PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III
Note de la page 231.
Lalettre suivante de M. l'abbé Bougard, curé de Seboncourt, à Monsieur l'intendant de la généralité de Soissons, datée du 19 août 1781, montre quelle étoit la situation de la population de ces contrées avant l'introduction de la fabrication des tissus de soie ; cette lettre dit :
« Dans ma paroisse, qui a trois quarts de lieue d'étendue, plus de 60 maisons ont été abandonnées, et on ne laissoit pas encore de compter plus de 100 ménages de mendiants. Plus de 100 autres avoient recours à la contrebande. Un déluge de maux, sorti de ce malheureux métier inondoit la paroisse: les hommes alloient mourir aux galères ; les femmes se faisoient emprisonner ; tous laissoient leurs enfants à l'abandon. Les deux sexes alloient péle-méle, et toujours de nuit à leur commerce illicite, vivant dans le concubinage, l'ivrognerie, le vol, les rapines, les rixes, quelquefois les meurtres. De là cette émigration des habitants qui étoit si considérable que, lors du tirage delà milice, il falloit quelquefois joindre cette paroisse avec une autre pour qu'elles puissent fournir un soldat. Quel prodigieux changement depuis l'établissement des gazes dans cette contrée!! le travail, l'aisance, l'acquit des dettes, des impôts et autres charges publiques, l'instruction, l'éducation des enfants, le soin des parents âgés, tous les biens semblent être venus se fixer ici avec messieurs les fabricants de Paris. »
PRBMiàRE PARTIS. — CHAPITRE III.
Note de la page 948.