‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 32 sur 106 · I.A lîASlLIOLE VATICA.NE · texte numérisé non relu

I.A lîASlLIOLE VATICA.NE

.s.'iv;iiinl ijuil l't.iil l;i. qu'à quelques mètres plus bas au-dessous de cette voûte reposaient les restes de Pierre, et cela sulïisait à ieui- dévotion.

Au teni[is d'Innocent III, la Confession elle-même subit une nouvelle transformation. Elle ne parait pas avoir été beureuse. On dirait que ce pape est hanté par la crainte d"iine profanation. Une grille serrée et sévère, d'aspect peu élégant, dont il reste encoie la partie supérieure, en défend les abords. L'arc se rétrécit de plus en plus; il devient une niche étroite, irrégulière, aujouid Imi du moins, ornée d'une mosaïque assez

l*io VI h genoux drvnnl In Omfcssidn, pnr Canova.

gauche rcpn-senlaiit le Clui.'<t. 1! y a juste la place jiour louverliiii' du soupirail. On sent (pie ce pape a voulu laisser le moins de C()nmiuiii<atioii possible avec la cliaiiibre si'piilcrale. pour |iart'f plus sûrement à lnute criiiiiiicllc It'iitiilivf. Mais combien loin do l'icbesses et des magnilicences d'autrefois 1

La Confession resta dans cet état précaire jusipiau poiiliGcat de Paul V. Sur les riiiiK's de la basili([ue Constantiiiienne im teiui)le nouveau avait sur^i, pdilaiil liiiul dans le ciel l.i crdix de sa coupole. Or. le pavé- t'-laiit à trois nielles au-dessus du nive.iii di' raiicicn, il n'y av.iil plus tiacc At' Confession; r.irc t'Iail ciiscxrli -^inis Iimic, cl il se tniuvail que d.uis celle basilique, ('lev('e pour lioinirei- el ^Imilirr le louibeau de sailli rieire, loiil élail grand, exceplé le loiiibeau lui-iiièine. lui péiiéliaiit sous ces

voûtes, sous cette coupole, l'œil cherchait vainement à qui s'adressait un si splendide hommage : il y avait une couronne, il n'y avait pas de tête pour la porter.

Paul V voulut remédier à cette situation, mais la question était assez délicate. Fallait- il creuser autour de l'antique Confession pour retrouver le sarcophage de saint Pierre et lui rendre de nouveaux honneurs ? n'étaitil pas opportun de visiter la chambre sépulcrale, d"en enlever les décombres, — tristes souvenirs de temps malheureux dont la présence semblait une injure, — et de vérifier authentiquement l'état des restes de FApôtre? Paul V ne le crut pas. Par respect pour ces restes vénérables, pour sauvegarder dans son intégrité le dépôt confié à cette chambre par Silvestre et Constantin, il décida de laisser intact l'arc d'Innocent III, tout en le décorant avec une magniticence digne de la majesté et de la richesse de la nouvelle basilique. Nous sommes tenté de regretter l'hésitation de ce pontife; c'était le moment ou jamais de se rendre compte de l'état du sarcophage de saint Pierre et de fermer la bouche à ceux qui prétendent que ce sarcophage n'existe pas. Quelle crainte arrêta Paul V? Nul ne le sait.

Deux architectes, Ferrabosco et Maderno. piésentùrent les plans d'une nouvelle Confession. Celui de Maderno obtint la pi-éférence. Comme l'arc d'Innocent III était enseveli sous le pavé, il ouvrit devant l'autel papal une cavité en fer à cheval de trois mètres de profondcui-, atteignant à peu près le niveau de lanllipie basilique, siu' vingt-deux mètres de pourtour. On y descend par un double escalier de marbre. Les murs sont recouverts des marbres les plus précieux. En face, sous l'autel j)apal, se trouve la Confession d'Innocent III, fermée par une sui)orbe grille dorée. De chaque côté sont deux colonnes en albâtre; aux extrémités, dans deux niches, les statues de saint Pierre et de saint Paul. Quatre-vingt-treize lampes de métal doré, en forme de cornes d'abondance, brûlent devant la Confession, autour de la balustrade en brocatelle qui l;i protège. Devant la grille dorée, sur le pavé même, 0)i voit la statue de Pie VI, à genoux, les mains jointes, dans l'attitude de la plus ardente prière. C'est un chef-d'œuvre de Canova. Cette place d'honneur était bien due à ce malheureux pontife, (|ui, après le règne le plus brillant, traîné hors de Rome par les ordres du Directoire, acheva misérablement sa vie à Valence, à l'âge de quatrevingts ans, dans une chambre d'auberge.

