CHAPITRE VII. LXXXVII
à Corinthe, au plus iôt à la fin de l'an 50 (date de l'expulsion des Juifs de Rome, cfr. Act. xvin, 2 sur Aquilas et Priscilla), et plus vraisemblablement dans le courant de 51. Ce qui nous mène, comme nous le disions, à la fin de 52, ou mieux à 53, pour son départ de Corinthe (v. supra, ch. 111, p. xix-s.);, le « troisième voyage missionnaire », en effet, n'a pas dû être entrepris en plein hiver, quand il devait conduire l'Apôtre à iravers des montagnes et le rude plateau anatolien (1). À
Paul s'était donc installé à Ephèse vers la fin de 53 ou mieux, pensons-nous, la première moitié de 54. Il y demeura trois ans, ou en tout cas plus de deux ans (Act. xx, 31, cfr. xrx, 10). Cette mission fut d'abord, on le sait, extrêmement agitée, pendant le temps où, après les trois mois de prédication à la synagogue, les aboyeurs juifs attaquèrent l'Apôtre, diffamant lui et sa doctrine devant la multitude païenne (Acé. x1x, 9, xaxohoyoüvrec tv 660v évomiov 705 mkdbouc), et tâchant de lâcher contre lui des émeutes. Ce fut-le temps de la « lutte contre les bêtes » (I Cor. xv, 32), qui comprit peut-être une brève incarcération de Paul, mais certainement pas cette captivité légale et prolongée que croient avoir découvert des auteurs modernes. Quoi qu'il en soit, lorsque Paul écrivit sa première épître canonique à Corinthe, ces jours très sombres étaient passés ; il restait dans l'air bien des grondements d'orage, mais l'Apôtre était tout à l'espoir; il voyait une « large porte » ouverte à son activité {I Cor. xvr, 9), et de fait les Actes nous apprennent {xix, 10-20) que, jusqu'à l'émeute des orfèvres, Paul trouva à Éphèse des succès incomparables, encore plus marqués qu’à Corinthe. |
Ces faits sont assez clairs pour nous permettre de dater notre Épitre.
Il est d’abord très vraisemblable, — et la plupart le reconnaissent — qu'elle fut envoyée aux environs de la Pâque juive, c'est-à-dire entre l'hiver et le printemps ([ Cor. v, 7-s., v. comm. ad loc.). Mais en quelle année?
La majorité des critiques estime que ce fut dans la dernière année du séjour d’Ephèse; car ils croient que Paul accomplit effectivement le dessein annoncé par lui (I Cor. xvr, 8) de quitter Éphèse à la Pentecôte, et que l'émeute de Démétrius l'obligea même peut-être à le faire plus tôt. Ainsi notre lettre daterait de 56, quelques-uns disent même de 57.
Nous verrons plus tard qu’il n'y aurait alors qu'un trop bref intervalle entre la composition de I Cor. et celle de II Cor. Mais, sans recourir encore à cet argument, que nous ne saurions développer suffisamment ici, nous croyons que le seul rapprochement de I Cor. avec les Actes impose la nécessité de reculer cette date. Contre la dernière année d'Éphèse militent en effet bien des considérations qui ont été excellemment exposées par le commentateur Bachmann, en dernicr lieu; et nous croyons ne pouvoir mieux faire que de nous ranger à son opinion.
La Première Épiître aux Corinthiens a dû ètre écrite, selon B. (après Jülicher, Krenkel, Schaefer, Kennedy, A. Barth, et peut-être AHo/ffatt), non pas à la fin du séjour éphésien. mais quelques mois après l'arrivée de saint Paul dans la capitale de l'Asie. Il existe pour le croire beaucoup de raisons, dont voici l'aperçu, tel que nous le concevons en nous aidant de Bachmann.
0 Nous tenons en elfet pour la thèse de la Galatio du Nord; or Paul, d'après I Cor. xvi, 1 (efr. Ac. xIx, 1) venait de passor par la « Galatie » il n'y avait pas très longtemps.