‹ Saint-Pol-de-Léon: la cathédrale--le kreiskerChapitre 10 sur 25 · SCULPTURE SOUS UN CHAPITEAU DU BAS CÔTÉ SUD · texte numérisé non relu

SCULPTURE SOUS UN CHAPITEAU DU BAS CÔTÉ SUD

seul tore, sont composés de deux tores accolés.Sur la quatrième travée s'ouvre le porche.

Ce porche fait partie du même ensemble architectural que la nef et les bas côtés. Les matériaux et le style sont identiques, mais nous n'avons plus l’état primitif du travail : peut-être faut-il Le

regretter car le feuillage qui garnit l’archivolte supérieure est sculpté avec une admirable délicatesse. Mais les impostes et les linteaux des portes sont revêtus d’un plaquage en granit de Kersanton. Sur le linteau courent des chiens de chasse poursuivant divers gibiers. Aux extrémités, des anges tiennent des écussons. Les armoiries restaurées au xIx° siècle ne sont pas d'une attribution sûre, Il a dû y avoir sous le porche quatre statues en granit des évangélistes. Il n'en reste plus actuellement que deux.

En entrant dans l'église nous remarquerons à droite un assez élégant bénitier en granit du xvi° siècle. À gauche, un sarcophage roman en granit sert de bénitier. Une tradition erronée répandue depuis le xvu° siècle voulait y voir le cercueil du roi Conan.

Nous allons arriver maintenant à une partie de l’église extrêmement curieuse par les remaniements qu'elle a subis. Après avoir dépassé le porche, le bas côté présente un aspect nouveau : les trois dernières travées sont doubles, mais le second bas côté est très anormal et l'examen de ses particularités prouve que c'était d’abord un édifice à part, construit le long du bas côté primitif.

Les arcades qui font communiquer actuellement les deux bas côtés entre eux ont été établies après coup. On a dü pour les établir percer les murs de fond des travées du bas côté. Les colonnettes soutenant les arcs sont en granit comme également la plus grande partie des archivoltes. Le profil des

archivoltes est un large méplat avec des cavets latéraux, Le travail des colonnes, assez frustes d’ailleurs, appartient au gothique du xv° siècle. Les chapiteaux de la troisième travée sont les plus curieux, ceux des deux autres travées présentent seulement des feuillages grossièrement indiqués dans la pierre dure. Ici nous voyons le type du chapiteau bas-relief tel qu'on le rencontre quelquefois dans les édifices de la dernière période gothique : le bas-relief de droite représente un fou et un chien, celui de gauche un fou et trois têtes de diables. Le pilier de gauche étant situé au point de jonction du bas côté et du transept, supporte de fortes poussées. Les pierres tendant à se disjoindre, on a muni ce pilier d’un rempiétage carré où il ne faudrait pas voir la subsistance d’une base romane.

Passons maintenant dans Le second bas côté. Les trois travées étaient primitivement trois petites pièces voütées d'ogives, correspondant aux travées du bas côté. Il n’y avait ni formerets, ni colonnettes d’angles ; les ogives retombent sur des congés fisurés. Les deux murs qui séparaient les trois pièces ont été détruits en même temps que le mur extérieur du bas côté‘ : mais, comme le montre la photographie ci-jointe, on a laissé subsister un pan de mur formant contrefort derrière La colonnette qui soutient le doubleau et les ogives du bas côté. Cet expédient a paru plus économique et

1 Au contraire l’are qui fait communiquer le second bas côté avec le transept n’a été établi qu'au xvre siècle.

moins compromettant pour la solidité de l'édifice que la construction d’un vrai pilier, mais la conservation de ce pan de mur donne au doubleau ajouté pour délimiter les nouvelles travées une disposition anormale. La retombée du doubleau se trouve beaucoup plus haut d’un côté que de l’autre; on a été plus soucieux d'économie que d'élégance. Le doubleau en granit a un lourd profil pentagonal. Les colonnes également en granit qui le supportent présentent des chapiteaux et des bases grossièrement sculptées, qui contrastent avec les élégants détails de sculpture de l'édifice primitif. En effet, les cüuls-de-lampe sur lesquels retombent les ogives, sont assez soignés et leurs figurines méritent d'arrêter l'attention du visiteur. L’une d'elles parait être coiffée d’un bonnet-capuchon très analogue à une coiffure encore en usage dans le pays : le kalaboussen, que portent les paysans de la côte entre Saint-Pol et Ploudalmézeau. On remarquera aussi de délicates ciefs de voütes : l’une est un médaillon encadrant une tête d’évêque en faible relief, plus loin c’est un serpent qui se mord la queue. Ces sculptures sont infiniment plus délicates que celles des chapiteaux bas-reliefs ajoutés plus tard et que nous avons signalés. Entre le dernier de ces chapiteaux et le culot qui occupe l’angle de la troisième travée, une figure grotesque en granit avait été placée pour faire transition. Mutilée, elle a été reconstituée en ciment par cet artisan moderne à qui la cathédrale doit plusieurs pastiches de ce genre.

Quelle était d’ailleurs la destination de cet édi-

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Photo J. Andrieux.

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