I.F, CULTE
nie, que la vue de cet évéque accablé de travaux soumettant sa foi, comme le plus petit enfant, au jugement de l'ÉvC-que des évêques, devant les restes du Prince des évoques. Quel Imuineux enseignement! Buniface pourra dispaïaître, mais son doigt a niaiipié à tous ses enfants le lieu principal, la règle infaillible de la foi : le tombeau de saint l'ierre.
Du reste, même sous le cid brumeux de la Germanie, le souvenir de Pierre ne !•■ (juillr jia>. Il t'iiit à sa vénérable amie, labbcsse Eadburga : « Continuez et augmentez vos bienfaits à mon égard; faites transcrire pour moi en lettres d'or les Épifres de monseigneur le saint apôtre Pierre, par honneur et respect des saintes Ecritures... C'est lui ipii m'a envové ici, je veux l'avnir sans cesse sous les veux'. »
Sninl BonifacG est consacré évùqup.
Ce que le pèlerinage au lombejMi de saint l'inic lait avec Patrice en lilamlc, avec WilIViil d llrnuil Hiscup m .\ii^l('l('i rr. av(>c Poniface en Geruianic, il rii|i.'ic ('i^alriui ni rhcz les Slaves. Courlu'' dans sa tombe, Pierre ii(julilit' aucunr nation et les appelli' toutes au bercail unique de runi(pi(' Pasteur. Cyrille el Mc'lliode viennent se prusleinei- devant ses restes, el leiu- demander la grâce dime foi catholique inaltérable; de sorte que le layonneuieiit de son tombeau s'étend d'Occident en Orient, pour ('■(•Iaii-ei- les esprits el les atlaelier d une uiaïuère indissoluble au Siège apostolique.
Les souverains pontifes étaient tellement convaincus des bienfaits que le pèlerinage au tombeau de saint Pierre répandait sui- l'Kglise. que dès les premiers tenqis ils en tirent une loi aux t'vèques. .\ leurs yeux, un ('vèrpie ne [Miuvail s'abstenir de se pro>lerner souvent devant les restes du prince des ApOlres. s'il voulait gaider intact le dépôt de la foi. C'était
' Epist. ><?. Bottif. i.Mib'nc, l'ulrol , I I. XXXIX, \>. 7I'2.)
un siQ,ae d'union avec son successeur, un Jjrevet public d'orthodoxie. Les helvétiques le savaient bien, et tâchaient de couvrir leurs doctrines de romljre de ce tombeau. Saint Cyprien apprend que certains novatiens sont allés à Rome pour vénérer les sépulcres apostoliques et faire, par cette démarche, preuve éclatante d'union avec l'évèque de Rome; il s'en indigne et s'écrie dans une lettre : « Ils osent aller en pèlerinage à la chaire de Pierre, à cette Église principale d'où a son origine l'unité sacerdotale'! » Optât de Milève dévoile aussi l'hypocrisie de Macrobe, évêque donatiste, qui se glorifiait d'être allé à Rome et d'avoir fait des partisans dans cette Église : « Jamais, écrit-il. il n'a osé regarder la chaire de Pierre ni s'approcher de son tombeau. Il a agi avec les Apôtres comme un schismatique '. » Signe visible de l'union avec le Saint-Siège, le pèlerinage au tombeau de saint Pierre en était la meilleure sauvegarde. Loin du centre de l'unité catholique, au milieu de peuples enclins à la superstition, à la tête d'un clergé souvent ignorant, quehjuefois corrompu; en butte aux persécutions ou aux tendresses du pouvoir civil toujours porté à discuter les choses religieuses, à régler les questions de discipline, à empiéter sur les droits de l'Église; sans correspondance facile avec Rome, l'évèque pouvait se laisser entraîner pai' les passions humaines et faiblir dans la foi. Le danger était grand, inévitable. Par son universalité même, rÉgiise. en étendant ses liens, s'exposait à les relâcher. Aussi les papes, tenant en main ces liens sacrés, ramènent au tombeau de saint Pierre, comme à la source de la foi, leurs frères dans l'épiscopat. C'est la suprême garantie. Déjà, au ivc siècle, saint Paulin de Noie appelle la visite ad limina « une coutume annuelle' », donc bien antérieure à son époque. Les évêques d'Italie devaient la faire tous les ans, à la fête des Apôtres. Il y avait, de la part de tous les évêques, au jour de leur consécration, promesse solennelle de faire cette visite régulièrement. Saint Zacharie la rappelle : Qui vero de longinquo, juxta chirographiini suum impleant^ La loi était universelle, atteignait tous les évêques du monde; mais elle variait dans l'application, selon l'èloignement do chacun. La confiance des papes dans le zèle des évoques à remplir cette oljligation n'est pas sans borne, puisqu'ils exigent un engagement par écrit, dûment signé. Précaution nullement exagérée; elle n'empêcha UK^mc pas les évoques d'abandonner peu à peu le chemin du tombeau de saint Pierre. Nous avouons que ce voyage n'était pas toujours facile. Les papes n'en ont cure,
' s. Cypi'irtn. Epist. xi..
- Be schixmale Donatist. lili. Il, |). 31. Edit. Dii|iiii; Anvers, 1702.
'' Epist. XI. m, n. 1.
^ Goiieil. Rom. anu. 743, eau. 4.