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matioii, au giaïKl aiuiisciiiciil iL' sus sujets, ({ui se cunsoluiit de leur misère en riant de sa lulie. Ils vont bientôt pleurer.
Déjà Burrhus est enipoisoinié; S('iièque a peidu son inlliiciice; Rome est livrée aux caprices de son maitrc
l)i|inis la loniLiliiiii «le riMiipiic prrsoniic n'avait songé à construinun |Ml;iis en ra|)p(iit avec la dignité inipéiialc Auguste, qui affectait la simplicité primitive des vieux Romains de la répuMiqui-, habitait sa maison bourgeoise du Palatin, pendant quil poussait vivement les sénateurs et les grandes familles à enrichir Rouie de monuments artistifjues. Ses successeurs agiiindiienl la résidence impériale, mais sans lui donner r.Hnpicin- ipie scinlilait réclamer la majesté du ]ii'iiple romain. Néron trouva que son palais é'Iait indigne d'ini linnimo, — s'il était nn lionnne. — couroimé sur tous les théâtres et vainquem- dans limles les courses. Il conçut un projet grandiose, et poiu' le réaliser ne recula pas devant le plus horrible des attentats.
Qu'était le Palatin pour construire un jialais à sa divinité! les sept collines pourraient à ])eine y suflii-e. Le teiwain était occupé par les moiuijnenls publics et les liabilalions pri\i'c>. tjii'iiii[)orte? Rome est à Néron, l'oiu' en (lonui'r une piciive péreiiipidire. lui-même y l'ait mettre le feu, manière luul inipi'riale (re\pr<ipriei' ses sujets et de déblayer le terrain. Ordre esl dnnni' (le ne pas ai'ri''ter l'incendie, et six jours et sept nuits la llannne dévore les abords du Palalin. le Cœlius, le (Juirinal et l'Esquilin. Tout est brûlé, anéanti. Les monuments s'écroulent, les habitants biieut, terrillés; la désolation, la iiiine partout. Et |)endant i[ue le feu acconq)lit son œuvre de destruction, au milieu des larmes et des cris de détresse, Néron, en cosinnie de coim'dii ii . regarde ce spectacle du haut de la joui' de M('cènr. cl. cliaiim'. chaule siu' la llùle renibrasemeut de Troie.
La palience du peuple romain (''lait Lii'ande. el il lui lallail une âme bien servile poin- sup|iorh'r un monstre connue Né-ron; mais cette fois la mesure l'Iail condile. Trop dv iiiines ('laieiil entassées, trop de larmes avaient coiih''. trop de sang rougissait les cendres île Rome: l'indigualion pubTKpie (''data, sourde d'abord, comme les gioudemenfs duu volcan doiil la la\c s amoncellr, ri hienh'»! . de\aiil le c\ ni^me de renqiereni". violenle el universelle.
N(''ron eut peur. Le crime ipi'il a\ail conunis. il ne le regrettait |ias, car il servait ses desseins, el son co'ur \olii|ilueu\ l'Iail insensible à la doulem- d'aiiliMii; mais la colère du peuple pouvait lui deinamlei- justice l't lui l'aire i'.\|)ier .son horrible j'orfail. Il chercha autour de lui sui' quelles tètes diriger celte colère en lécartanl de la .sienne; d eiil vile trouvé.
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Il \ ,i\,i[l à lloiiic iiiic so('i(''l('' sortir du sein des .Tnils, ot onroro coiiroiidiic ;ivfc eux. (|iioii|ir(-'llu en l'ûL (•i)iii|ili'l(iiiriil disliiictc. Ses adcjitcs, r('|t;iii(liis (l;ms toutes les cliisses. mémo à riiih'i iim- du |i,i|;iis. s";ip|(el;iient i-|ir('li('iis. du iiMiii de Chrixhis. leur |nii(|;ilrin . 'l';icilc \,i ikhis due ce que le }ieu|)le J'oiii.iiii eu |iciis;iil cl nuiis r\)ilii|ii( r jr chnix de .\('iiiii.
« Pour r.iiic l.tire celle iiiiiieuj'. ('cril le (•('•Irl ii'e .iiiii.iliste, N('ti)|i jji-o- (luisit des accusés et snuniil .iiix sii|ii»lices les |ilii- r.iniin's des hommes odieux à cause de Iciiis ciinics, (|iic le Milj^iiirc apiieiait cliréliens. Celui diiiil ils liraiciil ce iinni. (liirisl. a\ail r\r. smis le rè^iie de Tilière. supplicié par \c piocuraleiir l'once l'ilate. L"exéci-aljle superslilioii. réprimée d'abord, faisait iriMiplioii de nouveau, non seulement dans la Judée, oriiziiie de ce mal. mais jusque dans Rome, où reflue et se rassemlile ce quil y a |iarl()iil .lillciirs dr plus ;ilioce ci de plus lioiilciix '. »
Voilà les cdupaliles! Voilà ceux ipii diil iiicciidi('' lionie. Ils sont capables d(> tous les alteiitats, ces chrétiens, ipii reliisent aux dieux iiiunorlels les honneuis de l'adoration; qui s'abstiennent, en haine du genre humain, de toute cbaiLie publi(iue; qui, sous les dehors d'une vertu austère, se souillent dans des réunions secrètes des pratiques les plus dégradantes, et ne reculent pas, pour ajxùser leur Dieu, devant le sacrifice d'un enfaiil «piils immolent à sa colère, et dont ils mangent la chair et boivent \c sangl
Ces caluiiiiiics cuiiraiciil dans les masses et rendaient les chrétiens odieux. Le lei'rain était tro}) avantageux pour que Néron ne bâtît pas dessus la plus abominable accusation. Ses émissaires répandirent le bruit que les chrétiens avaient incendié Rome par haine des dieux et de l'empire. Ce fut une chasse etïroy;d)le. Le quartier juif fut envahi, tout ce qui parut se rattacher au christianisme arrêté. Rien ne fut respecté, ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards : le filet impérial se remplit à rompre, les cachots furent trop étroits.
Malgré ces faciles exploits, Tindignation publique, un instant surprise et détournée, n'était pas apaisée, et l'empereur se sentait mal à l'aise quand il parcourait les rues ou paraissait au théâtre. Il résolut de la calmer en la terrifiant. Néron comiaissait à fond le cœur de ses sujets; il savait que tout lui serait pardonné s'il assouvissait par des spectacles violents, inouïs, les instincts féroces des Romains. Il fallait du nouveau. Les courses ('taieiit Im]» jiaisibles. les combats de gladiateurs trop connus. L'esprit inventif de TempeitMir lui suggéra des spectacles dont le récit môme fait horreur. Les prisons regorgeaient de chrétiens pour
' Tacite, Annal. I. XV, xi.iv.