‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 66 sur 192 · CHAPITRE V. LXXITI · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. LXXITI

tiques, et nous signalerons particulièrement l'excellente petite dissertation de Sanday et Headlam dans leur commentaire de l'Épître aux Romains, (3° édition, pp. 302-307). Les applications que l'Apôtre fait des textes sont liltérales. À part le sens spirituel qu'il donne {x, 1-5) à la nuée, à la mer, à la manne et à l’eau du rocher comme « types » des sacrements futurs, puis de l'identification du « rocher » au Christ (x, 4), où peut-être il faut surtout voir une métaphore inspirée (v. comm. «&d loc.), il n'y a point d'exégèse proprement allégorique comme en présente Gal., 1v, 21-31 sur les deux épouses et les deux fils d'Abraham. Le sens typique, dont l'Église enseigne la légitimité et a toujours fait si grand usage, n’apparaît dans notre épître que sous sa forme le plus simple et la plus facile à saisir. Nous ne savons même s’il est bien juste de voir un sens spirituel « tropologique » en ce qui.est dit du « bœuf qui foule le grain », 1x, 9-10, car ce peut n'être qu'une argumentation & fortiori (v. comm. ad loc.). Jamais il n’y a de détournement de sens comme les rabbins s'en permettaient ; l'accommodation, quand elle se rencontre, est très discrète, et basée sur la nature même des choses, donc toujours correcte. On ne saurait, à notre avis, relever un texte — pas même x, 4 — dont l'emploi ne soit justifié par des raisons plus intrinsèques qu'une exégèse lointaine ou détournée dont on serait convenu alors parmi les rabbins ou dans l'Eglise primitive. Si l’on a voulu voir à xv, 45, une « citation » de Gen. si « complétée » qu'elle en deviendrait tout à fait apocryphe, nous établirons dans notre commentaire qu'il faut y distinguer deux parties, d'abord une citation, qui est très correcte, puis une assertion de Paul lui-même, qui n’est pas donnée comme un emprunt à l'Écriture. Saint Paul ne cite pas sans doute à la manière scientifique que l'on exige aujourd’hui, parce qu'il prend les mots sans s'occuper de leur contexte, et en ce sens lui et les autres écrivains du N. T. « appartiennent, comme logiciens, au premier siècle », ainsi que dit Toy (« Quotations in the New Testament », New-York, 1884, cité par Sanday-Headlam); mais il ne leur donne pas de sens incompatible avec leur vrai contexte, et nous espérons le démontrer même là où il s'agira de ses applications les plus hardies, comme xiv, 21-22, à propos d'une citation d’Tsaïe sur « les langues qui sont un signe pour les infidèles » {v. ad loc.). C’est que, pour citer encore le même auteur américain, lui et les autres, « comme instructeurs religieux, appartiennent au monde entier et à tous les temps » (cité Sanday- Headlam, p. 304), et ne sauraient donc apporter de preuves scripturaires qui paraîtraient caduques en dehors d'une époque et d’un milieu particuliers.

Malgré cette rectitude essentielle, Paul ne cite pas toujours à la lettre; et cela non seulement dans les textes de la deuxième catégorie, ceux qui ne sont pas donnés expressément comme étant de l'Écriture, mais aussi dans ceux de la première, où ils sont précédés des mots « comme il estécrit ». Aussi ne peut-on les identifier toujours avec une parfaite certitude, et un passage comme 11, 9, donne lieu à d’interminables discussions (v. comm. ad loc.). C'est qu'il paraît citer toujours de mémoire (à la différence d'Heb.) et se contente à l'occasion de rendre le sens.

Cependant on voit qu'il s'appuie presque toujours sur la tradnction des Septante. Sept de ses citations s'accordent pleinement avec cette version grecque (vi, 6; 1x, 9; x, 7, 20, 26; xv, 32, 45); Robertson-Plummer en comptent huit, mais nous exclurions X;, 21 où l'emprunt présumé à Malachie, 1, 7, 12, se borne

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