‹ Saint-Pol-de-Léon: la cathédrale--le kreiskerChapitre 12 sur 25 · PRE · texte numérisé non relu

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- E. Chauliat, del, FENÊTRE DANS LE MUR OCCIDENTAL DU CROISILLON SUD,

s'inscrire dans un V. Les chapiteaux affectent l’apparence de simples frises. Quelques-uns sont figurés : deux personnages y soutiennent un écusson. D'autres présentent un bandeau plusieurs fois

replié sur lui-même. Sur un autre on voit une sorte de tête de méduse d’un style nettement renaissance. Deux fenêtres de style xvi° siècle reconnaissables aux compartiments en amande de leurs remplages sont percées dans le mur ouest de [a seconde et de la troisième travée du croisillon nord. L'une de ces fenêtres n’a pu être mise au milieu du mur à cause de la présence d’un arc-boutant.

Il reste à dire un mot de la grande fenêtre pratiquée dans le mur de fond du croisillon nord et qui primitivement ne se trouvait pas au milieu du mur mais un peu sur la droite. Il y a seulement une quarantaine d’années que l’on a cru devoir rectifier cette anomalie *. On s’est demandé pourquoi cette fenêtre n’était pas au milieu du mur et M. de Courcy émettait l’avis que le transept primitif avait été plus large que le transept actuel. Il faisait valoir qu’en ajoutant à la longueur du pignon la longueur d’une chapelle basse accolée au mur oriental la fenêtre se trouvait au milieu de la longueur totale. Sans doute on pourrait croire que le transept primitif supposé très ancien était plus large que le transept actuel. Au milieu du mur de fond de ce vieux transept on aurait pratiqué une fenêtre gothique. Il faudrait alors supposer cette fenêtre antérieure au rétrécissement du transept qui aurait eu lieu lors de la

1 Délibérations du Conseil de fabrique de Saint-Pol-de-Léon, séance du 19 avril 1868: « La fenêtre du transept nord faisant pendant à la rosace n’est pas au milieu du pignon et a sa pointe engagée sous la voûte. Le conseil arrête qu'elle sera rectifiée et remise au milieu du pignon conformément au plan levé par M. Puyo, architecte de l'arrondissement ».

construction de la rosace. On peut faire toutelois une autre hypothèse : c’est que la fenêtre étant construite à une époque où le transept avait déjà sa largeur actuelle déterminée par la rosace, une raison matérielle a empêché le constructeur de mettre sa fenêtre au milieu du mur, Ce serait le même fait qui s’est produit plus tard pour la fenêtre du xvi° siècle dont nous avons déjà signalé la situation anormale. La présence d’un obstacle extérieur aurait empêché l’architecte d'ouvrir Le mur à l’endroit voulu, |

De tous temps les bâtiments épiscopaux se sont trouvés du côté nord de la cathédrale et le croisillon nord à dü à une certaine époque se trouver très intimement lié à ces bâtiments puisqu'il a même été en partie fortifié et garni de mâchicoulis. Encore aujourd’hui, le pignon de la mairie qui est installée dans l'évêché reconstruit au xvin° siècle, vient s’appliquer en partie contre la partie ouest du pignon du croisillon nord, si bien que, lorsqu'on a voulu en 1868 mettre au milieu du mur du transept la fenêtre dont la disposition anormale semblait choquante, il a fallu évider largement le mur de la mairie. Au moyen âge où l’on sacrifiait plus facilement le souci de la symétrie aux exigences pratiques, on s'était contenté de reculer la fenètre vers la droite. Nous étudierons maintenant la croisée du transept et le chœur.

Le carré du transept et le chœur. — Le carré du transept porte à la clef de voûtes les armes de

l'évêque Guillaume Ferron (1439-1472). Elle est de même hauteur que la nef alors que les croisillons sont plus bas. Le mur qui remplit l’espace entre l'arc d'entrée de chaque croisillon et le formeret de la croisée centrale est percé d’un rang d’arcatures donnant sur les combles du croisillon. Les énormes massifs à seize colonnes qui soutiennent le carré du transept du côté de Ja nef ont une disposition assez élégante. Du côté du chœur les moulures pénètrent dans de gros massifs quadranœulaires sans ornement. Ces massifs qui encadrent l'entrée du chœur semblent d’ailleurs présenter des traces de la mutilation qui a consisté à détruire le jubé. On sait combien de jubés ont ainsi disparu au Xvirl° siècle.

Le chœur se compose de quatre travées droites et d’une travée trapézoïdale. La deuxième et la troisième travée sont plus larges que les deux autres travées droites. Les fenêtres sont très aiguës et affectent même dans les petites travées la forme de fenêtres en mitres. Nous retrouvons dans le chœur la même disposition que dans la nef, mais avec des différences de style : le chœur est de style nettement flamboyant. Le triforium est constitué par une série d’arcs en accolade à plusieurs moulures parallèles qui descendent jusqu’au bas des meneaux. Au devant de chaque meneau une mince colonnette à chapiteaux recoit la retombée des dernières moulures des deux arcs dont elle accuse la séparation. Au-dessus des arcs en accolade court une frise de feuillage exécutée en pierre tendre.