Telle qu'elle est, la Confession moderne de saint Piei-re, sans avoir la magnificence de celle de Constantin, ne manque pas d'une certaine grandeur. Elle est digne, dans sa simplicité, de la coupole qui la couronne. En arrière, sur le bord de la cavité, s'élève l'autel papal. La table

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est l'urméc diiiie seule planiii' dr lu.nlui' lil.iuc luiiyiie dr ijualiv mètres sur deux de large. Il contient à I intérieur le premier autel consacré par saint Silvestre. Sa face, selon l'usage basilical, regarde le fond de l'abside et non la grande nef.

Au centre d'une basilique la plus vaste du monde, sous une coupole d'une hauteur si prodigieuse, on se demandait, non sans inijuiétude, comment établir luie proportion entre l'autel et l'immensité ambiante. Fallait il le laisser seul, isolé, sans accompagnement, symbole divinement austère de l'autel du Calvaire? D'aucuns le pensaient. Il leur semblait, avec quelque raison, que sous la coupole un autel de grande dimension, a.ssez élevé, n'ayant jHiiir df'cor que six chandeliers et une croix, produirait le plus majestueux eifet. Pourquoi se torturer l'esprit pour inventer un baldaquin, quand la coupole elle-même était le baldaipiin le jilus gigantesque et le plus sublime que l'on iiùt rêver? Il y eut des tâtonnements, des discussions orageuses, même suiis la pourpre, et finalement les artistes, toujours en quête de nouveauté et surtout de travail, gagnèrent leur procès. On mit à l'étude un projet de baldaquin. L'étude ('■tait assez complicpiée, car il fallait trouver un monument qui, tout en abritant selon la \n\ !itiu'gi<|ue Tauti'l papal, tût en proiiortion avec la Basilique, sans toutefois détruire par sa niasse l'admirable perspective de l'abside.

Paul V. un pou i)ressé, accepta le projet de Maderno, (pii mettait aux quatre coins de laufel quatre anges de taille colossale, debout sur des socles, soutenant de leius mains puissantes un baldacpiin étincelant d'or, déployé comme un ciel de lit. Ih-iueusement {tGur la Basilitjue, Paul V mourut avant (pie cette œuvre fût exécutée. Nous ne la regrettons pas. Saint-Pierre compte assez de ligures colossales sans les anges fantastiques de Madei-iio. Seul le modèle en bois l'ut placé. Il resta jus(pie smis le pontificat d'Uriiaiii VIII. Ce pape t'ut trois projets de baUhKiuin à apprécier, deux du Bernin, un de Feirabosco. Celui de Ferrabosco, avec .sa coupole, ses arcades, ses statues, ses balustrades, eût ilivisé la Basili(pie par une barrière monumentale. Il fut repoussé. Il n'avait en sa faveur (jue l'idée d'utiliser les colonnes torses qui formaient le portique de la Confession constantinieiine : ri(|('e était ingénieuse, le plan (h'plorable. Bernin, son rival, tut plus lieiii-eux. sans réussir toutefois du premier coup. .\près un dessin dont le couronnement, avec ses drajteries volantes, ses anges en sautoir et sou Christ tli('Alral. maïupiaient entièrement de goùf, cet artiste. mi(!ux iiisiiin'', coïKjut le plan du baldjupiin actuel. Quatre colonnes toi"ses ornées de feuillages et d'anges. — réminiscence heureuse <les vieilles coloniu's saloinoiiiennes, — portent sur leiiis chapiteaux corintiiiens le

ciel du baldaquin, dont les franges retombent en bordure, semées de têtes d'anges et d'abeilles. Sur le fond, à l'intérieur, une colombe, symbole de l'Esprit- Saint, déploie ses ailes au milieu d'un rayonnement de gloire. Au-dessus, sur les parties de la corniche correspondant aux chapiteaux, quatre anges, debout, s'appuient, avec des branches de feuillage à la main, contre la base qui porte la croix. Du côté qui fait face à la grande nef, au-dessus de la Confession, deux anges portent les clefs et la tiare.

