RF.TOUR EN CATALOGNE. 20 I
encore figuré dans nos pages : c'est celui de Frère Guillaume de Barbera, issu d'une noble famille de Catalogne et futur évêque de Le'rida.
A la suite des cortès, la guerre reprend avec une activité nouvelle. Les fils de saint Dominique ne démentent pas leur renom de prouesse. Vous les voyez surtout auprès de la personne du roi Conquérant, dans ses brillantes et périlleuses chevauchées. C'est son fidèle chapelain, le Frère Pierre de Lérida qui, pénétrant une nuit sons sa tente, le prévient de la défection préméditée par j lesseigneurs aragonais. Ceux-ci, .en effet, défiants à l'excès, veulent mettre un arrêt à des victoires qui, grandissant l'autorité royale, menacent — ils le croient — leurs franchises et leurs libertés. Jacques, par son attitude résolue, Ht rentrer dans le devoir cette noblesse ombrageuse. A travers ces incidents, on parvient sous les murs de Valence. L'armée des croisés offre une force imposante ; elle s'est accrue, non seulement de nouveaux arrivages d'Aragon, de Catalogne et du reste de la péninsule, mais de contingents du midi et du nord de la France, d'Angleterre même; les Frères-Prêcheurs sont en nombre 1 : comme à Majorque, Michel de Fabra et Bérenger de Castelbisbal brillent au premier rang ; à Valence, comme à Majorque, un prestige surnaturel s'est attaché à la personne du premier. D'après une ancienne chronique 2, on l'aurait vu planant dans les airs au moment des combats, brandissant une épée et culbutant les Sarrazins. La campagne terminée, des prisonniers maures auraient été les premiers à le reconnaître et à attester, sous la foi
1 . Une prestation d'hommage a lieu, pendantle siège de Valence, entre les mains de Jacques Ier. Elle a pour témoins quatre Frères- Prêcheurs : Pierre de Lérida, Grégoire, A. de Barbera et Rodrigues. Cf. Diago, Anal, del Reyno di Valencia,\. vu, c. 33.