‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 19 sur 106 · I. A liASILInlK V Aï ICA. NE il · texte numérisé non relu

I. A liASILInlK V Aï ICA. NE il

faire tressaillir dans leurs tombes les martyrs de Valérien, cum gloria

hymnornm.

La présence des restes des Apôties à la IHntuiiui consacra tellt-mciit ce

lieu, que nos pères le vénéraient presque à l'égal du tombeau du Vatic'm.

Saint Amhroise. dans une hymne en l'honneur de saint Pierre et de saint

Paul, s'écrie :

I^a villr riitière s'ébranle.

Les foules se pressent ;

Sur trois voies

On célèbre la fête des martyrs '.

Ces trois voies sont la voie Aurélia au Valiraii. la voir dT)stie et la voie Appienne, où se trouve la PUdonia.

Le cœur des Romains n'a jamais cessé de vé-nérer ce caveau où ios Apôtres, traqués juscpie dans leurs tombeaux, trouvèrent un asile provisoire. 11 Itui rappelle les anxiétés de la persécution et les allé-giesses de la paix. .Nnjiiuiiriiiii ( iicnie, ce n'est pas sans éniotioii que l'ou se pi-osterne dans ce sanctuaire; si nous avons uu suujiail à lorniulcr, c'est que IKgliso «le Piiinic lui icmli' un ia\(iu «le ^a piiMuièrr uiagiiilicence. Le dénuenuMit actuel cuutrasic Irop (liu'cmenl avec la grandeur d'un tel

souvenir.

' Tanl:i' pfT urliis iiniliiluiii Stip^ta trnilutit :i^Miiin:i:

Ti'iiiis celcliratur viis Fosluiii sanrtijiiini iiMirlviiiii

BIBLIOGRAPHIE

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Lugari, la Platonia. Osservazioni alla miova opinione circa la medesima: Roma,

L'abbé Duchesne, Liber pontificalis.

LA BASILIOUK CONSTANTINIENNK

Après trois siècles de persécutions, l'Église de Jésus-Christ triomphait avec Constantin. La bataille du pont Milvius ne décidait pas du sort d'un empire, elle cn'.iil iiu mundc. Avec elle linit l'ère du paganisme. Les divinités frivoles, dieux et déesses, sont englouties avec Maxence dans les tlots du Tibre. Jésus inaugure son règne temporel.

Partout, en signe d'allégresse, les chn'-tiens relèvent leurs églises sur des plans plus grandioses, avec une magnilicenre inconnue aux joui-s anciens de l'épreuve'. Constantin donne l'exemple. « II combla de biens beaucoup d'églises, en agrandit quelques-unes, en ('Icv,! plusieurs*. • «

Ce Icxli', d'un contemporain bien renseigné siii- les actes de Constantin, esl une base solide à l'allii luatioii du Lihrr juinUficitlix sur la fondation dr l.i basilique de Saint-Pierre. Home est en paix, les i-hrétii-ns sont les ;uiiis de l'empei'eui-; siii le Forum, sa statue en marbre bl.iiic porte la croix; près le (loli^^i'e. à rexin'milé' de h vnie S.icrée. le Sén;it

»5rige au vainqueui- (•hi'('tieii un ;iii- de Irioiupl ù il menliomie le

secours divin i|iii ;i siiuvi' le monde. — discrèle .illusion ;'i l;i (('■lèbre apparition «lu Libarnni. — Coinmeiii le |i.i|ie Sil\i'vtir. l'heureux té-muin d'une telle transformation, poinr;iil-il oïdilier le fondateur de l'hlgiise romaine dont les ossements reposent au Vatican'.' L'oratoire d'Anadet, (|ui ne p;iile (|ue de tristesse et de sang, n'est plus en harmonie avec les

' Kuscb. Ili^t. Kccl. X, m.

■ Kiisfb. Vita i'.ovKtant. lili. I, xi.ii.

122 SAINÏ-IMEURE DE ROME

chants d'allégresse du peuple chrétien. Le Sénat bâtit un arc de triitmphe à Constantin; il est juste que Constantin bâtisse un monument triomphal au Dieu qui Ta foit victorieux. Le pontife et l'empereur sont d'accord; tous deux, escortés d'un peuple immense, se rendent à la catacombe vaticane et vénèrent les restes sacrés de l'apôtre. Puis l'empereur, sans égard pour le cirque de Néron, trace l'enceinte d'une basilique dont les lignes débordent jusque dans l'arène, crèvent les premières assises de la colline et se déploient en de majestueuses proportions. Dépouillé de sa chlamyde, Constantin creuse le sol. remplit de terre douze corbeilles en l'honneur des douze Apôtres, et les porte lui-même autour de la pierre fondamentale de l'éditice.

Nous empruntons ce récit à la légende du Bréviaire pour la fête de la Dédicace de la basilique de Saint-Pierre, le 18 novembre. Sa haute antiquité en fait un document qui n'est pas à dédaigner. Refuserait-on d'admettre ces détails, on serait cependant obligé de reconnaître l'authenticité du fait lui-même. Le Liber pontificalis, d.uis l,i vie de saint Silvestre. s'exprime en ces termes: « En ce temps-là. à la ]irière de l'évêque Silvestre, Constantin bâtit une basilique au bienheureux apôtre Pierre, au temple d'Apollon '. « Aucun document contemi)oiain ne corrobore cette allirmation, nous le reconnaissons; mais outre la tradition universelle dont l'autorité n'a pas peu de valeur, le monument lui-même rend témoignage à son impériale origine.

