‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 6 sur 106 · PI · texte numérisé non relu

PI

Délivraiicr dt; suint l'irrrr. | Itaphuol , Stanzf, Vaticitn.i — Phutog. AUuari.

de raconter sont mie preuve irréfragable de l'intervention première et autoritaire de Pierre dans Tapostolat des païens. 11 lui fallut lordie de Dieu, soit; comme à Paul, il fallut son inspiration; mais une fois la volonté divine clairement manifestée, Pierre la suivit sans arrière-pensée, et malgré sa déférence iioin- les Juifs dans une célèbre occasion, déférence iPiiilKinc ijuc Ton jiriil diversement juger, il fut vraiment le pa.slfur de Idiilcs les brebis sans acception de personne.

Après le bapténK; de Cornélius, Pierre continua ses courses apostoliques à travers la Judée, et l'an 41 revint à Jérusalem. La persécution d'Agrip[»a éclata presque aussitôt. C'était un prince « religieux observateur des coutumes des ancêtres », dit Jo.sèphe ', et par conséquent ennemi des chrétiens. Sa politique, du reste, le poussait à détruire le christianisme piiiii' èlre agréable à ses sujets. Aussi n'hésita-t-il pas à décapiter Jacques le Majeur, dont le zèle aident avait irrité la synagogue. Agrippa dut être content, car cette exécution lui v.ilut les félicitations générales. 11 résolut lie la renouveler en frappant le dirf mémo de l'Église. Pierre fut arrêté. La solennité des fêtes de la Pàipie retarda son supplice, et il lut enfermé dans lu tour Antonia-.

Considéré par Agrippa comme un prisonnier d'importance, on lui lit subir les riguetns de l;i cudodia militaris. Quatre escouades de quatre lioniiiies l'iiiciit chargés de veiller sur .^a ])ersonMe. ihins la crainte d'un mouvement (\c>< ilirétiens. Ceux-ci ne songeaient guèic à recourir à la violence. L'arrestation du Vicaire du Clirist les avait plongés dans la tristesse el la consternation. Qu'allait devenir l'Eglise sans la direction de son chef, les brebis s;ins le pasteui'V Tous sentaient que perdre Pierre c'était la désolation e! la ruine poiir les Lglise.s d'Orient à peine établies, au sein desquelles jiassait (l('j;"i nu souffle srhismatique à propos (le relliiiico-chrisli.inisme. L'instinct de l.i conseiv.iiiun pressait les tidèles. lnq)uissaiits jiiqirèsdes lioniiiies, ils .se Sijnviiiiciil de la p.iroie du Maître : « Demandez, et vous recevrez. » Héiniis d.ins la maison de Marie, mère de Maïc, ils priaient avec larmes et gémissements poui- obtenir la di'livrance de lein- pèic.

C'était la nuit ipii précédait son supplici;. D(''jà le [leuple était averti, les préparatifs ieiininés. Les ennemis de Jésus triomphaient. Pierre, attaché par deux chaînes entre ses gardiens, doimail. Que lui impoilail de mourir! Il savait i|iril allai! retrouver son Maitre bieii-ainu'. « Pierre dort, s'écrie saint < '.hixsestome; mais Dieu. (|ui le garde, ne dort pas'. »

' AiUiq. judaic. XIX.

■^ Misliii, les Saitils livitx, II-XXVlll.

■• llomil. vin, i)i Kpi.sl. ud Kjdics.

