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ii Hélie de Lestrange, le 2 février 1 394, est convoqué par le roi Charles VI à une assemblée générale du clergé chargée de mettre un terme au schisme qui désolait l'Église. Thibaud de Castillon reçut de Jean XXII le titre de légat avec une mission des plus délicates auprès du roi Philippe le Bel. » Nous avons vu Raymond Péraud, cardinal de Gurck , envoyé par Innocent VIII prêcher la croisade en Allemagne et honoré de la faveur des rois de France et des Souverains Pontifes qui l'employaient dans les négociations difficiles. Michel Raoul de La Guibourgère et Guillaume Duplessis de Gesté de la Brunetière 1 dé-
1. Nommé en 1677, mort en odeur de sainteté le 2 mai 4702, il prit possession le 9 novembre 4677 , et entra à Saintes en avril 4678. « Ab hoc tempore usque ad mortem impigre exsecutus est munia omnia boni pastoris, visitando ecclesias, synodos cogendo, errantes oves ad ovile revocando; multos enim qui haeresi Calviniana polluti erant, convertit. » Dionysius Sammarthanus, Gallia christiana , II, 4 087. — C'est sous son épiscopat que Fénelon évangélisa pendant un an Marennes, Arvert , la Tremblade et la côte. « M. de Fénelon est parti depuis quelques jours de Paris et doit arriver incessamment à Saintes. Comme il mène avec lui un assez grand nombre de prédicateurs pour fournir aux missions nécessaires dans votre diocèse, nous n'avons pas jugé à propos , M. l'Archevêque de Paris et moi , ayant agi de concert en cela , qu'il fût nécessaire de vous en envoyer davantage. » Le marquis de Seignelay à l'évêque de Saintes. Versailles, 4 4 décembre 4 685. — « Nos illustres missionnaires que le Roy envoyé sur vostre coste sont partis du 6 de ce mois , et doivent
ployèrent la plus grande énergie pour relever nos édifices religieux renversés par les protestants , ou réparer dans les âmes les maux qu'ils y avaient causés. Et quand Louis XIII et le cardinal de Richelieu voulurent créer l'évêché de La Rochelle, formé en partie aux dépens de celui de Saintes, et qui pour cela chaque année lui rendait l'hommage de vassalité,
par conséquent estre bientôt icy. Je ne sçay si nous commencerons par la Tremblade ou par Ma rennes. Je croy la Tremblade plus pressée ; mais on me dit que vostre prédicateur d'advent a perdu son crédit et qu'on ne va plus au sermon. Mandes-moi vostre advis , Monsieur , incessamment où vous croyés qu'il faille aller le premier; j'en confereray avec eux, et cependant donnés ordre qu'on leur prépare des logements et ce qui sera nécessaire pour l'ustensile. Ils payeront et ne seront à charge à personne. Response au plus tost, je vous prie. Je salue toute vostre famille, et suis, Monsieur, votre très-humble et trèsafFectionné serviteur. — -J* Evesque de Saintes. » Saintes, ce 14 décembre 4685; Lettre à M. de Chastellars à Marennes. — « J'ai rendu compte au roi du contenu en la lettre que vous avez pris la peine de m' écrire, le 14 de ce mois. Quoique Sa Majesté soit persuadée de la pureté de la doctrine de M. l'abbé de Fénelon et des missionnaires qui l'accompagnent , elle a été bien aise d'en être encore assurée par vous du bon effet que cette mission a produit dans les lieux maritimes....» Le marquis de Seignelay à l'évêque de Saintes. Versailles, 28 février 1686. — « Sa Majesté n'entend pas que l'on tourmente les nouveaux convertis par des garnisons et par des amendes , comme vous me marquez qu'il se pratique dans votre diocèse, et surtout pour les obliger de se confesser et de communier. Il faut, s'il vous plaît, que vous aver-
ce fut un neveu de Michel Raoul et un évêque de Saintes, Jacques Raoul, qui fut signalé par saint Vincent de Paul lui-même à la reine régente , comme le plus propre à assurer dans la vieille et indépendante cité huguenote le triomphe définitif du catholicisme
Combien de Saints l'Eglise Santone n'a-t-elle pas donnés ! Outre ses onze Evêques nommés plus haut, citons saint Vincent, disciple de saint Eutrope, apôtre
tissiez les intendants de ce qui se passe sur cela, afin qu'ils y donnent ordre. Il m'a toujours paru , par ce que M. Arnoul (intendant de la marine à Rochefort) m'a écrit , qu'il a pris le parti de la douceur, autant qu'il lui a été possible. Je ne laisse pas de lui en écrire encore.... » Ici., 4 mai 1686. — « J'ai appris par le sieur Mauclerc (Antoine Mauclerc, contrôleur de marine , puis commissaire général à Rochefort, mort le 10 juillet 1703) , que vous avez donné les ordres nécessaires pour empêcher que les prédicateurs ne menacent dans leurs sermons les nouveaux convertis de faire venir les dragons ; et si , après cela , il s'en trouvait encore quelqu'un qui , par un zèle indiscret , tienne de semblables discours, l'intention du roi est que vous lui interdisiez la chaire pour éviter le mal qu'une pareille conduite est capable de causer...» Id. , 8 décembre 1686.— Voir, dans la Correspondance de Fénelon , les lettres datées de Marennes et de La Tremblade ; et aussi Oraison funèbre de M. de la Brunetière du Plessis de Geste , par le P. Voisin , jésuite ; Saintes, 1702 , in-4.
