‹ Saint-Pierre de Saintes, cathédrale et insigne basilique. Histoire - documents - brefs - indulgenges - prièresChapitre 8 sur 52 · Saint Eutrope est fêté le 7 décembre. — Du Saussay · texte numérisé non relu

Saint Eutrope est fêté le 7 décembre. — Du Saussay

2. « Beati Joannis a Rupella , confessons et doctoris eximii, qui zelo paupertatis et regulari observantia maxime emicuit. Artuhus a monasterio, Marlyrolog .Francicanam, 49.— Wadinghus, Annales Minoiam, II, anno 4242, § 2, page 608.

évêque d'Aleth, qui, fuyant la persécution, fut accueilli par l'évêque Léonce et les habitants de Saintes 1 . Saintes partage avec Rome l'honneur de lui avoir élevé une église, Santo Mauto ; de plus, c'est sur notre territoire qu'est mort et repose à Jonzac où il

1. Maclovius, Macatus, Macules, Macloux, Macoux, Macoult, Malo, Mahout. — Du Saussay, 43 novembre, page 884. — « Iay veu aultresfois et auant que leglize de sainct macoul feust mize par terre , que le ieudy dapres pasques Ion alloit en procession au dit lieu de sainct macoul y dire la grande messe. le le say pour auoir a ce jour la, estant enfant de cœur, este plusieurs années digne chez ung mien compagnon que Ion appeloit quintin ducreux auec nostre maistre qui nous i conduisoit, et après la procession arrives a sainct pierre et mes autres compagnons enfans de cœur conduits a la psallette par nostre sou maistre qui sappeloit savinien simon, nostre dit sou maistre nous reconduisoit a la maison de la psallette auec nos autres compagnons ; et a ce iour la nous ne faisions point de leçons. — Comme aussy Ion va en procession la vigille et iour de sainct macoul, sauoir la vigille après vespres dites a sainct pierre, la ou on y va dire aussy vespres, et le iour de la feste Ion y va dire la grande messe ; pour les quelles processions faire le prieur du dit lieu doit au chapitre et aux choristes douze liures. » Tabourin, f° 256. — « Le ieudy dapres pasques Ion alloit en procession a sainct macoul et y disoit on la grande messe et ni auoit point de sermon comme a sainct eutroppe, labaye des dames et a sainct vivien, mais a présent on ni va plus (depuis 1568), parcequil ny a point deglize et dailleurs que la porte esguierre par ou Ion sortoit do la ville pour aller au dit lieu de sainct macou est condampnée et les chemins tous rompuz et gastez. » Ïd. 217.

prêchait l'évangile, saint Anthême IVe évêque de Poitiers; c'est aussi à Saintes 2 que décéda et fut

4. Gallia Christiana, II, 4142. — Du Saussay, Martyr. Gallic. page 339, met au 6 juin un saint Arthème, Arthemius, qu'il dit honoré aussi en Saintonge : « In Santonibus sancti Arthemii Confessons : qui ex versuta vulpe factus agnus simplex mira? pietatis et sanctimoniae editis testimoniis , ac mandatorum Dei via féliciter excussa, su<e justiûcationis, quaefide et opère consummata est, praemium a Deo recepit. » Le P. Daniel Papebrock, Acta Sanctorum Junii, I, 624, parle, au 6 juin, d'un saint Arthème , martyrisé à Rome, sous Dioclétien qui mourut en 313. Il n'a rien de commun avec celui d'André Du Saussay. Le savant évêque de Toul a-t-il confondu les deux personnages ? La Biographie Saintongeaise Ta fait assurément, qui met saint Anthème de Jonzac « dans le IVe siècle » et le donne pour compagnon à « Charlemagne », mort en 814. — Au 3 décembre, le Martyro'oge Gallican dit, page 966 : Natalis sancti Anthemii Episcopi Pictaviensis et Martyris ac sociorum... Garolus Magnus... corpus... in Galliam reduxit, atque in vico de Jonzaco agri Santonensis honorificentissime condidit, in Ecclesia sanctorum Martyrum Gervasii et Prolasii... » Contrairement à l'évêque de Toul , Henri-Louis Chasteigner de la Rochepozay, évêque de Poitiers, fait mourir son prédécesseur en Saintonge même, et non en Espagne, ce qui expliquerait mal l'inhumation à Jonzac : « 3 Decembris. Anthemius, vulgo Sainct Anthesme, obiit in Xantonibus, dum Dei verbum disseminaret, et apud Jonzacum jacet. Breviarium Xantonensis Diœcesis solemni officio illius memoriam recolit. » Notœ ad Litanias Pictonicas, apud Labbe, II, 728.

2. « Apud Sanctonas in expeditione regia positus defungitur. » Adonis archiepiscopi viennensis Breviarium chronicorum, œtas sexta. Phrase qu'a répétée Hugues de Flavigny dans sa Chronique de Verdun, apud Labbe , Nova biiio, I, 118 : « Agobardus apud

enterré, en 840 un évêqae de Lyon, célèbre par ses luttes contre l'hérésiarque Félix d'Urgel, contre les Juifs,, contre les duels et les épreu ves judiciaires %

Sanctonas in expeditione regia defungitur »; après lui, Charles le Cointe, Annales eccl. Francor. VIII, 797, ann. 840, § XI : « Octavo Idus Junias obiit apud Sanctonas Agobardus Lugdunensis archiepiscopus in expeditione regia » , qui a tort, § XVI, page 600, d'interpréter Sanctonas, nom donné par tous les chroniqueurs du temps à la ville de Saintes, par in agro sanctonico, en Saintonge.

