I.A HASILlOfi: VATK'.ANF
cette basilique'. » Le même pontife affirme la même croyance dans ses bulles successives de 1300, 1301 et 1303'. Le branle est donné. Après lui. malgré les oppositions de grands historiens, comme Mapliœus Vegius', Baronius*. les bulles des papes se multiplient; des in.scriptions gravées sur le iiiarbre sont npptMidiU's dans les deux basiliques pour éclairer la dévotion des fidèles : inscriptions, hélas! dont l'autorité cr(»ule à cause de leur jeunesse. Il en est (U'^ documents comme du vin, le plus vieux est presipic [niijiiiiis le iiicillcui. 1(1 ver i us fjuod prius, dii^aitTerUûVien.
Aussi, malgré tout le respect (|iic nous professons pour la parole des souverains pontifes. — paroles appuyées pour la circonstance sur Topinion de Icin- temps: — malgré les inscriptions qui décorent les Confessions des Apôtres, à Saint-Paul surtout, nous demeurons convaincu que saint Pierre est seul dans son tombeau du Vatican, connue saint Paul est seul dans le sien à la voie dOstie. Nous sommes heureux, du reste, d'abriter notre conviction sous la liante autoiité d'un des disciples les plus éminents de M. de Rossi, le professeur Marucclii. qui {'crivait il y a quelipies mois, dans lui résumé de ses opinions sur les soiivi iiiis des A|)ôtrcs ,'i Rome : « On doit regarder comme arbitraire l'opinion qui aflirme le mélange des ossements des saints Apôtres, attribui'' par des documents l('gendaires au pape Silvestre '. »
Saint Paul ('tant l'carti' dn s('])ulcre de saint Pierre, nous devons rechercher niaintcnaiil ci' ipic le pape Silvestre a mis dans ce sépulcre dn corps même de saint Pierre.
Cette icchrri lie. an iircniicr aboid étrange, a nnr grande importance; car il s'agit de savoii' si le corps de saint l'icrrc ol Ion! entier dans son tombeau, on si le pa|ie Silvestre en a dir-liail (|ne|(|iies ossements l't surtout la t(Me. vi''ni'r('e avec celle de saint l'anl dan- la liasilii|iie de Latraii.
Nous posons comme hase à cette discussion ce lait, qin a la valeur d'nn piincipe : Jamais. il(|Miis saint Silvestre, le si'pnlcre de saint Pierre n'a t't('' ouvert ; jamais nul regard n'a \n. imlle main n'a touché son corps; par cons('ipirnl . la liMe de saint Pierre cl les autres ossements vénérés dans diverses églises ont ('ti'' mis à pari par SiUesIre on sont resli'-s dans le sarcophage. Celle conchision c-l \\n\~~ ijc diiule; car aucun ducnmenl. ancniie tra<lilion. am im souvenir ne l'ait allusion à ronverliu'c du tombeau de saint l'ierri'. el . cerles. un l'-véïiement aussi con-idi'raiiie ne peni avoir |)assi'' inaperc^ir
' Hull. V.iiic. 1, p. 2'i'.i ( 1747).
'' lliid., \<\>. -2M, 2-28 ol'2;t7.
' llint. Biisitic. Vatic. c. m.
' Cf. Index ujoulé ;uix Atinalcs de Hnniiiiiis |i:ir le rariliii:il ili' l«iui'e:i.
' /.«' Mcmovic ilfi Si). A)i(ist. l'iclro el l'uoUi nrltti ciltii i/i Itoiiut, |>. 72 { ISOt).
Selon notre habitiido. nous établirons nettement la situation au point de vue de la critique.
A vrai dire, la première impression, après Tétude sérieuse des plus anciens documents, est absolument contraire à une division quelconque des ossements de saint Pierre, et par conséquent à l'autlienticité de la tête vénérée au Latran. Nous disons : la première impression.
