C. Fontana, Templum Valicanum; Roinae
M'-''' Gerijcl , Enfiiiisac île Rome chréticy^ne.
Ms'' Gaiiiiic, lis Trois Rome.
Borgia, Valiiana confessio; Roniae, 1779.
P. Allai'd, lli^tuirt' dm persécutions.
De Rossi , Ru)i>a sotlcrravea , Inscriplioncs chrislianœ.
Boissier, la Religion romaine, d'Auguste aux Antonins; Paris, 188'».
Mommseii , île Cnllegiis et sodalitiis Romanorinn : Krhl , \X■'^^.
LA « PI.ATOMA »
Ce nom ('Iraii^c nu promior niuird di'si^nic le lieu, célèhre (l;ins les ,iiiii;il<'s (le ri'^i^lisc iDiii.iinc, où les cdiiis de siiiiil Pierre et de s;iint Paul. IriiuMi's d;iiis Iciir repos, l'criirent peiid;iiil ipichpie temps rimspitnlifé. Il lui lui (Ioiiik''. (pi.iiid le [lape Damase l'eut orné de plaques d<' inarlire'.
An tiiiisièiiie mille de la voie Appieiiiie. à droite, passé le cimetière de C.allixte, sV'Jève I.i liasiliipie de Saiiit-Si'liaslieii. A ii -dessous et dél)ordaid en dehors des murs, le fameux cimetière nd (kilticitwb(i.<t, dont le nom désigne aujourd'hui toutes les sépultui'es chn'tieimos de la primitive K^lise. élend ses somliies ^ali-ries. Son origine est ineonnue. Oc'-vaslt'' plus ipie les autres par les liarliares et la pieuse indiscii'linn des pèlerins. à raison nii"'nie de sa |MipidaiMlé'. il a l'oiirni ceprudaiil des l('moi'^na^:es iii^i'iiisaliles de sa lianle ,inl iipiih' : ses litres l.ipidaires remontent aux premières anni'i's du u'' siècle'.
I.e 20 janvier 288, inie noMe P.oniaine, I, urine, y di'|iosait les restes mutil('s d'ini glorieux martyr, (lonnnandant dune compatiiiie île la |.'arde |»rétorienne, S('liastien servait loyalement l'emitereiu- et sa patrie. Cet empereur était Dioclétien. Sa haine du christianisme ne lit pas <^r\rc à la bravoure de Si'hastieii. Pai- ses ordres il est livn' à des archei"s de Mauritanie, (pii le pi iceiil de llèrhes et le laissent poui' iiimt. Irène, la veuve du saint martyr ( lastnlle. vient poin l'ensevelir, le trouve vivant .
' Platonia . « pl^Knic dr m;iil)ii', » pn baast" liitiiiitt'. ■-' C.r Ariiiclliiii, .\iiliclii ciiiiilfri, 1H.S'. , y :I87.
104 SAlNT-l'IEKHE HE KdME
le traiii^porte dans sa maison et le pnérit. Sébastien se crut ressuscité de Dieu pour reprocher à Dioclétien la cruauté de sa persécution. Un jour il entre au palais impérial, se place sur l'escalier où Dioclétien devait passer, et, dès qu'il le voit, se présente devant lui comme une ombre vengeresse. Surpris d'abord de cette apparition, puis furieux de ce que ses ordres n'aient pas été exécutés, l'empereur le lait conduire immédiatement au cirque, assommer à coups de bâtons plombés, et jeter dans la cloaca maxima. C'est de cet égout que Lucine, à prix d'argent, retira le cadavre du martyr, puis lui donna la sépulture « pi-ès les vestiges des apôtres », — juxta vestigia Apostolorum , — comme disent les Actes '. Le cimetière ad Catacumbas avait donc abrité des hôtes plus illustres avant que Sébastien vînt, à la fin du me siècle, y prendre son suprême repos. Tout le prouve : l'emplacement même du tombeau du martyr. Il n'occupe pas le centre du cimetièi-e, mais une place plus modeste, secondaire. On voit (firil n'est pas chez lui. et ipfun giand souvenir plane sur ce lieu et le remplit, à ce point que, même après l'ensevelissement de Sébastien jusqu'au ixe siècle, la basilique élevée par Constantin porte le nom de basilique des Apôtres. Parlant des restaurations qui y furent faites par Adrien Ifr, le Liber poniificalis dit : « Il restaura et releva de ses ruines la basilique des Apôtres, hors la porte Appienne, au troisième mille, au lieu appelé ad C4atacumbas , où repose le corps du bienheureux Sébastien, martyr, avec beaucoup d'autres'. »
Les Actes du célèbre niaityr Quirinus, éA'êque de Siscia. dnut les restes furent apportés dans ce cimetière, s'expriment de im'me : « Ils l'ensevelirent sur la voie Appienne. au troisième mille, dans la basilique des apôtres Pieri'e et Paul, où Iimu's coi'ps reposèrent ([iichfue temps, et où repose saint Sébastien . »
Le souvenir de la présence des corps des Apôtres ad Catacumbas resta tellement gravé dans la mémoire des Romains et des pèlerins, qu'il absorba toutes les gloires du cimetière voisin de Callixte. Au ixe siècle, Pascal I'"' relève les restes des martyrs les phis célèbres, et leur donne une place d'honneur dans les innombrables églises de Rome. C'était les sauver de la profanation, mais en même temps détruire le culte séculaire de leurs tombeaux primitifs. Les pèlerins n'ont plus que faire aux catacombes où les ossements sacrés ne reposent plus, où les arcosolia sont vides, les basiliques désertes, les lampes éteintes. Peu à peu l'herbe
* Les Actes de saint Sébastie» , œuvre du v^ siècli', no m;ini|uent pas de valeur. Cf. Bolland. 20 .1:111. — n<' Rossi, nidlett., -187ii, p. 72. — Armelliiii, Antichi cim., \i. 375. ■' f.ib. pnntif. I, p. 508. Edit. Duchesnc. ■' Armclliiii, Chii'se, 1887, p. 745.