1. C'est le millésime indiqué par les historiens, sauf Hugues de Flavigny qui écrit par erreur 841 . Honoré de la plus entière confiance de Louis le Débonnaire, contre lequel il avait jadis pris part pour Lothaire révolté, Agobard accompagnait l'empereur dans une expédition en Saintonge. Ce prince voulait établir roi d'Aquitaine son fils Charles le Chauve, à la place de Pépin II que les Aquitains, à la mort (Poitiers, 4 3 janvier 838) de son père Pépin 1er, fondateur du monastère de Saint-Jean d'Angély, avaient élu pour souverain. L'expédition eut lieu en 839. Louis le Débonnaire mourut le juin 840, peu de jours après l'archevêque de Lyon. La Chronique de Saint-Bénigne de Dijon, apud Labbe , I, 293, confirme cette date : « Hoc anno sanctae mémorise Agobardus Lugdunensis episcopus obiit 8 idus Junii », adoptée aussi par J. Mabillon, Annales Benedictini, II, 614, anno 840, § XXI.

2. Ses manuscrits furent découverts chez un relieur prêt à s'en servir comme parchemin, et sauvés par les jurisconsulte Papire Masson qui les publia en 4605, in-8o, à Paris, chez Denis du Val. Ils furent édités une seconde fois à Paris, en 1665, par Etienne Baluze qui appelle l'auteur un grand homme : « Plane magnum virum fuisse persuasum habeo », et reproduits , tome XIV, 235 par la Maxima bibliotfieca velerum Patrum.

saint Agobard 1 ou Aguebaud 2, fort mêlé aux affaires de son temps 3, « homme d'un talent remarquable, très-savant pour son époque, versé dans la théologie, la patristique , la liturgie et le droit canon, infatigable adversaire des superstitions », comme parle la Gaule chrétienne 4. Enfin notre église n'a-t-elle pas lieu d'être fière, non-seulement de ses prêtres qui mouru-

\. Saint Agobard , Agobardus, Agobo, Aguebaud, est fêté le 6 juin d'après le martyrologe de Lyon : « Agobardi episcopi et confessons » ; d'après celui de Saint-Claude : « Depositio Agobardi Lugdunensis episcopi »; d'après les Ac ta Sancl or uni Junii l, 736; d'après du Saussay, 340 : « Célébrât hodie Lugdunensis ecclesia felicem depositionem beati Agobardi a rchiespicopi et confessons ».

2. C'est sous le nom de saint Agobo que Théophile Raynaud, de a Société de Jésus, le met dans son catalogue des saints Lyonnais : « Clarum miraculis Lugdunensis Eclesia cœlitum honoribus prosequitur et calendario suo insertum 8 Idus Junii duplicis officio ritu célébrât. » L'Histoire littéraire de la France dit, IV, 571 : « Son église l'honore encore aujourd'hui comme un Saint, que le petit peuple nomme saint Agobaud. » Et la Biographie universelle de F.-X. Feller ajoute qu\< il est honoré à Lyon d'un culte public, ainsi qu'eu Saintonge où il fut appelé saint Aguebaud ». Nous ne connaissons aucun monument, aucune trace du culte, même du nom de saint Aguebaud, en Saintonge.

3. « Il n'a pas eu moins de part aux affaires de l'Eglise de son temps qu'à celles de l'Empire. » Louis-Ellies Dupin, Histoire des controverses e ce lé s. du IXq siècle, p. 474.

4. « Ingenio pollebat Agobardus...), Gallia christiana , IV, 58. — En 1869, un chanoine du Chapitre de Lyon, M. l'abbé Chevalard, professeur à la Faculté de théologie, a publié(Lyon, chez Josserand, in-8°, de 400 pages) : Saint Agobard, archevêque de Lyon, sa vie et ses écrits.

rent dans la longue et cruelle agonie des pontons, mais encore de ces centaines d'ecclésiastiques qui , arrachés de tous les points de la France à leurs autels souillés , dorment dans l'Ile Madame déjà nommée l'Ile des Prêtres, et qui bientôt sans doute s'appellera l'Ile des Saints ? L'accueil empressé fait à Saintes par tous , municipalité et particuliers, riches et pauvres, aux 228 restes des 800 déportés, aux derniers débris de ces énergiques confesseurs de la foi, que chacun, pour ne les point laisser en prison , prit chez soi, couverts d'ulcères, rongés de vermine, et consola, guérit, traita comme il eût fait un père, ne donne-t-il pas à la cité si charitable, si dévouée, le droit de revendiquer une légère part dans la gloire de ces illustres et sympathiques victimes, qui trouvèrent dans son sein une patrie, les soins et les affections de la famille, au point que plusieurs s'y fixèrent 1 ? Et comme pour récom-