Jusqu'à la lin du xii»' siècle, le silence le plus complet règne chez tous les écrivains sur la présence à Rtmio de cette relique insigne hors le tombeau de saint Pierre. Aucun des Pères du ive et du ve siècles n'en fait mention. Le poète Prudence n'en souffle mot. Optât de Milève, Jérôme, Chrysostome, Paulin de Noie, Augustin' et tant d'autres, parlent de la sépulture de saint Pierre ; nul ne signale le moindre partage de ses ossements. Les itinéraires laissés par les pèlerins, du v^ au ixe siècle, notes prises à la liâte, relatant les sanctuaires, les reliques qu'ils ont vus et vénérés, ne fournissent aucune indication. Ni Ptolémée Silvius, dans son Catalogue dédié en 449 à Eucher, évêque de Lyon ; ni levêque arménien Zaccaria, dans sa Compilation : ni la Notice des portes, des rues et des églises de Home, publiée par (iuillanine de Malsbourg et dont l'antiquité remonte au vue siècle; ni If maiiusciit intitulé : De locis sanctorum Martyrum qua siint forts civitatis Ronuv; ni les premiers livres des Indulgences et des Merveilles de Rome ne disent un hmI des liHes vénérables des Apôtres ^ Personne ne les a vues, ne les a baisées; pas un brandeum pieusement approché d'elles |)()ur h' sanctifioi-. pas une goutte d'huile emportée comme un tn'sor pnm- enrichir la ville ii.ilalc (ni son monastère. Rien ! Le silence du Liber pontificaUs est encore plus signilicatif, nous allions dire décisif. On a dit que nul n'était vaniteux comme un pape, car les papes n'ont pas rennié une pierre, offert un mètre de damas sans que le fiiit n'ait été consigné dans les archives ou gravé sur le marbre. Si les courtisans ont trouv('' leur int(''rêt dans ce genre de llallerie et. peutêtre, les papes une légère satisfaction d'amour-propre, nous devons cependant leur en être reconnaissants, car cette sollicitiHh^ sert admirablement les historiens. Or, parmi les dons précieux libt'inleiiieiit olferts aux Apôtres, aux Martyrs, dans toutes les basiliques et tous les oratoires de Rome, selon la dévotion personnelle de chaque pontife, on ne rencontre nulle part, jusqu'au xiie siècle, une once d'or ou d'argent consacrée aux tètes de saint Pierre et de saint Paul. Ce silence est accal)lant. Comment des reliques aussi précieuses ont-elles j»u iHie négligées, oubliées à ce ixiint pendant huit siècles?
' Cf. Borgia, Vatic. Confess., passitn.
■^ Pour tous ces ouvrag-es, voir M. tic Rossi , Pioma sotlerran.. pp. 1"2S et suiv.
LA BASILIQUE VATICANK i:.l
Jl y a plus. Les arguments i{iii militent contic laiitlienticité de ces reliques sont jusqu'ici purement négatifs : ils se résument tous dans un seul, le silence. Saint Grégoire le Grand, dans la lettre célclne que imus avons citée plusieurs fois, semble apporter IuI-iimmuc une raison positive, convaincante.
Constanlina Augusta, comme nous lavons vu. demandait à Grégoire de lui envoyer la tète de saint Paul ou une partie de son (-«(rps. Le pontife s'en excuse et appuie son refus, qui ne manquait pas de hardiesse, sur deux motifs : le jiremier est la In icm (piiu-pirent les tombeaux des Apôtres. « Vous me demandez la tète de saint l'an!, n'pond Grégoire; mais comment puis-je me la jirdcurer? Les tombeaux des Ajiôtres Pierre et l'aiil sont terribles. Quiconque s'en ap]iioche s'expose à de graves dangers; » et le pontife rapporte les accidents mortels que nous avons cités ])lus liant. T(^lle est, en sidistance, la réplique de Grégoire. Pour avoir les tètes des Apôtres, il faut oiivrii- leurs tnuibeaux. On ne peut pas dire <(ue Grégoire j>arle seuleiiieni (laiiproelier de la Confession ; Inul le inonde sait (piil y avait ((iiiiiiimiicatiini (udiiiaire. peiniaiiente, entre les tnnilieaiix des Apôtres et les fidèles par une linaiiie dniii iiuiis parlerons plus loin; i|irà certains jours on suspendait au-dessus des sarcophages mêmes un encensoir; qu'en se baissant au-dessus de la lucarne on voyait ces sarco- |)liages et <|ue l'on v faisait tourlier des linges. Cette inler|ir('talion serait d(''risoii-e ; il s'agit d ap)ii'oclier des toiiilieanx pour le> oiniir. l'oiiri[iioi les ouvrir, si les li'tes des A|)ôtres sont en dehors deiMiis deux siècles? Et coniineiil. d'aiilre part. e.\|)liqiier la réponse de Grégoire si, au su de Ion! le iiiond(\ les l(Mes des .Xpôtres se tioiixaient dans l'oratoire du palais de Latian'.' On ne devait pas l'iLiih iin'I' à t '.onslantiljople, et le earaelèl'e de ( In'goil'e ne peiliiel pa- de lui ilil|intei; une
supercherie.
