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bmtistiSj ^iS&ro9Êleur$. En 1834, il y atait à Saint- Quentin 107 eommerçûnis manufacturiers ou eammiiêionnaires; 164 en i894eti63enl86S,dont68 mations qui vendent de» tissus en blanc^ 38 qui font le com^ mêree des tulles et 57 celui de la broderie.
Quant au courtage, qui était libre au moyen âge et qui s'exerça longtemps dans le Vermandois*, il avait été institué alors parce que Ton avait reconnu que cette liberté, que l'on voulait réprimer, avait des abus, et que rhôtel-de- ville de Saint-Quentin avait vu qu'il pouvait y trouver un moyen d'augmenter ses revenus.
D y fut nommé d'abord 12 courtiers qui avaient le titre de grands courtiers^ et plus tard, après de longues discussions, ce nombre fut porté à 20. En 1772, le courtage primitif fut modifié, et les fabricants autorisés à vendre leurs pièces eux-mêmes, ce qui fit nattre une catégorie nouvelle d'intermédiaires désignés sous le nom de courtiers bleus. En 1789, le courtage redevint libre, et en 1824^, il y avait à Saint-Quentin 194 courtiers; en 1666, il n'y a plus que 41 commissionnaires pour les tissus en écru.
Les documents anciens qui font connattre les prix auxquels sa vendaient l6s marchandises fabriquées au moyeB âge, sont rares. Les étoffes en lin et en laine y étaient excessivement chères.
On trouve, qu'en i317, a trois draps de toillebour- » geoise de V lez chascun tenant LXXV aulnes à S
i En 12i8, il y avait à Lion des courtiers.
2 Extrait de là ddlibération de la chambre consultative du 25 octobre ISti et ûoâ ISlf, comme il a ^t^ imprimé par erreur à la page 91 de ce II* volume.
V sols Taulne^, valaient 18 livres 15 sols (soit 1837 D francs SO centimes au cours actuel) et que Taulne n de cette toile revenait à S sols (soit à 24 francs 50 » centimes.) »
En 1320, le prij[ de différents draps de laine variant de 16 à 44 sols Faune, donnait en moyenne celui de 1 livre 10 sols (soit au pouvoir actuel de l'argent 146 francs* 70 centimes.)
Ceux des pièces de linons et de batistes, eu égard à leurs qualités, étaient plus bas au xvii'' siècle qu'au xvin% parce qu'à celui-ci on fabriquait plus de nombreuses variétés de linons, de gazes en fil, de mousselines en coton et de gazes en soie.
Depuis le commencement du xix'' siècle, les prix des filés et des étoffes de coton, de lin et de laine, ont éprouvé de grandes variations, et elles ont toutes été obtenues en faveur de la consommation et de la production, attendu que plus leurs cours ont baissé et plus celle-ci a augmenté...
De i 808 à 1 810, les calicots 3/4, 70 portées ou 1 400,
se vendaient en moyenne 3 livres 12 sols ; les 75 por-
.tées 3 livres 17 sols; lesbasins câblés 4 livres 10 sois;
les basins cordelés 5 livres, et les percales à jours de
5 à 24 francs.
Au commencement de l'année 1815, les calicots 3/4,70portées valaient 2 francs 80 centimes; les 75 portées, 3 francs 25 centimes, et les basins câblés de 3 francs 75 à 4 francs.
1 Leber, page 88. (Extrait da compte des obsèqaes de Louis X}.
2 Même auteur, page 90.
Les calicots 75 portées, dits de Saint-Quentin^, s*y vendaient encore, en 1816, 2 francs 70 centimes l'aune, mais ils ne valaient plu:^, en 1832, que 85 centimes ; et à cette époque on y vendait 2S et 30 centimes une aune de percale à jours commune et étroite nommée Malbrouck'. Le cours de cette même finesse de calicot 75 portées était tombé en 1846 à 75 centimes le mètre,. et encore bien meilleur marché en 1848.
Le kilogramme de coton filé n"" 30, qui valait, en 1816, 12 francs, ne valait plus que 6 francs en 1833. En laines, les numéros 35 à 50, les plus hauts qui se filassent en 1822, dont le pris était de 20 à 40 francs le kilogramme, suivant la qualité, ne se payaient plus, en 1851, que de 8 à 16 francs ; de même qu'à ladite époque, le barége qui, lors de sa création , valait 2 75 l'aune, s'y obtenait à 75 centimes le mètre.
Ainsi, sans autre nécessité, sans autre pression que le besoin d'augmenter la consommation de leurs marchandises et de soutenir la concurrence des autres fabricants français, les manufacturiers du district industriel de Saint-Quentin sont parvenus à diminuer les prix de celles-ci dans de telles proportions, que le jour où elles se sont trouvées avoir à lutter contre les produits de l'étranger, elles l'ont pu, avec un très-faible droit de protection.
1 Les calicots et percales d*ane même finesse et de la même largeur se fendaient plus cher a Saint-Quentin qu*en Alsace, parce que leurs qualités en étaient plus fortes et généralement supérieures.
t Renseignements dus à M. Sarasin, vice-président de la chambre de cemmefce.
