‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 14 sur 106 · I.A BASII.lMlE VATir.ANE 9o · texte numérisé non relu

I.A BASII.lMlE VATir.ANE 9o

M. Allard. Alexandre Si'ivt'Te dut .jn;ici' un litige eiitir deux corporations qui se disputaiont la propriété d'un terrain ayant fait autrefois partie du domaine public. Ces deux corporations étaient celle des cabaretiers et celle des chrétiens. Alexandre admit la réclamation de ces derniers, ce qui était leur reconnaître deux droits essentiels à toute corporation, celui de posséder et celui d'ester en Justice. Lampride rapporte le rescrit qu'il

Ditick-tiull (sculjiUilc ;iiiti(liu-, limsi-c du (.^ipitulf i. — I*huU)g. .Mliiaii.

rendit à cette occasion : ■ Mieux vaut que Dieu soit adoré eu ee lieu. « ifimpiiile de i|iie||e l'jciiii. (pic d'eu luire dou aux (■abaretiers '. «

Le resci il d'.Mexandre prouve ipie les chrétiens ri'ej.imaient ce domaine pour y liàlir une église. Elle lui d('(liée ]iar C.allixle, en 22'«-, à la Mèie de Dieu. C'est la spleiididc |j,isili(|ue île Sainte-Marie-au-Translévère, chère aux premiers cluélieus à eau.se de l:i lunlaine d'huile, qui, d'après la tradition, jaillit à cet endioit l'anui'c» de la uai.ssauee de .l(''sus-Clu'isl.

I,e nombre de ces églises ou titres. d;uis rinti'iiour même do la ville. (levai! ('•Ire considc'rable. et révé'Ier la rapide cl incessante propagation du eluislianisiiic puisipio Valérieu. voidaiil lui donner le coup de grAre.

' .Vll;(i(l, //i.s/. tirs pcrsûcul., H. Alvjr. Sévère.

96 SAINTM'IEKUE DE UOME

ordonne la mort des évêques, prêtres, diacres et autres clercs, et la coniiscation de leurs églises et de leurs biens. Les cimetières mêmes ne sont pas respectés, toute réunion y est interdite '. Plus tard, Dioclétien renouvelle cette violence et l'aggrave en exigeant la démolition de toutes les églises dans l'empire. L'empereur habitait alors Nicomédie. où les chrétiens étaient nombreux. Une troupe de soldats, commandée par le chef du prétoire, se précipite sur la cathédrale. Les portes sont abattues, les vases sacrés pillés, les livres saints brûlés; puis les murailles tombent sous la pioche des démolisseurs, à la grande joie de Dioclétien et de son collègue Galère, qui contemplaient le spectacle d'une fenêtre de leur palais ^ Cette scène de destruction se renouvela dans tout l'empire. A Rome, les archives pontificales furent In'ùlées, et les oratoires des cimetières violés et saccagés '.

Ces édits barbares sont le commentaire le plus authentique des al'lirmations du Liber pontificalis sur la construction et la répartition entre les prêtres des églises élevées par les papes, tant sur les catacombes ([ue dans l'intérieur de la ville, avant lepoque constantinienne. Parmi elles cependant, les plus vénérées et les plus fréquentées étaient celles où reposaient les martyrs. Les lidèles aimaient à s'agenouiller près de ces restes sanglants (pii leur apprenaient la science de mourir. Plus iriin se releva, fortifié dans sa foi, et sut à son tour souffrir et donner sa vie sans défaillance. A cette époque, tout chrétien devait être un héros. Aussi les papes ramènent souvent leurs enfants aux oratoires des cimetières. Ils y célèbrent le sacrilice du Christ, y administrent les sacrements, y annoncent la parole de Dieu. Saint Félix, en 270, y établit le service régulier de la liturgie, et la coutume de célébrer la messe sur la tombe des martyrs est tellement générale et presque exclusive, qu'elle devient une loi. A défaut d'un corps saint, l'Église exige sous l'autel du sacrihce une parcelle d'ossement, un linge imbibé de sang'.

« Le peuple chrétien, dit saint Augustin, célèbre par des cérémonies religieuses les mémorise des martyrs pour être secouru par leurs mérites et leurs prières. Ce n'est pas toutefois aux inartyi's que nous offrons des

* Sous le pontificat de saint Marcel , il est dit au Liber pouli/iinlis : .. 25 titulos in urbe Ronia constituit quasi diœceses proptcr baptismuTii et pœnitenliam luultoiuin qui convertrbantur ex paganis et propter scpulturas luarlyruin. » Ces vingt-cinq titres correspondent aux viûgt-cinc[ prêtres ordonués par saint Clet d'après l'ordre de saint Pierre. {Lib. pont, in Clelo.) — Quinze cents ans plus tard, saint Pie V, fidèle à la tradition apostolique, maintenait encore le nombre des fonts baptismaux à vingt-cinq dans l'enceinte de Rome.

^ Lactance, de Morl. persecul.

^ Ue Uossi, De origine biblioth. Aposl.

'' Saint Ambroise écrit à sa sœur Marcelline : « Comme je désirais consacrer une basilique, tous d'une seule voix m'interpellèrent : Consacrez - nous une basilique, criaient- ils comme on fait à Home. Je répondis : Je veux bien si je trouve des reliques de martyrs. » {Ep. v ad Marcell.)

Page 1