‹ Saint-Pierre de RomeChapitre 73 sur 106 · I.ili. jioiilif. I, p. :t(i(l. K,l, liiiclifsm · texte numérisé non relu

I.ili. jioiilif. I, p. :t(i(l. K,l, liiiclifsm

Sa sœur, la statue de saint Pierre, devint, à la chute de Philippe, propriété de l'Église romaine. Sans nul doute, le pape saint Fabien, qui avait paisiblement gouverné FÉglise sous le règne de cet empereur, qui connaissait les relations de l'impératrice et d'Hippolyte, qui avait eu ses entrées au palais impérial, ne pouvait ignorer ou dédaigner la statue du prince des Apôtres. Il dut la faire transporter dans l'oratoire d'Anaclet, près le tombeau de saint Pierre, lieu des réunions liturgiques le plus aimé et le plus fréquenté des fidèles. De cette façon, ils pouvaient vénérer dans la première cathédrale des papes le corps de saint Pierre, sa chaire épiscopale et sa statue. Elle y resta jusqu'à la paix de Constantin. Lorsque, sur les ruines de l'étroit oratoire d'Anaclet, la basilique Constantinienne déploya ses nefs majestueuses, la statue de Fhumble pêcheur de Galilée y entra comme en triomphe.

Nous avons donné à l'opinion de Bartolini et aux arguments qui lui sont favorables tout le développement et toute la force qu'ils comportent, parce que, — pourquoi ne pas l'avouer? — elle nous a d'abord séduit. Mais, malgré tout le charme qu'elle peut exercer par ses dehors spécieux, l'étude comparative des deux statues, faite sur place, nous oblige à la combattre et nous ramène simplement à la tradition Léonienne.

Tout l'effort de la démonstration de Bartolini porte en réalité sur la ressemblance artistique des statues de saint Hippolyte et de saint Pierre Les autres considérants» n'arrivent qu'au second plan, comme ces troupes de réserve qui reviennent à la charge quand le gros de l'armée est en déroute, et ne servent, la plupart du temps, qu'à assurer une retraite honorable aux soldats vaincus. Or cette ressemblance artistique est loin de s'imposer. Nous trouvons entre les deux statues des différences caractéristiques qui sautent aux yeux et brisent tout lien de famille, et, de plus, un attribut distinctif qui est une impossibilité au me siècle.

Les différences caractéristiques tombent sur l'attitude, le vêtement, la facture générale des deux statues.

Il suffit de les regarder pour s'apercevoir que la statue d'Hippolyte a une aisance d'attitude sur sa chaire épiscopale, un naturel de pose qu'on ne retrouve en rien dans celle de saint Pierre, dont la raideur de tenue, la sécheresse des mouvements, dénoncent im artiste moins souple dans sa manière que celui d'Hippolyte. La statue d'Hippolyte est romaine, la statue de saint Pierre est byzantine.

Le vêtement lui-môme en est une preuve. Hippolyte a le costume romain complet. Tel on le retrouve sur les statues des personnages de l'empire. Sa tunique plissée, sa toge drapée selon l'usage classique, quoique avec une certaine rechex'che qui s'éloigne du grand art vt sent

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