\ . « Je dois publier hautement à la gloire de la ville de Saintes qu'elle est aussi religieuse que bienfaisante, et que sa bienfaisance elle-même n'est que le fruit de sa religion, ou plutôt n'est que sa religion elle-même, mise en exercice et réduite en pratique. Jouis du prix de tes dons, religieuse et bienfaisante cité. Il ne tiendra pas à moi que ton nom révéré ne devienne célèbre parmi les noms des plus illustres villes de ma patrie. » De la Biche de Reignefort, Relation Irès-dê taillée de ce qu'ont souffert pour la religion les prêtres.... dans la rade de Cîlc d'Aix, 2e édition, p. 132. — « Vertueux habitants de Saintes, peuple compatissant et généreux,

pense à la généreuse cité, quelque temps après, naquit.au faubourg Saint-Pallais, Marie-Eustelle Harpain

puisse toute l'Église catholique être informée des aumônes que vous avez versées avec tant de profusion dans le sein de ses prêtres souffrants, et les célébrer avec nous à jamais ! » Marie-Bon-Ph. Bottin, curé de Saint-Sauveur de Lagny, pages 40 et suivantes, Récit abrégé de ce qu'on souffert les prêtres détenus à bord des vaisseaux.... pendant les années 1794 et 1795. — « La généreuse ville de Saintes (mon cœur si longtemps flétri éprouve les tressaillements de la plus vive allégresse lorsque je prononce ce nom chéri), la généreuse ville de Saintes nous fait oublier tous nos malheurs. » Antoine Lequin, Descriptio liarum quas perpessi sunt œrumnarum sacerdotes Ghristi e provincia Elaveris, page 21 ; et ces vers, page 38, sur l'air : Que ne suis-je la fougère :

Bannissons toutes nos craintes :

Bientôt nous serons contents.

Puisque nous allons à Saintes,

C'est la fin de nos tourments.

Ville affable et généreuse, C'est peu de sécher nos pleurs...

Voir aussi Journal de la déportation des ecclésiastiques du département de la Meurthe dans la rade de Cîle d'Aix, près de Rochefort, pages 97 et suivantes. Enfin citons ces quelques lignes des remerciements adressés aux habitants de Saintes par l'abbé de Féletz, le futur académicien, au nom de tous ses codétenus, et qui furent affichés dans toutes les rues de la ville : « Jouissez, respectables citoyens , jouissez de la douce satisfaction de nous avoir comblés .de biens. Nous allons nous répandre dans toute la France et faire connaître en tous lieux la générosité chrétienne dont nous avons été l'objet. Nos amis et nos parents attendris, en nous recevant dans leur sein, s'uniront à nous pour bénir la ville de Saintes qui nous a conservés à leurs plus ardents désirs. »

ce dont les écrits, les vertus, la réputation de sainteté toujours croissante sont en ce moment l'objet d'une enquête qui sans doute aura pour résultat sa béatification, et la canonisation de cette aimable servante de Dieu 1 » .

Ainsi l'Église de Saintes, toujours féconde, n'a cessé, durant tant de siècles , de produire des âmes pour le ciel. Ainsi le xïx6 siècle, comme les siècles précédents, peut inscrire des noms dans le martyrologe. Ainsi il nous est permis de dire que, si dans les annales de l'histoire, il est des noms plus éclatants que le sien , il n'en est pas peut-être qui soit plus illustre aux yeux de la religion et devant Dieu.

\ . Née le 20 avril 4 81 4 , morte le 29 juin 4 842 ; fille de René Harpain, couvreur, et de Marie Picotain. — Voir la Biographie Sainlongeaise ; et Cause de la béatification et canonisation de la servante de Dieu , M arie-Euste lie Harpain, vierge séculière de la paroisse de Sainl-Pallais de Saintes ; Cognac, imp. Morteuil, 4869. — « Fleur admirable de virginité et de sublime oraison... amante séraphique de Jésus-Hostie », dit encore M. l'abbé Grasilier.— Il a été publié en deux volumes in-12 (2e édition) chez Régis Ruffet, à Paris, en 1866, le Recueil des écrits de Marie-Eustelle,

née à Saint-Palais du Saintes le \ 9 juin 181 Zi Déplus, le P.

Claudius-Maria Mayet, prêtre mariste, a publié chez le même éditeur, en 1868 (2e édition), l'Ange de ï Eucharistie ou Vie et esprit de Marie-Eustelle, deux volumes in-12, approuvée par le cardinal Villecourt.

Si quelque gloire appartient à l'Église Santone , comme nous croyons l'avoir montré , il en doit retomber quelques rayons sur l'édifice qui la représente, sur le monument qui en est l'image vivante , sur le temple qui la personnifie pour ainsi dire, en un mot sur la cathédrale, église mère et maîtresse du diocèse , et centre de la foi pour la province. Mais ces murs, ces voûtes, ces piliers , ces pierres, outre le prestige qui leur vient du dehors, ont par euxmêmes leur célébrité, et sont dignes du respect de tous, ainsi que nous l'allons voir.