34 SAlNT-l'Il.Uli I. ni. IKiMK

Tout à coiii) il se sent frappé au côté, il ouvro les yeux ot voit son racliol inondé de lumière. Un ange est près de lui : « Lève-toi, lui dit-il. — et aussitôt les cliaiiios tondiciit do sos mains. — mets fa ceinture et chausse tes sandales, couvre- Lui de ton manteau el suis- moi. » Pierre croyait rôvcr. Il avance; les portes du cachot s'ouvrent devant lui; les gardes endormis le laissent passer, il est dehors, le voici devant la porte de fer qui (liumc accès dans la ville rllc s'ouvre d'elle-même, et il imjutinue sa route. Soudain il .se tioiivc seul, l'ange a disparu. C'est dohc bien réel, il est hors de la prison, arraché par Dieu aux griffes de ses ennemis. Dieu a envoyé son ange pour le délivrer'. Joyeux et reconnais-, sant dans son cœur, Pierre hâte le pas pour se retirer chez Marie, mère de Marc, où il avait coutume de résider et de l'éunir les frères. Il arrive, et frappe à la porte. Une jeune servante, appelée Rhode (Rose), vient pour ouvrir. « C'est moi, » dit l'apôtre. Au son de cette voix si connue et si aimée la pauvre fille est tellement boulever.sée, quelle n'ouvre pas et court avertir les frères. « Pierre est à la porte! s'écrie-t-elle. — Vous perdez la raison, lui répondent-ils. — Non, non, Pierre est à la porte! » Pendant ces pourparlers Pierre frappait toujours, car on pouvait être à sa poursuite. On lui ouvrit enfin. Grande fut la joie de ses enfants, qui ne pouvaient en croire leui's yeux et le pressaient de questions. De la main il réclame le silence, et raconte les merveilles de son évasion. Puis, craignant avec raison de retomber entre les mains d'Agrippa s'il demeurait dans une maison connue de tous conune chrétienne, il se retira dans un lieu plus sûr.

Tel est le personnage que nous allons suivre à Rome, où il est encore vivant, dans son tombeau comme sur sa chaire. Ce n'est point un grand de ce monde, et cependant nul n'a été plus vénéré; ce n'est point un philosophe, et cependant nul n'a été plus écouté; ce n'est point un monarque, et cependant nul n'a été plus obéi. Humainement il n'est rien : sa barque et ses filets, voilà son bien. Divinement il est tout, car il a été établi par Jésus- Christ, le chef de son Église, la Pierre sur laquelle elle est bâtie. A lui tout pouvoir pour lier et délier; à lui toute juridiction pour gouverner et sanctifier les âmes; à lui toute lumière pour enseigner la vérité sans jamais défaillir. Il règne sur le monde et il ouvre le ciel, car Dieu lui a dit, et à lui seul, le pêcheur de Bethsaïde : « Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. »

' .\ct. .\|iOSt. XII, 1.

BIBLIOGRAPHIE

L'abbé Fouard, Saint Pierre et les premières années du Christianisme: Paiis

L'abbé Fouard, Saint Paul, ses dernières années; Paris, 1897.

L'abbé Henriot, Saint Pierre, son apostolat, son pontificat : Lillf, 1891.

Renan, les Apôtres.

L'abbé Le Camus, les Apôtres.

SAINT PIKRHK A H ( i M F-".

La Providence avait ses vues dans la délivrance du chef de l'Eglise. Pierre à cette époque était encore évêque d'Antioclie. et s'il avait versé son sang à .l(''insaleni, son successeur sur le siège d"Autiocln' .niiait hérité de sa |iiiiiiauté papale. L'Orient, berceau de la religion chrétienne, ne devait pas la diriger dans sa maturité. Outre les hérésies sans cesse renaissantes qui allaient pnllnlor autour de la croix, r«}ves extravagants de cerveaux en délire qui auraient été une menace perpétuelle pour la pureté de la loi, Dieu voyait dans l'avenir les guerres terribles cpii, à bref délai, feraient de la Syrie le champ de bataille de l'Asie, les ruines amoncelées parle mahométisme et tinalement la destruction coiu|ilétc. Il iii<'iiageait à la papauté, dans la raison câline des Occidentaux, nn iiiirnii plus favorable à la conservation de la foi, et dans la capitale de ICnqiiie un centre pour en assurer le développement universel.