Le pontife va pins loin. Il allègue pour second motif de son refus une coutume inviolalili' de riî]glise latine, qu'il l'oinnile coiiime un principe, pour coiiper coiiit à toute possiliilil{'' d'acquiescer à nue pareille demande. Nous tl'aduisons : « Sache/., liés pacifique daine, ipie les Uoinains n'ont |ias la conlnnie. ipiaiid ils doiiiieiil des reliques i\t'<. saints, de loucher à leurs corps. Ils se conleiileiil de nieltie dans un vase un hrauili'inu ou inorcean d'/'IolVe. qu'ils d(''posenl sur les très saints corps. ( >n le reliie, et on le place avec lu^spect dans l'église que l'on doit consacrer. Li's miracles produits i)ai' ces linges smil aussi grands et aii>si noinhicux que si le cor|ts ni("'iue ('lail |ii('sent. . Chez les Homaiiis et dans foute TKglise d'Occident, on trouve intoli'iahle et sacrilège l'usage de loucher au corps (it»s saillis. Aussi nous soiniues \i\enieiil surpris (l'apprenilre (pie les Grecs
ne craignent pas d'enlever des ossements. A peine pouvons-nous le
croire '. »
Cette profession de foi du pontife a une autorité de premier ordre. Il parle en pape, enseignant à rimpératrice grecque la discipline de l'Église latine vis-à-vis les saintes reli(pies. « Il est intolérable et sacrilège » de les toucher, de les enlever, de les séparer. Ce sentiment est si profond, si enraciné, si universel, (juc le [jontife a peine à croire (]ue les chrétiens d'Orient fassent le contraire. Il n"y a pas de condanmation formelle exprimée, mais elle sort naturellement de ses paroles. Et, ([u'ou ne ronlilic pas, )ious ne sommes qu'à la fin du vi<' siècle; il n'y a ipie deux cent soixante ans que Silvestre a enseveli solennellement le corps de saint Pierre. Si Silvestre a divisé le corps de saint Pierre, s'il a enlevé sa tête, si ces faits sont connus, — et ils ne jKtuvaient pas être ignorés, — comment Grégoire peut-il parler si sévèremenl do l'usage des Grecs? L'impératrice pouvait lui répondre : Votre prédécesseur n'a-t-il pas mutilé les corps de saint Pierre et de saint Paul? Pour ipie Grégoire atliriiie si hautement la coutume, la loi de l'Église romaiue. il laul (|u"il .lit la cfitiludi' d'aftirmer une loi traditionnelle, sacrée, contre hKpielle nul de ses prédécesseurs ne s'est permis d'agir.
Et, en effet, Grégoire n'avait ({u'à jelci- uu regard en arrière pour justilier sa conduite. Deux de ses prédécesseurs avaient opposé le même refus à (rilliistres suppliants. En 394, soixante ans à peine après raclièNcini'nt et la i(iiisê(-ration de la basilique, Hiiliii. préfet du pivtoiic. dciiiandc an pape Sirice de lui envoyer des reliques des Apôtres jninr la dc'diiace d'une église qu'il élevait près de Clialcédoiue : le pontife Ini accorde siinl»lement des brandea^. Plus tard, en ."10. le comte Justinien, de[iuis empereiu". implore des légats pnntilicaiix ipii résidaient à Conslanlinnph» (pielqnes parcelles des ossements des .\p(itres |i(Uii' la basiliipie ipiil construit en leur honneur. Le refus est altsoln et sapimie sin- la contnine (le l'Eglise romaine, du SièLie a|iii<|uliqne. i|in inleidjv.iit ,\r tdiicliei' aux ossements, et dnnnait imiqnemeni des lingi's sanclili(''s jiar le cnniact des sépulcres des martvrs. On en r('lêic an pape liminisdas^ ipii envoie les brandea, rien de plus. Gi'égoiie. (in le vuil. nV'Iail pas un iniiovaleui'. et ce qu'il disait à rimpératrice était viaiment la lui du Siège a|Histnli(pie et de l'Église latine.