La cathédrale de Saintes est dédiée à saint Pierre. Fait singulier et qu'il faut signaler : c'est la seconde église qui ait été dans tout l'univers mise sous le vocable du prince des Apôtres. L'Église de Saintes se rattachait ainsi dès le principe à l'Église Romaine, en lui prenant son patron. Elle attestait par un monument qu'elle était bien une Église apostolique; et cela parut tellement remarquable au Pape Nicolas V, que, par une Bulle datée de Rome , la veille des nones de décembre (4 décembre) 1451 , et destinée à exciter les dons des fidèles pour la reconstruction de notre cathédrale, il citait ce fait comme un motif

de largesses plus considérables : aOlim a suo primordio secunda in toto orbe sub honore dicti principis Apostoiorum » 1 . Si le Souverain Pontife trouvait là un titre de gloire, nous ne pouvons pas ne pas en être fiers nous-mêmes., et ne pas rappeler avec un légitime orgueil ce témoignage de la foi de nos pères et de leur union au Siège de Rome.

C'est un saint, c'est un évêque, saint Vivien, qui éleva cette basilique où il devait établir le siège épiscopal. Mais l'idée ne venait pas de lui. Il en avait reçu l'ordre dans une vision 2, comme si Dieu eût pris soin lui-même de l'édifice sacré. Saint Vivien obéit. La basilique s'éleva sous le nom de Saint- Pierre, et la chaire de Févêque y fut dressée sur un nouvel ordre venu du ciel 3.

Toutefois ce premier temple ne fut pas construit à l'endroit qu'occupe la cathédrale actuelle. Dans les persécutions qui sévissaient de temps en temps

1. Raynaldi , Annales ecclesiastici, XVIII, anno 1451 , § 9. « Pontificem hoc anno pro instaurando perducendoque ad culmen Xantonensi templo , cujus magna moles vetustate collabebatur, praemia indulgentiarum stipem id opus collaturis impertiisse. »

2. « Praesul Bibianus basilicam in honore beati Pétri Apostoiorum principis construere angeliea revelatione ammonetur. » Marte ne et Durand , Veterum scriptorum amplis sima coltectio, VI , 773.

3. « In qua ut pontificalem sedem constituât idem praesul misso a steliifeio cardine legato imperatur. » Id,

contre le catholicisme, un nombre considérable de chrétiens furent massacrés, et leurs corps jetés dans un des nombreux lacs que formait la Charente. Ce fut la place choisie pour bâtir une nouvelle église. Le vocable de Saint-Pierre lui fut transféré , et le nom de saint Vivien fut donné sans doute à l'église fondée par lui, où son corps, enseveli parles évêques accourus pour la consacrer , opérait chaque jour des miracles et qui fut reconstruite au vie siècle par l'évêque de Bordeaux , saint Léonce de Saintes : « Constructa , dit encore Nicolas V, super quemdam lacum, ubi anlca plurima sanctorum Martyrum corporaprojecta fuere2. » L'église actuelle, bâtie sur pilotis, et dont les caveaux sont inondés dans les crues de la Charente, confirmerait matériellement, s'il en était besoin, la parole du Souverain Pontife 3.

1 . Vita sancti Bibiani santoncnsis episcopi, apud D. Martene, VI, 758, § 12.

%. Raynaldi , Annales ecclesiastici , 1451 , §9.

3. « Aultresfois i ay passe auec mes compagnons pour aller de la dite porte qui estoit vers le simetiere dans les fons dont est mention cydessus (espace compris entre les marches de la porte et les marches du chœur) en ung basteau , a cauze que les eaux estoient en ce tempts la. Et crois que cest en lannee mil cinq cens soixante que les eaux alloient par toute la rue des chanoines.... de fasson que messieurs qui se tenoient en ceste rue pour aller a leglize y alloient par des pons qui estoient en leur logis. » Tabourin , folio 29Zi verso.

Saint Pallais ; le grand bâtisseur de monuments religieux , qui éleva des temples à saint Martin de Tours, à saint Vaize , à saint Etienne , basilique devenue plus tard Saint-Pallais, qui répara le tombeau de saint Martin de Saintes, fit la translation de saint Eutrope et de saint Léonce y saint Pallais construisit la nouvelle église de Saint-Pierre qu'il dédia aux saints apôtres Pierre et Paul, et aux martyrs saints Pancrace et Laurent. Elle n'avait pas moins de treize autels. Pallais envoya au Pape saint Grégoire le Grand le prêtre Leuparique, qui lui rapporta des reliques de ces saints pour les quatre autels non encore dédiés \ Or ce lieu, sanctifié par les corps de tant de martyrs, ornés des reliques de tant

4. « Veniens lator prœsentium Leuparicus presbyter vester insinuavit nobis Fraternitatem Vestram Ecclesiam in honorem beati Pétri et Pauli Apostolorum , necnon Laurentii atque Pancratii Martyrum construxisse , atque illic tredecim altaria collocasse, ex quibus quatuor necdum dedicata comperimus remansisse, ob hoc quod supradictorum sanctorum reliquias illic collocare, Deo annuente , disponitis. Et quia reliquias sanctorum Pétri et Pauli, necnon Laurentii atque Pancratii Martyrum cum veneratione praebuimus , hortamur ut eas cum reverentiâ suscipere et collocare auxiliante Domino debeatis ; provisuri aute omnia ut servientibus ibidem iion debeant alimoniarum déesse suffragia. » Sancti Gregorii PaptE I cognomento magni Opéra omnia , II, 828, lib. VI, episîolu XLIX : Gregorius Palladio episcopo Santonis Gallice.