Certes, Rome aura ses jours de carnage et de sang. Ses légions seront vaiiUMUîS, ses enq)ereurs méprisi's. ses murs emportés d'assaut; la hache et le l'eu ne laisseront pas en elle pieiie sni- pierre; mais, (piand les barbares, fascinés jiar ri'chil de s.i ^landeni- el ^nidi'- p.ir l.i m;iiii vengeresse (le l>ieii. s abiilliHiii snr elle. rKglise. vieillie de cinq siècles et vivifiée par le sang de ses maihis. ;ima assez de vi^nenr |iiinr subir le choc et assez de majesté pour se faire craindre et respectei-. Sendilable au chêne dont les racines profondes di'lieni la lenqièle. elli- poniia pinver sous l'ouragan, non se briser.

38 >< M NT-I'I KIIIIK UK ItiiMi;

Aussi, daprès le Coitunenlarius ', Picnv ivciii i\,' liim iii.'inc l'ordre (le passer en Occident. Un anpo lui .ippnnil l'i lui dil : " Lève-loi, Pierre, cl ]xirs ]iour l'Occidenl. car il a hcsoin que lu lui portes la luniirrc divine. Je serai avec loi. »

Quelques auteurs placent celle vision avant rrniprisonnemeiil de l'apûtic à Jérusalem. S'il en ('lui! ainsi, iiuns ne conijuvMdrions ni les craintes des fidèles, que Pierre avait avertis de son départ prochain pour l'Occident -. ni son ('tf>nnenient extraiiidiii.iiiv .'i liii-niènie qn.nid laii^e vient le délivrer. Tous, et Pierre le premier, auraient dû avoir la certitude qu'aucun danger soîrieux n'était à redouter, puisque Dieu lui avait révélé « ((uil .ocrait avec lui en Occident ». Nous pensons donc que cette vision eut lien après sa délivrance, pendant les quelipies jours qu'il passa à Jérusalem on dans les environs. Car, en disant que Pierre se retira in alium locum, les Actes ne prouvent j)as qu'il quitta Jérusalem et surtout ses alentours. Il pul se cacher dans un lieu moins en vue que la maison de Marie, mère de Marc, et y recevoir l'ordre divin.

Ayant dit adieu aux fidèles de Jérusalem, Pierre retourne à Antioche pour y élal)lir son successeur. Cette ]'>glise importante entre toutes par sa situation, par l'ardeur de sa foi, demandait, ù sa tête un homme capable de lui continuer les soins paternels et privilégiés qu'elle avait reçus du prince des Apôtres. 11 y pourvut en la personne d'Évodius. Antioche perdait la primauté et n'était plus, selon la belle expression de saint Innocent 1, que la « sœur de l'Eglise romaine ' ».

Pierre partit. Tarse, Philippes, Patras, Corinthe surtout, prétendent à l'honneur de l'avoir reçu à son passage. Les villes de Sicile et du sud de l'Italie s'honorent de la même gloire. Les Pisans le disputent à Tarente, les Napolitains à Reggio ^ Quoi qu'il en soit, après avoir semé sur sa route le bon grain de l'Évangile, fondé des Églises, sacré des évoques, l'apôtre arrivait à Rome la deuxième année du règne de Claude, Tan \"1 (le l'ère chrétienne ■\

* Comment. II, vu.

^ Ilnd. II, MM.

^ Innocent I, Ep. ad Bonifacium.

* Voici les principales Églises d'Italie qui prétendent avoir été fondées par saint Pierre : Terracine, Bari, Tarente, Reggio, Noie, Morfetta, Suezza, Gaïazzo, Crotone, Pouzzoles, Ruvo, Sorrente, Naples, Tiisculnni , Piso, etc.

I.o cœur apostolique de saint Pierre i)ouvait se répandre jiartout Mais en eut-il le temps? En tout ras, ces traditions sont trop vénérables pour ne pas en tenir compte. Si elles se sont multipliées outre mesure ])ar une sainte jalousie, beaucoup ont leur valeur. — Cf. Ughelli, Italia sacra, passim.

