‹ Saint Paul Première épître aux CorinthiensChapitre 89 sur 192 · XCIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCIV INTRODUCTION

conformé à la bible arménienne, comme il l'a été à la Vulgate latine dans la traduction latine des Mékhitaristes, de sorte que les leçons n'en sont guère utilisables).

La version éthiopienne, (œth.) faite sur le grec, présente des concordances remarquables avec B; les épîtres de saint Paul sont en codex séparés, ordinairement incomplets. — La version arabe, peu utile, a des épîtres de saint Paul traduites du grec (type antiochien prédominant) dans Arabus 13 du Vatican, et le ms. du 1x° siècle publié par Mrs. Gibson en 1894, ou du syriaque (cod. 134, à Pétrograd, 1x° siècle). — Enfin la 1'° aux Corinthiens est représentée par quelques fragments dans la version gothique d'Ulfilas (gor.).

IT. Quelques lecons discutées.

On ne soupçonne guère parmi les plus récents critiques (excepté J. Weiss par ci par là) qu'il se trouve dans I Cor. de passages altérés avant la composition de nos manuscrits, et qui ne puissent se rétablir avec leur aide. Robertson-Plummer admettraient tout au plus comme « primitive corruption » le êre être de xx, 2, auquel ils substitueraient volontiers &1t dre, proposé par Westcott-Hort. Pour nous, à cause de l'autorité prépondérante des manuscrits, nous n'avons pas osé y toucher, quoique Souter (The Expositor, n° 59), reproche à Von Soden de n'avoir pas biffé &r dans son édition.

Un fort beau texte où l’anacoluthe révèle l'émotion de l'âme de Paul, c’est 1x, 15: « [vaudrait mieux pour moi mourir que de... Ce sujet de gloire que j'ai, personne ne l'anéantira änobaveiv 4... vo xabynu& pou xvÀ.); nous verrons dans le commentaire comment des secribes mal inspirés ont cherché à en faire une phrase correcte. ;

Mais nous voulons nous attacher seulement aux quelques variantes qui pourraient influer sur l’exégèse. De ce nombre sont:

IT, 4. puoréprov au lieu de aæprüpuov; le deuxième s'accorde d'une manière plus expressive avec le contexte.

Ii, 1-8. Les témoins qui lisent deux fois oxpxixot et deux fois oéoxvor ont procédé par assimilation, et négligé une nuance très fine de la pensée.

VII, 34. Nous lisons : xx peuépiotar. ‘A yuvh dyauos xal À mapüévos… Ici il y a grand désordre dans les témoins, et grande divergence entre les critiques. Ce sont des considérations de jugement qui doivent l'emporter.

VIII, 7. cuvnteia est préférable certainement à cuvadisa, pour la psychologie ; le second substantif paraît être une assimilation.

VIII, 8. Divergence de sens, intéressant l'histoire des idées, suivant que l'or place en premier lieu reptocebouev ou üorepoiueôe, et la présence ou l'absence de ui,

XI, 2. Si l’on lisait mou après mapaôdoets, le sens certain de « traditions » générales, et doctrinales comme disciplinaires, deviendrait moins clair.

XI, 24. Les participes xhGytevoy ou autres ajoutés à vo brèp üpüwv dans les paroles de la consécration du pain sont des gloses justes, mais non nécessaires pour la clarté.

XIV, 38. Suivant qu'on lit éyvosiro ou éyvosirar (celui-ci préférable), on n'a que l'expression d'une sorte d'impatience, ou au contraire un avertissement grave et doctrinal.

Le per Er mes un

«.GHAPITRE VIII. XCV

xv, 14. éuüv, après mien, est bien plus énergiquement oratoire, et mieux en

situation que fuév.

xv, 49. gopécwuev où popécoev ? La doctrine de la conformation au Christ dès

cette vie y est intéressée.

De nombreuses autres variantes seront à discuter dans le commentaire; mais elles n’intéressent que le style et la langue, ou des nuances assez indifférentes du sens. Ainsi reu#ôot, ou metÜot à 11, 4, xnptboeic OU quuwoets à 1x, 9, etc.

Il faut noter que les variantes fausses ou suspectes ne sont pas toujours restreintes aux textes « occidentaux » et aux textes « antiochiens », mais qu'on en rencontre jusque dans B et N. A tout prendre elles sont assez rares, et

presque toujours sans grande importance.

Dans notre texte grec et notre version, nous n’exclurons «a priori ni les « leçons occidentales » ni les autres; ce sera chaque fois un cas d'espèce à résoudre par le jeu combiné, et quelquefois délicat, de la critique textuelle et de la critique interne. Maïs pour base, nous n'avions pas besoin de chercher autre chose que le texte commode et communément accepté, basé sur N B À, dont on use depuis Westcott-Hort, et qui sert aussi aux éditions manuelles de Nestle et de Vogels; cela, bien entendu, sans en être esclave, mais en ne nous en écartant que pour des raisons que nous chercherons chaque fois à justifier.

Comme dans notre traduction de l'Apocalypse, nous avons visé, non à l’élégance littéraire, mais à une transposition aussi exacte que possible dans notre langue de toutes les nuances de la pensée de Paul, et de tous ses mouvements. Il n’est pas toujours facile de rendre un style si vivant et si personnel, où, suivant sa place dans la phrase et le rapport au contexte, un seul et même mot grec peut prendre maintes significations. Aussi n'avons-nous pas visé non plus à un littéralisme absolu, qui souvent n'aurait fait que trahir l'énergie ou la finesse des termes de l'Apôtre. D'ailleurs, nous le reconnaissons en toute humilité, il est impossible de rendre en français les qualités du grec de Paul, car le son des mots et les proportions de longueur entre les membres de phrase y ont une part considérable. Or, pour serrer de près ses pensées et leur ordre, il faut parfois recourir à des tournures françaises qui ont beaucoup moins de brièveté que celles de l'original auxquelles elles cherchent à correspondre, et peuvent paraitre lourdes on rocailleuses. Ainsi, entre plusieurs remords, nous ne nous consolons guère de n'avoir su rendre la force de oùyt que par « n'est-il pas vrai que », pour le distinguer du simple o?. Il fallait bien pourtant choisir entre l'exactitude de fond et une correction limpide, mais traitresse à l’occasion, de la forme.

Nous n'avons pas cherché, sauf en de rares passages, à disposer le texte en lignes. On pourrait le faire, sans doute, avec quelque droit, beaucoup plus souvent que nous ne l'avons fait. Mais il est trop facile d’abuser de ce procédé pour se donner à bon marché une apparence de nouveauté littéraire et scientifique; et une version prétendue rythmique comme celle de Loisy, qui ne représente que de très loin le style de Paul dans sa vive couleur, et n'est en

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