de saints et digne de vénération à l'origine, ne mérita pas moins le respect dans la suite. Le sang semble appeler le sang Le sol de notre église fut rougi en 1 568 et 1 570 par le massacre des prêtres, victimes des fureurs calvinistes, sans compter les laïcs 2 ; et chaque année, en mémoire de ces martyrs, au retour de la procession de la Fête-Dieu, on

1 . En lannee mil cinq cens soixante huit, la diteville feutsurprinze par ceux de la religion prétendue reformée, et ce par ung enfant de la ville que Ion appnloit maizeron, autrement buhort, lequel fist un grand gast en la ville, et feust la cause de la mort et masacres de plusieurs prestres et daultres gens eatholicques.... qui furent tous masacres, dont les ungts feurent gestes dans des puis et les

aultres dagues et gettes dans la riuiere » François

Tabourin, Mémoires manuscrits, folio 268 verso. — Tabourin était, en 1565 , enfant de chœur à Saint-Pierre. C'est donc un témoin oculaire. « Le premier des enfans de cœur de mon temps estoit toussaints gilliet, le second pierre chauldrier, le troiziesme jehan esmard , le quatriesme françoys tabourin , le cinquiesme quintin ducreux, le sixiesme françoys seuillet, le septiesme nicollas begasseau. Voylales sept enfans de cœur que nous estions quand le roy (Charles IX) fit son entrée en ceste ville. » Folio 232, verso.

2. En 1570, « la vigille de la magdelaine, la ville feust assiégée par ceux de la religion prétendue reformée, laquelle feust prinze par eux.... La ou ils tuèrent encore beaucoup de gens deglize, et piindrent quelques chanoines prisonniers; et lors Ion getta leglize des iacobins par terre, enssmble tous les logis de messieurs les chanoines et choristes. » François Tabouri , Mëm. manusc, folio 270. — Et ailleurs : « Hz firent des meurtres cy estranges et

chantait un Libéra sous le clocher, lieu de leur supplice. Bientôt, nous en avons l'espoir, un monument s'élèvera dans cette cathédrale en l'honneur d'un autre martyr, Pierre-Louis de La Rochefoucauld, son dernier évêque , et il attestera que notre Eglise est bien la fille d'un martyr, que même de nos jours en Saintonge on sait sacrifier sa vie pour le Christ , et aussi que nos populations savent comprendre, admirer, glorifier le dévouement à la religion , le respect du serment, et l'attachement au Siège apostolique.

Pépin, puis Charlemagne dont on voit encore la statue au contrefort gauche du portail enrichirent

cruelz quil nest pas possible de plus grandz ; car apre-, auoir prins deux prestres vicaires de la dite église sainct pierre prisonniers , lungs desquels auoit plus de quatre vingts ans, que Ion appelloit messire micheau magneron un habitant du fauxbourg des dames , huguenot, qui sapeloit boudault... , le dagua et puis le getta dans la riuiere ».... L'autre qui « estoit vicaire aussy de sainct pierre et cure de montpellier, qui nous monstroit estant enfant de cœur de la grand messe » , fut jeté à l'eau avec une corde au cou , à l'arceau du pont le plus rapproché de la ville. Voir le récit de Tabourin dans Y Epigraphie santone , page 261.

\. « Il y auoit contre le clochier limage ou statue de charles magne , qui aussy nauoit point este mize par terre aux dits second troubles , et auoit demeure en son entier pendant ces guerres la et aultres despuis aduenues, fors que en lannee mil cinq cens soixante huist quilz mirent leglize par terre , Hz voulurent mettre la dilte ymage par tèrre, ce quilz ne purent faire encores

magnifiquement cet édifice *. On dit même que c'est à eux qu'il doit sa fondation a , tradition sans fondement^ que n'eut pas manqué de rappeler le pape Nicolas, s'il l'eût crue vraie3. Les Normands, ces terribles dévastateurs, ne purent le détruire, repoussés par une force mystérieuse , raconte un contemporain 4. Il en fut de même pour Saint-Maeout 5, pour Saint-Saloine , pour Saint- Vivien 6 et pour Saint-

quilz eussent ataches des boeufs pour la mettre par terre , et la rompirent par la moitié, comme on la voit a présent. » Fr. Tabourin, Mém. mss., f° 293.

1. « Per inclytae recordationis Garolum Magnum Regem Franciae magnis redditibus et facultatibus opulentissimis dotata fuisse dicatur. » Bulle de Nicolas F, apud Raynaldi , XVIII , 1451 , § 9.

2. « Ecclesia major, quae legitur fundata a PipinoetGarolomagno, S. Petrum patronum habet. » Dknys de Sainte-Marthe, Gallia Chrisliana , II , 1053.

3. Voir, Bulletin litigieux du diocèse de La Rochelle , 3 août 1867, p. 54, 4e année, notre mémoire Charlemagne et Saint-Pierre.

4. « En l'iglisadeSaintesfitDe grantmiracla : quar oncNormanz ne se vit en l'iglise, ne on cimentire ne puec maufaire. » peignédelacourt , Chronicon Francorum, apud Les Normands dans le Noyonnais, page 97. — Saintes fut pillée et rançonnée à diverses reprises par les Normands dont les barques légères remontaient facilement la Charente. En 845 la ville se racheta à prix d'argent.

