Malvenda rappelle cette chronique — Annal, ad ann
du serment, que c'était bien le même religieux qui les avait terrifiés par son intervention miraculeuse. Après la capitulation, Michel de Fabra eut l'honneur de marcher à la tête des chrétiens faisant dans la ville prise leur entrée officielle. Entouré de cent chevaliers couverts de leurs armures, le religieux portait l'étendard de la croisade, où étaient représentées, d'un côté l'image de Dieu crucifié, de l'autre l'image de la Mère de Dieu
Bérenger de Castelbisbal et Michel de Fabra prirent possession à leur manière de la ville conquise, Bérenger pour en être l'évêque 2, Michel de Fabra pour y fonder un couvent, comme il l'avait fait à Majorque. Jacques I, se souvenant d'un vœu émisa l'origine de la campagne, se fit gloire de seconder l'entreprise de Frère Michel. « Non seulement, dit-il dans ses lettres patentes, nous avons exposé notre corps afin de faire fleurir sur une terre infidèle le lis de la religion chrétienne, mais nous avons travaillé de toutes nos forces pour que la jeune plantation des Frères-Prêcheurs prît racine dans les villes soumises à nos armes. » Et le prince donne « à Dieu Notre-Seigneur, à la Bienheureuse Vierge sa Mère, à saint Dominique (naguère canonisé) et à l'Ordre des Frères- Prêcheurs » un terrain qu'il délimite. Cet acte est du mois d'avril i23g. Mais, dès l'année précédente et au lendemain de la victoire, les Frères s'étaient provisoirement installés dans le palais de l'émir dépossédé.
Les marques de la royale amitié vont se multipliant. Les dispositions testamentaires prises à diverses époques par le roi d'Aragon nous offrent le moyen d'apprécier cette croissance. En 1 23o, à son retour des Baléares, le