1 . Le nombre des protestants, à La Rochelle, est d'environ 600. A Saintes, il est de 128. Le département en a 16863 sur 479339 habitants. — Jacques Raoul, seigneur de la Guibourgère, conseiller au parlement de Rretagne, en 1626, mourut le 15 mars 1661. Sa crosse en ivoire est chez les Trappistes de la Meilleraye.
du Bordelais, martyr et premier évêque de Dax 1 ; Sainte Eustelle 2 fille spirituelle de saint Eutrope, et peut-être sainte Gemme toutes deux martyres et vierges ; saint Saloine % qui versa son sang dans les persécutions des empereurs romains, et à qui fut
1. Du Saussay (il est le seul) le dit nettement Saintongeai* , page 1108. « Aquae Auguste seu Tarbellae in Novempopulaniâ , natalis sancti Vincentii, Aquisium apostoli,hoc est primi sacerdotis et martyris , qui origine Santoneksis , divino lumine illustratus, totum hune tractum ad Christi cultum convertit...» Decimo tertio Kalend. maii , 19 mai. — Les Bollandistes en font mention au 1er septembre, mais n'indiquent point sa contrée natale. C'est évidemment lui qui fut le patron de saint Vincent de Paul , né , comme on sait , en 1576, au village de Pouy , à sept kilomètres de Dax (Landes).
2. Sainte Eustelle, vierge et martyre, 21 mai. Du Saussay, 1296. — Acta Sanctorum, mai V, 21 mai et 30 avril.
3. Sainte Gemme; sa fête est au 20 juin. Du Saussay, 370 , et 16 août, 519. — Acta Sanclorum Junii V, p. 8. — On ignore le lieu de sa naissance. Quelques-uns la font sain ton geoise. L'église de Brisambourg lui est dédiée , et une commune porte son nom.
4. Saint Saloine, Sèroinc , Seronius , Seraunius , 20 août. Du Saussay, 533. — Acta Sanctorum AugustilV , p. 26. — (l allia , II , 1055. — « Le iour de sainct seroine, qui est le vingtiesme daoust, Ion alloit , on temps que leglize dudict lieu nauoit pas este mise par terre, dire la grande messe... Mais despuis que leglize a este mise par terre, Ion ny va plus qu'en procession sans y dire la messe; mais seulement a la porte dieelie eglize Ion y dit ung respond dun martir aufe loraison. Mais a présent que les chemins sont rompus par la ou Ion y alioit , non ni va plus. » F. Tabourin , Mémoires manuscrits , p. 255.
dédiée une des plus vieilles églises de notre ville où Charlemagne vint prier et se faire lire les actes du généreux confesseur ; saint Vaize mis à mort par les Visigoths ariens1 ; l'évêquede Bordeaux saint Léonce, né à Saintes qui construisit tant d'églises dans sa province 2 ; puis le bienheureux François Miram-
1. Saint Vaize est fêté le 47 avril. Du SAussay, 213.— Henschenius, ActaSanctorum Aprilis II, page 423. — Saint Pallais. de concert avec les fidèles, lui éleva une église et construisit un monastère à l'endroit où reposent ses restes. « Gum mérita Sancti ad ejus tumulum procrebescerent , quâcumque inûrmitate quis detineretur, veniens ad tumulum, mox sanatus est. Quo cognito , pontifex qui a rege Francorumapud Santonas episcopatum acceperat inito cum civibus consilio, super ipsum corpus sanctum dedicaverant ecclesiam, et ibi abbatem cum monachis ordinaverunt. » Henschen. Ici. — Saint- Vaize n'est plus qu'un village entre Taillebourg et Saintes. L'église paroissiale subsiste encore ; le prieuré est un souvenir, attesté par quelques débris. La tradition veut que le corps de saint Vaize y soit encore enfoui.
