CHAPITRE VII. LXXXIX
Unc seule considération pourrait empêcher d'admettre cette date antérieure à celle qui plaît communément. C’est que Paul aurait dû, d'après ses propres dires, quitter Ephèse à la Pentecôte de la même année où il écrivit 1 Cor. Mais nous croyons qu'effectivement il n’en fut pas ainsi. Paul, ayant passé la « porte », vit tant de travail à exécuter dans cette ville qu'il y prolongea son séjour beaucoup plus qu'il ne l’envisageait quand il écrivait notre épitre; seule l’émeute rapportée par Luc (Act. xix, 23-40) l'obligea à la quitter plus tôt encore
qu'il ne l'aurait voulu (ibid. xx, 1). C'aurait été, comme Bachmann le note
encore avec justesse, un temps bien court que les trois mois au plus qui séparent la réception de la lettre et la Pentecôte, pour profiter de cette « ouverture de la porte large » aussi magnifiquement que Paul sut le faire, d’après les Actes des Apôtres.
Enfin, si nous remontons notre Épître au printemps de 55, l'intelligence nous est grandement facilitée des événements multiples qui ‘intervinrent entre la composition des. deux lettres canoniques. Mais c'est une argumentation que nous devons remettre à un autre commentaire. Celle qui précède peut bien, à notre avis du moins, suffire.
Deux années environ s'étant écoulées depuis que Paul avait quitté Corinthe, c'était certainement assez, dans une ville aussi remuante, pour que s'y fût produit tout ce dont s’occupe la Première aux Corinthiens.