Urbain VIII fut ravi de ce projet, dont la fastueuse grandeur allait d'accord avec ses goûts de magnificence. Il donna ordre à Fartiste de se mettre à l'œuvre. Mais une œuvre pareille demandait une énorme quantité de bronze, car la hauteur totale du baldacpiin devait atteindre vingthuit mètres, presque la hauteur du palais Farnèse. Urbain VIII ne reculait jamais devant la dépense. Le cuivre nécessaire fut acheté à Venise par les soins de M'J'' Jean-Baptiste Agucchia, nonce près de la sérénissime république. De plus, la révérende Fabrique de Saint-Pierre voulut bien vendre au pape une partie du bronze ({u'olle lit enlever à la coupole du Panthéon, opération malencontreuse et inutile, car ce bronze ne servit pas et fut restitué à la Fabrique'. Du reste, Bernin fut économe et n'employa que cent quatre-vingt-six mille trois cent vingt-deux livres de cuivre. En sept ans, toutes les pièces du monument furent pi^étes; elles coûtaient à peu près sept cent cinquante mille IVancs.

On s'aperçut alors que ce baldaquin cxigcail do .solides fondations. Comment songer à placer une pareille masse sui- le pavé de la Basilique? Ce lui une grosse question qui laillil lnut arrêter. Les plus habiles ouvriers explorèrent les souterrains autour de la Confession et vèrilièrent l'état des fondations qui supportaient lautel papal et le pavé lui-même. Grande fut leur surprise en découvrant que ces fondations, très peu profondes, s'appuyaient sur des sarcophages ! C'étaient les sarcophages des premiers papes et des premiers martyrs. Ils portaient le centre de la Basili(pie. vraiment construite « sur les fondements des Apôtres et des Prophètes- »; fondement très solide, au sens divin, mais qui, dans la réalité tn,it('iielle des choses, jiouvait avoir de graves inconvénients. L'événement parut, eu effet, si extraordinaire, qu'on le jugea miraculeux; car on se demandait avec etîroi comment ces sarcophages avaient pu porter le poids de l'autel et surtout celte foule qui se presse d'ordinaire aux céri'moiiies pontificales. Il eût été présomptueux de tenter plus longtemps la Providence divine; le pavé fut élayé, le baldaquin provisoire enlevé, et slmiI 1 autel resta dépouillé sous la coupole.

' Ciincoll., Descriz. délia SS. Basil. Valic.

- « Super iLindaiiR'Utuni Ai)oslolurum et Prophctarum ». Ad Ephcs., c. il.

LA H.VSn.lOLE VATICANE

Entre temits, des peureux ou des jaloux, — les doux sans doute, — firent circuler dans le peuple les bruits les plus alarmants. A les entendre, il y avait péril imminent à creuser des fondations si proches tlu tombeau de .saint Pierre. N'était-ce point manquer de respect aux restes du prince des Apôtres? Certains esprits audacieux n'avaient-ils pas prétendu que ces restes vénérables n'existaient pas; que jamais Pierre n'avait été ense-

nuldaiitiiii lit .>.ai.. 1'.

. i (:"nf''^>-i"it.

VL'li au N'atican; i(ur le saicuplia^e d'airain de Constaiiliii et de Silvestre n'était qu'une légende? Qu'allait-il advenir si, par hasard, les travailleurs III' lioiiv.iiciit lien, ni (•liamlire sépiilnale ni sarcophape? Ne serait-ic |Hiiiil Ir liiuiii|)he de cette opiiiii)ii. la iiiiiic du pi'lciiiia^c au liiinlicau (le sailli l'ii'irc, cl |ii'iil-(~ti(' la ruine de la iiapaiih'', dont ce tombeau est la |)ierre angulaire? Pareil l'ait s'était pas.sé sous Sixte-Quint. Quand ce itonlife lit élever la chapelle qui porte son nom, dans la basilique de Sainte- Marie-Majenre, on chercha vainement le corps de saint Jérôme. qui s'y vénérait depuis des siècles.