5. « En l'iglise Saint Macou fu seveliz li tresorz soz l'outer et onc Normanz mau n'i fit. » peigné-delacourt, ibid.

(3. « En l'iglisa Saint Saloina midunt son cors most en parfont

Aignan1. Mais ce temple, que les sectateurs d'Odin n'avaient pu détruire, fut brûlé en 1026 par des chrétiens impies, dit le chroniqueur Adhémar, surnommé faussement de Chabanais 2. Pierre de Con-

(on mit son corps très profondément dans terre); e onc Normanz n'ipuec maufaira, ni en l'iglise saint Bebian; et mistrenl lo trésor en un poiz (puits) qui estet on sepocre Saint-Bibian. » peigné-

DELACOURT, îbld.

\. «En l'iglise Saint Aignen qui fut evesques d'Orliens que saint Trojanz seveli et ses dos archidiacres, ne porent onc mau faira H Normanz. » Id , page 98. — L'église de Saint-Aignan était où est aujourd'hui la rue Cabaudière. Saint Aignan, Anicmus, évêque d'Orléans, mourut le 17 novembre 453. N'oublions pas que des auteurs comptent un Aignan parmi les évêques de Saintes. C'est peu-têtre plutôt à lui qu'était élevée l'église de Saint-Aignan à Saintes.

2. « Quo anno (1026) Sanctonas urbs (quod dici dolor est) cum ipsa basilica sancti Pétri sedis episcopalis ab impiis Christianis concremata est; et diu permansit desertus ipse locus a divino cultu. » Chronicon Adhemari Chabannensis, monachi sancli Eparchii Engolismensis, apud Labbe , Nova Bibliothcca manuscriptorum librorum, II, page 182.— Ces chrétiens impies, dont parle le chroniqueur, sont probablement Foulques Nerra, comte d'Anjou, et json fils Geoffroy Martel, ou au moins leurs séides. Foulques, le 28 février 1026, avait attiré au Gapitole de Saintes Herbert, comte du Maine, sous prétexte de lui octroyer la ville à titre de bénéfice , et l'avait par une infâme trahison, nefandû cum cepit traditione, retenu prisonnier. Les méfaits du père et du fils, que les écrivains du temps représentent comme « égalant presque jes bêtes féroces en cruauté » , rendent fort plausible cette supposition. Voir sur ce sujet une dissertation du regrettable abbé Chok t

folens ne chercha pas un autre emplacement pour la reconstruire en 1117. Et la nouvelle basilique s'éleva lentement sur un sol deux fois sacré. Prise en 1 1 74., par Richard, fils du roi d'Angleterre Henri II, révolté contre son père , elle fut peu à peu enlevée aux profonateurs par Henri II lui-même*. C'est l'ar-

chanoine théologal de La Rochelle, dans le Bulletin religieux de la ï.ochelle* lre année, page 301. En tout cas, il nous paraît impossible de voir, avec Massiou, Histoire de la Saintonge et de CAunis, I,p. 399, dans cet incendie un incident fortuit : «En punition de ce crime, Dieu fit éclater sa colère sur la ville de Saintes; elle fut dévorée par un incendie, malheur très-fréquent à cette époque où toutes les maisons étaientconstruites en bois.L'égliseépiseopale de Saint-Pierre ne fut pas épargnée par l'embrasement, et ne présenta pendant longtemps qu'un monceau de ruines et de cendres. » L'expression qu il cite irnpiis chrislianis indique bien une main sacrilège , non pas le feu du ciel. Son erreur vient peut-être de ce que dans le texte, fragment. Hisl. Aquitan, on lit : « Sequenti anno post ipsum scelus , combusta est ipsa civitas , cum sede episcopali , et dein mansit déserta basilica » ; lui a vu : « propter ipsum scelus. » Quant à la date, il met 1030 ; Besly, Histoiïe des comtes du Poitou, page 297, indique 1031. Gholet donne 1027 d'après le chroniqueur Nous maintenons le millésime 1026, suivant en cela Adhémar de Chabannais qui dit : quo anno, l'année même de la trahison.

1. « Intérim Rex Angliœ... pervenit usque ad Sanctonensem s civitatem et eam infregit et duas turres in ea cepit, quarum una vocabatur turris major, et multos milites et servientes in eis. Et obsedit ibi Ecclesiam, ubi sedes episcopalis erat, quam milites et servientes contra eum munierant ; et infra paucos dies eam cepit, et multos milites et servientes in ea. »Benedicti Petroburgensis abbatis, Vila llenrici II Anglice régis apud Dom Bouquet

chevêque de Bourges, Henri de Sully, comme primat d'Aquitaine alors (1183-1200), qui la consacra solennellement l'an 1185 ou 1186, en présence de Guillaume Le Templier , archevêque de Bordeaux (1173-1187), etd'Adhémar de Carbonneau, évêque de Saintes *. La nouvelle église dura trois cents ans. Enfin, vers 1 450, on entreprit sur un plan plus grandiose l'édifice qui a conservé ses parties essentielles, et dont on admire encore les remarquables proportions.