Maffœus Vegius, chanoine de Saint- Pierre, dans le coni;inl du xvt' siècle, alors que la vieille basilique était encore debout, écrivait dans son histoire de Rébus antiquis memorabilibus Basilicse S. Pétri Romx : « Cette basilique a été construite par Constantin. Bien que ce fait soit célèbre dans tout l'univers, il est éminemment prouvé, par les vers qui sont écrits sur l'arc triomphal en caractères tellement anciens, tellement décrépits, qu'ils remontent certainement à Constantin. Les viiici :

Qiiod duce te mundii.>^ surrexit in astra triurnjjhans llaiic Constantimis Victoi- til)i rondidit aulani '.

Cette inscri])! ii m jiarle assez haut en faveur de Constantin. Elle n'était pas seule. Ce qu'elle disait, une mosaïque l'exprimait d'une manière sensible. Au-dessus de ces vers, l'empereur, présenté au Sauveur par saint Pierre, lui (iltVait la basilique. Ce di't.iij important, mais inconnu jusque dans ces derniers temps, fut retrouve'' par hasard par le célèbre archéologue Frot-

' LU), pont. 1, |). 170. Kdit. Duchesne. ^ Op. cit., c. 1. Apud Boll . ,liin. vu. p. (iS.

LA liASlMijLK VATICANE

hingham. (I;in> ruii\r,i;ac du cjudiiuil Jacobacci, de Concilio, datant de 1438'.

De plus, quand la piorhe des démolisseurs attatpia les murs de la vieille basilique, elle mil à nu des briques labriquées sous Constantin et portant son nom : Confilanfiruis Auff. d. N. '. C'était la protestation de loiil lUi passé vi'iK'ralilc ( uiimif ini rc|iiiMlic d»! prulanation, et en inènn'

iMiiMiinliii. piii- Ir Hi'i'iiin. ( l'»ilii|ciii (ti> Sniiil - l'i.in

temps le ddciuiiciil ullicicl. I.i si^ii.ituic de Constantin .tpposé'e >ui la basili(|iir (|r S.iiiil-I'ierre.

L"<iri^iue (•(lu^Liiiliniciiin' de la première basiljiiuc ('Icm'-c sur le tnm- Itcau de s;iiiil l'icnv ('■l.iiil Milidciiniil ('liililii', li.n ne it'pu^lie à ce que lijiloricMx ('iii|i('ii'iir ;iil \iiuhi l.inv ;iili' piililir i|i' vi'Mt'ralion envers le ^rand aïK'ilrc en li;ii;,(iil liii-iiiniir lr-> liimlo du nouveau lenqile. Catt'-ihuiiiènc UN li,i|ilisi'', d |iiiuv;iil liniiuicr de >;i présence une cérémonie clin'licnnr.

Constanlin mpuIiiI faire \ilr. lue nin'r d'ouvriers s'abattent sur le

' C.r. (le liossi, liuU. il'iircli., 18«3, p. 'M. '' Ariiiclliiii. (.7iif.sc, p. 533 (1887).

12(i SAINT- PI i:i!KE DE UoME

Vatican, taillent les flancs de la colline, nivellent le terrain, détruisent de fond en comble le cirque de Néron, dont les matériaux vont servira la gloii^e de Pierre. On ne respecte que l'oratoire d'Anaclet, qui commande, par sa situation, la direction des travaux. A droite, on creuse les fondations; à gauche, les trois murs qui portaient les gradins du cirque et formaient deux galeries sont épargnés et dessinent les deux nefs latérales. Les colonnes, les frises, les corniches, tous ces marbres dont la richesse éblouissait les spectateurs des plaisirs de Néron, sont employés pêle-mêle à décorer le nouvel édifice. Point de choix, point d'ordre ni de mesure, tant on est pressé d'aboutir. Une colonne de granit suit une colonne d'africain; un chapiteau dorique, la feuille dacanthe corinthienne. On ne cache pas les inscriptions païennes. Les pierres gravées ou non sont apportées, placées sans y prendre garde; sur l'une on lit : Speculator. c'était la place d'un garde de l'empereur qui, debout, lance au poing, veillait sur sa personne. Le long de l'architrave court un pompeux éloge de Néron, et le socle qui porte la croix, au-dessus du frontispice de la basilique, étale en lettres gi^ecques le nom d'Agrippine. Commencée vers Tan 322, la basilique était assez avancée en 324 pour que le pape Silvestre en fit la solennelle consécration. Ce dut être un beau jour pour l'Église de Rome.

C'est le moment de contempler Tœuvre de Constantin; toutefois nous ne la prendrons pas sortant de ses mains. Elle n'a pas encore toute sa painre. Mais, pour r\iv complet et omter des marches en arrière, nous regaiderons la ba.silique Constantinienne dans toute sa gloire, alors que nos pères, éblouis par ses splendeurs, la proclamaient la merveille du monde.

Jusqu'à Constantin, les églises chrétiennes, subissant comme les tidèles répreuve de la persécution, n'avaient point de grandes dimensions. A Rome surtout, capitale du paganisme, elles s'effaçaient devant les temples somptueux des fausses divinités. Une question préalable se posa devant Silvestre et Constantin: Quelle forme donner à la basilique de Saint-Pierre? Le palais de Lateranus, livrt' récemment à l'évêque de Rome, avait été adapté au culte chrétien, comme le sera plus tard le Sessorianum, qui deviendra Saintc-Croix-en-Jérusalem: c'était une transformation, non une création. Pour Saint-Pierre, il s'agissait de fabriquer de toutes pièces une basili(|ue chrétienne sur un terrain nu, d'après un plan conçu d'avance.

Le temple païen ne répondait nullement à l'idée chrétienne. La cella, où se dressait la statue du dieu, était petite; il n'y avait de place que pour le (lieu lui-même. L'autel des sacrilices s'élevait au dehors, et le peuple se tenait dans ratriimi uu sous les portiques (|ui le précédaient ou l'en-

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