D'aucuns, au coiitrair»*, estimaient que les ouvriers pouvaient conl'ondre le sarcophajic de l'Apritre avec ceux de ses successeurs, des martyrs et des |i(iiilires ensevelis à cAti' de lui. et l'enlever par i^ïuorance de la chandire

sépulcrale. Et si, par malheur, la pioche d'un ouvrier venait à frapper le sarcophage, à l'ouvrir et à disperser les restes sacrés?... cette profanation, même involontaire, n'attirerait-elle pas sur Rome la malédiction divine? Les imaginations, comme on le voit, allaient leur train, et de ce pas pouvaient aller loin. Le peuple romain, facile à émouvoir, surtout lorsqu'il s'agit de saint Pierre, se souleva contre le projet du Bernin. Urbain VIII lui-même, quoique convaincu de l'inanité de ces rêveries, voulut se former la conscience et agir en toute sécurité. Il ordonna à un savant personnage d'origine grecque, Mgr Alamanni, custode de là bibliothèque Vaticane, homme très versé dans les études archéologiques, de lui faire un rapport détaillé sur la question.

Il fut facile à cet érudit de prouver que toutes ces craintes étaient chimériques. L'ensevelissement de saint Pierre au Vatican ne pouvait être mis en doute : une nuée de témoins se seraient levés de toute l'antiquité chrétienne pour l'affirmer. Impossible, d'autre part, de confondre le sarcophage du prince des Apôtres avec ceux de son entourage, étant donnée l'énorme couverture d'airain qui l'enveloppe; impossible également que la pioche d'un ouvrier pût percer cette masse, préservée sous terre de toutes les injures du temps. Le rapport concluait victorieusement que les travailleurs pouvaient se mettre à l'œuvre sans aucune crainte, puisqu'il s'agissait d'honorer saint Pierre, non de l'outrager. Le pape fut satisfait; le peuple se Int. non sans arrière-pensée.

Le 30 juin I(i26, le lendemain de la fête de saint Pierre, les travaux commencèrent. Ils furent combinés de telle sorte, que l'on ne toucha pas au pavé de la Basilique. Tout se fit sous terre, en ayant soin de creuser juste au-dessous des futures colonnes du baldaquin pi)ur établir solidement les piliers qui devaient les porter.

Les fouilles débutèrent au-dessous de l'autel papal, par le pilier du côté de l'épître, vers la grande nef. en face la statue de saint Andn', à trois mètres de distance de la Confession. Dès les premiers coups de pic on rencontra des sarcophages. Le pape, immédiatement avisé, députa plusieurs prélats et Alamanni lui-même pour les visiter et se rendre compte de leur contenu. De plus, pour obvier à toute surprise et à toute profanation, il décida que des prêtres assisteraient à tous les travaux, ouvriraient eux-mêmes les tombeaux et en relèveraient les ossements ou les cendres. Défense absolue, sous peine d'excommunication dont il se réserva l'absolution, d'aborder la Confession sans autorisation expresse, d'emporter la plus petite parcelle d'ossement, de cendre, de terre, ni médaille, ni fragment de vêtement. Ordre aux architectes et aux entrepreneurs de ne fouiller qu'autant que la nécessité l'exigerait. Les restes

LA BASILiriUE VATICANF.

des saints devaient être renfermés dans des coffres de cyprès, déposés à la Confession, en attendant qu'on pourvût à leur emplacement délinilif. La terre provenant des fouilles fut mise à part dans des vases, comme terre sacrée, et répandue ensuite autour de la Confession. Toutes ces précautions si respectueuses montrent comliien le pontife avait à cœur de parer à toute profanation, même involontaire.

Malgré cela, et comme pour confirmer les craintes des opposants, des

Tombeau U'I-rbniii VIII . pur If lltTiiiii.

