‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 10 sur 106 · I.A HASIMOLK VA T ICA NE · texte numérisé non relu

I.A HASIMOLK VA T ICA NE

qu'il gardait dans les tourments la vertu d'une liumilité admirable et la science du mystère nouveau révélé à l'humanité '. »

Le cirque du Vatican, témoin des premiers supplices infligés à Rome aux lidèles du <'.lirist. devenait ainsi le témoin ofliciel, authentique, de la fondation du centre de l'unité catholique. Pierre, évoque de Rome et pasteur universel, y meurt suspendu à une croix; près de sa croix, ses

Dt'ciipiliili.in (le siiiiil l'iiul , |i:ir A. Kilarùlo (portes de bnmze de lit bu^iliqu^). — l'holo^. Altitori.

successeurs ln'iiliiil de -mi .iiigusU' supriMiiatir. et cdutinuent à travers les siècles le iiiiiii>lère de |i,iili-e les hreliis el les aglie;iii\ du Christ, Seul, nous r.ivnjis (l(''j,"i (lil. eiilic t ni is ses frères, roiiélisque du Vatican, épargm' |i;ir le leni|is el l;i li.irlie des li.iili.ires, est resté- deliout coumic une lidiiie ('leiiielli' |iniii iii;ii i (lier ;iii\ ^('■Méralinus chrétiennes rendrnil où UKiiiriil le |ireiiiii'i |'i|'i' Il se dresse aujdUi'd'Iiiii au centre de la place Sainl-l'ierre. eu liice de riiicuiiip.ii'ahle hasiliipie ijui recouvi-i» le lomlieau de <-eliii ilniit il ;i \ii rij^iiniiiinieiix supplice: l(''moin de riiuiniliatinu de

' Ser»to I. I» Xdldl. Aj>osl.

l'apôtre, il était juste qu'il fût témoin de sa gloire. Et répondant aux anciennes acclamations qui saluaient les triomphes dérisoires et les orgies de Néron, il chante l'éternel cantique de la victoire du Christ : Christus vincit, Chrlstus régnât, Christus imper at!

En faisant mourir saint Pierre dans le cirque du Vatican, nous savons que nous sommes à l'encontre d'une opinion qui a eu ses jours de faveur, même une consécration presque officielle, mais dont cependant, malgré les rares partisans qu'elle recrute encore, il ne peut plus être question, au dire des archéologues les plus éminents. Armellini, un des disciples les plus distingués de M. de Rossi, ne la juge plus digne de discussion'. Pour lui, comme pour la plupart des historiens actuels, le crucifiement de saint Pierre sur le Janicule, à l'endroit où les Pères capucins montrent, dans le temple de Bramante, le trou où la croix fut plantée, est une erreur dont la date ne remonte qu'au xve siècle.

Les auteurs les plus anciens se taisent sur le Janicule, et placent nettement le martyre de saint Pierre au Vatican. Le poète chrétien Prudence chante le premier, au ive siècle, le lieu du supplice de saint Pierre :

Soit Tiberina palus, quœ flumine lambitur propinquo Binis dicatum cespitem tropœis et crucis et gladii testis -.

Cette plaine marécageuse, dont les bords sont léchés par le Tibre, désigne avec évidence la plaine vaticane. Jamais Prudence, malgré la licence permise aux muses, n'aurait employé de semblables expressions pour décrire le sommet du Janicule, (pii n'est rien moins qu'une plaine et rien moins qu'un marais. Cent ans après, un autre pèlerin. Ennodius de Ticinum, appelle la plaine vaticane le sol natal ' de saint Pierre. Dans le langage ecclésiastique, le jour natal, le sol natal, ont un sens exclusif et désignent avec certitude, soit la date, soit le lieu du martyre.

Un témoignage précieux nous est donné par le Liber pontificalis, œuvre attribuée par quelques-uns au bibliothécaire Anastase. qui vivait au ixe siècle, mais dont une grande partie n'est qu'une compilation extraite de documents antérieurs *. Nous sommes certains de retrouver dans le Liber pontificalis la pensée des premiers historiens sur la ques-

* Cette discussion vient d'être rouverte par Mv Lugari. Malgré la grande érudition que déploie, selon son habitude, le savant Promoteur de la foi, en faveur du crucifiement au Janicule, nous gardons notre conviction première. Lugari, Le lieu du crucifiement de saint Pierre; in-S", Tours, Mame, 1898.

^ Lib. de Coron., hymn. II. ^ Borgia, Vaticana confessio.

* Lib. jiontif.. T. !'• 52. Édit. Duchesne et Bollandist. Jun. v.

tion qui nous occupe. A deux reprises différentes, il revient sur le lieu (In martyre de saint Pierre. Dans la vie de l'apôtre, il dit : Sepultus via Aurélia in teniplo Apollinis, juxta locum ubi crucifixus est,juxta Palatium Neronianum in Vaticano, juxta terrilorium iriumphale.

Dans la Vie du pape saint Corneille : « Le bienheureux évèque Corneille prit le corps de saint Pierre et le plaça près le lieu où il fut crucifié, au milieu des restes des saints pontifes, au temple d'Apollon, .sur le mont Aurélien, dans la partie du Vatican prociie le palais de Néron. Juxta locum ubi crucifixus est,... in tcmplo Apollinis, in monte Aurelio, in Vaticano Palatii Neroniani '. »

D'après le Liber pontificalis , Pierre a été enseveli près le lieu de son crucifiement, c'est-à-dire au Vatican, sur la voie Aurélienne, qui le lit appeler quelquefois mont Aurélien, près le palais de Néron. Il s'agit ici, non de la maison de Néron, mais \nen du cirque de Néron. Au moyen âge, comme aujourd'hui à Rome, on donnait le nom de palais à tout édifice important. Itii .lanicule il n'est fait aucune mention, pas plus que dans les Actes attribués à saint Lin. Quoiqu'ils soient d'époque relativement moderne, on y trouve de précieuses indications tirées de documents plus anciens. 11 y est dit que « Pierre, entouré d'un nombreux cortège, arriva au lieu appelé la Naumachie. près l'obélistiue de Néron, sur la montagne ».

