‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 18 sur 106 · I. A li A S I 1. 1 ij L i: \ A T 1 1 ; A \ K H li · texte numérisé non relu

I. A li A S I 1. 1 ij L i: \ A T 1 1 ; A \ K H li

y reposaient lui assuraient la préférence sur un lii-u moins amnu. siins ornement. L'édit de Valérien explique tout, et le transport de saint Paul atteint par la loi sur la voie d'Ostie, comme saint Pierre au Vatican, et le choix d'un lieu déroln! que des réunions chrétiennes trop fréquentes n'ont pas signalé spécialement à lœil vigilant de la police romaine. Pierre et Paul peuvent y doimir en paix; lÉglise est tranquille sur leur sort.

La date de Tédit de Valérien, dont la gravité seule explique le tiansport des restes apostoliques à la voie Appicnne, concorde parfaitement avec les textes déjà cités du calendrier Filocalien et du martyrologe Hiéronymien. « Saint Denys d'Alexandrie, dit M. Allaid ', appllipie à Valt'-rien ces paroles de l'Apocalyse : « Une bouche lui fut doniK'e. qui se « gloriliait insolemment et qui blasphémait, et il reçut le pouvcjir de faire « la guerre durant (piarante-deux mois -. » Le règne de Valérien se termina vers le milieu de l'an 260; si Ion remonte à quarante-deux mois en arrière, on placera en 257 l'ouveilure officielle de la persécution ^ » En 258, d'après le calendrier Filocalim et le martyrologe Hiéronymien. a lieu la translation. Il faut croire que la surveillance exercée sur les catacombes n'était pas encore très rigoureuse. L'argent, du reste, ouvrait bien des portes, et nous ne sommes pas surpris de voir le pape Sixte II, décapité au cimetière de Préte.\tat, enseveli dans celui de Callixte. i|tioi(|iril fût sous séquestre, et du vivant même de Valérien.

Les apocryphes et la Ici Ire de saint Gn'goire parlent, on s'en souvient, de certains Orientaux qui auiaienl tenté d'enlever et de transporter dans leur pays les corps des Apôtres. Peut-être pourrait-on concilier ces détails, au premier abord fabuleux, avec les faits historicpies de la. translation sous Vali'rien. En laissant de côté la date et le meiveilleux que signalent ces écrits, le fait d'un essai d'enlèvement par des (orientaux n'a rien d'invraisemblable. Ils étaient nombreux à Rome, même dans le haut clergé. De saint Pierre à l'an 258. liuil papes* d'origine orientale lui avaient succédi'. cl à l'époque de la Iranslaliun un Grec, Sixic II. ("tait assis sur sa chaire. Nous ne j)cnsoiis pas (pic Sixte, malgré sa nationaliti'-. ait songé lui-même ;\ transporter les corps des Api')tres en Orient. Mais cette (luestion put être agitée. A Rome, on était dans la gueule du lion : c'était le siège i]o l'empire, le lieu où les perst'ciitions, sévissant avec le plus de violence, pouvaient avoir les conséquences les plus désastii'ii>c-i

' Hiit. des pemécul., ill" siècjp, p. ôi.

■ .\fiui-. xiii , 11.

' .Mlard, Hiat. des ficraec., lir' sirclL'. p. 5.").

* Ce sont : Anaciet, Évuiisle, Ti'le8|>lioic, Ilyfin, .Vniut, Éleuthèro, Aiiilu-ie. Sixif II.

SAl.NT-l'IKRKE U !■: liUME

L'Orient étciit loin, ses provinces pins cinétieanes; les Apôtres y tronveraient un repos plus assuré. Si ces conseils de prudence exagérée ne prévalurent pas en haut lieu, les instigateurs du projet purent profiter (lu iKMilile où se tiouvait l'Eglise romaine, des craintes des petits, de l'indécision des chefs, pour tenter un coup de main. Le souvenir en serait resté gravé dans le cœur des Romains comme le souveni]' d'im jonr de

[PPOIEÇITO eÔPPORSr'M 5S "APQSTCLOK in CAIACVMBAS.£Xt«Wtiey VEJÉWS'VPCnO'^U,

I^t'î. liiocs i-n>i-\»'li>MTit 1rs c(.il"|)s des .Vpiih'cs u tii i'iittiiiiia , d ;iprf> uiir h (■.■-(jiir ;iriti<|ii (Ai'inghi. lioina sublerr.)

deuil, et les apocryphes, ciinrunilaiil les dales el les [lersonnes, l'auraient enregistré sans le conti(Mer.

La diné'e du S('joni' des .V|)r)tres dans le sépulcre provisoire de la Pla- Lunia est coiiliover.sée. Les Itinéi'aires laissés par les pèlerins du vn^ siècle disent (fu'ils v i-estèrent pendant quarante ans. Cette indication ne repose sin- aniline .iiilniiti'. Ce i|iii, du reste, n'a rien d'i'li'ange; car, au point de vue liistoriipie, ces dnciiments, mi pliiliM ces unies prises à la hâte, recueillies souvent dans des entretiens familiers, ne peuvent prétendre à une rigoureuse exactilude. Lein- valeur est surtniit (hns les données topograplnijnes des lieux ipie ces pèlerins ont visités, el l'énumt'ration des monunienls (|u'ils oui vus. Si les Ap'Mres (Hil demeuré cpiarante ans dans la Plaloniu, on a dû les reliier pour les remelti'c au Vatican et à la voie d'Ostie, en 298, c'est-à-dire au moment où la persécution de Dioclétien faisait rage. Nul n'a pu y songer.

