‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 8 sur 192 · CHAPITRE II. XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. XIII

en partie du moins, par ce qu'il avait sous les yeux en ce moment; il semble que certains d’entre les fils d'Israël faisaient tous les métiers lucratifs, et n'hésitaient pas à vivre de la superstition païenne (feposuheïe, v. 22), comme les « fils du grand-prêtre Scéva », à Éphèse (Act. x1x), qui vivaient probablement d'occultisme et de thaumaturgie, ou le mage Élymas (Act. xui) à la cour du proconsul de Chypre.

Paul, à Corinthe, entendit cependant le Seigneur lui dire, dans une vision : « Sois sans crainte, et parle; car j'ai un peuple nombreux dans cette ville » {Act. xvur, 9).

IT. Comment saint Paul évangélisa Corinthe.

Quand l'Apôtre arriva dans la capitale de l’Achaïe, seul, inquiet, souffrant peut- -être en son corps comme dans son âme, il devait tout d'abord penser à vivre. Les Actes (ch. xvur) nous apprennent qu'il trouva dans la communauté juive le couple généreux d’Aquilas et de Priscilla, que le récent édit de Claude avait obligé de quitter Rome avec beaucoup de leurs coreligionnaires. (C’étaient des artisans aisés et instruits, ou plutôt des fabricants de tissus qui faisaient travailler avec eux ou sous leurs ordres un certain nombre d'ouvriers; car l'élévation relative de leur condition sociale est assurée par le fait qu'ils eurent des « maisons » à Éphèse et à Rome, comme ils en avaient une à Corinthe, I Cor. xvi, 19). Qu'ils fussent déjà baptisés, ou ne soient devenus chrétiens (1) que grâce à Paul, ils fournirent à celui-ci du travail, et l'Apôtre, comme à Thessalonique, recommença à tisser des « tentes » ou de grosses couvertures de Cilicie; avec son salaire, il put suffire à ses besoins. Chaque jour de sabbat, il saisissait l’occasion de discuter à la synagogue, et de parler du Messie Jésus, répétant des instructions pareilles à celle d'Antioche de Pisidie, que nous a retracée le chap. xxx des Actes. Il persuada quelques Juifs et quelques Grecs « craignant Dieu », et c’est alors sans doute qu'il baptisa des notables comme Stéphanas et Caïus (T Cor. 1). Mais la rupture ordinaire et forcée avec les Juifs (en tant que communauté) se produisit au bout de peu de temps, probablement un petit nombre de semaines. Fort heureusement, Silas et Timothée étaient déjà arrivés de Macédoine, apportant à Paul, avec leur aide dans l’apostolat, quelques subsides pécuniaires dus à la générosité des fidèles macédoniens, des excellents Philippiens notamment (II Cor. x1, 9, et PAil. 1v, 15-16) ; cela permit à Paul de se relâcher un peu. de son labeur manuel — qu'il ne cessa pourtant point, voir I Cor. 1x -= et de se donner plus entièrement à la parole (Act. xvirr, 5, ouvelyero T& Adyw), laissant à ses collaborateurs la charge de baptiser, et d'administrer la communauté naissante. Quand il se fut installé tout près de la synagogue qu'il ne fréquentait plus, dans la maison d’un certain Titius Justus — prosélyte que son nom paraît désigner comme un descendant des colons latins — et qu'il eut converti, ce qui était certes un grand triomphe, le propre chef de la synagogue, Crispus, l'Évangile s'étendit avec rapidité à travers la ville

(1) Il est probable qu'ils l'étaient déjà, puisque Paul ne dit pas (I Cor. 1) qu'il les ait

baplisés, ct qu'il appelle Sléphanas et sa « maison » les « prémices de l’Âchaïe » (bid. xvr, 15).

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