‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 22 sur 106 · LA CONFESSION DK LA BASILIQUE CONSTANTINIENNE · texte numérisé non relu

LA CONFESSION DK LA BASILIQUE CONSTANTINIENNE

On entend \mr « Confession ». dans une église, l'endroit où repose le corps d'un martyr, ordinairement sitin' dans une excavation plus ou moins prof()nd(^ sons Fautel maji'iir. Dans les premiers temps du christiaiiisiiic, ou ;ip|ici;iil indistinctement ce lieu consacré : Mcmoria , Martyrium vA. Confrssio. Le dernier terme a prévalu dans l'Eglise latine.

La Confession de la basilique Constantinienne. qui fait le sujet de ce cliiipiln', csl donc le lien même où reposait le corps de saint l'ierre, lien le plus V('in'i;il(lc, le point centi'al de toute la Basilique.

Nous connaissons jjar les chapitres précédents l'endroit où les restes de l'Apôtre furent déposés au Vatican. i)rès du tcnqile d'Ajiollon; l'oratoii-e élevé sur son tombeau par le pape Anaclet: la tianslation au c;tveau de la Pkdonia. sur la voie Api)ienno; le retour au tombeau primitif du Vatican, sous le pontiticat de Denis, .ipiès l;i clnile de Valérien. Pierre y resta en paix, malgr(' la période sanglante de Dioclé'tien, jusipià la victoire de Constantin, (jui assurait enfin le liiomphe du christianisme. Maintenant l'AjJÔti'e peni se levei'. les cji.iiiies sont toinb('es de ses mains. De|)nis trois siècles (piil dort dans ce si'pulcre, ses enfants ont assez pleuit'-; leur sang a fécond(' la vieilh^ terre de Home: il pc^iit se lever et saluer la ci'oix de son Maille, (pu brille au front de César. Néi'on n'est plus : c'est Constantin, Auguste, Victorieux, fondateur de la paix, sauveur de l'empire et clir('lieii.

Quelle aimée et ipiel jour Silveslre et ('.on>l,inlin viureul-ils s'age-

nouiller devant le tombeau de saint Pierre et relever ses restes? avant de commencer la construction de la Basilique ou après son achèvement? Nous l'ignorons. Le Liber pontificalis est très sobre de détails sur ce sujet. Voici ce qu'il dit : « En ce temps-là, à la prière de l'évêque Silvestre, Constantin Auguste éleva une basilique au bienheureux Apôtre Pierre, près le temple d'Apollon. Il renferma son corps dans un sarcophage qu'il revêtit d'airain de Chypre et mit le tout sous terre. Ce sarcophage, avait cinq pieds à la tête, cinq aux pieds, cinq du côté droit, cinq du côté gauche'... »

Ce fut certainement une grande joie poui' l'Église de Rome que cette visite de Constantin au tombeau du prince des Apôtres. Les évêques, les prêtres et les chrétiens accourent en foule ; Silvestre et Constantin font ouvrir le tombeau, le sarcophage est soulevé, exposé aux regards de tout un peuple qui le salue et le vénère. On retire les ossements sacrés, on les place avec respect dans un cercueil eu argent. Ce détail, négligé par le Liber pontificalis, est signalé par Mallius et Maphaeus Vegius*. 11 n"a. du reste, aucun lieu de surprendre. Il suffit de se rappeler les profusions d'or et d'argent répandues par Constantin dans la Basilique, pour se convaincre qu'il dut déposer les ossements de saint Pierre dans une châsse précieuse. Cette châsse fut ensuite revêtue d'une enveloppe d'airain de cinq pieds carrés, formant une masse d'un poids énorme, capable de résister à toute tentative d'enlèvement.

En présence de ce sarcophage, qui ne fut jamais ouvert depuis Constantin, une question grave se présente à l'esprit : Qu'y a-t-il dedans? Une opinion très répandue prétend que le pape Silvestre, voulant unir dans les mêmes honneurs ceux ({ui avaient été unis dans le martyre, partagea les ossements de Pierre et de Paul et les mit par moitié dans le sarcol)hage du Vatican et dans celui de la voie d'Ostie, en sorte que le sarcophage de saint Pierre renfermerait seulement la moitié de son corps et la moitié du corps de saint Paul. Fraternité touchante, nous l'avouons; mais est-elle réelle? Nous ne le pensons pas, et nous sommes, au contraire, convaincu que Pierre repose seul au Vatican.

Dans son livre contre Marcion, Tertullien pose cette règle de critique traditionnelle : M verius quod prius\ C'est le cas de l'appliquer; car, jusqu'au xne siècle, ni les Pères ni les historiens ne font mention du mélange des ossements apostoliques. Bien au contraire, tous distinguent les deux sépulcres des Apôtres : pour vénérer Pierre il faut aller au Vatican ; pour

' Lib. pontif. I, p. 176. Edit. Duchesnc.

^ Bolland., Jun., t. VI, ji. 87 et p. 120. On se <loii);in(le où ces deux auteurs ont trouvé ce renseignement.

'■' Tertull. Conlr. Marcion. lib. IV, c. iv.

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