‹ Saint Raymond de Pennafort et son époqueChapitre 125 sur 203 · Etienne de B. p · texte numérisé non relu

Etienne de B. p

402 CHAPITRE XI. l'hÉRESIE.

un archer. Tout à coup une pense'e traverse l'esprit de l'un d'entre eux. lise met à cric- : « A l'hérétique, au vaudois arrêtez-le ! » Et son instinct nele trompait pas. En effet, cet homme était un émissaire de l'hérésie, lequel, après dix-huit ans passés à l'école des vaudois d'outre-monts, s'en revenait outillé pour la controverse et la mémoire meublée des Evangiles et de nombreux passages del'Ancien Testament. Il fut conduit à Etienne de Bourbon , qui en tira d'utiles renseignements sur l'état de la secte en Italie !. L'hérésie avait ses officines où la falsification se pratiquait en grand. Dans le royaume de Léon , un certain Arnaud , venu de Provence et copiste de son métier , avait ouvert une boutique de libraire, dans le but de répandre des élucubrations malsaines, entremêlées aux écrits des saints Pères et protégées par leur nom 2.

Luc de Tuy dénonce cette fraude ; il jette un cri d'alarme et adjure les évêques de veiller sur la pureté des textes sacrés. Aussi bien la fraude est partout et elle prend toutes les formes. Ces hérétiques qui nient les miracles de l'Evangile se mêlent d'en fui re à leur façon , soit afin de discréditer les vrais miracle* , soit afin de s'accréditer eux-mêmes". Ils exercent aussi leur imposture , en répandant dans les campagnes et surtout dans les lieux déserts, des feuilles imprégnées de parfums. Les pâtres les ramassent et les consignent aux mainsde leurs prêtres presque aussi simples qu'eux. Ils croient, les uns et les autres, qu'elles ont été apportées du ciel par le ministère des auges , et ils absorbent l'erreur distillée sous forme de pieté. On finit par se saisir d'un agent de ce col-

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