événements iiLillienrcux vinrent jetei- le linulilc dinis les travaux et la leireur il.iiis les cœurs. Les fouilles conuuencèrent, — nous l'avons dit. — le 30 juin 'l()2C>: le 10 juillet, les jiremiers sarcophages étaient ouverts. Or, le lendemain, le custode Al.imanni, (|iii avait écrit le rapport favorable aux travaux, dirigi' les di'lmls, visité les sarcophages, tomliait daiigereiisenient malade et mourait trois jours après, le 14 juillet. Le même jour, son confident le plus intime expirait frappé d'apoplexie; peu après. une iii;il,iiiie étrange enlevait son secrétaire Hartliéleniy, (>f son domestii|ue. ;i('ciis(' d'Iioiiiiciile. i't;iil ennihuiim'' à mort. Il n"en l';ill,iil |ia< l.int pour soulever les espi'ils. La crainle devint de l.i teneur, ipi.ind le pape.

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pris de peur à son tour, fut lui-même sérieusement malade. L'épouvante régnait partout. Le public ameuté s'insurgeait contre les ouvriers ; ceuxci, non moins efTrayés, n'osaient plus approcher des fouilles; les prêtres même, chargés de les surveiller, se retiraient en désapprouvant hautement une œuvre qu'ils traitaient de sacrilège. Le désarroi était universel.

Les souvenirs anciens se réveillaient, activés par les opposants de la veille, dont ces événements tragiques justifiaient les prévisions. On retira des archives cette lettre de saint Grégoire le Grand. — déjà citée plusieurs fois par nous, — dans laquelle ce pontife rapporte les miracles terrifiants survenus en plusieurs circonstances, lorsqu'on touchait de trop près au tombeau des Apôtres : le fait légendaire de cet orage qui arrêta les Orientaux au moment où ils enlevaient par surprise les corps de saint Pierre et de saint Paul; la mort de cet ouvrier qui, faisant quelque réparation au tombeau de saint Paul, fut frappé d'une manière foudroyante; le malheur de ces pauvres moines qui. au temps du pape Pelage, cherchaient par ses ordres le sépulcre du martyr saint Laurent : trois moururent dans les dix jours. Ces faits, Grégoire les rassemble dans le but très intéressé de ne rien accorder à la pieuse mais indiscrète insistance de l'impératrice, qui lui demandait les têtes de saint Pierre et de saint Paul. Il cherche à la dissuader par les raisons les plus convaincantes et à l'épouvanter par les l'écits les plus effrayants. Sa lettre n'apportait pas, en réalité, un témoignage irréfutable; mais la peur ne raisoime pas. Les légendes les plus fantastiques couraient le peuple. Aussi les bons Romains, rien qu'à voir la coupole de Saint-Pierre, se signaient dévotement et lui faisaient les cornes : saint Pierre était devenu le premier jettatore !

Trbain VIIL un instant désarçonné, reprit vite son sang-froid. Après tout, ses intentions étaient pures. Il voulait, comme lieaucoup de ses prédécesseurs, honorer la sépulture du prince des Apôtres, nt)ii l'outrager. Il laissa les imaginations se calmer et ordonna de continuer les fondations. Aucim autre accident ne survint. Les sarcophages trouvés dans les fouilles du premier pilier étaient placés à côté les uns des autres, quelques-uns l'un sur l'autre. Les plus proches de la Confession s'appuyaient contre un mur antique qui semblait se diriger vers l'autel papal. Ne serait-il pas le mur de la chambre sépulcrale où repose le corps de saint Pierre? Il eût été surprenant de ne le rencontrer nulle part. Et ces sarcophages appuyés contre lui ne crient- ils pas bien haut l'amoureux désir qu'avaient les papes, ses successeurs et ses 'fils, de dormir leur dernier sommeil le plus près possible de ses restes vénérés? Car, à n'en pas douter, ces sarcophages contenaient les cendres des premiers pontifes de l'Église romaine, qui tdus. jusqu'à Con.stantin. pendant une pf'rinde de trois siècles payèrent

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