I. A KAMI, lijLE V ATI CANE
sacrifices, mais au Dieu des martyrs, quoique nous élevions des autels dans les memoriae en l'honneur des martyrs '. «
De l'ensemble des faits que nous venons de rapporter : de la léj^alitides associations funéraires, de la sécurité et de l'inviolabilité ordinaire du diimaine sépulcral, de la multiplicité des oratoires élevés sur les catacombes, et des églises titulaires érigées dans l'intéricnr dr Rome, des réunions liturgiques régulières laites dans les oratoires des cimetières, nous tiniiis ceftr piiTnii'ic <■<lll(■|l|^ill|| (|ii(' roratuirr ('■Icv»'- par .\naclet
La voie Appictiiii- : ruines île toilllieaux.
sur le toiniicaii de saint Pirire Int. à tout le moins, un lieu habituel d'asseiiibh'c pour les cbiM'ticiis tout comme les autres oratoires.
\a\ loi idiiiaiiic iviidail le duinainc, OÙ il se trouvait, inviolable cl sacn'; iiiviulables également les édiliccs bâtis dessus; inviolables les as.>^emlilées régulières du collège fiinéi'aire des chrétiens à la tomlie de leur père, et ils iraiiraient pas piotiti'- de dispositions si favorables à leur piété ?
Anloiir (in toinlifaii de >ainl Pierre, les cinirtières se développent sur toutes les voies romaines; les cryptes sépulcrales .se transforment en basiliipies; au-dessus du sol les oialoircs sr iMnlli|ili('iil ; les lidèli-s v ariliKiiL lis |ia|i('s \ liriMiriil ^\^'t< assemblées, y ollifiil le saint saiTilicr:
Conir. Faiislioii , lili. .\X. i'. XM.
SAINT-IMEHHE DE Rd.ME
des fêtes anniversaires, des solennités, célèbrent la gloire des martyrs, et seul le tombeau de l'apôtre, du père, délaissé par ses enfants, serait demeuré désert, sans une main pour lorner de fleurs, sans une voix pour y chanter des hymnes, sans un prêtre pour y continuer le sacrifice du Calvaire ! Nous répondons hardiment : Non ! c'est contre nature. Pierre vivait trop dans le cœur des Romains pour leur faire l'injure d'un tel oubli. Ils aimaient et vénéraient les glorieux athlètes de la foi tombés au champ d'honneur; mais, au-dessus de tous, ils aimaient et vénéraient leur père, le premier vicaire de Jésus-Christ. Les papes, ses successeurs, l'oubliaient si peu, que tous avaient le suprême désir de reposer auprès de lui. Anaclet bâtit son oratoire dans des proportions assez vastes pour recevoir sa dépouille mortelle et celle de ses successeurs. Dix, lui compris, sont venus rejoindre leur père; Lin. Clet. Anaclet, Évariste, Sixte, Télesphore, Hygin, Pie, Éleuthère, 'Victor, martyrs connue lui. forment les rayons de sa couronne. D'eux-mêmes, les chrétiens allaient à ce tombeau comme des enfants puur y puiser la lumière et la force dont ils avaient besoin.
C'est ce (jue dit Baronius : « Bien avant que les basiliques des apôtres fussent élevées, écrit -il. à l'époque même où les bienheureux apôtres Pierre et Paul reçurent la glorieuse couronne du martyre, les lieux où étaient leurs sépultures furent entourés de la plus grande vénération \ »
C'est ce que dit le bréviaire romain, dont le témoignage a une haute valeur : « Parmi les lieux sacrés qui mit ('té autrefois en vénération parmi les chrétiens, les plus célèbres et les pins fréquentés furent ceux dû reposaient les corps des martyrs ou quelque vestige ou monument de leurs corps sacrés. Entre ces lieux sanctifiés, a toujours figuré en première ligne l'insigne partie du Vatican que l'on appelait la Confession de saint Pierre, car c'était là ipie se rassemblaient les chrétiens de toutes les contrées du monde comme vers la Pierre de la foi, le fondement de l'Église, et qu'ils vénéraient avec la plus grande religion et la plus grande piété l'endroit consacré par le sépulcre du prince des Apôtres'. »
« Les vieux chrétiens de la primitive Église, écrit MsrGerbet, comptant pour rien les dangers et les fatigues d'un long voyage, accouraient des contrées les plus lointaines vers ce lieu si saint, pour visiter et vénérer le tombeau du bienheureux apôtre. D'où il est permis de conclure que, selon toute vraisemblance, là existait alors un monument de la vraie religion, apparent, au-dessus du sol et facile à être connu de ceux (jui le visitaient ^ »
* Notœ ad martyr., 18 nov.
- Brev. Rom., 18 nov.
^ Rome clirét., III, app. \. Cf. Alpharamis, iiis. des archives de la Basilique. — Cancellieri , de Secret., IV. — Gard. Borgia, Vaticana cotifess. — Ms. de Nardoni, arch. de la Basilique.