On reste étonné devant l'énorme massif qui forme le clocher. Quel immense amas de pierres! On comprend très-bien qu'en 1568, l'amiral Coligny et

XIII, 158.— « Ad ultimum, accessit ad majorera Ecclesiam militibus multis etarmatis refertam, oppressam a sagittariis, a lenoxinantibus conculcatam. Accessit... non ut Ecclesiam impugnaret, non ut violaret,nonut contaminaret, sedpotius ut eamemundaret a sordibus.Extraxit abEcclesia violatoresEcclesiae...Capti suntintus, tam in hac scilicet munitione quam in duabus aliis, milites circiler LX, sagittarii circiter GCGG. » Radulfus de Diceto, Imagines historiarîim, id., page 4 94.

4. « Nobilissimuspatriarcha Henricus, visitationis officium exercens in Burdigalensi provinciâ apud Xantonensem urbem,ab episcopo ejusdem civitatis tanquam Primas honorabiliter receptus est. Deinde présente supradicto venerabili Pâtre Guillelmo Burdigalensi archiepiscopo ecclesiam cathedralem Xantonensem solemniter dedicavit. » Palriarcliiam Bitw icetise, apud A. Duchesne, II, 95. — La dédicace de l'église se célébrait autrefois le 26 août.

Dandelot i} plus tard,, dit-on, les démolisseurs de 1 793, aient reculé devant l'idée d'écraser la moitié des maisons de la ville sous sa chute, ou la difficulté d'en déposer quelque part les matériaux. De la base au sommet de la coupole, elle n'a pas moins de 72 mètres 65 ; et 244 marches conduisent à la plateforme. Mais ce monument est inachevé. Une calotte de plomb a remplacé la flèche qui devait s'élancer dans les airs. Supposez le clocher ayant encore les 1 20 pieds du projet primitif, et vous aurez un monu-

4. « Ils vouloient bien mettre le clochier par terre des lannee mil cinq cens soixante huit que Ion getta leglize aussy par terre; et de faict auoient commanssea saper du coste de leuesche; mais quelques habitans des plus grands huguenots qui auoient croissance (santonisme, pour créance et pour connivence) avec messieurs les princes dandelot et lamiral qui estoient, lorsque leglize feust mise par terre, en la dicte ville, iceux habitans sen allèrent trouuer messieurs les princes dandelot et lamiral et leur remonstrerent le dommage que le dit clochier feroit sil esloit mis par terre, et quilz les supplioient de faire cesser ceste entreprinze, et que ce seroit ung fort grand dommage, veu que cestoit une des belles marques de france ; et que sy on la gestoit par terre que Ion pourroit bien getter toutes les maisons de la ville par terre, de fasson que par ces remonstrances, la meschante entreprinze feust cesse, et clochier demeura entier comme il est a présent, fors les cloches qui estoient dedans, dont il en feust vendue une partie a ung huguenot que Ion appeloit piaud, auec force pilliers de bronze qui estoient en la ditte eglize, et le surplus des dites cloches auec aultre métal feust mené a la rochelle. » Tabourin , Mémoires manuscrits, folio 270 verso.

ment vraiment grandiose,, que devait surmonter la statue du prince des Apôtres 1 . Ce n'est pas le seul sujet de regret. Ce beau portail est affreusement mutilé ; les statues sont brisées, bien des niches sont vides, et pourtant quelle délicatesse dans ce travail ! Les ceps de vigne ont leurs fruits ; les rameaux de chêne courent dans des nervures à jour. L'escargot même suit les branches. Comme ces dais sont finement ciselés^ les pyramidioles artistement exécutés ! Et dans les figures qui restent encore , quelle variété d'expressions! Quarante-deux personnages décorent quatre voussures en retrait ; la première a

4. Le III apuril mil cinq cens quatre vingt ung qui estoit ung dimanche appelle quasimodo, a sept heures du soir, il fit une grande tempeste qui tomba sur le clochier de sainct pierre de xaintes et le feu tomba sur la teste de limage qui estoit tout au bout du clochier et falleut couper la dite ymage pour tuer le feu , et cestoit limage de mr sainct pierre sur lequel le feu tomba, et ne fit autre dommage a cauze quon y porta une grande diligence pour empescher que le feu ne cestandit plus auant ; et ce feutung que Ion appeloit bellet, sergent royal, filz dung autre appelle bellet son pere qui fit ceste diligence, sans lequel tout le clochier eust brusle et le plomb fondut. » Tabourin, 284. — Ailleurs, page 240 verso, le chanoine raconte encore le même fait : « Limage estoit a la sime du dit clochier, seruoit de girouette. » — « Le clochier eust tout bruslé sans ung sergent royal que Ion appeloit bellet, qui estoit fils du bellet recouureur, qui auoit apprins le mestier de recouureur de son pere qui entiennement estoit recouureur de la dite eglize ; auant quelle feust mize par terre. »

des anges qui chantent les louanges de Dieu; la deuxième et la troisième , des saints, évêques, martyrs, guerriers , moines , rois ; la dernière, les prophètes *.

Le porche était garni de statues. On reconnaît la place de quelques-unes. L'église est vaste. Qu'elle serait remarquable, si elle était dans son état primitif! Les piliers sont lourds ; les voûtes écrasées. Des colonnettes en faisceaux devraient soutenir là haut, bien haut, une voûte ogivale à nervures prismatiques. Elle n'était pas même achevée au xvr3 siècle, que les protestants la renversèrent 2 , ne laissant debout que les chapelles des bas-côtés 3 ! Et cette

1. Voir la description détaillée et l'interprétation de ce portail dans C Épigraphie Santone et Aunisienne , page 4 30 et suivantes.