LA HASILIQL'K VATICANE 105
pousse sur les sentiers foulés par tant do générations: les galeries abandonnées seiïondrent, les lucernaires se ferment, les escaliere s'écroulent, les portes disparaissent sous la poussée du tcri-.iiii et l'entassement des végétations successives; le sol est nivelé, le domaine vendu. On y cultive la vigne, sans se douter des mystères ensevelis sous terre. C'est le silence glacial de loidiii, les morts sont deu.v fois dans la tombe. Le cimetière de Callixti' hii-inème eut ses siècles de imil iiriiloïKl.'.
Cepend;iiit 1rs Romains ne pouvaient oiiMiri les graufls mailvrs qui
Église Saint -Sébaslien.
avaient reposé sous ses voûtes : Cécile, la gracieuse patricienne, (piatorze papes, et tant d'autres héros dont la mémoire vivait dans tous les cœurs. Seul le cimetière de Sébastien était connu; la basili(jue des Apôtres bi\lie dessus était toujours l'i('i|iii'nli'c. Où |iiiii\,iit-(iii avoir enseveli tant de pontifes, si ce nesl dans cette basili(|iic? La (confusion lui complète, i-t Ton ciiil i|ui' 1,1 li,isilii|iii' (le l'inie et di' l'.iiil. n['\ reposait Sébastien, formait le noyau cenlial du cimetière de Ciillixte. Malgré les Passions ot les martyrologes (|ui continuaient ;"i distinguer deux cimetières, celui ml diilitciirnbas et celui de Gallixte, tous les martyrs de ce deiiiier furent attiiljués au premier, tant il semblait naturel (pie le lien sancfilié pai- la présence momentanée des restes des ApAtres eût attiré à lui les autres martyi's. il y ,i (|ii,ir,iiilr .ms. celle c(p|irii-;iuii (liir.iil encore; il a fallu le génie de M. »ie Hossi poiii- rendre ;"i hi Ininièie le vrai cimelièi-e de («al-
lixte, et restituer à ses chambres sépulcrales les liùtes illustres qui les avaient occupées'.
Le nom même du cimetière ad Catacinnbas rend témoignage à la présence des restes apostoliques. D'api^ès M. de Rossi, ce nom serait hvbride, un composé du grec itaxa et du latin cubare; d'où le terme ad Catacumbas signifierait : près des sépulcres, — juxta accubitoria, juxta sepulcra. Comme cette désignation appartient exclusivement au cimetière de Sébastien, il est évident qu'elle a en vue des sépulcres particuliers. Autrement tous les cimetières pourraient s'appeler également ad Catacinnbas, puisque tous ont des sépulcres. Ceux de Saint-Sébastien sont donc les sépulcres par excellence, par antonomase. On disait : être enseveli près les sépulcres, — ad Catacumbas , — et tout le monde comprenait qu'il s'agissait des sépulcres apostoliques -. Du reste, ils peuvent se rendre témoignage à eux-mêmes, car ils existent encore à peu près dans l'état où le pape Damase les laissa.
Derrière l'abside de la basillipie de Saint-Sébastien, ou descend dans une salle en fer à cheval, autrefois en communication directe avec l'abside, laissée ouverte à dessein. Tout autour, dans l'épaisseur de la muraille, sont creusés des arcosolia, d'abord au nombre de «juatorze. et réduits aujourd'hui à treize, pour ilonner passage à un escalier. Tou,s avaient de riches décorations en stucs et en peintures, travaux remarquables par leur élégance, datant du iv siècle selon les uns. (lu ni'' selon les autres. Un banc de pierre court le long du uuii', de chaque côli' de la cliaire épiscopale (jui occupe le centre de l'abside. Au milieu de cette salle se trouve un autel, pincé au-dessus dune exciivation. On y descend par une ouverture qui conduit à une petite cliaiultre de 2'"50 de côté siu- 2'" 70 de liaut. du pavi' à la voûte. Celle-ci était ornée de peintures presque ellacées aujourd'hui. Un dislingue cependant, sur la lunette de droite, le buste du Sauveur sortant d'un nuage et donnant une coui'onne à lui personnage imbeibe. placé à ses pieds du côté droit et incliné jiour la recevoir dans les plis de son manteau. C'est l'apôtre saint Pierre, représenté de même sur d'autres monuments. A gauche du Sauveur se tient un autre personnage, debout, la main étendue comme un orateur. Son type barbu rappelle, sans aucun doute, l'apôtre saint Paul. La scène entière est oniliragée par deux palmi(>rs.
' Malgré des preuves irrécusables, évidentes à tous les yeux, on montre encore au cimetière de Saint -Sébastien les cryptes des papes et de sainte Cécile, tant l'usage a des racines profondes dans la vie romaine. L'erreur est si monstrueuse, qu'il serait peut-Mre bon de la faire cesser.
* Cf. (). Marurchi , Cimitero dellc cataciimbc, p. 209. Nous prenons pour guide dan.s cette question la savante étude de cet éminent disciple de M. de Rossi, et nous y renvoyons une fois pour toutes.