‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 4 sur 106 · I. A HA-ll.lnl i; vatii:anf · texte numérisé non relu

I. A HA-ll.lnl i; vatii:anf

lesquels la pitii' du |mii|i|i' n'était |ias à ciainrlre. pas plus ipie la grâre des vestairs. ijuiil un >iL:ne arrêtait ipielqnefois retViisiiiii du san^^ ou i'achèvcineiit des cnndanini's.

Par ordre impérial, des jeux pid»li(> sont annoncés à son df trompe. Il y ania télc de jour et fête de nuit, an liripif l't dans les jardins du N'atican. liuiiic Imil cnliên' i'>l in\ili'i' à êtn' h'nmin dr la justice de l'empereur et à se veii^ei' [lar ses applaudissements des clirétiens impies et incendiaires. Rome ne manqua pas à l'appel : voir soidlrir était sa joie.

La bi'jii. ( S<iil|tlMrf itriliiim- Mu--i''r ilii N'alioan.i — IMiutûg. Aliiiali.

La t'ète di' jour diil la satisfaire .\u niilii'n i\r> Inn'o ilc la populace on amène les clu'étiens. Revêtus de peaux de hête. il> sont dissi'nnnës dans les jardins, groupés deiiièie les massifs, et on làclie contre enx des chiens atVaniés. Ali! c'était uni' helle ciiasse! Poursuivis. Iraqni's. d/'cliirés. les malliem'enx l'Iaient dé-vorés aux applaudissemi'uts du peuple romain. (]ui sainail au passade l'empereiu' NiTon en cdslinne de cocher, monte'' sur un char jimn- niien\ \oir el excili r le> lioiineaux. Le plaisir dura longtemps, car les clni''lien-~ l'iaieni iiundirenx. r.eaiicoiqi cependant liiiviil réservés |ioiir la (>'■[>• ile nnil.

Tonle grande n'jouissance se lernnne par des illinninatiiins. \(''roii y pourvoi 1 1 inuoniluahles chic'tiens iureni attachés à des croix, en (h'i'ision de leur Itieii. dans le cir(|iie el les alh'cs de ses jardins. ( >n cnthiisil leur corps de résiiu' et de poix, il la nnil venue on y mit le léu.

is >■ AI NT-i'i i.iiii I. m. ii(i\ii;

llliiiniii.iliuii lionilili-. i|iii l'Inidiiit ses lignes?, décriviiit ses courbes à liiivi'is les l(''iièljn's ilr l.i nuit ri les |iii)roii(leurs des taillis sous^^les i-carils de tout un jiciiiilc qui saiiius.iil m ses sinistres l'ellets. Oui. ce peuple s'auîusail. Autour de ces falots de iliair Innii.iiiic qui se tordait, eracpiait .sous l'ardrin- du Inasicr. on liail. on insnilail. l'iiii plus: Néron avait i(''sci\t' une proie à la populaic. (•"('taicnt les Irnnnes cl les tilles de ces chrétiens, dont les corps Ikuubaient rn Imninaires. Ces niallum'euses sidiireut les dei-niei's outrages dans les sons-sols du cinpn'. lupanars ouverts à la plii> inlann' corniption.

l,e pa|M' >.aint C.li'nunt. l'rrivani an.\ Corinthiens, tivnte ans ajirès ces événements, rappelle le souvenir de ces saintes femmes : « Parmi la nmltitude d"élus. dit le ponlile. qui on! endun' allronts el lourmeufs, laissant aux chii'iieiis lui illustre exemple, il \ eiil des leinuies transformées en Itanaïdeset en hire('>. qui. ayant <nid1ert de terribles et monstrueuses indignités, ont atteint lenr ItuI dans la coiu'se sacrée de la toi. et ont retju la récompense '. »

Néron dut être satisfait: les spectacles avaient été dignes de lui. Cependant l'horreur de la fête de Jiuit. de ces corps eu feu éclairant les ténèbres, avait dépassé la mesure. Les citoyens qui gardaient encore quelque reste d"bumaiut('' nnn iinnèreiil. « Bien que ces honnnes lussent coupables et dignes des derniers su|)plices, continue Tacite, on en avait pitié, parce qu'ils ('taient sacritii's. non à rntilit(' publique, mais à la cruauté d'un seul '-. »

Néron avait anuisé son j^euple. et celui-ci, avide de spectacles, en avait largement pi'otité: mais, malgré ces horreurs et cette ])rétendue justice, Néron restait aux yeux de tous Inniipie coupable. Le sang des chrétiens ne l'avait pas lavé, et sur son lu ml de scélérat les lueurs de leurs corps embrasés n'ajoutaient ipTini ('clair de plus aux reflets s;uiglants de l'incendie de Rome.

De plus, malgré sa légèreté et ses préventions haineuses, la foule avait été frappée de la mort de ces chrétiens qu'elle détestait Ces hommes n'étaient i)as morts comme ceux dont elle suivait el ai)[)laudissait souvent la lente et cruelle agonie. En fait de mort violente, les Romains étaient savants. Esclaves et gladiateurs leur en donnaient de nombreuses répétitions. Quelle rage dans le cœur de ces barbares qui, avant de s'égorger

' V.cUf Icttic ili' siiiiit Cli'iuciU ,1 ('•U' inter|in'-tce de diverses fiiçons, et plusieurs font de Danaïdes et (le Uirr(? des noms proijres ijcrsuinicls. Nous pensons avec beaucoup d'autri's ([u'ii s'a^'it plutôt d'une transformation tli(iàtralc en Danaïdes et en Dircés. — Allard, I'ersccutio)is, 1, j). W, et Renan, l'Aittechrii<t , \i. 170.

"^ Tacite, Annal. XV.

Page 1