2. « Anno 1568 paene destructa heterodoxorum furore diu jacuit, ita ut solum superesset campanile mirandae prorsus structuras tuendae urbi opportunum, cum pilis ecclesiae exterioribus, elegantis omnino operis, et nonnullis sacellorum arcubus. » Denys de Sainte-Marthe, Gallia Christ., II, 1053. **

3. « In ecclesia Santonensi ab iisdera segregibus quid non eversum est? Solum campanile admirandee structuras judicio omnium artificum integrum permansit. » Papire Masson, JSotitia episcopatuum Gallice, apud André Duchesne, Historiée Francoram scriptores coœtanei, I, 58. — « Les galeries de la dite eglize neufve estaient faictes e,t parfaictes; et les vitraux faits, et ni restoit plus que a poser les vitres qui estaient aussy faites.... elles estoient sur les voûtes des gardes en attendant que la dicte église feust voustée : car elle nestoit pas encore voustee ni couuerte,

église qui allait être finie vit son achèvement indéfiniment reculé.

L'orage passé, on se remet à l'œuvre interrompue. Mais combien les ravages étaient grands., et qu'il était difficile de restaurer les ruines ! On l'essaya dès 1582 *. La date de cette reconstruction se lit à l'arc triomphal. On continua. Trente-six ans après, le millésime 1618 était gravé à la clef de voûte de la deuxième travée du collatéral de droite. En 1 649 , Louis de Bassompierre , fils du maréchal Bassompierre , s'occupa du chœur ; puis en 1761 Simon-Pierre de Lacoré. Enfin, 1843 inscrivit une nouvelle date de restaurations et de réparations , qui chaque jour se continuent 2. Voilà le

comme estoient plusieurs chapelles; mais lacherpante estoit toute preste a mettre et y auoit grande quantité de pierres taillées pour faire la voûte. » François Taboubin, chanoine de Saintes, Manuscrit à la Bibliothèque de Saintes, folio 271.

1. « Le XVI ianvier mil cinq cens quatre vingtz deux, Ion a commansseabastir leglize de sainct pierre de xaintes qui auoit ete toute ruinée par ceux de la religion prétendue reformée en lan mil cinq cens soixante huit. Et le XXVIe dudit mois Ion assit la première pierre sur le pilier qui est a coste de la vix torse. » François Tabourin, folio 284 verso.

2. Il ne sera peut-être pas hors de propos de dresser ici la liste des curés de Saint-Pierre, au moins depuis le commencement du siècle dernier. On la trouvera donc à Y Appendice I. Le catalogue des évoques de Saintes serait plus intéressant. Mais il est partout,

temple pour la construction duquel Nicolas V accordait en 1451 des indulgences. Sixte IV, à la demande de Louis XI, attacha de nouvelles faveurs à la visite de cette église ; et en 1 479 des délégués du Chapitre, comme l'atteste un mandement de l'évêque de Limoges, parcouraient le royaume, prêchant les indulgences, autorisés à dispenser de la visite ceux qui ne la pourraient faire, moyennant une aumône pour son achèvement i.

Ainsi protégée, ainsi dotée de grâces spirituelles par les Souverains Pontifes, cette église devenait un lieu sacré où toutes les grandes familles du pays recherchaient l'honneur d'avoir leur suprême asile. Là dorment leur dernier sommeil les Pons,

dans le Gallia; dans Hugues du Temps, le Clergé de France, tome II ; dans La France pontificale de M. H. Fisquet ; même dans V Histoire de C Eglise santone par l'abbé Briand. Nous aimons peu les redites ; et on nous rendra cette justice que dans ce travail nous nous attachons surtout à l'ignoré, à l'inédit, ou à l'imparfaitement connu. Quant à rectifier ou compléter ces diverses nomenclatures , c'est un travail trop long pour être mis ici. Il viendra en temps et lieu ; l'abbé Cholet l'a déjà fait.

4. «Leurs actes authentiques étaient scellés d'un sceau que l'on conserve encore. On y voit saint Pierre coiffé de la tiare , tenant les clefs et assis sur un dais fleurdelisé ; à ses pieds est l'écu de France. On lit autour cette inscription : Sigillum indulgentiarum ecclesiœ sancli Pétri Xantonensis. » P. -Th. Grasilier , L'église cathédrale de Saint-Pierre de Saintes, apud Bulletin religieux du 27 août 1870, page 101.

les Vivonne les Courbon de Saint-Léger, les Prahec *, les de Beaulon, les Montbron, les Chaudrier, les Moyne 3, les d'Angliers l, les Mailly, les Suberville 5. Là furent ensevelis le cardinal Simon d'Ar-

1. « Le vu octobre il y a anniversaire pour feu mr iehan de viuonne , sieur de pizanis. Il y a le reuenu de trois cens liures. Le Libem se dit dans la chapelle de sainct-andré et sainct iacques ou est enterre le dit sieur de pizanis. » Tabourin , f° 305.

2. Voir, pour cette famille de Prahec, YEpigraphie Sanlone , page 2.

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