'• Il est difficile de déterminer d'une manière absolue la date de l'arrivée de saint Pierre à Rome. Orose écrit : « C'est au commencement du règne de Claude que Pierre... vint à Rome. » ( Hist. YII , VI. ^ — Saint Jérôme est plus explicite : « Pierre vint à Rome la seconde année du règne

Son entrée dans la capitale de l'empire dut passer inaperçue. Il avait alors près de cinquante ans. Sa taille était moyenne, ses cheveux et sa barbe bouclés, d"a{ir("'S les plus anciennes imagos que les catacombes nous ont gardées de sa personne, et surtout d'après la médaille célèbre trouvée dans le cimetière de Domitille, et appartenant à l'époque des Flaviens'.

Rien ne le distingue et n'attire l'attention. Ce n'est qu'un Juif de plus.

De récentes découvertes ont permis à rarcbéologie cliréfienne d'établir àpeu près avec certitude le lii ii du premierséjour de saint Pierre à Rome.

Au troisième mille, sur la voie Nomentane, dans une vallée qui sépare celle-ci de la voie Salaria, était une villa appartenant à un chrétien de la famille des Ostorius. Elle eut l'honneur de donner l'hospitalité au Vicaire de Jésus-Christ. Rien d'étrange dans"^ la présence de quelques chrétiens, dès cette époque, dans i;i ville ('•tmirllt'. Les actes des Apôtres nous racontent que parmi les auditeurs de saint Pierre, à son discours après la descente du Saint-Esprit, il y av.iit des Romains : advenae romani. De plus, un courant irrésistible poussait à Rome les habitants des provinces les plus éloignées : des convertis. Juifs ou païens, avaient pu s'y fixer depuis la mort de Notre-Seigneur.

Ce lieu était célèbre dans l'antiquité sous If nom di' \\v<\YH\sad Capreas. et la légende l'entourait trime aun'ule. Là, pendant que Romulus faisait un jour la revue de son armée, un orage éclata, renvelu])|ia d'un nuage épais au milieu des éclairs et des tonnerres. C'était son apothéose. A vrai dire, on pensa que les sénateurs, blessés par sa fiei'ti'. l'assassinèi-ent et répandirent le bruit de son enlèvement au ciel. On croyait jus(|uen ces derniers temps que le marais ad Caprras occupait l'ancien champ de Mars, et précisément l'endi'oit où est bâti le Panlli('(in; mais une découverte épigraphiqne ' a n'vi'h' à M. de Rossi que le marais ad Citpri'as se tninvail an c(iiiliaii-e au Iniisième niilli' de la voie Ncmienlane. ( '.e fait •a une iiianile iin|i()iiance pdnr ap|in\er le séjoui' de saint l'ieire en ce nii'nK' lien.

En ell'el . an ti-oisième mille de la voie Nomentane, est située une catacombe ci'lèln-e dans l'antiquité et contenq)oraine des Apôtres Elle

de Claude, n {Lih. de Script. Ecrl.) — Ëusùbe de Ci'saréc do iii(''me : « La secondo amii-i- du vi'fnw de Claude, Pierre partit pour lionie. » (Cliron.) — Partant de l'Asie après les ItMes de P;l(iues dr l'an 42, Pierre a pu arriver à Home à la fin de celte année ou dans les premiers jours de l'an 43, |)eut-èln> le 18 janviei', date à laipK'lle l'Kj^lise romaine célèbre la fêle de la Chaire de saini Pierre : (Jim H o»>,i' pri>i)U»i scilil. — Seuli'ment nous pensons (pi'il t'audi'ait alors, et non sans raison, suppriiuer queltpies-uns des séjuiu's de l'apôtre dans la (îrèri' et l'Italie. Tous sont loin d'avoir la niènii' autlieiitieilé. Cf. l'tflielli, Italiu ancra.

