‹ Saint Pierre Claver, ap^otre des n`egresChapitre 13 sur 108 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

par le zèle et par la ferveur. Le supérieur lui répondit qu'il examinerait attentivement cette vocation, à la visite qu'il devait faire à Barcelone, où Claver eut en même temps ordre de se rendre pour y commencer ses études de théologie.

Il part de Majorque pour aller à Barcelone.

LE départ devait être douloureux pour les deux grandes j âmes que la charité avait si tendrement unies, mais leur douleur ne s'exprima que par des sentiments de piété et par de vives actions de grâces au Seigneur, pour toutes les faveurs dont il luiavait.plu de les combler. Rodriguez promit à Claver de ne le jamais oublier dans ses prières, et lui fit présent de quelques livres spirituels qu'il avait composés. Ce présent et cette promesse adoucirent beaucoup le chagrin qu'avait Pierre de perdre son guide; mais comme les supérieurs, pour délivrer le saint vieillard de l'importunité de ceux qui venaient sans cesse lui demander ses écrits, avaient défendu d'en laisser transporter aucun hors du collège, un frère qui se trouvait pour lors à la porte en avertit Claver, qui était déjà prêt à sortir, et se mit en devoir de saisir ses papiers. Celui-ci, instruit d'un ordre qu'il avait ignoré jusquelà, en avertit à son tour Alphonse, qui alla sur-le-champ demander au supérieur la permission de donner ses écrits à son disciple; et après lui avoir représenté que ce jeune jésuite irait bientôt aux Indes, où ces sortes de livres sont rares, il obtint sans peine ce qu'il désirait. Claver, charmé de posséder ce trésor, ne songea plus qu'à s'embarquer pour Barcelone.

Dieu voulut donner en cette occasion une marque bien sensible de l'attention paternelle de sa providence à l'égard de son serviteur. Il n'y avait alors dans le port de Majorque qu'un léger bâtiment assez mal équipé et en très mauvais état. Le maître et les compagnons d'étude de Claver, qui devaient faire le même trajet, ne se croyant pas en sûreté sur un vaisseau si mal en ordre, prirent le parti d'en attendre un autre qui fût mieux armé et plus en état de tenir la mer. Claver, plein de« confiance en Dieu, saisit l'occasion qui se présentait; il monta sur le premier navire, et en peu de temps il arriva heureusement à Barcelone; tandis que les autres,

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