11 semble que nous devrions cunchnv riguin-eiisemeiil . du silence des
' Epist. xx\, lil). IV. 0|ip.. t. H, p. 207 ( I70."i, l'arisiis .
* Péie Grisai-, le Tombe aposloUclw, \>. .335 [Sliuli e docuiitenti di storia e rfiW^o), citant Pabbé Ducliesne, Btillel. de correspond, hellcniq., 1878, p. 292.
^ Epist. Leg. ad Hormis. Pap. (Migrie, l'alrol. lat., t. LXirr.)
Suiiit (irt-giiiro ot \c» bramltut. ( MusirM|iii> trapri'*» If labU-iui (rAïuIrcn Succhl.t
Pères du iv»-' et du ve sif-clc du silence des itinéraires de la même époque jus(|u'au ix'' sirclc. du silence du Liber pontificalifi,,de la réponse et du principe de saint Grégoire sur la coutume inviolable de l'Église latine, que le corps de saint Pierre est tout entier dans son tombeau, et que. par conséquent, la tête vénérée à Saint-Jean-de-Latran et les autres parties de ses ossements sont fausses, dépourvues d'autlienticité. Cette conclusion pourrait encore s'imposer davantage par la publication d'un texte très court, mais très positif, faite pour la première fois par M. de Hossi dans ses Inscriptions chrétiennes. Le voici : Pervenies per cryptmn ad cuput beati Pétri*. L'écrivain est du viiie siècle; il décrit la galerie ou crypte située derrière la Confession de saint Pierre, sous l'abside, et il dit : " En passant {)ar la crypte, tu arriveras à la tète de saint Pierre. » On fait le toi If du tombeau pour se mettre dans le sens du corps. On croyait donc, au VUF siècle, qu'en se mettant à cette place on toucliait presque la tète de saint Pierre. Comment allier une pareille croyance avec la présence dr l;i tète de saint Pierre dans l'oratoire du palais de Latran ?
Ce petit texte, après tous les arguments rapportés plus liant, «•oiinimerait notre conclusion; cependant nous laissons à plus savants que nous la responsal)ilité de la tirer. En face des arguments dont la loyauté liistol'ique nous a obligé de montrer toute la valeur, se di'cssent des considérations qui ne sont pas à négliger et ijui nous maintiennent en suspens. Le silence est complet dans les documents connus, nul ne peut le nier, jiis(|irau .xii'' siècle; les avons-nous tous? Le pillage de Rome par Alaric, de la basilique même par les Sarrasins, toutes les déprédations commises l)endanl les siècles de fer. du vni'" au xii'' siècle, uonl -elles pas anéanti beaucoup de témoignages? Nous avons donné à la lettre de .siint Grégoire tonte la vnleni' <[n'nne critique sévère nous a démontrée; d'autres seront [leut-ètic pins indulgents et tronveroni ([iielqne accommodement'. De
' Inscript, christ. Il, ]>. i!2'i.
■•' Cf. de Wii.'il, .\iiiilecta Bollanilimia , \\, I8it2. — Mrinoric storiclir (telle sacre teste; Roma, iai2.
Nous cilcrotis en faveur lic raiillicnticid', entre autres dorUMieuls pontilk-auv , la lettre <lo (élément IV à Isalielle, sieur île saint Louis, qui croyait avoir dans son trésor la liMe de saint Paul.
« Dilecta' lilia' in C.hristo nohili niulicri Isaliella' in C.liristo, Kilii nostri illustris rej;is Francoruin germanai.
a Scias, filia, .\posloloruni capila Itoiu:e indutiitaiiter lialieri, qu.a^ Tel. record. Cii-egorius l'apa Nonus, iira-dccessor noster, de Sanclis Sanctoruni suis inanilius extraliens, Itoniano populo |)atenter exliiliuit et in locurn suuui reslituil ciiiii deliita rc>vei-eiilia , pra>senlil>us et scieiitdius universis. (Juod si forsitan capui It. l'auli .\postoli apud te esse pulas, depone ronscientiaiu , ne rallaris.nc ponas scundaluui luatri tu:e Koinana; Kcclcaiu', qux dcccptioiicui liujusiiiudi non posset œquanimiter tolerare. » (Mcmorie storicho, p. 60.)
