‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 78 sur 192 · LXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXIV INTRODUCTION

on s’est occupé de répandre les Épttres ; ni, avec Goguel (op. cit., p. 58-suiv.), que « les conditions dans lesquelles vivaient les églises de l’âge apostolique fussent peu favorables à la conservation des longs et fragiles rouleaux de papyrus que constituaient, sous leur forme originale, les lettres de l'Apôtre » (1). Celui de l'épitre aux Romains aurait eu peut-être une longueur de 3",50, environ, ce qui n'est pas si extraordinaire. Pourquoi celui-là, ou ceux de Corinthe, auraient-ils été gâtés et mutilés « principalement au début et à la fin », ou déchirés en morceaux par suite de l'usure? D'ailleurs, si l'original se gâtait, il ne devait pas être difficile, avons-nous dit, de recourir à des copies authentiques quand on aurait voulu faire un travail de restauration. Et puis, ira-t-on se figurer que les chrétiens de Corinthe ou d’ailleurs jetaient avec incurie ces précieuses lettres dans quelque grenier ou quelque cave où elles auraient été exposées à l'humidité, à la moisissure, à la dent des rats? Des choses pareilles arrivent peut-être en temps de grands troubles, de dispersion, de persécution; mais nous n’avons aucune connaissance certaine d'événements de ce genre survenus à Corinthe entre le temps de la fondation de l'église et celui de la lettre de Clément, où déjà

le texte de I Cor’. avait passé à Rome, et où le « corpus » existait peut-être déjà,

Goguel (p. 59) semble d'ailleurs appuyer principalement son hypothèse de restaurations et de rédactions sur l’histoire des épîtres aux Corinthiens, telle qu'il l’a refaite, mais telle aussi que nous ne saurions l’admettre (v. supra).

Il faut donc croire que, s’il y avait eu refonte et redistribution des instructions originales de l'Apôtre, ce n’est point le hasard, ou quelque accident arrivé aux manuscrits, qui l'aurait imposée; le « rédacteur » qu'on présume aurait fait ses manipulations sans nécessité, et pour une fin systématique. Car, même éñ connaissant l'ordre primitif, il ne se serait pas abstenu de transpositions intentionnelles, puisque, dans la théorie de Goguel (iv, 2, pp 77-suiv.) il aurait, par exemple, détaché sciemment Î Cor. x, 1-22 de vi, 13-20 (pour donner à ce dernier morceau le caractère d’une introduction au ch. vn sur le mariage) et fait d'autres combinaisons du même genre. Son but aurait été de faire des lettres diverses de Paul un tout logique, comme une somme des enseignements de Paul à Corinthe. Outre que cela ne nous paraît pas bien conciliable avec l'existence, pour nous moralement certaine, d'autres manuscrits remontant aux premières années, et dont la comparaison aurait pu faire naître des discussions, et puis du respect qu'on avait certainement dans les églises pour la forme même des écrits apostoliques (rveuuarixbs, Clem.), nous nous demandons pourquoi la fusion n'aurait pas alors été plus complète, et pour quelle raison, par exemple, il n’ÿ aurait pas eu de mixture plus forte des éléments de If Cor. avec ceux de I Cor. comme s'y sont essayés Hagge et Clemen dans sa première manière (v. supra) ; plusieurs d'entre eux, en effet, s’y seraient prêtés tout aussi bien. Aurait-on fait

(1) La confusion et le mélange auraient été plus faciles sans doute si la lettre avait été écrite sur des tablettes ou sur un cahier de feuilles de papyrus. Mais de tableltes il n'est pas question. Quant aux « cahiers », la découverte des papyrus Chester Beatty nous a bien appris que l'usage on remontait chez les chrétiens déja au 11° siècle de notre ère. Mais, d'abord, c'est du 1° siècle qu'il s'agit ici, et puis, ces cahiers étaient préparés en vue d'être réunis en un codex volurnineux. Lorsque Paul envoyait son épitre, il ne songeail pas, je peuse, à lui donner une forme qui rendit plus aisé de la relier sans retard avec ses autres lettres, — écrites pour Thessalonique, ou pas écrites encore, — afin de faire un « corpus paulinien » à garder dans les archives de Gorinthe!

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