I, A BASILiniE VATICANK

in

D'autres, comme Mgr Lugari ' et l'abbé Duchesne '. retardent jusqu'à la paix de Constantin le retour des Apôtres à leurs premiers si-pulcres. La basilique même de Constantin proteste contre cette opinion, purement gratuite. Par respect pour le corps de l'apôtre saint Pierre, que l'on voulut laisser intact dans sou tombeau primitif, sans en changer la direction, on construisit la basilii|iic ilunc manière irrégulière, de travers'. Ce respect

35iVUUK.VM t tx PORTH.V VE1XP13 VATICAN* ftAStUlC.^

. pnril' los corps (les Apôtres à leurs tonihraux primitifs, d'après tinr frosqnr nntiqiip. tAringht, Roma subterr.)

pirmvo que le sarcophage antique ('tait resté en grande vénération. an lieu (tu l'avait placé Anaclet, sauf un court espace de temps.

Les apocrypiics du iv siècle aflirmenf que los corps drs Apôins ne sunt rcstt's à la l'Inlonin (|n"un au cl sept mois. Si celte aflirniatiou ne pouvait cire couliniK'c par iraiitits tlociiiuciits. clic n'aiiiail |iar ellemême qil'iilic \alcii|- ii'lalivc: mais il se tldiivc (|iie le l.ibcr jninlificulis lui donne ini |inis-ahl a|i|nii.

Le ti'auspoi I à la l'Iiilmiin eut lien, cniiiinc nous l'avons vu. sous Je règne de Valt'Ticn cl le pdiitilical de Sixic II en juin 2r»8. Au mois d'aoùl suivant. Sixte l'Iail (|i'ca|iilc La vacamt' du saint-siège dura près d'un an. jus(|irà I'i'IccIkhi (le hcn\s. le '22 juillet iTil». l'en de ItMnps apivs. Valt'-

' Le Cataciimbe ossia ilsepolc. Aponl. delV Appin ; Homa , !88S.

* Lib. ponlif., I, fasc. i, p. 101.

■' De Rossi, Inarript. clirisl., \\, p. iti.

dl8 SAINT-PlEliKE DE KdME

rien, vaincu par Sapor, l'oi de Perse, fait prisonnier, servait de marchepied à son vainqueur pour monter à cheval et mourait dans la plus effroyable misère. Sa peau, tannée, teinte en rouge, fut suspendue dans un temple comme un trophée. Gallien, son fils, épouvanté d'un tel châtiment, lit immédiatement la paix avec FÉglise. La persécution cessa, les cimetières furent restitués. C'était en janvier 260, un an et sept mois depuis la translation des Apôtres à la Platonia.

« Or Denys, dit le Libi'v pontificalis , rétnlilit, restaura les cimetières: cœmeteria constituit '. » Cette précieuse indication, jointe à la donnée des apocryphes, constitue une certitude pour l'époque du retour des Apôtres à leur tombeau respectif. La paix règne à Rome, les chrétiens sont libres; on répare les cimetièi'es. Ce qui nous donne l'intelligence d'un mot des apocryphes: « Ils restèrent, disent-ils, un an et sept mois, jusqu'à ce que les tombeaux où on devait les replacer fussent terminés ^ »

Pendant le séquestre des cimetières, des dévastations sacrilèges durent ruiner en pai'tie l'oratoire d'Anaclet et justifier la mesure de prudence prise par Sixte 11. Itciiys profite de l'accalmie pour relever ces ruines et orner les sépulcies des Apôtres avant de les y tiansporter. Sans nul doute, c'est à ce pontife qu'il faut restituer le passage du Liber poutifiadia concernant le retour des Apôtres, égaré dans la biographie de saint Corneille. Ce dernier vivait avant la perséculidii de Valérien, avant la tran.slation à la Platonia, il lui eût été difficile de ii'[)()rler an Vatican et à la voie d'Ostie ce qui n'en avait pas encore été enlevé. Voici ce texte: « De son temps, à la prière de Lucine. il releva les corps des apôtres Pierre et Paul des catacombes pendant la nuit. La bienheureuse Lucine mit le coi'ps du bienheureux Paul dans son champ, à la voie d'Ostie, non loin du lieu où il fut décapité. Le bienheureux Cornt^illi' piit le cnips du bienheureux apôtre Pieri'e, et le plaça près du lieu u\\ il liil (■ni(ili(''. an milieu des corps des saints évêques, au temple d'Aitollon, sur le nmut Aurélien. au palais Vatican de Néron '. »

C'est le papi! saint Denys, et non saint Corneille, qu'il l'an! lire.

Joiu" de joie pour l'Église de Rome, dont les chants d'allégresse durent

' Lib. pont. I. p. 1.">7. Kdit. Duchesne.

■' Bull. 20 .hinii.

■■' Lib. ponlif. I , |). .'itj. Ktlit. Duchesne.

Pendant qw nous écrivons ces lignes, une véritable biitnille est engagée entre arclicolog'ues sur le transport drs restes apostoliques à la IHciInnia. Les articles de revue, les brochures se succèdent sans autre résultat que celui de déployer dans les deu.x camps une grande érudition. Quant à la question elle-même, elle n'est pas plus éclaircie. Nous avons lu tout ce qui a paru, et, malgré tout, nous nous en tenons à notre conclusion. Il y a si peu de certitude, que les mêmes découvertes qui toutes ont rapport à dos dét;uls archéologicpies de piiM-re, de briqui!, de stuc, servent à M^''' de Waal à prouver le contraire de ce qu'allirnie Mj;' Luijari , et récipnxiuement. Mans ces conditions, le mieux est d'attendre.

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