Le Liber de Passione Pétri, manuscrit grec conservé dans la bibliothèque vaticane, s'exprime de môme : « Pierre est conduit vers cette partie de la nxnitagne qui a au-dessus un tt'iébinlhe. et au-dessous, dans la plaine, une naumachie'. »

Grande dispute au sujet de cette naumachie. Les uns la placent au pied du Janicule, les autres près le mausolée d'Adrien, (|uel([ues-uns dan.s le cirque même de Néron, transformé en lac à certains jours poui' les courses nautiques '. En tout cas, la naumachie dont il est parlé ici était celle (|m se trouvait « près de robélisf|ue de Néron ». Il tant une grande bonne volonté pour y voir la nanmailiie du Janicule. — si elle a existé. — située à plus de deux kilomètres de distamc

' Lib. pont., I, |i. 52. Kiiit. Ducliesne.

' Cité par Mk'' (icrbet, lisquissc île liowe chrèlietiiic, 111, :i|i|)cn(l. v.

■' Cf. Pacifici, Marlyrio di S. Pietro. — liorgia, Valiiatui coiife.ssio. — C«iiicrllifri, rfc Secntariis J. de Teniplo Apollinis. — Arinjrhi, Uoma soltcrranea. — Scvcraiius, Mrmorie .lat/re ilftlr nette Chiese di Uoma. — Andréas Fulvius, de Urbh Romx auliq. I. 1!I, c. XXIX. — Marlianiiit. Topoçi raphia ant. liomœ, VII, x. — Faiiniis, Moniiwcnta aniiqiia, V, ix. — .\ p.trl Ihicilici , ces auteurs |ilaci'nl le lieu du martyre de saint Pierre au Vatican. I, "hospice de Saint -Péréprin au Vatican est dit, par le pape Pascal, .< dans la naumachie. n (Lih. ponlif. in l'nsrhal.) — Quand Zoé est prise par les païens, priant sur le lumheau de saint Pierre, elle est conduite au • préfet île la région de la naumachie ». (Boll. Januar., .-ict. .'>. ,Sehastinni.)

Aussi, s'appuyant sur ces documents et la tradition universelle, les historiens du xiie siècle indiquent le Vatican comme lieu du martyre de saint Pierre. Pierre Comestor, dans VHistoire des Actes des Apôtres, dit catégoriquement : « Pierre a été crucifié au Vatican, en dehors de la ville*. » Marucchi, qui partage entièrement cette opinion, fait remarquer dans ses Memorie dei SS. Apostoli, récemment publiés ^ que les Romains n'exécutaient pas publiquement les condamnés dans l'enceinte des murs. L'expression de Comestor a donc une valeur du premier ordre, car le Janicule, possédant une forteresse, était mtdiuv de murailles le reliant à l'enceinte de Servius. Le Vatican, au contraire, était liitre.

Dans le même siècle, sous Alexandre III. Pierre Mallins. prêtre et historien de la basilique vaticane, énuniéraut les monuments situés près d'elle, le long du Tibre, y place une naumaehie entre l'église actuelle de Sainte-Marie-Transpontine, le sépulcre de Romnlus. le térébinthe et le castelliiiii d'Adrien. « près duquel édifice fut crucilii' le bifuht'uifux apôtre Pierre ". »

Ce témoignage a une grande valeur, étant donné le caractère de l'auteur. Il écrit l'histoire de la basilique, et .-^'il affirme, sans Tombre d'une hésitation, que Pierre a été crucifié au Vatican, ("est (|ue, à cette époijue, tradition et documents s'accordaient sur ce sujet. 11 n'y avait [tas d'opinion, mais une certitude.

A l'aurore du xive siècle, Boniface VIII appela à Rome le célèbre Giotto, l't le cliargea de décorer de peintures le cilutriuui de l'autel papal, au-dessus du tduibeau de saint Pierre. En ce temps-là courait, parnn les savants et le peuple, la tradition que saint Pierre avait été crucifié entre les deux meta. Cette tradition, très juste et parfaitement concordante avec la thèse que nous soutenons, reposait sur un texte du prêtre Caius, auteur du n«' siècle, sous le pontificat de Zéphyrin. Tout le monde cite cette traditiiiii; luais il ikius a t'té iuqtossible de retrouver le texte dans Eusèbe de Gé.sarée, seul historien ayant conservé quelques fragments des écrits de Caius. Les deux meta au Vaticau smit. saus nul doute, celles qui terminaieut la sjiina du cirque de Néron; ce i|ui place le crucifiement de saint Pierre, connue le disent les Actes de saint Lin, « près l'obélisque. » en plein cirque.

Telle n'a pas été l'interprélatidu de (iiutto. Le cir(pie n'existait plus, ses meta avaient disparu; savait-ou nn'ine ce que ce mot signifiait dans la langue des courses? Giotto, qui n'était pas grand cleic. (pidiipril fût

' Act. Apost. c;\\>. ult.

' Page 78.

^ Uist. rtasil. Vatic. c. vu.

'■iniM ni ilr Miiiil l'icTiT, (jin- Guldi» llciii

ïiil.kuu ^,u .nusL'.' .In Vati.i.ii et in.isuiquu claiH In bu8lll(|ui. à IVmIroil du inarlyiw ( iiutfl auinU Simon vi Jud.- 1.

Photog. Alinnri.

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