‹ Saint Pierre Claver, ap^otre des n`egresChapitre 2 sur 108 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

:M<*mxffifoj AN PI S que la foi établie par saint l^à^U^i^- François-Xavier dans les Indes orien- [gF taies y faisait des progrès rapides par S le ministère de ses successeurs dans s l'apostolat, la divine Providence, qui a E ses temps marqués pour la distribution g de ses grâces, préparait en Europe un f£ nouvel apôtre destiné à sanctifier les

l&^PÎyiwfy. ^ppp'^Mp^i Indes occidentales, et à y renouveler une partie des prodiges opérés par le Thaumaturge des derniers siècles. Il semble qu'en envoyant dans le Nouveau- Monde un autre Xavier, un homme animé de son esprit, embrasé de son zèle, orné de ses vertus, armé de la même puissance et favorisé des mêmes dons, Dieu ait voulu qu'à cet égard l'Amérique n'eût rien à envier à l'Asie. Or, cet homme apostolique est le l'ère Pierre Gaver, dont j'entreprends d'écrire l'histoire.

Sa naissance, ses parents, sa première éducation.

IL naquit à Verdu, bourg du comté d'Urgel et du diocèse de Solfona, dans la principauté de Catalogne, vers l'an de J.-C. 1 58 1 (ou, selon d'autres, 1585)., sous le règne de Philippe II et le pontificat de Sixte V. Quoique la noblesse du sang n'ait rien de commun avec la sainteté, elle sert pourtant à lui donner du lustre et à lui attirer l'amour et le respect. Cet avantage ne manqua pas au serviteur de Dieu. Son père, Pierre Claver, était d'une maison des plus distinguées de la Catalogne, alliée à celle des Requesens, et qui a

mêlé son sang avec celui des comtes de Bénévent. Sa mère, Anne Sabocano, n'avait pas une origine moins illustre, la noblesse catalane s'étant fait une espèce de loi de ne s'allier jamais qu'avec des personnes d'une condition à peu près égale. Dans cette famille les richesses ne répondaient pas à la noblesse, quoique d'ailleurs elles fussent assez considérables pour lui faire soutenir son rang avec honneur: mais ce qui lui manqua du côté de la fortune fut abondamment compensé du côté de la vertu ; avantage d'autant plus précieux que la noblesse est attachée à la naissance, et que les vertus sont le fruit des actions et du mérite.

Ses parents, qui faisaient une profession ouverte de piété, ne songèrent qu'à lui inspirer de bonne heure les sentiments dont ils étaient eux-mêmes pénétrés, en l'élevant dans la crainte et dans l'amour du Seigneur. Ils le destinèrent même dès son enfance à l'état ecclésiastique; le motif qui les y engagea fut moins le désir de le faire marcher sur les traces d'un de ses oncles, frère de son père, qui possédait un riche canonicat de la cathédrale de Solfona, qu'une secrète inspiration de Dieu qui voulait se réserver cet enfant pour en faire un vase d'élection. On a su que l'unique vue qui détermina sa vertueuse mère à prendre ce parti, fut la généreuse et sainte émulation d'imiter dans son sacrifice les deux heureuses femmes dont elle portait le nom, Anne mère de Samuel, et Anne mère de Marie.

Si des parents aussi chrétiens n'épargnèrent rien pour son éducation, son beau naturel et sa docilité répondirent à leurs soins au delà même de leurs désirs : on peut dire qu'il se sentit de l'amour pour la vertu avant même que de la bien connaître; amour qui augmentait en son cœur à mesure que sa raison se développait. Dès ses plus tendres années, on aperçut en lui une douceur de mœurs, relevée par une certaine vivacité modeste, qui le rendait aimable et qui lui gagnait tous les cœurs; mais surtout une inclination marquée pour le service des autels, soutenue par une affection tendre pour toutes les choses de piété, qui rendait sa vie déjà précieuse aux yeux de Dieu. Ses manières étaient simples, son extérieur contenu, son air affable, de sorte qu'il était aisé de juger des progrès étonnants qu'il devait faire un jour dans la voie de la sainteté. Dès lors il avait coutume de dire, dans ses entretiens familiers avec ceux de son âge, que ce qu'on apprend de bonne heure ne s'oublie jamais, et qu'on retrouve

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