' I>es |)ortraits de l'apiMre sont nombreu.v. On a retrouvé dans les ralaronibes plus de (|ualrevini^ls coupes de verre ornées des imai;cs de saint Pierre et de saint l'aul. (jf. Spencer et Norlhcote, Home souterr., IV, vu, et le Père darrucci , XVK 7.

- IhiUct. ilclla (,'())»u)i. Arch. miinirip. di /îoiiin, fasc. IV, anii. I8KI.

K) sAi.Ni'-l'i Kit m: m: imM i;

était connue do nos pores sous des imins i|iii jcllcnl l.i plus vive lumiri-o siu" la (jut'stion qui nous occupe. Les Actes des saints i'api.is cl Maurus,

ili'iix soldats morts poui' le Christ sous iJioclélit'U, — disent qu'ils luiiiil iiisevelis au ciiiicliùie Usiiicn. ailnymphit^ uhi Peints baplizaverat , « près des sources où Pierre baptisait ».

Cette dénoniiMaliou cKucordc ('iiiiiicniniciil .ivir le marais (ul Capreas ilécouvert par M. de Rossi'. i»i' plus, les actes publiés sous les noms de J^ibère et Damasc. œuviv du y<-' siècle, sexprimciil ('gaiement en ces ternies : « Il y avait iinii loin du cimetière deNovellale cimetière Ostrien, où le bienheureux ajjôtre Pierre avait baptisé'. »

Ces actes ont peu de valeur, nous l'avouons, devant la criliipie, pour les faits qu'ils raconlenl; mais il n'en est pas de même pour la topographie. Et en ii'alih' la ralacomlie (tstrienne se trouve bien non loin du cimetière de Novella, situé à peu de distance sur la voie Salaria.

Ce titre apostolique, si vénéral)le poiu- l'Église de Rome, reste attaché au cimetière Ostrien à travers les âges, et, au xnc siècle, l'auteiu' du Libcv mirabilium, écrivant un guide à l'usage des pèlerins de son temps, l'appelle : Cœmeterhctn fonds S. Pelri l

Du reste, un autre nom vient corroborer la preuve du séjour de saint Pierre à cet endroit. Le martyrologe Hieronymien dit, à la date du 23 janvier : Via Nomentana, ad capreas in cimiterio Majore, natalis S. Emerentianx \

Pomipmi la catacombe Ostrienne est-elle appelée la Grande? Rien en elle-ménie ne justifie ce titre d'honneur : ni sa dimension, ni son antiquité, ni le nombre de ses martyrs. Plusieurs autres nécropoles chrétiennes, contemporaines des Apôtres comme elle, sont plus vastes et ont doimé la sépulture à des martyrs plus célèbres. Tl faut donc chercher autre part la raison de ce titre significatif, et nous la trouvons dans le séjour de saint Pierre. Le souvenir de l'apôtre plane sur ce lieu et lui donne une majesté à laquelle nulle autre catacombe ne peut prétendre. Le Cœmeterium majxis a la primauté d'honneur.

Ses cryptes sépulcrales, interrogées ])ar les archéologues, ont rendu du reste un t<'moignage saisissant à la présence de l'apôtre. Seules elles ont

' Cf. Armellini, Anlichi citnitevi, p. 198.

'' 1(1. ibid. p. 108.

•' Jd. ibid. p. lOS.

* Ce ciinetiéro devint 1p. sépulcre de .sainte Eniérentlenne, la Jeune .sœur de lait de sainte Agnès, lùicore catéchumène, elle tut surprise par les païens, priant sur la tombe de .sa sœur, et si cruellement maltraitée qu'elle expira sur cette même tombe. Elle fut ensevelie par les parents d'Agnès au cimetière Ostrien, dans la célèbre crypte de la Chaire de saint Pierre. En 1876, Armellini lut écrits sur le mur de la crypte les noms de Pierre et d'Emérentienne. Cf. Antichi ciniileri, p. 2U4 et seq.

un signe carnctéristiquo ((ui n est plus un simple souvenir. ni;iis bien une preuve matérielle indubitable, nous voulons parler des chaires taillées dans le tuf, que l'on y rencontre au nombre de sept.

