‹ Saint-Quentin; de son commerce et de ses industriesChapitre 14 sur 42 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE

Note de la page i5.

Cette citation, extraite de la préface du 2* volume du recueil des manuscrits inédits de l'histoire du Tiers^Etat^ fera connaître Tesprit d'indépendance et de dérrouement civique qui animait au xii" siècle les habitants de Saint- Quentin. Voici ce que dit Augustin Thierry :

« A ceux qui soutiennent que l'esprit d'indépendance et de dévouement civique est un pur anachronisme dans l'histoire des communes françaises, dit le grand historien, à la page 69, je leur demanderai à quelle catégorie de sentiments et d'idées ils rapporteront ces formules du droit municipal de Saint-Quentin ?

» Eux jurèrent ensement chescun quemune ajde à son juré et quemun conseil et quemune détenanche et quemune deffense.

» Ensement nous «avons establique quiconque en notre quemune entrera et ayde du sien nous donra, soit pour cause de fuite ou de paour des anemis ou de autre forfait, mais qu'il ne soit acoustumée à mauvestiés en le que^ mune entrer porra, car la porte est ouverte à tous : et son seigneur à tort ses choses aura détenu, et ne le voudra détenir à droit, nous en exécuterons justice.

* Et se il estoit ainsi que le seigneur de la quemune eust dedens le boure ou dedens la ville aucune forteresche, et voulist mettre wardes dedens, il y mettrait wardes qui seroient de le quemune par la volenté et par l'octroy du maire et des eskevins ; car autres pour la destruction des bourgois, mettre ne porroit*

» Les bourgois de Saint-Quantin ne doivent nulle ajde en nulle manière à leur seigneur, ne ne se assemblent pour faire li taille ; mais se aucun li veult donner de son gré comme requis du seigneur, selon son plaisir il li donra*. »

Note de tapage Si.

Charte du roi Philippe-Augafte, de l*aii 119Sf ooaflrmatlve de le oonunune de la ▼tlle de SainU^entin.

Au oom de la sainte et indivisible Trinité. Ainsi soitril.

I. Sachent tous présena et à yenir, que nous avons accordé, et fait jurer en notre nom, de garder et maintenir inviolablement, dès que le comté de Vermandois sera en notre possession, les us et coutumes, dont les bourgeois de la ville de Saint-Quentin jouissoient du tems du comte Raoul et de ses prédécesseurs, sans préjudice néanmoins de Tobéissance et fidélité qui nous est due comme souverain, et du respect et sujétion qui est à TEglise de Saint^Quentin, comme pro-épiscopale et à cause de sa juridiction de chrétienté.

II. Quand la commune a été originairement acquise, tous les Pairs du Vermandois, qui étoient pour lors les plus grands personnages du comté, ont juré de l'observer et de la faire observer inviolablement ; savoir tous les clercs, sauf les privilèges de leur ordre, et tous les chevaliers, sauf la fidélité due au domte, comme souverain.

IIL Or la commune a été ainsi établie, que les hommes qui la composent continueront de demeurer francs et libres avec tous leurs biens ; que ni nous, ni aucun autre ne pourra rien prétendre contre aucun de ses membres, si ce n'est en vertu d'un jugement des échevins ; et que ni nous, ni aucun autre ne pourra clamer la main-morte sur aucun homme de la commune.

Page 1