2. Saint Léonce, né en 510, de parents illustres, menait une vie si pieuse que, quoique marié, il fut éluévêquepar les habitants de Bordeaux. Gallia Cfiristiana, II, 793. — Du Saussay, 15 et 17 novembre , pages 883 et 1 1 96. — A Bordeaux sa fête est le 4 5 novem • bre; à Saintes, le 17. C'est lui qui, en qualité de métropolitain et de saintongeais, accueillit saint Malo. Il acheva l'église dédiée à saint Vivien, commencée par Eusèbe, continuée par Emerius, évêques de Saintes, et de concert avec Placidine, son épouse, l'orna magnifiquement. Il reconstruisit la basilique de Saint-Eutrope qui tombait en ruines et celle de Notre-Dame. Voir Venantii Honorii Clementiani Fortunati, lib. I, 42, 13, 14, 15, etc.
beau1 franciscain, qui dans la prise de Saintes fut percé de coups par les hérétiques, et le P. Etienne Jamois, carme et docteur en théologie , né à La Rochelle, massacré aussi par eux à Aulnay 2 : martyrs, dont les noms, inconnus à tous les biographes locaux, sont ici pour la première fois rappelés ; saint Martin 3 et
\ . Gallus erat qui, ab hereticis urbe Santonica capta, velut alter D. Petrus apostolus, a quatuor quaternionibus militum hostis conficiendus in médium productus, pugionibus punctus inleriit. Fortes certe milites qui tanto apparatu in tam inbecillem ac juvenem hominem, sed probum, sed pium, sed in fide qui vincit mundum victoriosum ac invincibilem sœvire non erubuerunt, ut sic religioni catholicae, si possent, detrectarent.
2. Stephanus Jamois, natione Gallus, patria Rupellensis Carmelita, doctor theologus, vir Deo plenus, meditationibus sacrisjugiter intentus, régula? suae perfectionem intègre assecutus, in haeresiam calvinisticam fortiter insurrexit. Rupellensis Prior creatus , dum Rupella Alnaium progreditur , ab haereticis pressus , ad vestigia occupatus, et captus, quia fidem catholicam abnegare renuit, ab illis crudelissime neeatus est in aula conventus Alnensis, an. 1568. »
3. « Apud Sanctonas beati Martini abbatis, discipuli sancti Martini Turonicae urbis episcopi, qui in monasterio quod aedificavit in pace quievit » Beda, Martyr olog.,1 decembr. — DuSaussay, Martyrolog., 7 décembre, pages 978,8 mai et 7 mai, pages 4 1 16 et 1248. — Grégoire de Tours, De gloria Gonfcssor. G. 57. — Baronius, Martyrolog, romanum, 7 décembre.— Le Cointe, Annales ecclesiasdci Francorum V, 387; ann. 752. — Galtia H, A 092.— Dans quel lieu fut bâti le monastère où saintMartin repose? Grégoire de Tours dit : « Apud vicum urbis ipsius. » Le Cointe le nomme Saliginense :
saint Eutrope , abbés 1 , disciples de saint Martin de Tours ; et le bienheureux Jean de La Rochelle , confesseur au XIIIe siècle, qu'on fête le 3 février2. Nous ne pouvons oublier saint Macout ou Malo ,
« Praeter illud monasterium (Ogiensein Ogia insula) sub Meroveadis regibus in Diœcesi Santonensi floruit Saliginense, cujus conditor a Gregorio Turonensi laudatur sanctus Martinus abbas. » C'est Saujon. ?I1 y avait, en effet, à Saujon une église dédiée à saint Martin. Ce passage du Clironicon Francorum apud Les Normands dans le JSoyonnais, page 98, prouve que Saujon possédait bien le corps de saint Martin : « En l'église Saint-Martin de Sougio fut rebos li trésors enunpoiz qui est en la né dau motier, e VII cors sainz. Igi est sains Martins e sainz Arlodis. » C'est-à-dire : « Le puits de la nefdu monastèrede Saujon reçut le trésor de l'église avec sept corps saints, parmi lesquels se trouvait celui desaint Martin. » Saint Pallais fit la translation de son corps pour lui donner une sépulture plus convenable : « Loco movit et in decentiorem locum transtulit », dit Mabillon, Annales Benedictini, lib. VÏI, § lxviii, Tome I, page 205. — Il y a un autre Martin, abbé, aussi disciple de saint Martin de Tours, qu'on appelle saint Martin de Brives. Voir Grégoire de Tours. D. Massiou, Histoire de la Sainlonge, I, 262, s'empresse de les confondre pour pouvoir ajouter : « De tous les miracles opérés par l'abbé Martin, le plus étonnant, sans contredit, est le privilège qu'eut ce bienheureux de reposer, après sa mort dans deux tombeaux à la fois. »