Les tîntes des Apôtres furent conservées lonptenips dans l'oratoire privé des papes, appelé Saiicta SiDictoriim , au palais de Latran. Il était dédié A saint Laurent, (le fut un pape franvais.
KJtJ SAINT-PIF.URK DF. BOME
plus, les honneurs rendus aux chefs de saint Pierre et de saint Paul par tous les papes depuis le xne siècle, leurs solennelles affirmations, la vénération de la chrétienté, forment luie tradition qui, sans être documentée à sa base, mérite cependant le i)Ius grand respect. N'est-ce pas le cas de dire : Possession vaut titre?...
Nous nous sommes attardé longuement devant le sépulcre de saint Pierre, qui oserait nous le reprocher? Si Silvestre et Constantin élèvent une basilique; si For, l'argent et toutes les richesses du monde viennent s'y entasser; si les i)Mpes, les empereurs et les rois, si des millions de chrétiens s'y prosternent à deux genoux, n'est-ce pas à cause des quelques ossements ou de la poignée de cendre que ce sépulcre contient?...
Maintenant que nous connaissons à peu près ce qu'il y a dans le sarcophage de saint Pierre, examinons l'extérieur du tombeau, tel que les pèlerins le contemplèrent jusqu'à la destruction de la vieille basilique.
La recdiistitutiun de la Confession constantinienne est excessivement difficile. D'innombrables auh'uis ont écrit sur ce sujet, et plus les livres se sont multipliés, plus la ((Hiriision est devenue iirofoude. Les textes interprétés de dilférentes façons, les descriptions arbitraires, les inventions poétiques, tout sert à dérouter l'esprit, et nous croyons que sur cent écrivains (pii oui traité la question, pas un n"a vu la Confession de s;unt l'iciie de la uirme manièi-e. A ti-avers ce dédale d'opinions, nous prciious |iour guide, loiij eu v .ijoiitaiil nos observai ions personnelles, le tia\ail ((iNscicucicux pnbHé récenuricut par le savant Pèie Crisar', de la Société de Jésus, dont les idinbisions générales sont idulornies à notre |iro|ire rouviclioii.
Le corps de saint Pierre fui renfermé, comme nous l'avons dit, dans tm sarcophage d'airain formant cinq pieds cariés. Au-dessus, Constantin [)laça une croix en or très pur du poids de cent cinquante livres, dont les dimensions correspondaient à celle de la chambre sépulcrale. On lisait sur la croix la ih'dicace suivante : « Constantin Auguste et Hélène Auguste.
Urbiiin V, qui les en retini. l*;ir ses ordres, deux liusles eu argent, décorés de pierres précieuses envoyées i)ar les princes et princesses cattioliques, furent exécutés pour les renfermer et placés dans la basilique de Latran au sommet et à l'intérieur du baldaquin qui recouvre l'autel papal. A cette occasion on fit la reconnaissance de ces reliques. Le notaire apostolique, dont le procèsverbal de cette cérémonie est conservé aux arcbives de l'église Saint-.Vnge-in-rescheria, rapporte qu'ayant ouvert les deux cassettes contenant les têtes des Apôtres, on y trouva des ossements et des dents. Les têtes n'ont donc plus de forme. — C(. Memorie storichc, p. (M. — En 1799, les bustes précieux furent enlevés et les reliques soustraites à la profanation en attendant des jours meilleurs. Le 23 juillet 180:5, elles furent de nouveau reconnues authentiqucment; puis, le 3 juillet 1804, le pape Pie Vil les renferma lui-même dans deux Ijustes qui furent placés comme les premiers au-dessus de l'autel papal à Saint-J<'an-de-Latran. Ils y sont encore. On trouva comme appartenant à saint Pierre des ossenii^nts de vertébi'es, une mâclioire avec les dents, dont plusieurs étaient détachées, et une partie du crâne. (Memorie storichc, p. 97.)
' Le Tombe apostoliche di Borna [Sludi e documetiti di storiti e dirillo). 189"2, fasc. IV.