Parmi elles, l'une surtout était au temps de saint Grégoire le (Iraiid l'objcl (le la vénération des fidèles. Des lampes brûlaient devant elle, et les pèlerins s'estimaient heureux d'emporter comme relique quelques gouttes d'huile « de la chaire de saint Pierre ».

On conserve précieusement à Monza les papyrus sur lesquels est écrit le catalogue des reliques rapportées de Rome à Théodelinde, reine des Lombards, par labbé Jean. Or, sur un de ces papyrus, attaché à une fiole contenant quehjues gouttes d'huile, on lit : Oleo de sede vbi priu-f sedit sanctus Petrus. Signé : Johannes Abbas".

Le pieux pèlerin distingue évidemment cette chaire où Pierre s'assit d'abord à Rome d'une autre chaire. Sans cette intention, à quoi bon écrire : iibi prius sedit? Kn comparant les martyrologes, M. de Rossi trouva la justification du terme employé par le pèlerin de Théodelinde. A la date du 18 janvier, le martyrologe Hieronymien dit : Dedicatio Cathedras sancti Pétri Apostoli qiia prirmim Romse sedit.

C'est l'expression même de l'abbé Jean. Le 22 février, au contraire, Jour où se célèbre la fête d'une autre chaire, les plus anciens manuscrits de 1.1 litiiigie grégorienne disent simplement : Cathedra sancti Pétri. Et l'un d'eux, de la plus haute antiquité, ajoute : in Roma.

D'après la liturgie, nous avons ainsi au Icnips de saint Grégoire deux fêtes de la Chaire de saint Pierre à Rome, lune se célébrant le 18 janvier, l'autre le 22 fé'vrier. La chaire du 18 janvier est celle où Pierre s'assit pour la première fois; on en solennisait la mémoire à la catacombe Ostrienne; la chaire du 22 février est celle du Vatican, se rapportant au séjour (le l'iciic chez l'iiilcns, coiiiiih' nous Ir verrons: on en solennisait la iiii'iuoiic jusipiiiu vn*' ou viir' siècle (Luis l;i basilitpie vati-

' Vers le viir' sii'clc, .ipn^s lu (Icv.islalion des cataromltcs par les invasions successives îles harliares, Ii- soiivi'tiii- de la cliairr di" saint Pii'rro au ciiiii'lii'n' Oslrifu st" perdit dans la mémoire des clirétirns. On .sr trouva alors assrz prrpicxc en fan' ilc's driix IV-lcs di- la Chaire de saint Pierre à lloiiio que la lilui'j^ic coiitlMuait à solenniser. (Juelque savant clei'c eut l'idée que la seroml»' Chaire, celle du 22 février, devait être celle d'Aiitioche, et la menlion en fut faite au martyrolotie. Cependant, par une anomali(Mnrexpli(pie trop bien la force de la coutume, l'i/.w. à Itoiue, le clerffo do la l)asili(|ue valicane continua à fêter' la Chain; de cette basilique le mém<> jour 'i'i février, .sans en .savoir la raison. I,a confusion était conqiléte. Klle dura juscpi'au pontilieat de l'aul IV. Ce pape voulut ériaii'cir la ipieslion ou au moins la i-é^ulariser, et ordonna par la Imlle liie/fiihili.i . I,>17. que désormais on rélélirerait la Chaire vatic-me le IS janvier, et celle il'Antioche le 'i'I février Cette fois la Chaire ostrienne, ul>i l'rlriis prittium .icilit , était bien ootcrré-' -'l l'rrr.'ur historique délinitivement consacrée.

Cependant, depuis la découverte de la crypte île sainte l'.mérenlienne. on ■" ii.iuve l'antique

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