Nos lecteurs comprendront que d'aussi notables progrès, que la vie entière d'une pareille cité, méritaient d'être rappelés. Nous avons essayé de le faire ; et en en terminant l'essai, nous leur dirons : voilà ce qu'étaient autrefois la ville, le commerce et les industries de l'antique capitale du Vermandois, et voilà ce qu'ils sont aujourd'hui....
Nous leur dirons encore que Saint-Quentin .est un remarquable exemple de la rapidité aveclaquelle l'économie des fabriques peut changer de formes et d'ebjet ; que non-seulement elle est devenue l'une des plus importantes cités industrielles de l'empire, disposée à multiplier ses usines et ses tissages; qu'elle est devenue non-seulement une cité qui est le siège d'un grand commerce, d'un entrepôt considérable de sucres, de vins, d'alcools, de charbons et de tous les produits qui peuvent alimenter la consommation générale de toutes les villes et communes de ses environs, mais encore qu'elle est aujourd'hui l'un des plus grands comptoirs des transactions financières et commerciales d'une contrée manufacturière et agricole, qui, heureusement située, au centre d'un pays riche et fertile, est en outre desservie par une bonne viabilité, de nombreux chemins de fer et des canaux utiles.
Saint-Quentin, qui doit au travail et à l'intelligence de ses habitants l'honneur de sa belle renommée, n'est pas seulement une ville qui a un avenir brillant, un présent qui progresse, elle est aussi celle des nobles et glorieux souvenirs, et ses enfants, se rappelant la grande part qui lui revient dans les annales de l'histoire, seront
toujours fiers de dire : a qu'après cette funeste bataille » perdue par le connétable de Montmorency, bataille D qui ouvrait aux Espagnols le chemin de Paris, ce » furent les cadavres des bourgeois de Saint-Quentin » qui, en leur fermant le passage, sauvèrent alors la )» France I ! ! »
En terminant cette étude, nous rappellerons ce qu'en la commençant nous avons dit à nos lecteurs, nous leur rappellerons la pensée qui nous avait engagé à Tentreprendre, et répéterons que c'est en étudiant les actes et les faits qui se rattachent plus particulièrement au vieux commerce de la ville de Saint-Quentin et de la Picardie, et en recherchant ce qui pouvait faire connaître un passé qui s'efface tellement que bientôt on n'en trouvera plus d'empreinte, que nous avons acquis la conviction que la plupart des documents qui les concernent se trouvaient éparpillés ou sous la poussière des manuscrits, dans des fragments d'anciens livTes ou dans les rapports des intendants des provinces. Trouvant ces renseignements utiles*^, nous avons tenté de
1 Voir, au I»" volume : 1» une ordonnance inédile de Philippe-le»Long, datée de Conflans, du 3 septembre 13i1, insérée dans le Trésor des Chartes, mais qui n'est pas dans le livre des ordonnances ;
2» De vieux règlements sur la toilerie, la siyetterie et les courtiers ;
3^ Des renseignements sur Tassociation de la Hanse de Londres et sur la fabrication des mousselines en colon au xviii* siècle ;
40 Le procès- vfTbal de rassemblée de commerce qui se tint, en 173i, à Saint-Qucniin; à Tetret d'informer le gouvernement du roi sur les abus qui étaient commis;
50 Correspondance des intendants, d< s inspecteurs, des manufacturiers, documents, des archives, etc., etc.
dérober à Toubli des ténèbres des vieux temps, ceux qui pouvaient indiquer ce que furent et ce que firent les générations qui nous ont précédés.
Ces renseignements anciens, que nous avons reproduits avec leurs vieux textes, afin de conserver aux titres dont ils sont extraits leur physionomie locale, étaient peu connus. Ceux des temps modernes qui relatent l'origine et les progrès du nouveau commerce^ quoique dispersés ou dans les rapports des jurys des expositions des produits de Tindustrie, dans des livres spéciaux, ou le plus souvent oubliés dans les procès-verbaux des chambres de commerce. Tétaient un peu plus, mais rares encore et difficiles à se procurer.
Ce sont ces documents épars que nous avons cherché à recueillir; afin d*aider à faire un jour Thistoire complète de la ville de Saint-Quentin, qui manque, et à donner à d'autres la pensée d'écrire : g Celle du Commerce de la France et de ses industries » qui ne serait pas moins utile et désirée.
Pour ce qui concerne celle du commerce et des industries du district de Saint-Quentin, en attendant les architectes, nous venons, en vue de ce travail, de tailler quelques pierres et de réunir des matériaux.
Pour celle des autres contrées manufacturières de l'empire, nous pensons que si, à défaut d'historiens, des négociants de Rouen, de Lille, d'Amiens, de Reims, de Mulhouse ou de Tarare, qui comme nous ont passé leur existence dans l'industrie, et qui ont vu, depuis 40 ans, s'exécuter sous leurs yeux, les principaux progrès qui se rattachent au commerce,
voulaient également s'occuper de rassembler leurs souvenirs et les documents qui se trouvent dans leurs archives, nous sommes convaincu qu'avec ces renseignements d'hommes spéciaux, on parviendrait, et ce serait notre désir, à obtenir une histoire générale des industries de la France, non-seulement telle qu'il n'y en a ni en Angleterre, ni en Allemagne, ou môme en Belgique, mais une histoire telle qu'il n'en existe pas encore chez les autres nations du monde.