LA HASILIOLK VATIi:A.\F.
Cette première conclusion en appelle une autre, comme corollaire aussi solidement établi.
Dans les grandes chrétientés, parmi toutes les églises senant au culte, l'évêque, chef et pasteur du troupeau, avait une église principale. C'était le lieu de la doctrine, de la chaire épiscopale. On C(jnnait la chaire de saint Jacques à Jérusalem, de saint Marc à Alexandrie; mais peut-être sait-on moins qu'un empereur romain, Auiélien, persécuteur ilu christia-
S;iiiil .\nucU-I . par ItnlUcflli i cliupcllo Sixtini>).
nisme, eut un jour à juger un litige entre deux évèques sur la possession d"iiiie église. Paul de Samosale, évèque d'Anfioche. convauicu d'hérésie et chassé de son siège, ne voulait quitter ni l'église ni la maison de l'évêque. Domnus, son successeur orthodoxe, en aji|ielle ù Aurélien. Que va faire cet empereur? Il décide que l'église et la maison doivent appartenir à l'évêque catholirpie, en comnniniiMi avec révêcpje de Rome, et l'hérétique est expulsé par le brus s('(iili('r '. Saint l.cniis n'aurait pas mieux jugé.
Si donc l'évêque avait une église à lui, où il siégeait, où il enseignait, où il baptisait, en un mot une ratlu'dr.ije. comment révt"'i|ne des ("vi'ques.
' Euseb. Hisl. Eccl. VII, xx.\.
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le pape, ii'aurait-il pas eu la sienne? Et s'il avait la sienne, où la placei'. sinon dans Toratoire élevé par Anaclet sur le tombeau de saint Pierre? Aucun cimetière ne pouvait aspirer à un tel honneur, parce que aucun ne possédait la Pierre fondamentale de l'Église. Si les papes désiraient tant y reposer après leur mort, n'est-ce pas parce qu'ils y avaient vécu? Près de ce tombeau était leur autel, leur baptistère, leur chaire. A Jérusalem, à Alexandrie, les chaires de saint Jacques et de saint Marc sont, dès les premiers temps, l'objet de la plus grande vénération et servent à l'intronisation de lein-s successeurs; à plus forte raison devons-nous croire que la chaire de saint Pierre, ce siège où il s'asseyait dans le palais de Pudens, fut précieusement conservé par les papes, et qu'en prenant place sur ce trône auguste, le jour de leur consécration, ils apparaissaient aux yeux des chrétiens comme la personne même de Pierre. Ce ne sont point de simples conjectures. Optât de Milève, disputant contre les donatistes, s'écrie : « Si nu demande à Macrobe : Où sièges-tu? Peut-il répondre : Sin- la chaire de Pierre? Je doute même qu'il l'ait vue de ses yeux. Quam nescio si vel ocuUs novit '. » Ces dernières paroles du saint évêque prouvent qu'il ne parle pas de la chaire de Pierre, au sens doctrinal et figuré, mais bien de la chaire matérielle visible sur laquelle siégeaient les premiers papes. Et nous ne sommes qu'au ive siècle. Avant lui. Tertullien avait écrit : « Parcours toutes les églises apostoliques, où les chaires des apôtres président encore à leur place. Si tu passes en Italie lu as Rome '. » On ne ixiit être plus explicite. Aussi le ddcle pnifi'sscur Marucchi ne craint pas de dire : « De ces témoignages nous pouvons conclinv que la chaire vulicimc, dès le ni'' siècle et même dès le ne, était vénérée à Rome et considérée comme une preuve de la succession aposloli(|uc\ n
Dans les premiers siècles, il était d'usage d'ensevelii- avec les évêques la chaire sur laquelle ils avaient enseigné: le respect dû à la première chaire a|iiistiili(|ue empêcha celte destruclinii. ni.iis nous pensinis (|iie. transportée de la maisim de l'iiileiis. elle (nciqni \:\ pince (riioniieiii- dans l'oratoire d'Anaclct. Pierre tmil entier it'sid.iit .liiisi dans sa cathédrale, mort dans sa tombe, vivant dans sa chaire, l'.n ('contant ses successeurs, dont trente jusqu'à Constantin subirent le martyre, les lidèles entendaient la voix du premier pape; il n'y avait en véi'iti' qu'un seul troupeau et un seul pasteur.
' De schism. donatisl. lib. II. — Cont. Parmcnianum. - De Praiscript. xxxvi.
^ Memorie dei !^S. Apost. nella citta cU Borna, j). -106. — Cf. .Miihiiiimus. ins. des arcliives de ];i basilii|ue Valicane. — Pliœbeus, de Idenlitale calhedr.
LA BASlI.InLE VATICANE 101
BIBLIOGRAPHIE
L'abljé Diiclicsnc, Lihi-r pantificalh.
S. Isidore de Sévillc, Deorlu et ohitn Putium. 0|)|i.; Roma;, 1797.