‹ Saint Pothin et ses compagnons martyrs: origines de l'église de LyonChapitre 7 sur 33 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

la donner en détail, par morceaux séparés. En procédant ainsi, il nous était plus facile de retracer avec ampleur les principales circonstances de la persécution, de faire passer sous les yeux du lecteur une série de portraits, galerie religieuse, où brillent par dessus tous les autres le bienheureux Pothin et Tkéroïque Blandine.

Pour éclairer les scènes de Finterrogatoire, des cachots et des supplices^ il nous a paru nécessaire d'entrer dans quelques détails sur l'organisation des provinces romaines, sur les pouvoirs conférés à leurs gouverneurs, sur le régime des prisons, sur les moyens qu'avaient les chrétiens d'y pénétrer pour visiter les confesseurs, sur les jeux de l'amphithéâtre, etc. Ces notions, qui sont comme la clef des Actes des martyrs, permettront au lecteur d'assister, par la pensée, au drame sanglant de Lugdunum; elles auront aussi l'avantage de l'initier à l'histoire des persécutions.

Le troisième livre se lie au deuxième, dont il forme le complément indispensable. Victimes^ une année plus tard, de la persécution qui fit périr saint Pothin et ses compagnons, Epipode et Alexandre devaient trouver place dans ces pages consacrées à la mémoire des premiers martyrs de Lyon. Quant à saint Marcel et à saint Valérien, ils furent immolés, il est vrai, le premier à Chalon-sur-Saône, le second à Tournus. Nonobstant cette circonstance, ces deux saints appartiennent l'un et l'autre à cette histoire^ et comme fils spirituels de saint Pothin, et pour avoir été jetés dans les prisons de Lugdunum, d'où ils parvinrent miraculeusement à s'échapper.

Nous n'avons rien négligé pour rendre ce volume

K PHKFACE.

accessible au plus grand nombre, utile, agréable même à tous ceux qui le liront. En général, un auteur ne perd rien à dissimuler, sous une forme suffisamment littéraire, la sécheresse de Térudition, les aridités de la critique. Toutefois, sous le rapport de la composition, il nous a bien fallu subir les inconvénients attachés au genre de notre travail. Ainsi le lecteur ne doit pas s'attendre à trouver partout un récit vivement mené, régulièrement conduit. Les exigences de notre plan nous ont forcé plus d'une fois d'interrompre le cours des événements, de briser le fil de la narration, pour traiter une question d'histoire, de chronologie, d'archéologie, pour pousser des reconnaissances dans le voisinage de notre sujet. Nous sommes tour à tour traducteur et critique, narrateur et polémiste, annotateur et chronologue. 11 faut en convenir, cette marche brisée se concilie assez mal avec Tordre qui doit présider à une œuvre, de quelque nature qu'elle soit. Mais l'avantage de cette marche pour l'interprétation des textes et l'éclaircissement des faits, nous a fait passer par dessus les inconvénients qui peuvent en résulter pour l'ordre et l'économie générale. Au reste, notes, discussions^ récits, épisodes, tout est ramené à l'unité, parce que tout est combiné de manière à éclairer la figure des martyrs, ou les origines de l'Eglise de Lyon.

Il faut le dire, faute de notices, d'ouvrages à la portée des fidèles, les saints lyonnais ne sont pas assez connus. Ne serait-il pas possible de combler cette lacune ? Avec un peu d'entente, avec des efforls persévérants, ne pourrait-on parvenir à entourer d'une plus grande notoriété, à produire dans un jour suffi-

PREFACK. XI

sant ces martyrs, ces confesseurs et ces vierges, que TEglise de Lyon a donnés au ciel? Les ecclésiastiques de loisir et d'étude contribueraient à cette œuvre par des biographies édifiantes ou des travaux d'érudition. De leur côté, les prêtres absorbés par le saint ministère y aideraient puissamment du haut de la chaire chrétienne ; à l'exemple de saint Eucher, dans des panégyriques ou des homélies, ils proclameraient bien haut la gloire de ces bienheureux, ils graveraient leurs noms et leurs vertus dans la mémoire des fidèles.

Restaurer le culle de nos premiers martyrs, populariser leur nom et leur mémoire, c'est une œuvre qu'il nous faut poursuivre en faisant appel à tous les genres d'influence. Enfants de l'Eglise de F.yon, c'est là pour nous aflaire de gratitude. Au bienheureux Pothin, nous sommes redevables du bienfait de la foi; apôtre de Lugdunum, ce saint évéque a fait briller sur nos collines et au bord de nos fleuves la bienfaisante lumière de l'Evangile.

Le sang de nos martyrs n'a pas coulé en vain sur notre terre, il Ta pénétrée d'une vertu céleste, il y a déposé des germes puissants. Après dix-sept siècles, l'Eglise de Lyon n'a rien perdu de son inépuisable fécondité. Aujourd'hui encore, il est permis de l'appeleravec un de ses grands évêques : « nourricière de célestes combattants, mère féconde des plus grandes vertus. » Ces combattants célestes, nous les retrouvons dans ces prêtres de savoir et de zèle, vaillamment à l'œuvre sur tous les points du diocèse ^ nous les recçnnaissons dans les missionnaires, imitateurs de Pothin^ qui s^en vont porter l'Evangile aux îles lointaines de TOcéanie,aux côtes brûlantes et inhospitalières de l'Afri-

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