‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 20 sur 106 · I.A llASII.Inl i: \ATI(;.\Nt · texte numérisé non relu

I.A llASII.Inl i: \ATI(;.\Nt

toiiiaicnt. Entre le dieu et ses fidèles point de rapports directs, de relations laiailières, ils n'habitaient pas le même toit; la porte du temple se fermait devant les profanes. Tout autre est le culte chrétien. Entre Dieu et les chrétiens il y a union étroite, l'union du Père et des enfants. La maison de Dieu, le dominicum, comme on disait dans les premiei-s jours, appartient à ses enfants comme à lui-même. Le chrétien ne reste pas hors du temple, il y entre comme chez lui. La basilique de Saint-Pierie

Arc do Constanlin.

(Ic'v.iit n'pondre par conséquent à cette idée familiale, vn se prèt;Hit à Ions liîs besoins du culto, et on outre honorer par ses splendeurs la luajcsli' de Dieu, la sainteli; du tonihcau iiurllf aliiilcraif. cl la 'lignite principale du Vicaire de Jésus-Christ.

Outre les temples réservés au culte, les habitinles romaines avaient créé des édilices destinés à la vie civile. A Rome, on vivait surtout au dehors; l'intérieur de la famille, le foyer si apprécié aujourd'hui, —ce confident de toutes les joies et de toutes les tristesses. — n'exist-ait que pour les relations nécessaires. .\u\ Thermes, les bains; au Forum, les affaires; de chatpie côté les amusements et la llàiiei le. Rome entière s'y trouvait sous les galeries et les porli(iues élevés un peu partout, mais bientAt insuffisants, llu censeur avide de popularilt'. M. l'oicius C-iton, construisil le preiniei. en l'an 204 avant Ji'sus-C'luisl. ce que l'on appela la basilique Porcia. Clélail un vaste édihce composé dune iief centrale et

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de deux ailes latérales qui eu étaient sépaiées par une rangée de colonnes. Pas de voûte avant Constantin, mais un simple plafond en bois. L'édifice se terminait par une tribune semi-circulaire, élevée de (juelques degrés au-dessus du niveau général et fermée par tme grille. On l'appelait l'abside. C'est là que les magistrats et leurs assesseurs avaient leur siège. Les avocats et les clients se tenaient dans nue nef transver.sale ipii passait devant Fabside. C'est ia naris causidica. A son défaut, car elle n'existait pas toujours, ils restaient sons les nefs lat(''ialcs. en avanl dn p('iq)le. Les atfaires politiques, les procès, se traitaiciil ilans cette sorte de basilique, pendant que le peuple s'amusait et tlànait sous les portiques, à l'abri du soleil on de la pluie. Elle eut un immense succès. Bientôt les basiliques Fulvia, Sempronia, ^milia, Julia, Ulpia, s'érigèrent successivement. On en compta jusqu'à dix-huit. La présence d'une basilique devint même indispensable aux villes qui désiraient être élevées au rang de niunicipe : elle était à elle seule l'hôtel de ville, la bonrsf et le palais de Justice de nos villes modernes '.

A notre avis, quoique la question, longtemps discutée entre archéologues et architectes, soit loin d'être détinitivement jugée, la basilique civile servit de type à la basilique chrétienne de Constantin. N(Mi pas, comme l'a écrit Edouard Coii-oyer dans son savant ouvrage sni- l'architecture romaine, « que les basiliques civiles, admirablement disposées pour contenir un grand nombre d'hommes, devinrent le lien de réunion des adeptes de la nouvelle religion, sans auti-es modilications (pie la suppression des emblèmes dn paganisme expirant et leur l'emplacement \y.\v les images du christianisme naissant ^ » C'est une erreur de fait; aucune basilique civile ne servit au culte chrétien. L'idée n'en vint ]ias aux chrétiens, parce que la basilitpie civile ne pouvait telle quelle répondre aux exigences de la liturgie. Mais il suffit de jeter un coup d'œil sur l'antique basilique Vaticane et sur une iiasili(iue civile ponr voir que la première est copiée sur la seconde. L'idée chrétienne, les exigences du cnlte ont modilié quelques dispositions, ajonli' (pielipies changements; mais le plan général, les lignes mères ont été conservées. Nef centrale, nefs latérales, nef transversale, abside semi-circulaire, plafoiul en bois, colonnades, tout y est. Comme la nouvelle basilique est un temple el imlleinent une place publique, une salle de pas perdus ou un lieu de promenade et d'amusement, elle est fermée par des murs. C'est l'innovation la ])lus essentielle, la plus caractéristique. A ce pohit (jiie lieaucoup s'appuieront siu' elle pour dénier à la basilique civile, toujours ouverte, l'honneur d'avoir inspiré

' Baid , Archéol. sacr., ]). 28.

- Ed. Corroyer, Archit. rorn., p. II.

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