La galerie de circulation est munie d’une balus-

Photo Neurdein,

LE'cHŒUR DE LA CATHÉDRALE,

trade en granit composée de cœurs dont la pointe est alternativement tournée versle haut ou vers Île

bas. Ce dessin présentant l’aspect d’un cœur est en réalité une simplification de la mouchette flamboyante que nous trouvons dans le remplage des fenêtres. Les piliers qui soutiennent le chœur sont assez massifs et lourds. On ne retrouve pas ici la même élégante harmonie de lignes que nous avons admirée dans la nef,

En fait de sculptures il faut remarquer des culots soutenant des colonnes qui ne descendent pas, jusqu'au sol. Tout autour un soubassement sur lequel on à établi à une date récente une clôture en granit. De chaque côté du chœur existe une porte surmontée d’un are en accolade.

Le déambulatoire etles chapelles. — Nous avons vu que le déambulatoire avait d’abord été concu comme devant être simple. On s’est décidé ensuite à le doubler. La travée du second déambulatoire qui donne sur le croisillon sud présente ainsi que la travée suivante, un type de chapiteau spécial: tandis que les autres chapiteaux du déambulatoire ont la forme renflée des chapiteaux de la période flamboyante. Ceux-ci accusent une forme plus sèche en tronc de cône renversé avec des feuillages en faible relief. C’est bien le même genre de sculpture que nous avons vu dans les chapiteaux du transept.

Pour les profils d’ogives le déambulatoire, comme la nefet la croisée du transept, s’en tient au profil torique à filet. Ainsi les profils que nous avons remarqués dans le transept sont dans toute l’église les seuls de leur espèce.

Le plan du premier déambulatoire est tout à fait normal, tandis que les dernières travées du second s’élargissent pour former des chapelles. Il y a de plus des chapelles ajoutées au déambulatoire. La première que nous rencontrons à partir du croisil- Ion sud est la plus récente et mérite une étude particulière.

À l’époque où l’on a eu l’idée de construire cette chapelle, le second déambulatoire était terminé. On était donc à une date assez avancée du xvi® siècle. C’est dans l’espace compris entre le mur du transept, le mur du déambulatoire et le mur d'une chapelle ajoutée au déambulatoire qu’on a eu l’idée de construire une nouvelle chapelle. Il fallait d’abord clore extérieurement cet espace. Les nécessités de voirie n'ont pas permis de donner à la chapelle une forme carrée. Le mur après avoir suivi l'alignement du pignon du transept s’infléchit pour aller rejoindre l’angle de la chapelle suivante. La chapelle étant ainsi délimitée, il fallait ensuite la faire communiquer le plus largement possible avec l’église. On conserva le mur de l’ancienne chapelle qui, de mur extérieur, devint mur de séparation intérieur, mais on creva les murs du transept et celui du déambulatoire, si bien que la chapelle s’ouvrit sur l’église par cinq arcs, deux du côté du déambulatoire et trois du côté du transept. La dernière de ces ouvertures sur le transept a été fermée à une époque récente par une cloison.

Il est facile de se rendre compte que le mur déjà

existant du déambulatoire a été détruit. Ainsi le pilier intermédiaire entre les deux arcs donnant sur le déambulatoire n’est qu'un pan de mur dont on a arrondi les deux extrémités en colonnes. Le pilier suivant à l’angle du déambulatoire et du transept est peut-être encore plus curieux. Il se fait remarquer par une disposition anormale, mais que les nécessités de la construction expliquent très bien.

L'architecte a craint d’affaiblir la voute du déambulatoire en ouvrant trop largement son arc. Il s’est donc appliqué à faire cet arc le plus étroit possible, mais pour ne pas rétrécir d'autant le passage en bas, il à imaginé de faire le long du pilier une série de trois encorbellements. L’encorbellement du milieu se trouvait formé d’une énorme pierre d'aspect assez disgracieux : le constructeur a eu l’ingénieuse idée de le faire sculpter en bas-relief. La sculpture, d’un style nettement Renaissance, représente de petits génies ailés portés sur des nuages, à droite deux têtes barbues, du côté gauche deux tètes se touchant par la nuque; l'une est coiffée d'une sorte de bonnet à grosses côtes : l’autre porte un capuchon à oreilles comme en portaient les fous au moyen âge. Ceci suflirait à prouver que le bas-relief ne peut pas être comme l'avaient cru certains archéologues du pays, un bas-relief antique réemployé. Nous avons vu d’ailleurs qu’il ne peut être question d’un réemploi puisque la forme et les dimensions de la pierre s’adaptant exactement à une nécessité

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