présente à la conscience toute la doctrine que les Évangiles nous font connaître à sa source.

Citations et réminiscences de l'Ancien Testament. — Pour affirmer, même a priori, que Paul avait prêché la vie terrestre de Jésus, qu'il y pensait toujours en écrivant, et que ses allusions étaient tellement claires aux yeux de ses fidèles qu'il n'avait aucun besoin de les souligner, il suffit de constater l'emploi abondant qu'il fait de l'Ancien Testament, autorité qui cependant, comparée à l'Évan gile, n'était que préparatoire. Les Corinthiens, qui étaient des gentils pour le plus grand nombre, avaient donc certainement été initiés à la connaissance des Écritures et des récits bibliques, et ceux-là aussi bien qui n'avaient pas fréquenté la synagogue comme prosélytes.

. On ne trouve pas moins de vingt-cinq à trente de ces citations, ce qui est le chiffre le plus fort après ceux des Épîtres aux Romains et aux Hébreux; il en est compté jusqu'à une trentaine par Robertson-Plummer, mais l’une ou l'autre nous paraît douteuse. Dix ou onze livres divers de la Bible sont cités, qui sont, dans l’ordre de fréquence, le Pentateuque (Genèse, Deutér., Ex., Num., peutêtre Lév.), Isate, les Psaurnes, puis Jérémie, Osée, Zacharie, Job, peut-être Malachie (x, 21 rpxmeta voù xuplou).

Dix fois la citation est donnée expressément comme telle, et sert à prouver une assertion de Paul; alors elle est introduite par les mots xaûs yéypanra (1, 49, 31; 1, 9; x, 19, 20; 1x, 9; x, 73 xiv, 21; xv, 45) ou par onc« une fois. (vi, 16). Mais, dans la majorité des cas, elle arrive dans la dictée de Paul sans avertissement, comme si elle était l'expression de sa pensée personnelle; c'est qu'il était habitué, par sa familiarité avec les textes sacrés, à penser dans leurs propres termes. Là il se rencontre des mots ou des tournures qui ne sont pas de son vocabulaire courant {v. supra, 1).

Les citations de la première catégorie sont apportées comme illustrations ou comme preuves. C’est ici qu'on peut parler avec quelque droit d'habitude rabbinique. Cependant il ne faudrait pas trop appuyer sur celte note. La Première aux Corinthiens ne présente point, par exemple, à la façon de Rom. 111, 10-18, une seule de ces agglutinations de textes empruntés aux livres les plus divers, comme les rabbins avaient coutume d’en faire. On n'y trouve pas non plus de spéculations basées sur un seul mot, comme dans l'Épitre aux Hébreux, ou sur le rapprochement purement matériel de deux mots. Une seule fois apparaît une combinaison de deux ou de trois textes d'origine diverse, cités ad sensum, et accommodés à l'argumentation de Paul; c’est au ch. 11, v. 9 {v. comm. ad loc.). L'usage que l’auteur fait de l'Ancien Testament a été étudié par bien des cri-

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